Résumé : Au dernier chapitre, nous avions laissé Harry dans une situation pour le moins difficile puisque Lucius s'était jeté sur lui (le pauvre... Hein ?) Comment notre cher survivant va-t-il se sortir de ce piège dans lequel il s'est gentiment mis tout seul... J'espère que ce chapitre vous plaira, merci pour vos messages d'encouragements, bonne lecture et à très bientôt, bises lilywen...
La quête des temps nouveaux
Chapitre 12 : Ombrage
Même dans de nombreuses années, lorsque le jeune sorcier repenserait à cet entretien avec le vampire, lorsqu'il se remémorerait la façon dont il avait volontairement provoqué Lucius, il ne parviendrait jamais à comprendre de façon rationnelle son attitude désinvolte, inconsciente et immature…
Il n'avait pas vraiment réalisé et tout s'était produit naturellement. Il ignorait sincèrement pourquoi il avait cherché le blond à ce point, pourquoi il avait titillé ses sens en éveil par cette remarque malicieuse, par cette fronde inconsidérée… Juste pour le pousser à bout, pourtant, il connaissait parfaitement la situation. Même si le pouvoir vampirique semblait globalement sous contrôle grâce à la potion écarlate, que lui avait-il pris de sous-entendre qu'il n'attendait que la morsure du blond dans son cou ? Kings et Severus l'avaient alerté à de nombreuses reprises des risques qu'il courait en se rendant au ministère et lui n'avait rien trouvé de mieux que d'agir en parfait Gryffondor, sûr de son courage et de son bon droit. Il n'avait pas réfléchi une seconde aux conséquences, trop heureux de jouer avec cette limite invisible, flirtant juste assez pour découvrir jusqu'où il pouvait aller.
Dès l'instant où les lèvres fraîches se posèrent férocement sur sa bouche, il sut qu'il avait eu tort et qu'il avait largement dépassé la ligne interdite… Il avait cherché et poussé à bout la patience du vampire, il avait joué inconsidérément avec l'ancien mangemort, peut-être que plus tard, il réaliserait sa terrible erreur mais pourtant, à ce moment-là, il ne parvenait même pas à regretter quoique ce soit. Il s'abandonnait à ce baiser rude, impérieux. Jamais, il n'avait été embrassé ainsi. Jamais, rien n'avait été meilleur. Lucius le plaquait avec force contre le dossier de la chaise, le privant de toute possibilité de fuite, mais quand bien même ? Aurait-il voulu s'échapper ?
L'aura du vampire le paralysait, il se sentait brûlé de l'intérieur. Sa langue parcourait sa bouche. C'était un combat farouche et il répondait naturellement à chacune de ses attaques délicieuses. Les mains de Lucius, grandes et fines, étaient au moins aussi fascinantes, il caressait ses jambes, ses cuisses avec sensualité et détermination. Harry se cambra involontairement lorsque le vampire remonta insidieusement vers son aine, appuyant à dessein pour faire réagir le jeune sorcier. Un gémissement plaintif s'échappa de sa gorge en un bruit guttural lorsque Lucius se pencha encore plus en avant, contre son corps. Il sentit à peine le sourire victorieux du vampire alors qu'il s'abandonnait totalement. Les lèvres de l'ancien mangemort délaissèrent la bouche sensuelle et rougie par ses assauts violents pour découvrir la mâchoire masculine. Les yeux fermés, rejetant sa tête en arrière instinctivement, Harry murmura faiblement :
« Lus… Lus… »
Au fur et à mesure que les lèvres fraîches naviguaient sur sa peau, en direction de son cou, une alarme dans sa tête ne cessait de résonner. Ce n'était… Ce n'était pas normal… Comme si brusquement, la partie vampire avait totalement pris possession du corps du blond et ne cherchait plus qu'à assouvir sa soif du joli brun, comme si Lucius voulait se repaître de sa magie pure, découvrir enfin ce sang chaud qui n'était fait que pour lui.
