Hello !

Voici un nouveau chapitre ou Mayline va enfin pouvoir reposer pied à terre ^^

Ce chapitre est plus long comme promis ^^

Un grand merci à ceux qui me suivent et un grand merci à ScottishBloodyMary pour son aide et le dernier paragraphe qu'elle à écrit qui est fabuleux et qui décrit parfaitement les sentiments de Mayline :)

Note de ScottishBloodyMary : Hello ! Il semble que j'aie pris l'habitude de blablater à chaque début de chapitre de Lumatie…mais c'est pour l'encourager. Et vous encourager, vous, à la lire, bande de blattes ! Et à commenter chacun de ses chapitres. Ça fait un petit moment que je corrige ses chapitres, mais je dois dire que j'ai de moins en moins de choses à corriger, parce qu'il n'y a pas que l'orthographe qu'elle a amélioré, sa syntaxe est bien meilleures, ses phrases sont plus belles et mieux travaillées à chaque chapitre. Au r*** de me répéter, bravo, Lumatie !

Bonne lecture :)

22/02/15

Chapitre 27 : Tout le monde descend

Je commençai à me réveiller tout doucement et m'étirai comme un chat Tout était calme autour de moi, l'air était vif et frais, et quelques chauds rayons de soleil caressaient ma peau. Seuls les battements d'ailes des aigles brisaient le silence. J'ouvris les yeux et remarquai que le jour venait de se lever. La nuit était passée trop vite, j'aurais bien aimé dormir quelques heures de plus. Les aigles nous déposèrent sur une grande corniche et s'en allèrent de leur vol lourd et majestueux.

Gandalf utilisa sa magie pour réveiller Thorïn qui était toujours inconscient, et celui-ci eut l'air de fort mauvaise humeur lorsqu'il ouvrit les yeux.

« Vous ! » Vociféra Thorïn en s'approchant de Bilbon, chancelant sur ses jambes. « Qu'est-ce-que vous avez fait ? N'avais-je pas dis que vous seriez un poids, que vous ne survivriez pas dans les Terres Sauvages, que vous n'aviez pas votre place parmi nous ? »

Sans quitter Thorïn et Bilbon des yeux, j'essayai de me dégager de la prise de Fili qui me tenait pour que je n'intervienne pas, mais celui-ci resserra ses doigts autour de mon poignet. Bilbon cilla à peine, apparemment trop choqué pour prononcer un mot. J'aurais sans doute déjà éclaté en sanglots si j'avais été à sa place. Mais en regardant Thorïn, je vis que son regard était complétement différent, ses yeux exprimaient le contraire des paroles prononcées.

« Je ne me suis jamais autant trompé de toute ma vie » fit tout à coup Thorïn, des étincelles brillant dans ses yeux clairs.

Le chef de la compagnie avança vers le hobbit et l'étreignit avec force. J'étais abasourdie, il l'engueulait et après il le prenait dans ses bras. Thorïn Oakenshield était incroyable, on pouvait s'attendre à tout avec lui. Âpres une étreinte qui ne dura pas bien longtemps, Thorïn se sépara de Bilbon.

« Je suis désolé d'avoir douté de vous » murmura le roi déchu après s'être écarté.

« Oh, mais moi aussi j'aurais douté de moi » répondit Bilbon, embarrassé. « Je ne suis pas un héros... »

Je regardai Bilbon avec un grand sourire aux lèvres, Thorïn ne s'excusait pas souvent, il devrait en profiter. Bilbon et Thorïn avaient beaucoup changé grâce à cette aventure. La peur, le chagrin, la mort, changent un homme, lui font voir les myriades de facettes que peut montrer la vie. Cette quête les avait transformés, ils étaient des êtres nouveau.

« …Ou un guerrier » reprit Bilbon. « Pas même un cambrioleur. »

Après quelques rires, Thorïn se figea soudainement, les yeux fixés sur l'horizon qui s'étendait à perte de vue devant nous. Je suivi son regard, et mon souffle se coupa. Si lointain, si imposant, si effrayant, se dressait le Mont Solitaire. C'était notre destination, là où se trouvais le royaume des nains, là où se trouvait la mort, là où se trouvait le dragon.

