Résumé : Après une assez longue absence (désolée mais je croule sous le travail et j'ai eu pas mal de soucis perso…), nous retrouvons donc Lucius et Harry de retour des enfers d'Azkaban ! Pas très plaisant comme lieu de villégiature… Bref, Harry était revenu dans un état assez pitoyable. Cependant, le vampire semblait bien décidé à lui apporter tout son soutien. Se retrouvant dans la chambre du brun, les choses commencent alors à déraper entre les deux sorciers… Voici donc ce chapitre qui m'a donné du fil à retordre, il marque un tournant important dans l'histoire et dans leur relation… Un message d'encouragement fait toujours plaisir, alors n'oubliez pas un petit clic à la fin ! Bonne lecture et à bientôt lilywen…

La quête des temps nouveaux

Chapitre 20 : L'appel du calice

« Harry… Harry… Comment te sens-tu ? Dis-moi, s'il te plaît… »

Harry trembla au son de la voix grave de Lucius. La traversée des Enfers l'avait réellement épuisé, cependant, malgré sa fatigue extrême, il avait désespérément conscience de la présence et de la proximité de l'ancien mangemort. L'aura du vampire le brûlait littéralement, c'était déstabilisant, mais aussi terriblement excitant. Il sentait ce corps fort et puissant contre le sien, un corps qui le protégeait, un corps qui le dominait complètement, un corps qui le désirait. Il agrippa fébrilement la robe du blond et se cambra, épousant parfaitement les formes de l'autre homme, recherchant encore plus de cette sensation troublante et il ne put s'empêcher de gémir faiblement le diminutif de l'ancien mangemort :

« Lus… »

Le blond se tendit à cette supplique du sorcier aux yeux d'émeraude. Bien sûr, il savait que s'il cédait maintenant à ce désir, il le regretterait inévitablement car le gamin n'était pas encore prêt à devenir complètement son calice mais la tentation allait bien au-delà de sa raison et le vampire se laissa progressivement gagner par cette excitation sourde qui résonnait en lui, il se sentait complètement submergé par son instinct, sa nature. Il voulait simplement le brun plus que tout au monde. Il voulait être ses envies, ses emportements passionnés, son désir le plus intime et le plus profond. Les gémissements étouffés contre son épaule se multiplièrent et la créature de la nuit s'employa alors à répondre à chaque supplique informulée du gryffondor. Avec dévotion et respect, il déposa une suite de baisers enfiévrés sur sa cicatrice, sur ses paupières closes, descendant lentement sur ses joues brûlantes avant de parcourir patiemment la mâchoire masculine du jeune garçon.

Lorsque les lèvres de Lucius dérivèrent finalement le long de sa jugulaire, le survivant sentit son cœur tambouriner furieusement dans sa poitrine et il pria pour que la magie de la créature de la nuit continue à le tourmenter ainsi, à tout jamais, car cette sensation était juste parfaite. Avec hardiesse et habileté, le vampire dessinait de sa langue un message interdit sur la peau fine de son cou et pour ajouter à sa confusion, les mains du blond se joignirent à cette torture parfaite, naviguant avec empressement sur tout son corps.

Il était évident que le blond prenait plaisir à supplicier ainsi le jeune sorcier. Son instinct exultait à la reddition de ce dernier qui n'était plus qu'une créature implorante entre ses bras, chaque soupir désireux était à ses oreilles la plus douce des mélopées. Abandonnant à regret la saveur subtile et sucrée de l'épiderme de ce cou offert, le vampire partit à la conquête des lèvres finement dessinées du brun, pillant littéralement sa bouche entrouverte comme un conquistador. La langue de l'ancien mangemort martyrisait Harry avec talent, alternant douceur et impétuosité, le brun se sentait au bord de l'évanouissement.

Quand Lucius se releva légèrement, juste assez pour caresser de son souffle la bouche du joli brun, sans toutefois le satisfaire, Harry mordilla durement ses lèvres pour retenir un gémissement de frustration. Les yeux gris du vampire fixaient attentivement les joues brûlantes du jeune sorcier et ils furent inévitablement attirés par la perle rouge sang qui apparut presque aussitôt sur la lèvre inférieure d'Harry. Tandis que les yeux émeraude le suppliaient pour plus, il se pencha doucement et vint cueillir la saveur délicieuse sur sa langue.

