Hello !

Voici le prochain chapitre qui est plus long comme promis :)

Je vous remercie pour me suivre et m'encourager ^^

Je remercie aussi ,ScottishBloodyMary qui m'a corrigée et aidée, la fin du chapitre en italique a été écrit en grosse partie par elle est c'est superbe, merci beaucoup, je t'adore :D

Bonne lecture :)

20/01/15

Chapitre 18 : Une nuit à Fondcombe

La journée finit par s'écouler, et le soleil laissa place à la lune. Je vagabondais dans les couloirs, et croisai Bilbon, qui m'expliqua qu'il devait rejoindre Gandalf, Balin, Thorïn et Elrond pour déchiffrer la carte laissée par le père du prince nain. Je continuais ma visite et croisai alors Bofur. Apparemment, il me cherchait, car quand il me vit, il accéléra le pas en se dirigeant vers moi.

« Balin m'a dit de te prévenir que nous partions demain matin, au lever du soleil » m'annonça-t-il.

« D'accord. Je vais préparer mes affaires, dans ce cas » répondis-je.

Bofur semblait vouloir me dire autre chose, car il resta planté devant moi. Il avait l'air d'hésiter entre rester et partir. Je lui fis alors un sourire pour l'encourager à parler.

« Je te cherchais aussi pour te présenter des excuses de la part de tous les nains » fit Bofur.

Je n'arrivais pas à croire que les nains s'excusent pour ce qu'ils avaient fait. Mon sourire ne put que s'agrandir face à ses excuses. J'étais contente d'apprendre que les nains tenaient un peu à moi, moi qui pourtant craignais de ne pas trouver ma place dans ce monde.

« C'est déjà pardonné, je ne peux vous en vouloir longtemps, je ne suis pas rancunière » le rassurai-je.

« Tu peux manger avec nous tout à l'heure, le repas des elfes nous à laissé sur notre faim et il nous reste un peu de viande » me proposa Bofur.

« Je viendrai, merci pour l'invitation. »

J'appréciais Bofur, il était l'un des nains avec qui j'avais le plus sympathisé ces derniers temps. Le nain me sourit, puis alla rejoindre le reste de la compagnie. Je continuais mon exploration et aperçus Lindir dans les jardins, adossé à un arbre. Je partis le rejoindre. Quand il me vit, il tapota l'herbe à coté de lui, m'invitant à m'assoir. Je discutais avec lui une bonne heure des différences entre son monde et le mien.

« Mince ! J'avais oublié. Je dois vous laisser pour rejoindre les nains, mais ce fut agréable de discuter avec vous » fis-je en me levant.

« Ce fut agréable pour moi aussi, je vous souhaite une bonne soirée » me répondit Lindir en souriant.

Lindir était un elfe aimable; il était le seul de son peuple avec lequel je me sentais bien durant une conversation, et je savais qu'il allait me manquer quand nous devrions quitter Foncombe. Sur le chemin je croisais Kili, et son regard glissa de Lindir à moi.

« Que faisais-tu avec l'elfe ? Me demanda Kili, l'air mécontent. Lui qui d'habitude me souriait toujours, me regardait à présent droit dans les yeux, les sourcils légèrement froncés.

« Rien, je parlais avec lui de mon monde, c'est tout » répondis-je avec le sourire, espérant que le nain redevienne le Kili joyeux que j'adorais.

« Je vois... Viens, les autres nous attendent » dit-il en me prenant la main. Il regarda une dernière fois Lindir, puis reposa son regard sur moi et me fit enfin un sourire.

« D'accord » répondis-je, tout en le suivant d'un pas pressé.

Je ne lui en voulais même plus de son comportement du repas. Je me rappelais de ce que j'avais ressenti lorsqu'il avait observé l'elfe musicienne avec ce regard qu'il réservait d'habitude à moi seule, malicieux et joueur. Je n'avais pas éprouvé de tristesse ou de douleur, car Kili et moi n'étions qu'amis jusqu'à preuve du contraire, mais j'avais ressenti un certain agacement. C'était ma main dans la sienne qui m'avait redonné le sourire et persuadée à renoncer au plan que j'avais préparé pour me venger.
Lui en vouloir et l'ignorer, voilà quel était mon tout premier dessein... Mais j'avoue que si je l'avais exécuté, j'aurais paru stupide, car il fallait se rendre à l'évidence, je n'étais plus une gamine. Pour moi, Kili était un ami précieux, je me sentais bien avec lui, il me rendait toujours mon sourire en faisant l'idiot. C'était cette partie de lui que je préférais, son air malicieux et ses yeux pétillants de gaité. J'aimais aussi son côté protecteur, et je me sentais en sécurité à ses côtés.

