Hello !

Voici un nouveau chapitre où Mayline va voir pour la première fois des géants ^^

Merci à ceux qui me suivent et qui commente, ça me motive à continuer :) Encore un grand merci àScottishBloodyMary pour son aide et pour le mot qu'elle à laissée ^^

Note de ScottishBloodyMary : Je tiens à laisser un petit mot ici, moi qui corrige cette fiction depuis quelques chapitres. Je voudrais que vous remarquiez toutes à quel point Lumatie s'est améliorée et à quel point son écriture prend de l'assurance. Cela n'a plus rien à voir avec les tous premiers chapitres. C'était pourtant un défi de taille, pondre une fanfic dont le thème a déjà été abordé maintes fois en y apportant de la nouveauté et une touche personnelle. Mayline est un OC que j'affectionne tout particulièrement, car elle est simple, bourrée de faiblesses et de défauts, tout simplement humaine.
Voilà, j'espère que vous partagez mon avis, et que vous continuerez à la suivre assidûment !

Bonne lecture :)

03/02/15

Chapitre 21 : Des Géants de pierre

Tout me laissait croire que je n'avais pas de chance, ce jour-là, mais alors pas du tout. Le soleil s'était couché, laissant derrière lui des nuances roses et pourpres dans le ciel crépusculaire, puis la pluie avait commencé à tomber, drue et lourde, emmenant avec elle de longues traînées cendrées qu'elle étala sur la voûte sombre. Nous marchions à travers la montagne, et j'essayais de ne pas regarder dans le vide. Si par malheur je glissais, je pourrais dire adieu à la vie.

J'espérais que nous chercherions un abri, mais apparemment les nains n'étaient pas décidés à s'arrêter.

« Mayline, regarde moi ! » s'exclama Bofur.

Je posais mon regard sur le nain qui marchait devant moi. J'avais peur et apparemment Bofur l'avait remarqué. Je n'avais peut-être pas le vertige, mais je n'avais pas non plus de tendances suicidaires au point d'escalader une montagne sous un tel orage.

« Ne regarde pas en bas » me conseilla Bofur. « Si tu regardes le vide, tu risques de tomber. »

« Oui, je sais... « Soupirai-je.

« Mayline ! Avancez ! » M'ordonna Thorïn, acariâtre comme à son habitude.

Kili, qui se trouvait derrière moi, m'administra une petite tape sur l'épaule et m'encouragea à continuer. Je soupirai et repris mon chemin laborieux. Le sentier devenait de plus en plus étroit, ce qui n'aida pas à atténuer ma peur. L'absence du magicien provoquait un vide dans notre petit groupe, et j'aurais souhaité ardemment qu'il soit avec nous en ce moment. La pluie commençait à devenir plus violente et froide, et un vent du nord furieux s'était levé, de fort méchante humeur. Je sentais les gouttes d'eau me fouetter le visage. Mes vêtements étaient imbibés d'eau et collaient à ma peau glacée. Je tentai de me protéger du vent en baissant la tête, et regardai malheureusement en bas. Sous l'effet de la peur, mes jambes décidèrent de ne plus me porter et je me sentis glisser vers le vide.

« Attention ! » Hurla Kili en m'attrapant par le bras.

« Désolée... Merci » bégayai-je.

« Ça ira, ne t'inquiète pas » me rassura-t-il en dégageant les cheveux collés sur mon visage trempé.

Je me remis en marche en me jurant de ne plus regarder le vide. Enfin... Marcher est une façon de parler, j'avais l'impression de faire du sur place avec tout ce vent.

« Essaye d'avancer » m'encouragea Bofur.

« Mais c'est ce que je fais » lui répondis-je.

« Non, là tu n'avances pas » se moqua Fili qui se trouvait derrière son frère.

« Je n'y arrive pas avec tout ce vent ! » Me plaignis-je.

« Ha ha ! Si ça continue comme ça, tu vas finir par t'envoler ! »

« Très drôle ! »

« Voudrais-tu que je te porte ? » Se moqua gentiment Kili en ébouriffant mes cheveux.

« Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ! » Lui répondis-je avec une mine boudeuse.

« Il faut trouver en abri ! » hurla Thorïn par-dessus le vacarme de la tempête.

« Attention ! » cria soudain Dwalin.

Je tournai la tête et vis un rocher voler dans notre direction. Je me plaquai contre la paroi de la montagne, attrapant la main de Kili, la broyant allègrement au passage. Je retins ma respiration, et eus l'impression que l'énorme pierre arrivait sur nous au ralenti. Je tremblais comme une feuille d'automne emportée par le vent, tout en me collant contre le jeune nain, j'étais terrifiée par le déchaînement des éléments, et ne pouvais m'empêcher d'imaginer le pire. Le rocher percuta finalement la montagne au-dessus de nous.

« Ce n'est pas un orage » gémit Balin. « C'est un combat d'orages ! »

Je puisai le peu de courage que j'avais en moi en ce moment pour rouvrir les yeux. J'aperçus alors deux immenses silhouettes sombres, qui me firent froid dans le dos, se lancer des rochers à la tête. J'essayai de reculer, mais ne pouvais pas plus me plaquer contre la montagne que je ne l'étais déjà. C'était des géants, qui prenaient dans leurs mains des rochers de la taille d'une maison. Je n'arrivais pas à en croire mes yeux.

« Les légendes disaient vrai ! » S'exclama Bofur. « Ce sont des géants de pierre ! »

« Reste en arrière, pauvre idiot ! » vociféra Thorïn.

Fili fit prestement reculer Bofur, tandis que Kili s'emparait de mon bras pour me tenir plaquée contre la montagne. Moi qui pensais que ça ne pouvait être pire, je me trompais. Je poussai un hurlement quand je compris que nous étions nous-mêmes sur un colosse de pierre.

« Fili ! » Hurla Kili en me lâchant le bras.

Kili, qui se trouvait sur la jambe gauche du géant, voulut attraper la main de son frère, sur l'autre jambe, mais il était trop tard et dans un réflexe, je m'accrochai au bras de l'archer. Je sentis le corps de Kili se crisper alors que nous nous éloignions de son frère. Mon estomac se contracta douloureusement face à cette scène.

« Mayline, avance ! » S'exclama Kili, le visage grave. « N'aie pas peur, d'accord ? »

Je pensais que nous allions tous mourir, ce qui me fit encore plus paniquer. Je sentis Kili me prendre doucement la main malgré l'urgence de la situation. Je relevai la tête pour le regarder dans les yeux.

« N'aie pas peur » me répéta-t-il en asseyant de maîtriser les tremblements incontrôlables de sa voix, pour que je ne ressente pas sa propre peur.

Je ressentis soudain des secousses terribles, je ne savais même plus ce qui se passait. Je pressai la main de l'archer, le cœur battant tellement fort qu'il me faisait mal. Je me remis à avancer péniblement, quasiment poussée par Kili, et finis par sauter avec les autres nains pour atterrir sur une autre pente rocheuse. Je me retournai vivement et poussai un soupir de soulagement en constatent que Kili avait réussi à sauter juste à temps. Je me relevai et cherchai les autres nains dont nous avions été séparés.
J'essayai de ne pas imaginer le pire. Je ne les voyais pas, je ne distinguais que les géants qui continuaient à se battre, redoublant d'ardeur. C'est alors que je les vis sur un colosse de pierre. Les nains hurlaient, ils étaient terrorisés et je sentis les larmes me monter aux yeux en voyant cette scène des plus épouvantables. J'observai avec horreur les jambes de pierre sur lesquelles les nains s'accrochaient tant bien que mal, s'écraser contre le flanc de la montagne.

Mon corps se tendit à l'extrême, l'air ne passait plus dans mes poumons. C'était impossible, je ne voulais pas le croire.

« Non... » Soufflai-je.

Ils ne pouvaient pas mourir, je ne le voulais pas, la quête n'était pas terminée pour eux. Sous le choc, mon corps était pétrifié comme une statue de marbre blanc.