L'effet fut dévastateur pour l'un comme pour l'autre. Retenant à grand peine un grognement satisfait, le vampire lança brutalement sa tête en arrière, ses longs cheveux défaits retombèrent gracieusement autour de son visage altier. Lucius avait l'impression de se consumer de l'intérieur, son cœur cognant furieusement dans sa poitrine. Le goût parfait d'Harry envahissait chaque cellule de son corps, le rendant fébrile comme jamais. Cherchant vainement à reprendre son souffle, il s'écroula finalement contre le brun aux yeux d'émeraude, l'enserrant de toutes ses forces. Quant à Harry, il semblait hagard, perdu, épuisé et le gryffondor sombra bien vite dans un sommeil lourd, ayant seulement vaguement conscience de la présence du vampire tout contre lui.

Lorsqu'après plusieurs heures, le jeune sorcier se réveilla enfin, il tomba aussitôt sur le visage du vampire. Ce dernier dormait encore très profondément. Pendant de longues minutes, le brun observa attentivement les traits détendus de l'autre sorcier, il se sentit incroyablement touché à l'idée que le vampire l'ait veillé depuis leur retour d'Azkaban. Lucius lui paraissait encore plus magnifique, encore plus séduisant. Doucement, Harry s'approcha jusqu'à frôler de ses lèvres celles de son vis-à-vis. Le brun soupira de plaisir à ce contact délicat et presque évanescent. Lorsque le jeune sorcier essaya de se relever une première fois, il constata que leurs jambes étaient inextricablement emmêlées. Le gryffondor se dégagea donc avec une infinie délicatesse, prenant garde de ne pas réveiller le vampire.

Une fois extirpé des draps, Harry réalisa qu'il était encore plus faible qu'avant son départ vers les Enfers d'Azkaban, il ne tenait que très difficilement sur ses jambes flageolantes et dut s'appuyer lourdement contre le mur pour tenir debout. L'équilibre précaire entre sa magie et celle des anciens paraissait une nouvelle fois fragilisé. Le brun avait vaguement conscience que le vampire était en partie responsable de son état, cependant, ses souvenirs étaient pour le moins brumeux et confus. Le plus étrange fut cette sensation inédite et impérieuse. Il devait sortir immédiatement de la pièce, c'était instinctif… Quelque chose d'assez indéfinissable l'appelait.

Péniblement, il se dirigea vers la porte de sa chambre et gagna le couloir de la demeure des Tonks. Sans même comprendre pourquoi, il partit vers la gauche et arrivé au bout du corridor, il emprunta l'escalier plus étroit et sombre qui montait vers le dernier étage de la vaste maison. Après quelques instants, il se trouva devant une porte inconnue et cette sensation nouvelle et surprenante devint plus forte, presque désagréable, le poussant à découvrir immédiatement cette pièce qu'il ne connaissait pas.

Lorsqu'il entra, il pensa à s'excuser aussitôt pour oser pénétrer ainsi dans un lieu sans y être cordialement invité mais il resta pourtant muet. Ce fut la voix railleuse de son ancien ennemi qui le sortit de ses méditations :

« Hé, Potty, tu peux me dire ce que tu fabriques là !

- Je… Je… »

Le bredouillement incompréhensible du brun fit rire ouvertement le serpentard qui répliqua avec un sourire moqueur :

« C'est tout à fait limpide, mon cher Potty… »

Au lieu de répondre au blond, Harry se contenta de s'avancer vers le lit au centre de la pièce, il se sentait comme appelé par l'homme, caché sous les couvertures épaisses malgré cette journée caniculaire de juillet. Le brun s'apprêtait à toucher le corps inconscient quand le calice l'interrompit :

« Et tu penses faire quoi au juste ? »

Cette fois, la voix de Drago avait sonné comme un avertissement qui fit reculer de deux pas le gryffondor. Le serpentard semblait pour le moins exaspéré et énervé. Son pied droit martelait à une cadence infernale le parquet en vieux chêne. Harry se retourna vers son ancien ennemi et ses joues se colorèrent aussitôt d'une teinte carmin qui trahissait clairement son malaise, cependant, Drago ne s'en laissa pas compter et reprit sans attendre :

« Dis-moi comment tu es arrivé jusque là…

- Je…

- Potty, ma patience a des limites, tu sais… et je crains qu'elle ne soit déjà considérablement émoussée, alors tu pourrais répondre à mes questions.

