Résumé : Bien, nous avions laissé Lucius et Harry, ensemble, dans une cellule du ministère dans une situation des plus… Alors, que vont-ils faire ? Merci pour tous vos messages, je vous précise également que j'ai posté un chapitre de 'Littérature'. Si vous ne l'avez pas encore lu, n'hésitez pas et laissez-moi vos commentaires, si le cœur vous en dit… C'est tout en bas… Bonne lecture… Bises lilywen.

La quête des temps nouveaux

Chapitre 11 : Entretien avec un vampire

Légèrement essoufflé et perdu, Harry se tenait contre le mur glacial de la cellule du ministère. Il serrait aussi fort que possible ses poings contre ses jambes, sans cela, il se serait précipité vers lui pour le frapper violemment, il en était certain. Il était absolument exaspéré, furieux de ce petit air suffisant qu'arborait Lucius. Il ne supportait pas ces yeux gris qui le narguaient si ouvertement alors que l'ancien mangemort avait tranquillement pris place sur l'unique chaise de la cellule. Le blond agissait comme si de rien n'était, alors qu'il avait tenté de lui dévorer le cou, il y a seulement une seconde et c'était simplement insupportable pour Harry. Il avait brutalement si chaud, la magie des anciens bouillonnait littéralement dans son sang. Le silence de la cellule fut rompu par la voix grave et moqueuse de Lucius :

« Tu ne maîtrises pas encore le pouvoir des anciens.

- Ce n'est pas si facile à faire.

- Ai-je prétendu le contraire ?

- Tu l'as largement sous-entendu. »

Merlin, cet homme était si exaspérant, si narquois, si sûr de lui et prétentieux. Il était toujours tellement certain de savoir, pourtant, ce n'était pas aussi simple que Monsieur Malefoy le prétendait, ne lui en déplaise. La magie des anciens était effectivement ancrée au plus profond de lui depuis son combat contre Voldemort mais même maintenant s'il parvenait à lancer quelques sortilèges avec la baguette de sureau, c'était au prix d'efforts incroyables et après chaque séance d'entraînement avec Severus, Harry en sortait totalement épuisé. La colère qui grondait au plus profond du petit brun sembla se déchaîner encore davantage quand il fut sorti de ses pensées par un nouveau ricanement moqueur du blond qui le fixait intensément.

« C'est ça… Je te fais rire, peut-être ! »

Il aurait pu le foudroyer de son regard émeraude. Merlin, qu'il pouvait le haïr à cet instant. Etouffé par la force déchaînée du pouvoir des anciens qui faisait pulser chaque veine de son corps, Harry ne réalisa pas immédiatement que Lucius s'était levé et se dirigeait vers lui, comme un prédateur guettant sa proie innocente. Lorsque le blond s'arrêta, il posa ses mains contre le mur, de part et d'autre de son visage. Harry se sentit brusquement comme pris au piège, encerclé par le cops puissant de son aîné. Il aurait aimé avoir peur, il aurait aimé le repousser, réagir mais il n'en fit rien. Le simple souffle de Lucius dans ses cheveux le paralysa plus sûrement qu'un stupéfix et le blond semblait s'en féliciter, s'en réjouir ouvertement. Harry tremblait. Tout son corps frissonnait d'anticipation contre celui du vampire.

L'image de Kingsley et de Severus le mettant longuement en garde contre le pouvoir de Lucius lui revint brièvement en mémoire mais ses dernières forces l'abandonnèrent lorsque les lèvres brûlantes de son vis-à-vis commencèrent une lente exploration de son visage. C'était si fort, si dévastateur. Le simple contact de cette bouche sur sa cicatrice lui fit fermer les yeux pour s'abandonner totalement à cette merveilleuse sensation. Il devinait la caresse évanescente et étrange contre ses paupières closes. Lentement, Lucius découvrait ses joues rouges et fiévreuses, les mains du blond tenaient fermement ses hanches. Il voulait tellement retrouver cette sensation à peine esquissée lorsqu'il s'était rendu dans la cellule d'Azkaban, les lèvres du vampire contre sa bouche, qu'il se cambra contre son corps pour obtenir plus. Il voulait tout de lui, il était prêt, il le sentait, le savait au plus profond de lui. Ce fut à cet instant précis que le blond se recula légèrement, juste assez pour le priver de cette chaleur incroyable qui faisait battre si fort son sang dans ses veines. Harry ouvrit aussitôt les yeux, totalement perdu et hagard devant l'arrêt brutal de cette délicieuse sensation.

