Hello !

Voici un nouveau chapitre où Mayline va passer la nuit sur le dos d'un aigle ^^

Chapitre plus court, le prochain sera plus long promis ^^

Merci à ceux qui me suivent et un grand merci à ScottishBloodyMary pour son aide, surtout pour le passage en italique qu'elle à réussit à rendre plus sombre :)

Bonne lecture :)

21/02/15

Chapitre 26 : une nuit à voler

Une fois les sentiments de peur et d'angoisse disparus, je sentis une joie et une liberté indescriptibles. J'étais en train de voler. Le vent caressait ma peau et emmêlait mes cheveux, la douce lumière de la lune enveloppait les montagnes d'une lueur pure et fragile, offrant au paysage une beauté surnaturelle. Quelques nuages légers et aériens s'accrochaient aux sommets des montagnes, désireux de ne pas quitter ce monde calme et serein.

Mon regard se posa sur la compagnie, Bilbon, Dori, Nori, Ori et Bombur s'étaient endormis. Je me demandais comment ils avaient bien pu s'endormir sur des aigles géants, c'est vrai que dormir sur le dos de l'un de ces grands oiseaux était dangereux. Mais leurs plumes étaient si douces que l'on avait envie de se blottir dedans. Mon regard se posa ensuite sur Bifur, Bofur, Fili et Kili, qui contemplaient le paysage. On pouvait voir l'émerveillement dans leurs yeux.

Je croisai le regard de Kili, et nous passâmes un moment à nous regarder, comme si nous essayions chacun de graver le visage de l'autre dans notre mémoire. Puis il m'adressa l'un de ses sourires malicieuxque je trouvais adorable ,me sentant rougir à cette pensée, je détournai mon regard pour le poser sur le reste de la compagnie. Leurs visages étaient tendus, ils avaient l'air inquiets. Puis je compris ce qui les rendait si angoissés, et posai mon regard sur Thorïn.

Il était dans un sale état, un aigle le tenait dans ses serres, suspendu au-dessus du vide. Alors je fis quelque chose qui me parut complétement stupide.

« Excusez-moi de vous déranger, monsieur l'aigle, mais pourrait-on placer Thorïn sur votre dos pour que je puisse voir son état ? » Demandais-je poliment, hésitante.

J'étais vraiment stupide, comme si l'aigle allait me répondre, il ne comprenait sans doute aucun mot de ce que je venais de lui demander. A mon grand étonnement, le rapace poussa un cri aigu, et se rapprocha de son compagnon qui tenait Thorïn. L'aigle passa au-dessus de nous et déposa délicatement le chef de la compagnie à mes côtés. Je remerciai les aigles et commençai à retirer les vêtements de Thorïn. Bon, certes, c'était afin de le soigner, mais il était tout de même gênant de déshabiller le chef de la compagnie.
Je ne pus réprimer un frisson en voyant dans quel état il se trouvait. Azog n'y était pas allé de main morte, même si je savais pertinemment que les orques ne sont pas réputés pour leur délicatesse exemplaire. Je commençai d'abord par le visage du nain. La chair de son front et de sa lèvre était à vif, et du sang sombre s'en échappait encore à gros bouillons. Son nez était cassé, et ce qui me parut le plus difficile à soigner était sa joue. Une grande partie de sa joue droite avait été arrachée et tenait comme par miracle à quelques morceaux de fins tissus de peau.

Je commençai par prendre le bout de chair pendant et tentai de le remettre en place.J'utilisai ensuite la magie de la pierre Tutamen et remplaçai les cellules endommagées par des cellules saines et fonctionnelles. Puis je m'attaquai au reste du visage qui me parut plus facile à guérir, car il me suffisait d'accélérer le processus de régénération, et son visage redevint celui que j'avais connu. Au moment où je m'attaquais au thorax, j'eus un haut-le-cœur, mais heureusement je réussis à me maitriser et à me mettre au travail.

Les crocs du warg avaient laissé d'énormes trous où le sang s'échappait, coulant à flots sur le plumage de l'aigle et me demandais où il avait pu trouver une telle volonté de vivre avec de telles blessures qui auraient dû le tuer. Son poumon droit était perforé. Il avait cinq côtes cassées, et trois fêlées. Heureusement, le foie n'avait été que légèrement endommagé et sa colonne vertébrale était intacte. Âpres une bonne heure de travail acharné et de concentration incessante, j'avais réussi à arrêter l'hémorragie et à sauver le foie et le poumon, et à réparer les côtes fêlées.