- Je ne sais pas… J'étais dans ma chambre et c'était… C'était plus fort que moi… J'étais comme…

- Appelé. »

Le brun acquiesça furieusement. Drago se sentit tout à coup très las mais son attention fut vite attirée par un grognement douloureux du prisonnier inconscient. Le blond avança vers le lit et s'installa à la droite de l'homme. Le calice concentra sa magie sur le renégat alors qu'il gémissait à nouveau. Après quelques instants, la souffrance endurée par le prisonnier parut beaucoup moins forte car le renégat sembla se rendormir profondément.

Harry s'était doucement avancé vers le lit, regardant attentivement le pouvoir de Drago soulager l'autre homme comme il l'avait fait avec lui quand la magie des anciens avait fusionné avec la sienne et qu'il était à bout de force. Avant même que le blond ne s'y oppose, le brun aux yeux d'émeraude s'était assis à leur gauche et instinctivement, son regard se fixa sur le bras du renégat marqué du tatouage des ténèbres, le serpent dansant dans les cavités vides d'un crâne.

« J'ai toujours pensé qu'il n'était pas un des leurs.

- Et tu as toujours cru que j'avais cette marque…

- Je… Je suis désolé de t'avoir accusé ainsi.

- C'est bon, Potty, je suppose que tout le monde peut se tromper… »

Harry ne put s'empêcher de sourire :

« Même toi ?

- Voyons, sois un peu sérieux. Je ne suis certainement pas tout le monde… »

Les deux garçons pouffèrent ensemble mais très vite, le blond sembla redevenir plus sérieux et reprit dans un murmure :

« Je préférerais vraiment que tu me laisses seul avec lui. Tu perturbes encore plus ta magie à rester ainsi à ses côtés et ton pouvoir est bien trop instable pour… »

Le blond, gêné, s'était interrompu ce qui exaspéra réellement Harry.

« Continue ! Qu'est-ce que tu t'apprêtais à dire ?

- Rien d'important. »

Devant l'air buté que lui adressa Harry, Drago reprit, passablement agacé :

« Je ne veux pas passer ma prochaine nuit à rétablir ta magie avec mon pouvoir de calice. Tu peux le comprendre, tout de même ! Je suis fatigué.

- Tu mens, ce n'est pas pour cela que tu veux que je parte… Alors, dis-moi.

- Certainement pas. »

Le blond grimaça, se renfrognant pour afficher clairement son désaccord mais Harry ne s'en laissa pas compter :

« Tu savais que je m'étais senti comme appelé, attiré jusque là… C'était plus fort que moi, j'ai ressenti le besoin impérieux de venir ici dès que je me suis levé…

- Alors comme cela, tu venais seulement de te lever… Et bien sûr, tu t'étais couché seul, Potty, n'est-ce pas ? »

La remarque cinglante ne rata pas sa cible car Harry se sentit aussitôt rougir. Le gryffondor bafouilla pitoyablement :

« Je… Je… Non… Ce n'est pas ce que… Ce n'est pas ce que tu crois !

- Oh, mais je ne crois rien, Potter, je constate, voilà tout !

- Mais, enfin, explique-toi.

- Tu es un grand garçon, tu trouveras bien tout seul, tu verras… Au pire, Granger résoudra l'énigme pour toi, elle a l'habitude ! Pour ton information, Weasley et Miss je sais tout sont restés avec Andromeda pendant ta sieste qui n'était, bien évidemment, pas ce que je crois…

- Tu…

- Oublie ça, Potter. Il ne vaut mieux pas que tu restes ici trop longtemps. Je suis sérieux. Tu n'as qu'à descendre dans la chambre du petit. Il a besoin que quelqu'un vienne. »

La remarque sembla surprendre encore plus le gryffondor tandis que le blond poursuivit sans attendre :

« Tu te sentiras mieux si tu l'aides et tu ne risqueras rien au contact de Teddy. Il faut juste le changer.

- Comment… Comment peux-tu le savoir ?

- Tu es réellement affligeant, Potty…

- Trop aimable. Je te remercie.

- Pas de quoi, c'est bien naturel.