« Voyons, Harry… Je t'ai déjà dit que la potion avait parfaitement fonctionné. Si tentante et alléchante que soit ton offre, je ne compte certainement pas te baiser pour la première fois dans une sordide cellule du ministère… »

Lucius regardait avec un sourire satisfait le regard émeraude, mi-désemparé, mi-furieux. S'il n'avait pas déjà été convaincu que son attirance pour le jeune sorcier était réciproque, il venait d'en avoir une preuve flagrante car le survivant semblait encore plus perdu. Il respirait l'abandon et à l'instant le brun s'était littéralement offert à lui. Le caractère rebelle et combattif du survivant ne tarda cependant pas à refaire surface :

« SALOPARD !

- Quel vocabulaire… De tels mots dans la bouche du plus grand et respecté sorcier de notre époque, c'est si… »

Lucius flatta gentiment la joue rouge et brûlante du jeune homme, le caressant doucement à l'aide de son pouce.

« Ca t'amuse, n'est-ce pas ? »

Sans se préoccuper le moins du monde de la remarque du jeune homme, Lucius continuait d'observer attentivement ce visage aux courbes parfaites, effleurant cette peau délicate et douce dans un mouvement circulaire hypnotique. L'ancien mangemort ne pouvait résister à ces yeux émeraude passionnés et colériques, à cette bouche sensuelle et tendre. Il fut cependant interrompu dans sa fascinante découverte lorsque le brun repoussa violemment sa main. Loin d'en être choqué ou vexé, il répondit au survivant d'un ton railleur :

« Effectivement, cela m'amuse et je ne peux nier que je me réjouis de te voir si 'soumis'. »

Bien sûr, à l'instant même où il avait prononcé ses mots, il avait su que son adorable petit lion n'apprécierait que très modérément sa remarque sarcastique mais la tentation de le pousser dans ses derniers retranchements était si grande, si forte, si puissante quand il se trouvait si près de lui. C'était une étrange impression, que jamais il n'avait ressenti auparavant. Enivrante, excitante, passionnante. Il était attiré par sa magie pure et blanche comme un papillon par la lumière tremblotante d'une bougie. Ce gamin allait probablement le rendre complètement cinglé d'ici peu mais il le voulait. Plus que tout. Peu importent les risques, les conséquences, le quand dira-t-on, peu importe qu'il soit le survivant et lui un ancien mangemort, vampire de son état, c'était ainsi et cela ne pouvait être autrement.

Il devinait aussi tout le trouble du joli brun : Harry était tellement confus par rapport à leur relation, il le lisait dans ses yeux émeraude, reflet et miroir des tourments de son âme. Le gryffondor était totalement désorienté : il n'avait visiblement pas eu assez de temps pour se faire à cette nouvelle situation, partagé entre les souvenirs pénibles de leurs confrontations passées et ce désir nouveau et dévastateur. Lucius profita de son désarroi flagrant pour se pencher à nouveau vers lui, il mordillait gentiment le lobe de l'oreille du brun qui se cambra instinctivement, gémissant de plaisir à cette sensation. Dérivant au gré de ses envies, il souffla contre la peau brûlante de son cou offert avant de susurrer :

« Mon adorable petit lion se serait-il transformé en un chaton inoffensif et docile ?

Ce fut cette fois sa magie qui s'emporta, sans même qu'il en ait conscience, faisant ainsi reculer légèrement l'ancien mangemort et Harry en profita aussitôt pour se dégager de l'étreinte puissante du blond. Il se dirigea immédiatement vers l'entrée de la cellule. Pourquoi avait-il réclamé si ardemment cet entretien avec le vampire? Pourquoi avait-il tant insisté auprès de Kingsley pour cette rencontre ? Il était cinglé. Le ministre l'avait pourtant prévenu à plusieurs reprises, même Severus lui avait demandé de se méfier, d'être sur ses gardes. Il avait posé sa main sur la poignée lorsque Lucius se racla bruyamment la gorge, l'interrompant dans sa volonté de fuir cet homme aussi loin que possible. Harry se retourna pour lui faire face, le foudroyant de ses yeux émeraude :

« Quoi encore ? »

Lucius s'était calé contre le mur et croisait ses bras avec élégance, ses yeux gris métallique le fixant toujours aussi intensément.