« Le dernier grand royaume nain de la Terre du Milieu » présenta Gandalf.

« Oh regardez ! » S'écria Dori. « Un corbeau ! »

« Les oiseaux retournent vers la Montagne » renchérit Oin, en écoutant tant bien que mal la conversation avec son cor écrabouillé.

« A vrai dire, mon cher Dori, c'est une givre » rectifia Gandalf.

Cela me fit sourire, les nains avaient de l'espoir, ce qui était bien pour la suite de l'aventure. Un petit silence s'installa entre les membres de la compagnie, et fut brisé par Thorïn.

« Considérons cela comme un signe » fit le chef de la compagnie. « Un bon présage. »

Il avait raison, Thorïn trouvait toujours les bons mots pour pour motiver la compagnie.

« Je crois bien que le pire est derrière nous » fit Bilbon.

Je retins difficilement un hoquet de surprise, mais apparemment seul Kili le remarqua.

« Qu'y a-t-il ? » Me demanda l'archer.

Je me tournai vers lui en me demandant si je devais lui avouer le fond de mes pensées.

« Je pense que Bilbon a oublié que nous allons devoir affronter un dragon » lui expliquai-je, l'estomac noué.

Ma remarque amusa Kili qui perdit rapidement son sourire en me regardant.

« Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ? » Lui demandai-je, agacée qu'il me fixe étrangement.

« Tu es blessée » me répondit-il en dégageant quelques mèches de cheveux collées sur mon front.

Je levai la main et touchai mon front du bout des doigts pour tâter une éventuelle blessure. Je sentis sur le haut de mon front une entaille recouverte de sang séché.

« En effet, ce n'est pas beau à voir » commenta Thorïn en s'approchant de nous.

Je n'avais même pas remarqué que le chef de la compagnie nous avait écoutés.

« Oin, as-tu de quoi soigner Mayline ? » Demanda Thorïn.

Le nain se mit à farfouiller dans ses poches, à la recherche de quelque chose pour me soigner.

« Non, il s'avère que j'ai perdu toute mes affaires » répondit Oin d'un air désolé.

Ça, ce n'était pas de chance, je ne pouvais pas me soigner toute seule, ce qui était embêtant. Mais bon, après tout, ce n'était qu'une légère blessure.

« Ce n'est pas grave, ça va guérir tout seul » les rassurai-je.

Nous nous remîmes à faire l'inventaire de ce qu'il nous restait. Nous n'avions plus que nos armes, ce qui était déjà bien, mais loin d'être suffisant.

« Bon, nous allons commencer par descendre d'ici » fit Thorïn. « Nous aviserons plus tard. »

Nous prîmes le peu d'affaires qu'il nous restait, et commençâmes à descendre les marches en pierre la corniche.

« Mayline ! » M'interpela Thorïn, tout en descendant rapidement les marches pour me rejoindre.

« Oui ? Qu'y a-t-il ? » Lui demandai-je.

« Je n'ai pas eu l'occasion de m'excuser pour le comportement que j'ai eu à votre égard depuis notre rencontre. »

Je dus faire une tête comique, j'en étais sûre, car la seule réaction que j'eus fut d'ouvrir la bouche et d'écarquiller les yeux, choquée par ce soudain changement d'attitude.

« Ne faites pas cette tête là, espèce d'idiote ! » Se vexa Thorïn.

« Hey ! Je ne suis pas une idiote ! » M'écriai-je. « C'est vous qui vous excusez comme ça, il est normal que je sois choquée ! »

Thorïn sourit face à ma remarque, et il m'expliqua alors qu'il avait été rude avec moi parce que j'étais une femme. Mais qu'il s'était trompé en me croyant inutile, car j'avais prouvé ma valeur. Il souhaitait que notre relation soit meilleure et il m'acceptait dans la compagnie à présent. Sans réfléchir, je le pris dans mes bras pour le remercier et il me tapota le dos, visiblement gêné par cette étreinte. Nous avions fini de descendre de la corniche et cherchions à présent un endroit pour nous reposer cette nuit.
Bifur fut le premier à trouver une grotte où nous pourrions enfin nous reposer en sécurité. Nous n'avions plus de provisions et Kili fut obliger d'aller chasser.