L'étreinte de passionnée se fit plus oppressante et le survivant fut alors bien vite dégrisé. Honnêtement, dans d'autres circonstances, il n'aurait probablement pas cherché autre chose que l'accomplissement de cette découverte, il aurait voulu sentir à quel point le vampire le réclamait, à quel point il le désirait et le voulait… Oh oui, il aurait aimé s'abandonner complètement à lui mais il savait qu'à l'heure actuelle, rien ne pouvait être pire alors que le procès de Lucius s'annonçait déjà des plus délicats. Il tenta une première fois de se dégager du corps, de repousser son torse ferme de ses mains, en vain. Le brun fut arrêté brutalement dans son élan par le pouvoir du blond. Il se sentait complètement perdu par l'aura magnétique du vampire :
« S'il… S'il te plaît… Lus… Non… »
Il soupira, lourdement, alors que les lèvres se perdaient davantage à la jointure de sa clavicule, il ne s'était même pas aperçu que Lucius avait largement dégagé sa chemise pour goûter sa peau. C'était étrange, sa langue douce et humide qui parcourait son épiderme, des frissons électriques se répandaient dans tout son corps à cette caresse nouvelle, si déstabilisante.
Même longtemps après, Harry fut incapable d'expliquer ce qui se produisit ensuite. Sans doute, sa magie avait attaqué violemment le vampire pour le défendre car ce dernier se releva brusquement et s'écarta du brun autant qu'il lui était possible dans la petite pièce du ministère. Lucius se tenait contre le mur opposé, sa respiration était sifflante, douloureuse et il serrait sa main droite contre son cœur, il souffrait visiblement énormément. Au bout de longues minutes, alors qu'Harry sortait difficilement de cette bulle cotonneuse, de cette étrange sensation qui lui avait fait perdre pied avec la réalité, ses paupières se levèrent et le regard émeraude, encore totalement hagard et perdu, se porta sur le blond. En une seconde, le jeune sorcier se redressa, inquiet :
« Lucius… Lus, ça va ? »
Il n'eut aucune réponse. Les paupières fermement closes, l'ancien mangemort cherchait à calmer les battements trop précipités de son cœur tellement le besoin de sang, sa soif d'Harry étaient intenses, il essayait vainement de retrouver une respiration apaisée. Le brun ne comprenait pas ce qui s'était produit mais il pensa logiquement que sa magie était en partie responsable de la situation, une vague immense de culpabilité traversa aussitôt son esprit : de lire une telle douleur dans le corps fort et puissant du vampire le terrifiait et il se précipita à sa rencontre.
« Lus… Lus… Je t'en supplie…
- Har…
- Lus… Tu veux que j'aille chercher de l'aide. »
Alors qu'il frôlait le corps de Lucius, ses mains parcourant sa poitrine, remontant vers ses épaules tellement fortes et masculines, comme pour trouver un point d'ancrage, Harry fut brutalement rejeté par l'autre homme. Il en fut profondément choqué et son regard émeraude traduisait sa peur d'avoir réellement blessé le vampire, même involontairement :
« Je… Je suis désolé, Lus… S'il… S'il te plaît…
- Eloigne-toi !
- Lus…
- Harry, écoute-moi pour une fois, ne m'approche pas !
- Mais… Je…
- La potion…
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? »
Il y avait un impératif dans la voix du gryffondor, une inquiétude clairement lisible dans ses yeux troublés, au bord des larmes. Comment en quelques secondes cet entretien avait-il pu prendre une direction si catastrophique ? Il était l'unique responsable de l'état de Lucius et il se maudissait pour cela. Il avait pourtant cru que la potion écarlate avait parfaitement agi sur l'instinct du vampire alors pourquoi… Pourquoi le rejetait-il si durement ? Pourquoi sa présence semblait le faire souffrir à ce point ? Son cœur se serra douloureusement à la pensée que l'autre homme ne le regarde plus jamais, ne pose plus jamais ses mains sur son corps.
« Lus… C'est… C'est ma magie… Qu'est-ce que j'ai fait, bon sang ? Dis-moi, s'il te plaît… »
Seul, un silence lourd lui répondit et sans y réfléchir davantage, le petit brun se jeta à nouveau contre le corps du vampire, cherchant son étreinte désespérément, faisant fi des supplications de Lucius qui l'enjoignait à s'éloigner de lui immédiatement. Le blond céda finalement après de longues minutes de doutes et de batailles contre sa conscience : il resserra délicatement ses bras autour du corps un peu trop frêle.
« Ne me refaites plus jamais un coup comme ça, Monsieur Malefoy… Plus jamais, c'est clair ?