« Comment va Drago ? »

Harry le regarda et sembla peser le pour et le contre : sortir ou répondre au risque de se laisser, cette fois, complètement aller à son pouvoir, il imagina encore ses lèvres soufflant délicieusement contre son cou. Il ne bougea pas, prêt à partir à la moindre nouvelle attaque du vampire. Il reprit aussi posément que possible, sa voix était cependant bien plus troublée qu'il ne l'aurait voulue :

« Aussi bien que possible, vu que demain… »

Il s'était interrompu, gêné.

« Harry, je crains que nous n'ayons pas une autre occasion de parler avant l'assemblée extraordinaire du Magenmagot. »

La voix de Lucius était redevenue soudainement beaucoup plus sérieuse. Harry se figea à cette remarque, il savait parfaitement que Lucius avait malheureusement raison sur ce point, c'était là sa dernière chance de comprendre, de découvrir la vérité. Il était un gryffondor, il était courageux et sa magie pouvait visiblement le défendre des attaques du vampire, comme elle venait de le prouver à l'instant. Le brun s'avança alors doucement vers la chaise et s'installa. Il se passa de longues secondes, sans qu'aucun des deux ne trouve la force de poursuivre. Ce fut finalement Lucius qui rompit cet étrange silence :

« Dis-moi, où en est-on pour mon procès ? »

Harry baissa les yeux. Sa voix tremblait légèrement :

« C'est… ça… ça ne s'annonce vraiment pas très bien.

- J'avais cru comprendre aux dires de Kingsley.

- Il… Il pense que si je n'interviens pas personnellement auprès du Magenmagot pour m'opposer à la loi d'exception, tu seras jugé dès demain et apparemment ton procès ne serait qu'une pure formalité avant ta…

- Je sais quels sont les faits qui me sont reprochés, Harry, je n'ai aucun doute quant à ma condamnation au baiser des détraqueurs.

- TU N'AS PAS… »

Harry s'était redressé et avait presque hurlé les derniers mots ce qui fit sourire son vis-à-vis :

« Je suis très satisfaisait de voir que tu ne doutes pas le moins du monde de mon innocence…

- Tu étais avec moi dans la cabane hurlante lors de la seconde attaque de Poudlard, tu ne m'as pas quitté de toute la matinée et je me moque de savoir que Gin et Ron prétendent t'avoir vu, je sais parfaitement que c'est faux : tu n'as pas pu tuer Luna et… »

Harry se stoppa brusquement, gêné, ses joues encore plus rouges, tandis que le blond s'était rapproché doucement de lui, s'arrêtant seulement à un mètre du brun, il murmura :

« Et ma femme… »

Lucius scruta attentivement la réaction sur le visage du jeune homme qui s'était aussitôt crispé à la mention de Narcissa. Il s'approcha encore un peu jusqu'à frôler l'épaule du brun dans une caresse aérienne, réconfortante et tendre, il reprit posément :

« Je ne doute pas un instant que tu as dû implorer Severus et Drago bon nombre de fois depuis ta visite à Azkaban pour qu'ils contentent au mieux ta curiosité à mon propos et je ne doute pas un instant que tu n'as pas été complètement satisfait par leur réponse, n'est-ce pas ? »

Harry hocha brièvement de tête, essayant d'oublier cette étrange douleur qui lui avait enserré sa poitrine comme un étau, à la mention de Narcissa Malefoy :

« Harry, écoute-moi… Comme, je te l'ai déjà dit lorsque nous étions dans le bureau de Dumbledore, Voldemort voulait créer une armée des ténèbres à son image. Severus fut le tout premier. Ce fut lors de l'été de son retour, après votre affrontement au cimetière : le mage noir avait jugé que son repenti pour être resté auprès du directeur de Poudlard pendant toutes ces années d'absence n'était pas assez sincère, il doutait apparemment de son ralliement. Il a alors été transformé en vampire.

