Hello !

Voici un nouveau chapitre ou Mayline va devoir courir vite pour sauver sa peau ^^

Merci à ceux qui me suivent et un grand merci à ScottishBloodyMarypour son aide toujours aussi précieuse :)

Note de ScottishBloodyMary : Bonjour les gens, chapitre plus long que le dernier, Lumatie a encore fait des progrès, et son écriture est toujours plus assurée! Alors diantre, faites exploser le compteur de reviews!

Bonne lecture :)

10/02/15

Chapitre 23 : Fuir

« Qui ose pénétrer avec des armes dans mon royaume ? » Cria le roi gobelin. « Des espions ? Des voleurs ? Des assassins ? »

« Des nains, votre Malveillance ! » Répondit une autre créature couverte de pustules suintantes.

« Des nains ? Fouillez-les ! » Beugla aussitôt leur roi. Cherchez dans les moindres recoins, tout ce qu'ils ont dans leurs poches ! »

Les gobelins se mirent à nous fouiller avidement, et j'avais beau être protégée par des nains qui se trouvaient à mes côtés, ainsi que devant et derrière moi, je ne fus pas épargnée par les sales petites mains moites des monstres qui me touchaient et volaient mes armes. Heureusement, mon collier ne sembla pas les intéresser. Ils ne m'avaient pris que mes dagues et mon épée. Quand la fouille fut terminée, je jetai un rapide regard paniqué à Kili qui me prit la main, essayant de me rassurer.

« Que faisiez-vous dans les montagnes ? » Demanda le roi gobelin en haussant un semblant de sourcil. « Parlez ! »

Je déglutis, aucun nain n'allait lui répondre et ça allait sans aucun doute l'énerver. Personne ne parla, tous regardaient la créature avec mépris et hargne. En même temps, au vu du caractère des nains, ça ne me surprenait pas.

« Très bien » reprit l'immonde créature lorsqu'il comprit que personne ne parlerait. « S'ils refusent de parler, nous les ferons hurler ! »

Je devinai aussitôt ce qui allait suivre, malheureusement pour moi. Pendant que son peuple l'acclamait, je retins ma respiration. Je préférai que l'on me tue sur le champ, plutôt que d'être torturée. J'avais peur, j'étais même terrorisée.

« Commencez par la naine ! » S'égosilla le roi gobelin en me désignant de son doigt purulent.

Étrangement, ma première réaction fut d'être vexée que l'on me traite de naine. Puis j'eus enfin un réflexe logique, qui fut la peur. Pourtant, je ne baissai pas le regard devant le sourire cruel du roi des gobelins. Si je devais mourir, ce ne serait pas en baissant les yeux face à cette immonde créature.

« Attendez ! » Hurla Thorïn d'une voix grave et posée.

La haute stature de Thorïn, -enfin haute... Pour un nain- s'avança vers le monstre. Je fus soulagée que le chef de la compagnie repousse ma séance de torture de quelques minutes. A cet instant, je trouvai que Thorïn était impressionnant, il gardait la tête haute face à cet être hideux et fourbe.

« Tiens, tiens, tiens » fit le monstrueux et dégoulinant monarque. « Regardez qui est là. Thorïn, fils de Thraïn, fils de Thror, roi sous la montagne. Oh, mais j'oubliais... Vous n'avez pas de montagne. Vous n'êtes donc pas roi. Ce qui fait de vous... Un moins que rien. »

Des rires et des ricanements sournois se firent entendre parmi ses vassaux, mais je ne pouvais détacher mes yeux de Thorïn. J'avais du mal à gérer mes émotions, même si la relation que j'avais avec Thorïn n'était pas la meilleure, je n'arrivais pas à accepter que l'on puisse l'humilier ainsi. Le gobelin et le nain échangèrent un regard glacial, et Thorïn conserva son air digne malgré l'insulte que lui avait craché au visage le monstre. Je ne ressentais qu'une colère froide face à la provocation de la créature.

« Je connais quelqu'un qui serait prêt à payer cher pour votre tête » fit le monstre. « Rien qu'une tête. Détachée du reste. Peut être voyez-vous de qui je parle ? Un vieil ennemi à vous. »

Ce stupide gobelin osait encore se moquer de Thorïn. Le prince nain se contenta de lui lancer un regard noir.

« Comment osez-vous vous adresser à lui de cette façon ! » M'écriai-je soudain en lâchant la main de Kili et en m'avançant vers la créature. « Une immonde et odieuse créature telle que vous ne devrait même pas pouvoir se tenir face à lui. Vous n'êtes qu'un roi de pacotille ! Vous me faites presque pitié. Vous essayez de ridiculiser Thorïn, mais c'est vous qui êtes ridicule ! Il mérite le respect. Alors parlez-lui avec respect ou alors fermez-la ! »

« A qui crois-tu parler comme cela ? » S'énerva le monstre, des étincelles luisant dans ses yeux globuleux.