- Limpide, Monsieur Potter… »
Harry avait posé naturellement sa tête sur son épaule, ses lèvres formèrent un discret sourire lorsqu'il sentit qu'enfin, la prise du vampire autour de sa taille se faisait plus ferme, une de ses mains puissantes posaient si bas sur ses reins, presque à la naissance de ses fesses. C'était d'une douceur et d'une chaleur incroyable qu'il en tremblait littéralement.
La respiration du vampire s'était progressivement calmée. Lucius savourait simplement la présence du brun qui lui avait pourtant désobéi de façon inconsidérée, mettant en péril sa vie pour lui. Une partie de son esprit lui hurlait que son instinct de vampire réagissait bien trop désormais et que vraisemblablement, les effets de la potion écarlate s'estompaient dangereusement. Il aurait dû repousser immédiatement le jeune sorcier, ne lui faire courir aucun risque mais il n'avait ni la volonté, ni le désir d'éloigner Harry de lui une nouvelle fois, il en était tout bonnement incapable. L'abandon du brun entre ses bras, la confiance aveugle que lui portait le survivant le transportaient de félicité.
Inconsciemment, il avait repris ses caresses sur ce corps si désirable, il ne s'en rendit compte qu'au moment où le brun ne put retenir un léger gémissement de contentement alors qu'il déposait de légers baisers sur ses cheveux emmêlés. Cependant, ce moment hors du temps ne dura qu'un instant bien trop court à leurs yeux car un bruit de porte qui claque les sortit de leur étreinte.
Kingsley se tenait à l'entrée de la petite cellule : il resta un instant interdit devant cette scène. Bien sûr, il n'avait pas été dupe une seule seconde face à l'attitude d'Harry depuis leur retour d'Azkaban. Le jeune homme s'emportait si facilement ces derniers temps ; avec une mauvaise foi redoutable, il avait manipulé tout son petit monde pour s'entretenir en tête à tête avec Lucius, cela en disait déjà suffisamment long sur l'évolution de leur rapport. Dire que la première fois, quand il avait rejoint Harry dans le bureau de Dumbledore, le brun avait paru véritablement choqué qu'il ose seulement lui suggérer de rencontrer l'ancien mangemort. Le garçon s'était alors emporté, prétendant avec force et fougue que peu lui importaient les problèmes de Malefoy, il s'en moquait complètement et voilà qu'aujourd'hui, contre toute attente, c'était Harry qui avait exigé cet entretien avec le vampire dans cette petite cellule du ministère avec l'homme qu'il était censé détester ardemment, il y a encore seulement quelques semaines.
Même si Kinglsey avait conscience de ce rapprochement plus que dangereux, même s'il avait mis en garde Harry nombre de fois, il n'en fut pas moins sidéré de voir le jeune garçon enserré passionnément par Lucius, comme si rien d'autre sur terre n'importait. Les deux sorciers s'écartèrent brutalement, le petit brun semblait profondément gêné par la présence du ministre, ses joues écarlates traduisaient tout son embarras qui augmenta encore davantage lorsqu'il réalisa que les yeux d'ébène fixaient avec un air réprobateur la chemise d'Harry à moitié déboutonné qui pendait lamentablement sur son épaule droite. Kingsley se retint pourtant de faire la moindre remarque qui aurait irrémédiablement entraîné une longue et douloureuse explication avec celui qu'il considérait de plus en plus comme un fils, ce n'était ni le lieu et encore moins le moment, il y avait de toute façon urgence. Il asséna froidement à destination d'Harry :
« Ta cape, tout de suite ! »
Le survivant le regarda interloqué une fraction de seconde avant de comprendre et de sortir rapidement de sa poche le tissu vaporeux et magique. Il s'en revêtit sans attendre et, comme par enchantement, il disparut de la cellule. L'instant suivant, une femme petite et rondelette aux habits d'un rose criard se tenait tout à côté du ministre de la magie. Elle lança un regard torve et malveillant à Lucius qui, instinctivement, se plaça entre elle et Harry, pourtant caché sous sa cape d'invisibilité :
« Alors, Monsieur le ministre, c'était donc vrai, vous êtes avec notre prisonnier. »