- Drago me l'avait déjà expliqué, mais, je… Je ne comprends pas. Comment Voldemort pouvait croire qu'il lui serait plus fidèle en faisant de lui un vampire ?

- Peut-être pour toi, Harry car tu raisonnes avec ton cœur, ta magie pure mais pour lui, au contraire, il s'agissait d'un bon moyen de s'adjoindre ses services éternellement, il pensait avoir gagné à sa cause un mangemort qui lui serait totalement dévoué, corps et âme. Il était tellement persuadé que Severus lui serait pour toujours redevable et reconnaissant d'avoir obtenu ce que lui considérait comme un don inestimable, l'immortalité, ce qu'il a désiré et cherché plus que tout, tout au long de son existence.

- Tu veux dire… Comme avec les horcruxes…

- Oui, c'est ce qu'il pensait si tu veux mon opinion et puis, transformer Severus en vampire lui faisait perdre aussi une partie de son humanité, faisait de lui une parfaite machine à tuer, le premier mangemort de sa nouvelle armée des ténèbres. Il n'avait pas compris que jamais Severus ne l'aurait accepté. Je l'ai aidé dans la mesure du possible, en lui fournissant grâce à la fortune des Malefoy tout ce dont il avait besoin et il a passé pratiquement tout cet été dans une dépendance du manoir à mettre au point la potion écarlate comme nous l'avons ensuite appelée : elle permet au vampire de dominer sa partie non humaine, de donner l'illusion de mener une vie on ne peut plus ordinaire, cependant, son efficacité demeure très imparfaite et aléatoire en présence…

- D'une magie trop pure…

- Exactement… Quant à moi, j'ai été mordu bien plus tard, à mon évasion d'Azkaban. C'était les remerciements de Voldemort pour mon échec au ministère mais en ce qui concerne Narcissa, il faut que tu saches que…

- Quoi ?

- A partir du moment où je suis devenu vampire, ma vie d'avant n'existait plus, même avec la potion.

- Je… Je ne comprends pas, Lucius.

- Notre mariage était un arrangement des plus classiques parmi les sorciers de sang-purs et nos familles respectives avaient avant tout cherché à conclure l'union la plus avantageuse. J'appréciais profondément Narcissa, nous étions d'accord sur bon nombre de sujets, elle était belle, brillante, intelligente, sans l'ombre d'un doute… Elle était surtout la mère de Drago, mais… »

La main de Lucius avait abandonné l'épaule du brun pour caresser délicatement ses cheveux bruns emmêlés, il poursuivit presque dans un chuchotement :

« Dès cet instant, elle n'a plus été ma femme. La nature du vampire cherche perpétuellement un calice qui pourrait lui convenir parfaitement, la magie pure qui pourra combler et compléter son pouvoir à la perfection. »

Harry cédait progressivement aux doigts magiques de Lucius qui maintenant, massait subtilement sa nuque. C'était doux, délicat, le vampire continua donc naturellement :

« Ta magie est réellement la plus pure, la plus parfaite qui puisse être pour moi, Harry. »

Retenant difficilement la colère qui grondait en lui, le brun se dégagea un peu trop brusquement du contact des mains de Lucius. Toutes les questions qui le taraudaient depuis des semaines, depuis qu'il avait découvert la vérité revenaient en force dans son esprit et il reprit aussitôt d'un ton peu amène :

« Pourtant, tu m'avais vu à ton manoir quand on avait été capturé par Greyback et je n'ai pas ressenti ton pouvoir ce soir-là, à aucun moment. Tu prétends que tu étais déjà un vampire, non ? Pourquoi est-ce que tu mens ?

- Non, Harry, tu te trompes, je ne te mens certainement pas et en fait, c'est assez simple. Tu n'as qu'à penser à Severus pour trouver la réponse ta question. »

Le blond avait fait le tour de la chaise, jusqu'à se retrouver face au survivant, il s'installa au bord de la vieille table bringuebalante. Sans faire un geste dans sa direction pour ne pas susciter davantage sa colère, il fixait Harry dont le visage trahissait clairement son incompréhension.

« Je ne… Explique-toi car je ne vois pas où tu veux en venir… Quel est le rapport avec Severus ?