Je me remémorais le moment où il m'avait sauvé la vie alors que j'étais paralysée par la peur face à l'orque et son warg. A ce souvenir, un air béat s'afficha sur mon visage.

« Mayline! Je te parle, tu m'entends ou tu rêves ? Me demanda Kili tout en agitant sa main devant mes yeux.

« Hein? Oh, excuse-moi, tu disais ? » répondis-je, le rouge aux joues. Je n'avais même pas remarqué que nous nous étions arrêtés, et que Kili me parlait. Mayline, concentre-toi un peu et arrête de rêvasser.

« J'aimerais bien savoir à quoi tu pensais pour que cela te fasse sourire aussi bêtement…» dit-il en haussant un sourcil.

« Je ne souriais pas bêtement! » mentis-je en rougissant de plus bel. Je repensais à la fois où tu m'as sauvé la vie face aux orques. Si tu n'avais pas été là, je serais surement morte à l'heure qu'il est.

Je sentis la main de Kili serrer plus fort la mienne, et levais le regard pour scruter ses yeux. Je perçus mon cœur rater un battement devant le regard qu'il me lançait.
Ses yeux d'ordinaire si pétillants étaient devenus sombres, et je peinais à comprendre ce qu'il ressentait au même moment. Il semblait si sérieux soudain, ne souriait plus, les sourcils froncés. C'était une facette de sa personnalité que je ne connaissais pas. Il se tenait devant moi, mais son esprit avait l'air d'être ailleurs.
Il n'y avait que sa main, serrant la mienne, qui me prouvait qu'il était encore un peu près de moi. Je sentis mon visage devenir brûlant, mes joues devaient être plus rouges qu'une cerise bien mûre. Le visage de Kili se couvrit alors d'une autre expression, que je ne connaissais pas quelques instants plus tôt. Il m'adressa un doux sourire, le visage calme et mature, qui me fit rougir encore plus. Puis il prit une mèche de mes cheveux et s'amusa a l'enrouler autour de son doigt. Tout en faisant ce geste, il repartit dans ses pensées.

« Je te l'ai déjà dit, je ferai en sorte qu'il n'arrive rien à notre guérisseuse » fit Kili.

Il me fit un grand sourire, puis me rappela qu'on devait rejoindre les autres avant qu'ils ne mangent toute la viande. Arrivée à la petite terrasse, sur laquelle les nains s'étaient rassemblés, Bofur me sourit et m'invita à m'asseoir près de lui, tout en me tendant une assiette chargée de délicieuses saucisses. Je laissais alors Kili, qui alla rejoindre son frère. J'adorais la viande, et un repas sans viande ne constituait pas un véritable repas pour moi.

Je regardais le petit feu de camp, et remarquais que le bois qui brûlait était constitué de meubles elfiques. Les nains ne changeront jamais, pensais-je.
J'aperçus du coin de l'œil Bofur prendre une saucisse et s'apprêter à la manger, mais il se ravisa.

« Bombur ! » appela-t-il, avant de lancer la saucisse.

Voilà donc qu'ils se lançaient à nouveau la nourriture. Bombur attrapa la saucisse au vol et ce seul mouvement suffit à briser la table sur laquelle il était assit. Il ne convenait pas de s'asseoir sur cette table si on était aussi corpulent et dodu que lui. Tout le monde éclata de rire devant l'air ahuri du gros nain. Une petite diète ne ferait pas de mal à notre pauvre Bombur. Je riais tellement que j'en avais mal aux joues et au ventre. Je n'avais jamais autant ri, depuis la mort de ma mère, et m'étais renfermée sur moi-même.

Mais les nains m'avaient redonné goût à la vie. Le reste de la soirée se passa dans la joie et la bonne humeur. Tout le monde riait ou chantait des chansons festives et paillardes. Les nains se lançaient même des défis, comme celui qui chanterait le mieux la bouche pleine. Puis, tout ce petit monde s'apaisa, et Ori me demanda si je pouvais interpréter une chanson de mon monde, ce que j'acceptais avec plaisir. Je n'étais depuis longtemps
plus timide quand je chantais, car à force de fréquenter les nains, j'avais appris leurs airs et avait pris l'habitude de fredonner avec eux.

Non ce n'était pas le radeau
De la méduse ce bateau
Qu'on se le dise au fond des ports
Dise au fond des ports
Il naviguait en père peinard
Sur la grande mare des canards
Et s'appelait "Les copains d'abord"
Les copains d'abord.