Le sorcier noir dévisagea un bref instant le mangemort, craignant que le vampire ne puisse contrôler son instinct protecteur envers le jeune sorcier, mais le visage neutre que lui renvoya le blond le rassura grandement :
« Comme vous le voyez, Dolores…
- C'était étrange, j'avais cru comprendre que vous étiez accompagné de notre si précieux survivant. »
Elle avait craché ces derniers mots avec toute la hargne qu'elle éprouvait à l'encontre du héros du monde sorcier, cachant à peine son antipathie pour le jeune homme. Elle avait toujours une influence importante au sein du ministère et bon nombre de sorciers à sa botte, nul doute que l'un d'entre eux avait dû s'empresser de l'avertir de la situation pour en tirer un quelconque parti. Il savait que nier la présence d'Harry au sein du ministère aurait été bien trop risqué, cette sangsue attendait déjà la moindre occasion pour le discréditer auprès du magenmagot, il n'allait certainement pas lui fournir une arme contre lui. Il répondit avec le même ton de voix, posé, comme si sa présence ne le dérangeait pas le moins du monde à cet instant :
« C'est tout à fait exact, Dolorès, Harry est arrivé avec moi, il voulait rendre visite à l'ami de son père, Arthur Weasley, vous connaissez, évidemment ? »
Elle racla la gorge d'un air hautain et il reprit sans se préoccuper d'elle :
« Arthur s'était absenté et Harry est reparti aussitôt. Vous souhaitiez parler à Monsieur Potter avant la séance exceptionnelle de demain, peut-être ? »
Dolorès Ombrage avait brusquement blêmi à la mention de la présence du survivant à la convocation du magenmagot, elle avait compté sur sa répugnance à être au centre de l'attention. Elle ne put s'empêcher de rétorquer méchamment :
« Ainsi, vous êtes parvenu à vos fins et l'avez convaincu de témoigner devant le tribunal ?
- Il m'a effectivement répondu positivement et j'espère que vous admettrez que sa présence ne pourra qu'asseoir l'autorité de notre haute assemblée aux yeux de la population sorcière. »
Elle acquiesça difficilement dans un borborygme avant de se tourner hâtivement vers le prisonnier. Lucius n'avait pas perdu une miette de l'échange tendu entre Shacklebolt et la toute nouvelle présidente du magenmagot qui succédait à cet incompétent notoire de Pius Thicknesse. Comment une personne si compromise avec l'ancien ministre avait pu rester dans les plus hautes sphères de l'administration sans être inquiétée le moins du monde, le laissait totalement sans voix. Avant l'arrivée d'Harry, Kingsley avait sous-entendu que cette satanée sorcière avait plusieurs dossiers compromettants sur des sorciers très influents du magenmagot, elle les tenait d'une manière ou d'une autre et c'est ce qui lui faisait craindre le pire pour demain. Il afficha un regard glacial, reculant subrepticement pour frôler le corps derrière lui. Il sentit Harry se tendre légèrement à son contact alors que la voix suraigüe de la femme rompait une nouvelle fois le silence de la cellule :
« La présence de Potter ne changera strictement rien à votre affaire, Monsieur Malefoy, soyez-en certain.
- Vraiment ?
- L'assemblée est d'ores et déjà convaincue de la nécessité d'organiser votre procès dès la réunion extraordinaire terminée. Loi d'exception ou pas, votre 'influence' sur leur précieux héros ne plaide certes pas en votre faveur, loin s'en faut.
- Je vois avec plaisir que la justice de notre ministère est toujours aussi parfaitement équitable puisque vous ne doutez pas de ma condamnation avant même que les témoignages n'aient été entendus.
- 'LES' témoignages… Voyons un peu de sérieux. Vous n'avez pour votre défense qu'un ancien mangemort, votre fils et un gamin totalement incontrôlable que tout le monde pense, manipulé honteusement par vos soins. Potter n'est rien d'autre qu'une marionnette entre vos mains et une fois ce fait établi, je vous ferai condamner au baiser du détraqueur avec grand plaisir. »
Lucius sentit Harry se crisper encore davantage contre lui.
« Je vois que nous avons au moins un point de divergence, Madame.
- Un seulement, vraiment ?