- C'est pourtant évident. Ce soir-là, tu n'as jamais été seul avec moi, à aucun moment. Il y avait plusieurs personnes avec nous : le fils Weasley, la jeune Granger, tous des sorciers à la magie aussi pure que la tienne et encore totalement 'innocents', non ? »

Lucius avait accentué sarcastiquement le mot ce qui valut un regard courroucé d'Harry qui rétorqua méchamment :

« Je t'ai déjà dit dans la cabane hurlante que nous menions une guerre !

- Et je t'ai déjà répondu que ça n'avait jamais empêché mon fils, il me semble !

- Espèce de salopard…

- Je suis outré.

- Tu parles… Et cela ne m'explique toujours pas le rapport avec Severus…

- Salazard, t'arrive-t-il de penser, mon adorable petit lion ? »

La magie du brun bouillonnait à nouveau en lui mais Lucius s'était penché vers lui, jouant clairement avec lui, ses doigts caressaient à nouveau sa joue brûlante :

« Severus a été transformé en vampire lors de l'été du retour de Voldemort, il a repris ensuite les cours à Poudlard normalement, non ?

- Oui et alors…

- Comment crois-tu que le vampire en lui ait pu retourner dans une école grouillant d'adolescents tellement purs et innocents ? Autant tenter le mage noir avec la pierre philosophale !

- Tu veux dire…

- Que le vampire ne peut trouver le calice qui lui correspond uniquement lorsqu'il se retrouve confronté à sa seule magie… Lorsque le vampire est entouré de nombreuses auras, il perd sa sensibilité et tous les pouvoirs se confondent pour lui, ils s'annihilent en quelque sorte. Il ne peut absolument plus les distinguer…

- Et tu veux me faire croire que pendant toute une année, il n'a jamais été avec un seul élève, à aucun moment, c'est totalement ridicule !

- Je n'ai jamais prétendu cela… Et en fait, deux jeunes sorciers lui ont donné beaucoup de fil à retordre : Drago, évidemment. Mon fils lui courait après depuis qu'il avait quatre ans et malgré toutes mes recommandations, il n'en faisait comme d'habitude qu'à sa tête, il ne cessait de venir à tout bout de champ dans son bureau, il pénétrait dans ses appartements à la moindre occasion et le second…

- C'était moi ? »

Réalisant où voulait en venir Lucius, Harry avait brusquement blêmi ce qui fit ricaner doucement son vis-à-vis :

« Enfin, j'ai cru que tu ne réaliserais jamais. Il était littéralement malade, épuisé de devoir lutter si fort contre ta magie à chacun de tes entraînements pour t'apprendre l'occlumancie lors de ta cinquième année…

- Mais, comment ? Je n'ai jamais…

- Certainement parce qu'il est le meilleur occlumens du monde… En tout cas, tu peux me remercier : c'est moi qui lui avait conseillé de te piéger avec la pensine, il voulait un prétexte pour arrêter définitivement ces cours un peu trop particuliers à son goût, sinon il aurait probablement fini par te dévorer tout cru pour que tu cesses de l'agresser avec ta magie trop pure. »

Harry était comme figé, il réalisait brusquement tout ce qui lui manquait depuis des semaines, tant de faits lui paraissaient réellement plus clairs, même si certains points restaient encore trop confus. Il soupira :

« Mais… Pendant ma sixième année, j'ai… J'ai jeté un sortilège à Drago… Un… Un sectum sempra… »

Il se sentit rougir de honte mais le regard gris le rassura presque aussitôt :

« Je sais, ne t'inquiète pas pour cela, ils me l'ont dit, il y a bien longtemps. Où veux-tu en venir ?

- Et bien, j'ai été sanctionné… Severus m'avait convoqué de nombreuses heures et j'étais toujours seul avec lui dans sa classe, il aurait pu demander à Rusard par exemple. Pourquoi a-t-il fait cela ? Il devait souffrir horriblement en ma présence car Drago n'était pas encore son calice.

