Hello !
Voici un nouveau chapitre où Mayline va enfin se rendre compte qu'elle à complétement oublier Bilbon dans toute cette histoire ^^
Ce chapitre est plus court que celui d'avant, je vous promet que je me rattraperais sur le prochain ^^
Merci à ceux qui me suivent et un grand merci à ScottishBloodyMary pour son aide et sa superbe description à la fin du chapitre :)
Bonne lecture :)
16/02/15
Chapitre 24 : Nous avons perdu Bilbon
« Enfin... » Soufflai-je, soulagée.
Au bout d'un moment qui me parut interminable, les nains s'arrêtèrent de courir, et s'immobilisèrent au centre d'un petit bosquet. Nous nous étions assez éloignés de la montagne, enfin en sécurité. Les mains sur les genoux, je tentai de reprendre ma respiration, soufflant et haletant comme un bœuf sauvage.
« Tout le monde est là ? » Demandai-je, hors d'haleine.
« Bifur, Bofur, ça fait onze » énuméra Gandalf. « Ah ! Fili, Kili ! Treize et Bombur bien sûr, ça fait quatorze ! »
Je tentai de ne pas m'effondrer au sol, tout en pensant que quelque chose clochait. Puis je relevai la tête vers le magicien. Je déglutis avec difficulté en trouvant ce qui n'allait pas. On était sensés être quinze et pas quatorze, quelqu'un manquait à l'appel.
« Il manque quelqu'un ! » M'écriai-je.
« Où est Bilbon ? » Demanda Gandalf, une pointe d'angoisse dans la voix.
Bilbon n'était pas là. Face à cette nouvelle, je me sentis prise de vertiges, mais heureusement, Kili me rattrapa, m'évitant d'embrasser violemment l'arbre en face de moi. Je n'arrivais pas à croire que j'avais oublié Bilbon dans toute cette agitation.
« Où est notre hobbit ? » Hurla Gandalf, l'air sincèrement paniqué.
« Le dernier à l'avoir vu est Dori » lâcha l'un des nains.
« Hé ! Ne rejetez pas la faute sur moi ! » Cria l'intéressé, piqué au vif.
« Je ne l'ai plus vu depuis que l'on s'est fait capturer par les gobelins, il s'est éclipsé, profitant de l'agitation » fit Nori tandis que Gandalf nous fusillait du regard.
Ainsi donc, il était tombé en même temps que nous lorsque le sol s'était ouvert sous nos pieds. Honteuse, je n'osais pas regarder le magicien dans les yeux et priais pour qu'il ne sois rien arrivé à Bilbon. Il y avait eu tellement de gobelins que je me demandais comment il avait pu s'éclipser. Au fond de moi, je sentais que Bilbon était encore en vie, il n'était pas notre cambrioleur pour rien.
« Que s'est-t-il passé, au juste ? » Demanda aussitôt le magicien. « Dites-le moi ! »
« Je vais vous dire ce qu'il s'est passé » intervint Thorïn à ma grande surprise. « Maître Sacquet à sauté sur l'occasion pour s'enfuir ! Il ne fait que penser à son lit depuis qu'il est parti de chez lui. Nous ne reverrons plus notre hobbit, il est déjà loin. »
« Non ! » Fit Bilbon en apparaissant devant nous.
Bilbon était revenu, je sentis une bouffée de joie m'envahir. Il avança vers nous, l'air déterminé à continuer l'aventure. Il avait sans doute entendu les paroles qu'avait prononcées Thorïn.
« Bilbon, on n'y croyait plus ! » S'écria Kili, heureux de revoir notre hobbit.
« Mais comment avez-vous réussi à échapper aux gobelins ? » Demanda Fili, perplexe.
« Ha ha ha ! » Fit Bilbon avec une gêne perceptible dans la voix en mettant quelque chose dans sa poche.
Je fronçai les sourcils, n'aimant pas que Bilbon nous cache des choses. Mais je décidai de faire profil bas et de me taire. Je me demandais quand même ce qu'il avait bien pu dissimuler si prestement dans sa poche. Ce devait être quelque chose de précieux pour qu'il le cache ainsi à notre vue.