- Tu peux arrêter ton cinéma, Malefoy. »

Harry se releva violemment, manquant de peu de s'écrouler tellement ses jambes tremblaient. Il fixa avec colère le blond qui n'esquissa pourtant pas le moindre mouvement :

« Est-ce qu'un jour, quelqu'un me dira vraiment les choses telles qu'elles sont quand elles me concernent personnellement ? Non, bien sûr que non ! Pourquoi me dire la vérité de toute façon ? Je pensais que sur ce point, tu étais un peu différent car tu n'étais pas d'accord avec Severus concernant le plan que Kings et lui avaient mis au point pour me sortir du tribunal avec ton père sans m'en informer… Mais… Mais en fait, je me suis bien trompé, tu ne vaux pas mieux qu'eux…

- Pense ce que tu veux Potter mais j'ai aussi mes convictions et ce n'est certainement pas à moi de t'expliquer ce qui se passe, j'en ai déjà largement assez dit !

- Ben voyons, c'est tellement plus facile…

- Je ne suis pas responsable, Potter !

- Ferme-la Malefoy ! »

Et avant même que le blond ne puisse répliquer, Harry disparaissait par la porte. Il était furieux contre le serpentard mais bien plus encore contre lui-même. Il se sentait tellement fatigué et les paroles du calice tournaient en boucle dans son esprit. Il souhaitait à tout prix comprendre ce qui lui arrivait mais tout lui paraissait tellement flou, tellement absurde depuis son réveil. En plus, le blond avait prétendu qu'il irait mieux s'il s'occupait de Teddy, c'était tellement ridicule ! Tellement grotesque… Pourtant, il dévala l'étroit escalier très rapidement. Il traversa le long corridor et finalement, sans même qu'il ne le réalise, il se retrouva devant la porte de la chambre de l'enfant. Il s'arrêta et ce furent les pleurs étouffés du bébé qui le sortirent de ses pensées.

Le brun pénétra dans la petite pièce si joliment décorée par Andromeda et se dirigea rapidement vers le berceau où l'enfant gigotait tant et plus. Aussitôt, Harry souleva le bébé, avec une infinie précaution, il cala la petite tête contre son épaule droite et commença à parcourir la chambre de long en large, cajolant gentiment le nouveau-né pour qu'il se calme. Jamais Harry n'avait eu à s'occuper d'un si petit être et pourtant, il se surprit à savoir exactement quoi faire, comment le faire… Tout lui venait si naturellement, presque instinctivement.

Il attendit à peine une minute que les sanglots lourds et bruyants s'estompent avant de s'avancer vers la table à langer près du mur de la fenêtre. Tous ces gestes encore inconnus lui venaient simplement, sans même qu'il y prête attention, comme si la magie de l'enfant lui parlait, l'appelait et lui indiquait ce qu'il attendait. Il en était là de ces constatations troublantes quand la porte grinça légèrement. Il n'eut pas besoin de se retourner pour savoir qui venait de pénétrer dans la chambre. Une nouvelle fois, il savait : ce nouveau constat l'inquiéta encore davantage et il se tendit inconsciemment.

Lucius était subjugué, fasciné par l'image du brun. Il observa en silence pendant un court moment le gryffondor alors qu'il s'occupait parfaitement de Teddy Lupin et finalement, n'y tenant plus, il se rapprocha de l'endroit où se tenait le jeune sorcier. Le vampire n'était pas dupe, Harry semblait tendu, nerveux et les souvenirs qui l'assaillaient depuis son réveil n'aidaient en rien à le rassurer. Salazar, que lui avait-il pris de s'abandonner ainsi ? Pourquoi n'avait-il pu se contrôler ? Non pas qu'il regrettait, loin s'en faut… Ce moment avait été une explosion tant dans son corps que dans son âme et jamais rien n'avait été plus intense, plus fort et plus merveilleux que cette seconde mais Lucius doutait que le gamin partage son avis. Il savait pertinemment qu'Harry se sentait encore perdu, déboussolé au sujet de l'évolution de leur relation…

Las de ces tergiversations, le blond se retrouva tout contre le corps du jeune attrapeur qui ne put retenir un tremblement. Pendant une seconde, il avait même cessé de langer le petit Teddy. Lucius fut heureux de sentir à ce point le trouble dans ce corps parfait. Délicatement, il se pencha vers lui, jusqu'à ce que ses lèvres frôlent la nuque du brun. Le gémissement étouffé qui répondit à son geste le réconforta. Au moins, Harry ne le repoussait pas complètement. C'était déjà plus qu'il n'avait espéré à son réveil quand il avait découvert que le gamin n'était même plus à ses côtés. Il continua sa douce découverte lorsque la voix juvénile l'interpela :