Ses fluctuat nec mergitur
C'était pas de la littérature,
N'en déplaise aux jeteurs de sort,
Aux jeteurs de sort,
Son capitaine et ses matelots
N'étaient pas des enfants de salauds,
Mais des amis franco de port,
Des copains d'abord.

C'étaient pas des amis de luxe,
Des petits Castor et Pollux,
Des gens de Sodome et Gomorrhe,
Sodome et Gomorrhe,
C'étaient pas des amis choisis
Par Montaigne et La Boetie,
Sur le ventre ils se tapaient fort,
Les copains d'abord.

C'étaient pas des anges non plus,
L'Evangile, ils l'avaient pas lu,
Mais ils s'aimaient toutes voiles dehors,
Toutes voiles dehors,
Jean, Pierre, Paul et compagnie,
C'était leur seule litanie
Leur Credo, leur Confiteor,
Aux copains d'abord.

Au moindre coup de Trafalgar,
C'est l'amitié qui prenait le quart,
C'est elle qui leur montrait le nord,
Leur montrait le nord.
Et quand ils étaient en détresse,
Que leurs bras lançaient des S.O.S.,
On aurait dit les sémaphores,
Les copains d'abord.

Au rendez-vous des bons copains,
Y'avait pas souvent de lapins,
Quand l'un d'entre eux manquait à bord,
C'est qu'il était mort.
Oui, mais jamais, au grand jamais,
Son trou dans l'eau ne se refermait,
Cent ans après, coquin de sort!
Il manquait encore.

Des bateaux j'en ai pris beaucoup,
Mais le seul qui ait tenu le coup,
Qui n'ait jamais viré de bord,
Mais viré de bord,
Naviguait en père peinard
Sur la grande-mare des canards,
Et s'appelait les Copains d'abord
Les Copains d'abord.

Des bateaux j'en ai pris beaucoup,
Mais le seul qui ait tenu le coup,
Qui n'ai jamais viré de bord,
Mais viré de bord,
Naviguait en père peinard
Sur la grande-mare des canards,
Et s'appelait les Copains d'abord
Les Copains d'abord.

La chanson terminée, je sentis la fatigue s'installer, et jugeais sage d'aller me coucher. Fili, Kili et Bofur décidèrent de m'accompagner jusqu'à ma chambre. Ils voulaient chaparder de la nourriture et du vin dans les cuisines des elfes. Ma chambre se trouvant sur le chemin, ils me proposèrent de m'accompagner jusque là. J'ignorais parfaitement comment nous étions arrivés à cette situation... Nous avions commencé à débattre sur qui serait le plus rapide.
Et, voulant prouver qui était le plus fort, nous nous étions mis à courir comme des dératés à travers les couloirs. On aurait dit un troupeau d'Oliphants, tellement nous faisions de vacarme. Un vase fut même brisé par Bofur lors d'un mauvais virage. Je ne pouvais m'empêcher de rire tellement nous ressemblions à des enfants.

« J'ai gagné ! » cria Fili en arrivant devant ma chambre.

Ce fut ensuite Kili et moi qui arrivâmes en même temps, et pour finir, Bofur qui arriva dernier.

« Et alors ? Vous êtes à la traîne, tous les trois ! » se moqua Fili.

« Je prendrai ma revanche et ce sera à mon tour de me pavaner, la prochaine fois ! » fis-je, essoufflée, le visage cramoisi à cause de la course.

Nous éclatâmes de rire tous les quatre en regardant nos têtes, car nous avions l'air parfaitement idiot avec nos cheveux emmêlés et nos visage écarlates. Puis, je pris congé des nains et allais me coucher. Je ronronnais comme un chat en me blottissant dans le lit bien moelleux et les couvertures bien chaudes, profitant de cette nuit de confort, car ce serait la seule ici.

Il n'y avait rien...
Juste de l'eau. De l'eau noire et glacée, un rocher se découpant lugubrement sur le ciel d'encre, et un arbre tendait ses bras nus et déchiquetés en cris silencieux vers la voûte sombre et torturée.
Une horrible créature apparut...
Un warg blanc comme la neige qui tombe en lourds flocons sur la campagne déserte.
J'étais cernée. Il n'y avait que de l'eau autour de moi...
Le monstre se ramassa sur ses épaisses pattes postérieures, et se lança sur moi.

Je me réveillai en sursaut. Encore un cauchemar. Je me rallongeai dans mon lit blanc et tentai de me rendormir. Mais la même image revint inlassablement dans mon esprit, celle d'un warg blanc.