- Non, tu te trompes sur ce point, Harry. Il faut que tu comprennes que durant toute ta sixième année, mon fils était complètement obnubilé par la mission de Voldemort, il craignait pour ma vie et celle de sa mère. Il en était ainsi arrivé à délaisser totalement son parrain car il ne souhaitait pas qu'il interfère dans ses plans pour attenter à la vie du directeur de Poudlard. Il ne voulait pas le mettre plus en danger qu'il ne l'était déjà de par sa position particulière au sein des Mangemorts.

- Je comprends, je crois, mais...

- Chut… Ecoute-moi, Harry. En fait, Severus m'en a parlé ensuite longuement, au moment où il m'a demandé officiellement la main et la magie de Drago juste après mon évasion d'Azakaban et ma transformation. Mon meilleur ami a beaucoup souffert pendant toute cette sixième année, le vampire en lui était totalement perdu que le pouvoir si pur de Drago auquel il s'était bien plus qu'habitué, le rejette si brusquement alors qu'il ignorait les véritables motivations de mon fils. Sans qu'il s'en rende compte, Severus avait déjà fait son choix, depuis bien longtemps en fait. C'est pour cela qu'il n'était plus vraiment sensible à ton aura lors de ta sixième année, il avait trouvé 'la' magie compatible, parfaite à sa nature de vampire. Ils se sont en fait unis à peine quelques semaines après leur départ précipité de Poudlard et le meurtre de Dumbledore.»

Harry se contenta d'acquiescer. A son réveil après sa visite à Azkaban, il n'avait obtenu que des bribes d'informations, données au compte goutte par le couple : le simple fait que Lucius se confie à lui, si ouvertement le laissait sans voix. Jamais même dans ses rêves les plus fous, il n'avait espéré que cet entretien avec le vampire soit si révélateur. Perdu dans ses pensées, il ne réalisa pas immédiatement que le blond avait repris ses caresses mais cette fois, de façon bien plus insistante, sa main droite s'aventurait de plus en plus vers son cou, tandis que l'autre faisait de lents et doux mouvements le long de sa cuisse, en direction de sa hanche. La voix rauque et de plus en plus tendu de son vis-à-vis le fit cependant sursauter et le sortit de ses rêveries :

« Ai-je pleinement satisfait votre curiosité, Monsieur Potter ?

Il n'eut pas le temps de le repousser, si tant est qu'il l'ait réellement souhaité, car le vampire s'était encore rapproché, ses lèvres fraîches parcouraient maintenant son visage. Il ne put retenir un faible gémissement qui fit écho sourdement dans la petite cellule du ministère :

« Lus…

- Oui, encore un problème ?

- Lucius, s'il te plaît, il faut… Il faut vraiment… Qu'on… Qu'on parle du procès… De ton alibi… Ah… »

Le reste de la phrase du brun mourut péniblement alors que le blond s'attardait maintenant à découvrir son lobe d'oreille, le mordillant, le léchant délicatement. Il s'arrêta, un immense sourire victorieux, barrant son visage altier et élégant malgré son emprisonnement à Azkaban :

« Tu disais…

- Tu es vraiment…

- Tsss… Tsss… Monsieur Potter, attention à votre langage, sinon je serai contraint de vous punir… »

Le dernier mot fut prononcé si sensuellement qu'un frisson parcourut le corps du jeune homme qui se laissa totalement aller contre la chaise. Le vampire se retira alors complètement, visiblement très satisfait de l'abandon du survivant, il laissa quelques minutes au brun dont les yeux papillonnèrent avant de se fixer rageusement sur Lucius :

« Je te hais…

- Tu n'es pas très crédible…

- Tu veux simplement me faire payer le fait que ton instinct de vampire ait reconnu ma magie, celle d'un gryffondor plutôt qu'un de ces perfides serpentards ! »

Harry lança un regard vaguement moqueur au blond qui poursuivit :

« Attention au jeu que vous instaurez, Monsieur Potter, je ne suis pas quelqu'un de gentil, je pourrais t'en mordre…

- Le cou… Quel dommage que la potion de Severus soit toujours si efficace, n'est-ce pas ? Tu aurais enfin pu me goûter délicatement… »

Le regard émeraude pétillait littéralement de malice mais il était trop tard, avant qu'il ne puisse s'éloigner, Lucius s'était précipité vers lui, faisant taire définitivement le satané gamin en recouvrant pour la première fois depuis son arrivée sa bouche contre la sienne…

A suivre…