Je ne pouvais rien faire pour les côtes cassées, car j'étais trop épuisée. Je refermai donc les blessures et m'allongeai sur le dos, près de Thorïn, pour enfin pouvoir me reposer.

« Où suis-je ? » Murmura soudain Thorïn en ouvrant doucement les yeux.

Je me relevai d'un bond, et posai ma main sur son front pour vérifier si la fièvre était tombée.

« Vous êtes en sécurité, ne vous inquiétez pas, reposez-vous pour l'instant » fis-je en enlevant mon manteau et en le déposant sur le corps transi de Thorïn.

« Merci... Pour ce que vous avez fait sur la falaise, sans vous je serais sans doute mort. Mais je vous avais dit de faire attention, pas de venir à mon secours. Espèce d'idiote... vous auriez pu mourir... » Fit-il laborieusement entre deux quintes de toux.

Il replongea dans l'inconscience et je me rallongeai près de lui tout en le surveillant pendant son sommeil. Il ne changerait jamais, il me remerciait et m'insultait en même temps.

Maman ! Maman, non ! Je t'en supplie, ne me laisse pas, ne m'abandonne pas ! Criai-je tout en la secouant, espérant qu'elle se réveille.

Mais elle ne se réveilla pas, et ne se réveillerait jamais. La mort l'avait prise, pour toujours. La Faucheuse avait étendu ses doigts glaciaux au-dessus de son cœur, éteint l'étincelle de vie qui régnait encore quelques instants plus tôt dans ses yeux rieurs. Elle était partie, dans un souffle, un soupir, elle s'était enfuie, comme le font les derniers pans de brume lors des petits matins ensoleillés. Elle s'était dissipée, souffle de vent éphémère, léger pétale emporté par la brise d'été, plume douce et frêle balayée par le noroît, feuille fine et délicate tourbillonnant aux jours roux de l'automne naissant.

Je pleurai, hurlai, désireuse de chasser toute cette douleur que j'avais en moi, qui enflait comme la tempête qui ravage les côtes au soir de la Noël. Je n'avais rien pu faire, j'étais faible, j'étais impuissante, la maladie, implacable, sans merci, l'avait emmenée. J'étais seule à présent, je n'avais plus de mère, j'étais une orpheline, errant dans un monde trop grand pour elle.Les infirmiers et les médecins me regardaient avec peine, mais c'était de la pitié, et je n'en voulais pas de leur foutue pitié.

Je souffrais, que l'on me laisse souffrir en paix, par tous les diables d'en bas, par tous les démons grouillant sous la surface de la terre meuble et sulfureuse!Je n'avais pas besoin de leur aide, je m'en sortirai toute seule, sans le soutien de personne. Il fallait que je sorte de cet hôpital, lieu sinistre dans lequel la mort guette au détour d'un couloir, prête à déchaîner toute sa fureur. Perdre un être cher fait si mal, j'avais l'impression que l'on m'arrachait le cœur, le broyant avec force. Je ne voulais plus jamais vivre cela.

Je ne m'attacherai plus jamais à personne, je demeurerai seule, dans mon coin, tache d'obscurité au milieu des ombres rampantes de la nuit. Car la mort nous enlève toujours ceux que l'on chérit le plus, elle emporte l'être cher, et une partie de nous.La mort nous ôte les liens du cœur, elle nous assèche la poitrine, la rend aride et inhospitalière, stérile. Rien ne peut plus y croître, même la plus petite étincelle de lumière s'enfuit devant le désert sec qui s'étend en lieu et place de notre pauvre cœur mortel, elle s'éteint alors, feu follet incertain, luciole indécise.

J'observai Thorïn dormir paisiblement, sa respiration était devenue régulière. J'avais changé, je n'étais plus la petite fille brisée de quatorze ans. Je pouvais à nouveau vivre, m'attacher aux gens sans avoir peur de les perdre. Car à partir de maintenant je défendrai ceux que j'aime, même si je dois me battre contre la mort elle-même !