- Oui, vous semblez n'avoir aucune considération pour Monsieur Potter, là, où moi, je vois objectivement l'un des sorciers les plus brillants et les plus puissants de notre époque, un gamin exceptionnel qui n'a pas hésité une seconde à se sacrifier pour le bien de tous, un jeune homme qui a combattu loyalement et fièrement, ne se fiant qu'à son instinct et son courage, qui a vaincu Voldemort, ce pour quoi vous devriez lui être éternellement reconnaissante. »
Lucius savait qu'il prenait de risques en clouant le bec de cette mégère mais il était tout simplement hors de question qu'elle insulte Harry devant lui sans qu'il ne s'y oppose. C'était bien au-delà de ce que le vampire pouvait accepter. L'air ironique et satisfait de la présidente du magenmagot lui fit l'effet d'un doloris et elle asséna avec rancœur :
« Je n'aurai jamais pensé vous compter également dans le fan club de l'élu. C'est chose faite désormais, mais cela ne vous sauvera pas, Monsieur Malefoy. Personne n'est dupe de l'intérêt calculé que vous lui portez, il est votre planche de salut, le seul espoir d'acquittement pour toutes vos trop nombreuses fautes cependant, il aura beau plaidé votre cause encore et encore, je vais m'assurer personnellement de votre condamnation au baiser des détraqueurs. »
Lucius sentit le gryffondor se rapprocher de lui instinctivement, il fut plus que sidéré lorsque la main fine du survivant se posa dans le bas de son dos, le souffle du gamin contre sa nuque, comme s'il cherchait sa chaleur, sa protection. Il devinait le désarroi de son petit lion mais il n'en laissa cependant rien paraître devant Ombrage, n'esquissant pas le moindre mouvement dans sa direction. Il ne fallait surtout pas qu'elle s'aperçoive de sa présence, c'était là sa seule certitude et si lui devait être condamné, qu'importe, tant qu'Harry s'en sortait. Il avait déjà fait tellement pour lui, pour son fils qu'il était sûr de ne pouvoir jamais se pardonner s'il lui arrivait malheur par sa faute. Kingsley qui n'était pas intervenu jusque là, maudissait cette satanée bonne femme qui lui pourrissait l'existence par ces manigances, ces complots, il reprit avec un agacement à peine voilé :
« Je doute qu'Harry puisse un jour être manipulé, par qui que ce soit. Il a toujours agi avec son libre-arbitre, sans tenir compte des recommandations de son entourage, n'en faisant jamais qu'à sa tête. Même Dumbeldore lui trouvait une force de caractère peu commune pour son âge et il me semble que vous êtes parfaitement placée pour le savoir, Dolorès.
- Nous verrons bien demain lorsque votre petit protégé défendra un mangemort notoire. Je crains que sa popularité ne soit grandement remise en question s'il s'entête dans cette direction. »
Ombrage avait hautainement désigné du doigt Lucius en prononçant son dernier mot avant de se retourner vers la sortie.
« Profitez bien de votre dernière nuit parmi nous, Monsieur Malefoy. »
Les deux sorciers ne répondirent pas et un silence pesant s'installa dans la petite cellule, ils restèrent quelques instants sans bouger avant que d'un sortilège informulé, Kingsley ne referme la porte qui claqua lourdement. Une seconde plus tard, la cape au tissu translucide tomba, dévoilant Harry. Il était toujours tout contre Lucius et tremblait comme une feuille, son visage blême trahissait son désarroi. Le vampire se retourna sans attendre et l'enserra fermement contre lui. Le visage du brun était calé contre son épaule, son souffle jouant contre la peau de son cou. Le blond chuchota contre ses cheveux emmêlés tout doucement :
« Tout va bien… Ne t'inquiète pas pour moi, Harry… Ne t'inquiète pas… »
Kingsley n'osa interrompre ce moment. Harry semblait réellement touché par les propos d'Ombrage et il avait véritablement besoin de la présence du vampire. Bien sûr, de voir à quel point le survivant était proche de Lucius Malefoy l'inquiétait naturellement. Si demain, le magenmagot signait la condamnation de l'ancien mangemort, Harry serait détruit, à n'en pas douter. Après de longues minutes, le brun aux yeux d'émeraude se détacha légèrement et fixa le vampire avec attention. Il se dressa sur la pointe des pieds et pour la première fois, devant témoin, il prit l'initiative. Il déposa juste une seconde ses lèvres contre la bouche fraîche avant de s'écarter lentement et de murmurer :
« Fais attention à toi. »
Il ramassa sa cape et disparut aussitôt sous le tissu évanescent, laissant les deux autres hommes sans voix. Ce fut Kingsley qui sembla réagir le premier, il avança d'un pas ferme et décidé vers la porte magiquement verrouillée. Il l'ouvrit d'un informulé, il se retourna et un frôlement délicat lui fit comprendre qu'Harry avait passé l'entrée. Le grand sorcier noir jeta un dernier regard au blond, il semblait étrangement troublé. Le ministre de la magie lui adressa un simple hochement de tête avant de refermer la porte de la cellule.