« A un roi pathétique, dont le seul fait de fouler cette terre est une insulte ! »

Je ne croyais pas avoir autant de courage en moi, et j'avais agi sous l'effet de la colère sans réfléchir. Je n'arrivais pas à croire non plus que je venais de prendre la défense de Thorïn. Puis le gobelin éclata de rire et je regrettai aussitôt mon élan de courage.

« Quel est ton nom ? » Me demanda le tas de graisse, agitant sa pile de mentons.

« Mayline... » Répondis-je, hésitante, la voix quelque peu tremblante.

« Eh bien, petite Mayline, nous verrons si tu es toujours aussi insolente dans quelques minutes. »

« Reviens ici ! » Lança Dwalin, tout en me repoussant au milieu du groupe.

Le monstre reporta son attention sur un tout petit gobelin. J'aurais du me la boucler, quelle idiote j'étais.

« Va prévenir l'orque pâle » ordonna le gros souverain au gobelin. « Dis-lui que j'ai son futur trophée. »

Je vis Thorïn se tendre en entendant l'ordre du répugnant personnage. Cela voulait dire qu'Azog le profanateur n'était pas mort. Cela dut être un véritable choc pour Thorïn qui croyait le contraire. Le petit monstre partit exécuter les ordres de son roi. Le gigantesque gobelin reporta son attention sur nous.

« Et si on s'amusait maintenant » fit la créature, une lueur de malice fourbe brillant dans son regard.

Je sentis mon estomac se nouer en voyant le sourire cruel qu'arborait le monstre. Des exclamations de joie se firent entendre de la part de son peuple. J'essayai de trouver une échappatoire mais n'y parvins absolument pas.

« Apportez les machines de torture ! » Ordonna le gros roi, son ventre plissé et bedonnant s'agitant de tous côtés et produisant d'infects sons mous.

« Tout de suite, votre Malveillance » répondit un gobelin, frottant ses mains couvertes de boutons à l'allure peu engageante.

« Je sens que tout cela va être très divertissant. »

Puis le monstre posa son regard sur moi. Un regard moqueur et mesquin. Un horrible sourire étira ses lèvres hideuses. La vengeance est un plat qui se mange froid, voilà ce que voulait dire ce genre de sourire. Mais pourquoi avais-je ouvert ma grande bouche, dont s'échappaient parfois des flots de mots stupides et regrettables ?

« Qu'est-ce qui t'as pris d'aller le provoquer ? » chuchota furieusement Kili à mon oreille.

« Je n'en sais rien ! » Lui répondis-je sur le même ton, la panique enflant sourdement dans ma poitrine.

« Tu aurais pu t'abstenir ! » Continua l'archer, toujours furieux.

« Je suis désolée... Soufflai-je, au bord des larmes, le cœur dans la gorge.

« Viens là... » fit-il en me prenant dans ses bras.

Je fermai les yeux, me blottissant dans ses bras, tentant de contenir mes larmes. Je sentais les mains de Kili trembler dans mon dos. J'entendis des exclamations de la part des gobelins et compris que les machines de torture étaient arrivées.

« Apportez-moi la naine ! » Ordonna le roi, un sourire cruel toujours étalé sur ses lèvres.

Je laissai échapper un sanglot quand je sentis qu'on me tirait des bras de Kili. Les nains voulurent me défendre, mais les gobelins étaient trop nombreux. Au moment où les créatures allaient m'installer sur une machine qui devait sûrement servir à broyer les os, une lumière blanche nous aveugla. Je fermai les yeux en priant que se soit de l'aide. Un grand courant d'air me fit tomber à terre.

« Lâche-moi ! » Criai-je en poussant la créature qui me tenait toujours le bras.

« Non ! » Beugla celle-ci.

Je frappai la créature à l'aveuglette et en déduisis qu'elle était tombée dans le vide après avoir entendu un long hurlement strident. Quand je pus rouvrir les yeux, je ressentis une bouffée de joie en apercevant le magicien.

« Gandalf ! » M'exclamai-je, le cœur battant la chamade.

« Prenez vos armes et battez-vous ! » Ordonna le magicien d'une voix puissante. « Battez-vous ! »

Les cris du magicien nous redonnèrent un regain d'énergie. Le premier à se lever fut Thorïn, suivi du reste de la compagnie. Je donnais des coups aux monstres dès que l'un d'eux était à proximité. Je me rendis compte que Thorïn s'efforçait de repousser les créatures qui s'approchaient trop près de moi. Je courais si vite que j'avais l'impression que mon cœur allait exploser dans ma poitrine. Je vis Gandalf se battre avec son épée comme s'il était un guerrier.