« Lucius… »

Le vampire se recula, comprenant la demande informulée et Harry en profita pour reprendre Teddy dans ses bras. Il se retourna et se dirigea sans un regard pour l'autre homme vers le berceau. Délicatement, il coucha l'enfant qui babilla un peu. Le brun aux yeux d'émeraude actionna le petit mobile magique et la mélodie douce qui provenait du jouet, calma son filleul qui s'endormit presque immédiatement. Harry observa ainsi longuement le nouveau-né, caressant délicatement la peau rosée et douce du bébé de son index. Cet enfant était magnifique, un ange et le brun se jura d'être toujours là pour lui, en souvenir de Remus.

Perdu dans ses pensées, Harry ne prêta pas attention au vampire qui se trouvait à nouveau tout contre lui, son torse plaqué contre le dos du jeune sorcier. Lucius soupira, faisant voler délicatement les mèches brunes qui tombaient en désordre sur la nuque du gryffondor, avant de l'enlacer fermement mais très vite, le plus petit se dégagea de l'étreinte et se dirigea vers la fenêtre qui donnait sur le vaste parc des Tonks. Pendant un moment silencieux, Harry contempla le jardin harmonieusement aménagé. Le soleil brûlant de cette fin de journée le réchauffa. Il se racla finalement la gorge et murmura :

« Tout va trop vite… Beaucoup trop vite. »

Le vampire se crispa et serra les poings le long de son corps. Sa voix grave résonna dans la petite chambre avec une certaine lassitude :

« Je suis absolument désolé pour ce qui s'est passé, Harry. Ta magie était perturbée par le voyage aux Enfers et j'ai réagi instinctivement, je voulais te protéger.

- Je sais… Du moins, je crois… Mais… Je me sens tellement perdu… Enfin… Tout est tellement confus…

- Prends tout ton temps, je t'écoute. »

Harry soupira et se retourna pour faire face au vampire qui se tenait toujours près du berceau de son filleul.

« Il n'y a même pas deux mois, je pensais que tu étais dangereux, une des pires pourritures sur terre… Je ne voulais même pas m'entretenir avec toi, Kings avait réellement insisté pour que notre entretien ait lieu et maintenant… Maintenant, je ne me reconnais plus…

- Je comprends.

- Non, tu ne comprends pas… Je veux dire, il y a seulement trois jours tu as essayé de me prendre de force et aujourd'hui…

- Harry, je t'ai déjà dit qu'il n'était pas question que d'une interaction de nos magies. Ce qui nous réunit depuis la bataille est bien plus profond et vrai que tu ne sembles le penser…

- Comment le saurais-je ? Comment peux-tu l'affirmer ainsi ? A chaque fois que je suis avec toi, je perds tous mes repères, mes souvenirs, je ne contrôle plus rien et toi non plus. Ca me terrifie et il n'y a pas que cela… »

Cette fois, les yeux gris le fixèrent avec interrogation.

« Il y a aussi Ginny… Je veux lui parler… »

Le vampire étouffa littéralement de rage à la mention de la rouquine, mais il ne fit aucune remarque désobligeante de peur de braquer davantage le jeune sorcier.

« Je veux aussi parler à Hermione… Après tout, ton fils m'a gentiment conseillé de m'adresser à elle pour avoir enfin des réponses !

- Que s'est-il passé avec Drago ?

- Rien qui ne te concerne. Après tout, nous avons toujours été ennemis à Poudlard, j'ai juste eu tort de croire qu'il avait peut-être changé et qu'il me comprenait un peu. »

Le brun avait croisé ses bras et arborait une moue boudeuse que l'autre homme trouva terriblement attendrissante mais il ne s'en laissa pas compter pour autant :

« Tu es injuste, tu ne peux nier qu'il fait des efforts pour être plus agréable…

- Mais, bien sûr, il est un exemple pour nous tous !

- Cesse tes sarcasmes, tu sais parfaitement qu'il t'a aidé de tout son pouvoir quand tu étais au plus mal…

- Tout particulièrement lorsque tu as essayé de me posséder de force, c'est bien cela ! »

Conscient que la moindre parole maladroite ajouterait encore du drame au drame, Lucius soupira lourdement avant de reprendre :

« Je m'excuse sincèrement pour cette nuit-là, Harry… Je n'étais plus tout à fait moi-même, le vampire avait complètement pris possession de mon esprit et de mon corps, pour autant, je ne voulais certainement pas te faire du mal ni même t'effrayer.