« Oh, mais quelle importance ! » Fit Gandalf, l'air faussement décontracté. « Le revoilà ! »
« Si, c'est important ! » L'interrompit notre chef, veillant à ne pas faire défaut à son inépuisable habitude, qui consistait à contredire perpétuellement le magicien.
Je regrettais de l'avoir défendu face au roi gobelin, cet acariâtre individu m'irritait prodigieusement à toujours contredire tout le monde. Le prince nain se tourna vers Bilbon, les yeux flamboyants d'une lueur que je ne pourrais décrire.
« Je veux savoir » poursuivit-il en regardant le hobbit droit dans les yeux. « Pourquoi êtes-vous revenu ? »
Thorïn avait le chic pour poser des questions stupides. Il était revenu pour eux, pour les aider tout simplement. Bilbon était comme cela, un être d'une extrême gentillesse. Thorïn semblait peiner à comprendre que des gens pouvaient l'aider par simple bonté.
« Je sais que vous doutez de moi, que c'est le cas depuis le début » fit Bilbon avec un air légèrement peiné.
Je fusillai Thorïn du regard, notre pauvre hobbit s'était senti rejeté depuis le début, par sa seule et unique faute. Le chef de la compagnie ne répondit rien, se contentant de fixer le semi homme. Le visage de Thorïn resta neutre, aucune émotion ne se voyait.
« C'est vrai, je pense souvent à Cul-De-Sac » poursuivit Bilbon en haussant les épaules. « Mes livres me manquent. Et mon fauteuil, mon jardin. Je suis chez moi là-bas. C'est mon foyer. Alors, je suis revenu parce-que... Vous n'en avez aucun. De chez-vous. On vous la pris. J'essaierai de vous aider à le reprendre. »
« Bilbon... » Soufflai-je, émue.
Je retins difficilement mes larmes, Bilbon était une personne incroyable. Apparemment, je n'étais pas la seule à avoir été submergée par l'émotion, au vu de l'expression qu'affichaient les nains face au discours du hobbit. J'admirais Bilbon et ses paroles, le hobbit faisait passer les besoins des autres avant les siens.
« Que fait-on à présent ? » Demanda Oin, brisant le silence.
Gandalf prit le temps de réfléchir, le visage grave, avant de répondre qu'il fallait vérifier ce qu'il nous restait comme biens. La compagnie se mit alors à faire l'inventaire de ce qu'il nous restait. Il ne me restait plus que l'épée que Fili m'avait offerte. J'avais perdu mes dagues dans la montagne, sûrement qu'un gobelin me les avait volées. Oin s'approcha de moi et m'étala une sorte de crème brune sur la joue gauche, m'expliquant que cela éviterait à ma joue d'enfler.
Il était vrai qu'après la monumentale gifle que m'avait donné le monstre, je devais arborer une superbe marque à la riche couleur rougeâtre ou bleutée. Soudain, un cri animal, que j'avais espéré de tout mon cœur ne plus jamais entendre, résonna dans toute la montagne, me tétanisant. J'aurais aimé que se soit un hurlement de loup, mais ce n'était pas le cas.
« Ne me dites pas que c'est ce que je pense... » Fis-je avec un rire nerveux.
« Malheureusement, si ! » Répondit Thorïn d'une voix grave.
Nous avions échappé à des géants de pierre et à des gobelins, pour finalement tomber sur des wargs. Cette épouvantable journée ne se finirait-t-elle donc jamais ? Le magicien nous hurla de courir, et je ne me fis pas prier et me remis à galoper vaillamment, bien que mes jambes semblaient avoir un peu de mal à suivre. Le soleil était en train de se coucher, j'étais épuisée, et je ne pus résister à l'envie de me retourner pour voir si nous arrivions à distancer nos poursuivants. Ce que je vis au loin me fit froid dans le dos.
La créature de mes pires cauchemars, un warg blanc comme la neige, la gueule écumante de bave brillante et dégoulinante, des taches de sang écarlate maculant ses babines retroussées. Rubis pur et rouge sur un écrin de soie blanche. Bête des ténèbres, coureur de brume, danseur de mort.