Le vieux bouc était plutôt agile pour son âge, il fallait le lui concéder. Il nous nous hurlait de nous dépêcher, sa voix forte renvoyée en longs échos par les épaisses parois de pierre froide.

« Attention ! » Cria Dwalin en me poussant derrière lui avant de tuer un gobelin d'un coup de hache précis et assuré.

Je le remerciai d'un signe de tête et repris ma course tout en restant près de lui. Il vaut toujours mieux demeurer près de puissants guerriers dans ce genre de situation.

« Mayline, par ici ! » Beugla Kili tout en m'attrapant par la veste pour me faire tourner à droite.

Kili m'ordonna de ne pas regarder le vide et de le suivre. Effectivement, il valait mieux que je ne regarde pas en bas. Courir sur des passerelles très peu stables faites de bois, tout en étant attaqués par des gobelins furieux, n'était pas chose facile. Alors, si en plus je regardais le vide et que j'étais prise de panique, ça n'arrangerait pas les choses. La situation ne me permettait pas d'hésiter à sauter de passerelle en passerelle, alors je le faisais sans réfléchir.

« Coupez les cordes ! » Nous ordonna Thorïn.

« Oui, chef ! » Lui répondis-je en levant mon épée.

Je coupai l'une des cordes, et vis la structure de bois précipiter une partie de nos ennemis dans le vide. Malgré la douleur que je ressentais, je me remis à courir. Puis je remarquai quelque chose qui me perturba au plus haut point. La pierre Tutamen brillait à nouveau d'une lueur rouge.

« Courez plus vite ! » Cria Gandalf.

Au même moment, un gobelin me sauta dessus. Je mis ma main devant moi dans une vaine tentative de protection, et le monstre se heurta contre un mur invisible avant de tomber dans le vide. La pierre Tutamen cessa de briller et je n'eus pas le temps de me poser des questions, que déjà Bofur me poussa en avant pour que j'avance plus vite. Alors que nous étions arrivés sur une énième plateforme, le roi gobelin nous barra la route.

Gandalf se débarrassa promptement de lui. En une minute, le magicien trancha la gorge du monstre, qui s'écrasa au sol dans un écœurant bruit de chairs écrasées.

« Oh non... » Soufflai-je en entendant un craquement strident.

Le corps du roi gobelin était si lourd, que la structure fragile céda. Je poussai alors mon plus beau cri de fille.

« Haaaaaaaaaaa ! »

J'aimais bien les sensations fortes, mais il ne fallait pas abuser. Je fus de justesse rattrapée par Fili et Kili.

« Accroche-toi ! » Hurla Fili.

Je m'accrochai tant bien que mal à Fili, jusqu'à la fin de la chute, qui se termina sans trop de dégâts. Les parois de la montagne avaient considérablement ralenti notre chute.

« Tout le monde est vivant et entier ? » Demandai-je.

« Oui ça va répondit Bofur. ç'aurait pu être pire. »

J'étais d'accord avec lui, et le regrettais au moment où le gros corps du roi gobelin nous tomba dessus. Ça ne pouvait pas être pire.

« Non mais tu plaisantes ou quoi ? » s'indigna Dwalin en se dégageant rudement.

« Gandalf ! » S'écria soudain Kili après avoir relevé la tête.

Étant tombé sur le dos, Kili avait une vue parfaite sur l'armée de gobelins qui dévalait la montagne, droit sur nous. Ça peut toujours être pire en fin de compte. Décidément, la chance n'était pas de notre côté.

« Il y en a beaucoup trop, on n'a aucune chance » annonça Dwalin en aidant Nori à se relever.

Je laissai échapper un gémissement désespéré, nous étions fichus. Je voulais sortir d'ici, je n'en pouvais plus, c'en était trop. Fili m'aida à me relever tout en observant l'armée d'un œil inquiet.

« Une seule chose peut nous sauver, la lumière » fit Gandalf.

« Alors, qu'attendons-nous ! » M'écriai-je.

« Venez ! Debout ! »

Tous les nains se relevèrent, prêts pour une nouvelle course folle. L'espoir nous redonna des forces et nous nous remîmes à courir. Je suivais Gandalf tout en priant qu'il trouve rapidement la sortie. Je voulais m'extirper au plus vite de cet enfer. Gandalf nous encourageait à continuer tout en accélérant sa course. Puis, au bout d'un moment qui me sembla interminable, je distinguai une lueur rassurante devant nous. Je ne pus retenir des larmes de joie en me retrouvant enfin à l'air libre.