Harry et Kingsley marchèrent en silence le long des couloirs interminables du département de la justice. Lorsqu'ils pénétrèrent dans l'ascenseur vide, le brun dégagea très légèrement sa cape, laissant apparaître son visage aux traits à la fois juvénile et masculin. Il savait que la discussion serait forcément houleuse mais il n'était pas un gryffondor pour rien :
« Je t'écoute, Kings… »
Le grand sorcier noir se pinça le nez, comme s'il souffrait d'une migraine terrible :
« Bordel, Harry… Si… SI JE N'ETAIS PAS ENTRE, TU AURAIS FAIT QUOI AU JUSTE !
- Inutile de hurler, tu sais…
- Non, je ne sais pas, je ne sais rien du tout d'ailleurs. Severus et moi t'avons longuement mis en garde contre les pouvoirs du vampire et tu étais dans ses bras, à moitié déshabillé. Regarde-toi, bon sang, tu trembles déjà du manque du vampire… »
Il ne put cependant continuer tant l'air douloureux qu'arborait le visage du survivant lui faisait peine. Il n'osa s'approcher, sachant parfaitement que seule l'étreinte d'un autre calice pourrait aider le jeune sorcier. Harry se cala contre un des murs de l'ascenseur et souffla profondément, en vain. Il se sentait tellement mal, tellement vide.
Lorsqu'ils arrivèrent à destination, il remit sa cape pour disparaître une nouvelle fois. Il traversa le hall du ministère, transplana à l'aide de Kingsley jusqu'à Grimmaurd, sans même en avoir conscience. Ils entendirent dans le salon le bruit des conversations animées de la réunion de l'ordre. Kingsley se retourna vers lui :
« Ecoute… Je suis désolé, pour tout à l'heure… Tu montes dans ta chambre et je vais chercher Drago, d'accord ? »
Harry acquiesça à peine et se dirigea vers l'escalier sombre, il ne prêta même pas attention aux têtes d'elfes, trop fatigué pour lutter. Kingsley le suivit du regard un instant avant de s'engouffrer dans le couloir en direction de la réunion du Phénix. Lorsqu'il entra, toutes les conversations cessèrent.
« Excusez-moi pour le retard… Dis-moi, Drago… »
Le blond se figea, il n'avait aucun doute sur ce qui allait suivre.
« Pourrais-tu, s'il te plaît, m'accompagner quelques instants ? J'ai besoin de ta signature pour des papiers administratifs concernant ton père puisque tu es son seul parent vivant aujourd'hui.»
Drago se leva avec prestance, Severus lui adressa un regard sombre, lui aussi parfaitement conscient de ce qu'impliquait la demande du grand sorcier noir. Pour que Kingsley lui demande de le rejoindre immédiatement, cela impliquait que Potter était mal, vraiment très mal. Il s'éloigna sans attendre, refermant la porte du salon où les discussions reprirent aussitôt avec animation. Il suivit rapidement le ministre de la magie dans les couloirs de Grimmaurd et ils montèrent presque en courant les escaliers en direction de la chambre du brun. Lorsque Kingsley poussa la porte, il se figea sur le seuil. Harry était recroquevillé dans son fauteuil, ses jambes ramenées contre son torse et il se balançait d'avant en arrière dans une attitude désespérée. Drago poussa rudement le ministre et se précipita vers son ancien ennemi. Il le prit dans ses bras sans se poser de questions et le cala contre lui, ne cessant de répéter les mêmes mots contre ses cheveux :
« Ca va aller, Potty, ça va aller… »
A suivre…