- Et bien, c'est exactement ce que tu as fait !

- Je le sais parfaitement et je te l'ai déjà dit, je le regrette vraiment. En tout cas, tu dois comprendre qu'à ce moment-là, si puissant sois-tu, tu ne pouvais absolument rien contre mon aura vampirique. Tu étais tellement affaibli par la fusion du pouvoir des Anciens, tu aurais eu beau lutter de toutes tes forces, c'était simplement peine perdue et ne t'en déplaise, nous devons beaucoup à mon fils car je n'ose imaginer où nous en serions aujourd'hui si Drago ne t'avait pas porté secours lorsque ta magie l'a appelé à l'aide…

- Quoi ? »

Le brun avait brusquement blêmi aux dernières paroles du vampire. Cela ne pouvait être une simple coïncidence, non, c'était impossible. Il se précipita vers Lucius, empoignant violemment le col de sa robe pour le forcer à continuer.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? Pourquoi ma magie aurait appelé ton fils ? »

Même si le blond fut profondément troublé par l'emportement soudain du gryffondor, il n'en laissa rien paraître et poursuivit calmement :

« Je te l'ai dit, Harry. Ton pouvoir venait de fusionner avec celui des anciens, il était encore beaucoup trop instable pour lutter véritablement contre moi, je suppose que tu as inconsciemment utilisé tout ce qui te restait de force magique pour trouver une solution. En l'occurrence, ton esprit s'est naturellement tourné vers Drago puisqu'il était le seul, apte à te venir en aide et tu l'as appelé…

- Pourquoi lui plutôt que Severus ou Andromeda ? Je ne comprends pas !

- C'est évidemment lié au pouvoir des calices. »

Le brun paraissait encore plus agité, le vampire songea à s'interrompre mais les yeux émeraude le suppliaient de poursuivre :

« D'après tous les ouvrages que j'ai pu lire à ce sujet, les calices développent une sorte d'empathie dès les premiers instants de leur transformation. Ils ressentent la douleur des gens qui les entourent et peuvent les soulager instinctivement, par leur magie. C'est pour cela que Drago ne pouvait pas te quitter un instant depuis que nous avons fui le tribunal et qu'il est arrivé dans la chambre lorsqu'il a perçu ton appel à l'aide… »

Harry serra férocement ses doigts, tordant le tissu de la robe du vampire. Il baissa la tête, refoulant autant que possible les larmes de rage qui envahissaient ses yeux et lorsqu'il releva son visage pour faire face au regard gris de l'ancien magemort, son corps se tordit de douleur et son cœur semblait lui demander grâce.

« Comment… Comment… C'est… Non ! TU N'AS PAS PU… TU N'AS PAS PU ME FAIRE CA…

- Harry… Qu'est-ce qui t'arrive ? »

Le brun se dégagea de l'étreinte du vampire brutalement, le repoussant aussi loin que possible. Merlin ! Il avait ressenti l'appel du prisonnier et quand il avait laissé Drago, instinctivement, il s'était dirigé vers la chambre de Teddy ! Il avait su tout ce qu'il devait faire pour aider l'enfant ! Tout ! C'était tellement naturel de s'occuper de ce bébé.

Lucius tenta de s'approcher du gryffondor mais le regard émeraude le foudroya aussi sûrement qu'un avada.

« TU… TU… COMMENT AS-TU PU ME FAIRE CA ? JE N'ETAIS PAS VRAIMENT CONSCIENT ! JE NE ME SOUVIENS MEME PAS… »

Les cris réveillèrent inévitablement le bébé qui pleura aussitôt. Harry grogna mais l'appel était bien plus fort du fait de la proximité du berceau, il se précipita vers Teddy et le souleva, le berçant pour le calmer… Lucius resta silencieux, sans réaction pendant plusieurs minutes, juste à regarder le brun interagir sur l'enfant. Il bégaya, paniqué :

« Harry… Il… C'est… Non… Dis-moi qu'il n'a pas appelé ta magie…

- Ne pose pas la question si tu connais la réponse !

- C'est impossible… Impossible… »

A suivre…