« Non ! Fili ! « Hurla Thorïn, une détresse infinie palpable dans sa voix, en se précipitant à l'endroit où devait se trouver le corps sans vie de son neveu.

Je sentis dans son cri toute la peur, la tristesse et l'horreur qu'éprouvait un oncle en perdant son neveu. Je filai à la suite de Thorïn sur la corniche, me moquant du vide à présent. J'avais peur, et celle-ci augmenta encore davantage lorsque j'aperçus le chef de la compagnie s'arrêter brusquement. J'hésitai entre reculer ou regarder ce qui était arrivé à nos amis.

« Tout va bien ! » Cria Gloin qui était devant moi. « Ils sont en vie ! »

Nos amis étaient vivants, ils étaient tous vivants. Je n'avais jamais été aussi heureuse de toute ma vie.

« Fili ! » Cria Kili en rejoignant son frère et en l'aidant à se relever.

Kili serra Fili dans ses bras, soulagé de savoir son frère en vie. Je sentis des larmes couler sur mes joues en observant ces retrouvailles.

« Où est Bilbon ? Où est notre hobbit ? » Demanda soudain un nain.

J'étais en train de serrer Fili dans mes bras quand je réalisai que Bilbon n'était pas avec nous. Je le cherchai du regard, surprise et inquiète pour notre hobbit. Je sentis l'effroi étreindre ma poitrine déjà passablement remuée à l'idée qu'il lui soit arrivé malheur.

« Là ! » cria un nain.

« Sortez-le de là ! » vociféra un autre.

Je compris rapidement ce qui se passait, en voyant les nains se pencher au-dessus du ravin. J'entendis Ori hurler de lui attraper la main. Notre pauvre hobbit était suspendu au-dessus du vide. Il avait glissé et se tenait à présent à une main pour ne pas tomber. C'est alors que Thorïn décida de se mettre en danger en allant chercher Bilbon et en le remontant jusqu'à Kili. Je ne me rendis même pas compte que j'avais arrêté de respirer. L'air pénétra à nouveau dans mes poumons lorsque Thorïn fut sain et sauf.

« J'ai cru que nous avions perdu notre cambrioleur » fit Dwalin, visiblement soulagé.

« Il est perdu depuis qu'il est sorti de chez lui. Ils n'auraient jamais du venir, lui et l'humaine. Ils n'ont pas leur place parmi nous ! » Grogna Thorïn, le regard sombre et glacial.

« C'est gentil, merci » répondis-je ironiquement.

« Je vous en prie » se moqua Thorïn, les lèvres serrées.

« Il m'énerve, celui-là. »

Mais le prince nain ne m'entendit pas et pénétra dans une caverne suivi de Dwalin. J'entrai dans la grotte et m'affalai sur le sol de pierre froide. J'étais épuisée et ne souhaitais qu'une seule chose, dormir. Je vis Thorïn s'asseoir près de moi. Que me voulait-il encore, celui-là ?

« Oui ? » Demandais-je, un sourire hypocrite plaqué sur le visage.

« Tenez ! » Fit Thorïn, l'air revêche, en me tendant une couverture. « Vous n'arrêtez pas de trembler et je n'ai pas envie de traîner une malade demain. »

J'ignorais parfaitement comment le prendre. Voilà qui était étrange. Il était attentionné, et en même temps il ne l'était pas. C'était comme avec Bilbon, il lui avait sauvé la vie et une minute plus tard il l'avait humilié.

« Prenez-la » ordonna Thorïn.

« Merci... » Murmurai-je en prenant le tissu qu'il me tendait.

Je m'enroulai dans la couverture et me rallongeai sur le sol. Une nuit de repos après une telle journée ne me ferait pas de mal. Cette journée avait été riche en émotions, la plupart négatives d'ailleurs. Je finis par m'endormir malgré l'insécurité de l'endroit. J'aurais quand même préféré dormir à Fondcombe, dans un lit bien chaud et en sûreté, plutôt qu'à l'intérieur d'une caverne sombre, humide, froide et effrayante.