« Je vais aller chercher de l'eau » fit Bilbon en partant vers la petite rivière qui se trouvait non loin de la grotte.

Le hobbit revint très rapidement et donna l'eau à Oin, qui trempa un morceau de tissu dedans, avant de nettoyer la plaie sur mon front.

« Aïe ! » Me plaignis-je.

« Ne faites pas l'enfant, ce n'est que de l'eau ! » Me gronda Oin.

Je ne ferais pas l'enfant si ce nain n'y allait pas comme un bourrin pour nettoyer ma blessure.

« Voilà ! C'est fini ! » S'exclama Oin.

Je remerciai le nain et me levai pour sortir de la grotte pour prendre l'air.

« Il y a quelqu'un ? » Demandai-je, apeurée, après avoir entendu des bruits provenant des buissons tout proches.

« Ce n'est que moi » fit Kili en tirant une biche derrière lui.

Je poussai un soupire de soulagement, je commençais à devenir parano avec toutes ces histoires.

« Tu m'as fait peur, préviens la prochaine fois » soufflai-je.

Kili se mit à rire tout en ébouriffant mes cheveux, je n'arrivais pas à croire à quel point j'aimais son rire. Puis il se mit à fixer mon front.

« J'espère pour toi que tu ne garderas pas de cicatrice » fit-il en effleurant ma blessure.

Je ne me rappelais même plus comment je m'étais blessée à la tête, il s'était passé tellement de choses en si peu de temps. La seule chose qui m'avait aidée à tenir le coup avait été la présence de Kili à mes côtés.

« Ce n'est rien, ce n'est qu'une blessure de rien du tout » fis-je en riant.

« J'espère, ce serait dommage que ce joli visage soit abîmé » me répondit-il avec un sourire malicieux.

Ses paroles firent rapidement taire mon rire, et mon visage s'empourpra d'une belle couleur rouge coquelicot. Kili rit et me prit la main tout en se dirigeant vers la grotte. J'étais terriblement gênée, pourquoi donc réagissais-je comme cela ? Ce n'était qu'un compliment, aucun besoin de me mettre dans tous mes états. Je n'arrivais pas à faire de l'ordre dans mes émotions dès qu'il s'agissait de Kili. J'étais peut-être amoureuse de lui, après tout.

Je sentis mon cœur s'affoler face à cette éventualité. Alors c'était donc cela. J'étais tombée amoureuse de Kili, je l'aimais. Mais ce n'était sûrement pas réciproque, je n'avais aucune chance, je n'étais qu'une humaine banale. Alors que lui était un nain, un héritier de Durin, qui plus est. Et puis, il était gentil avec tout le monde, pas seulement avec moi, je n'étais qu'une amie pour lui. Je ne devais pas rêver, mais garder les pieds sur terre. C'était un amour à sens unique, un amour impossible, voilà ce que je devais me mettre en tête.

Cette histoire ne me ferait que souffrir inutilement. Il ne devait pas découvrir les sentiments que j'éprouvais pour lui, car il me rejetterait et ce ne serait qu'embarrassant et douloureux pour moi. Cela pourrait même briser notre amitié, et je ne le voulais absolument pas.

« Tout va bien ? » Me demanda Kili, me sortant de mes pensés moroses.

Je relevai la tête et le regardai dans les yeux, il avait les sourcils froncés et un air inquiet. J'aurais aimé pouvoir lui dire la vérité, que non, rien n'allait. Lui dire que je l'aimais et que j'espérais qu'il éprouve les mêmes sentiments à mon égard. Que cela me faisait souffrir, que j'aurais aimé être une naine de sang royal pour avoir une toute petite chance de lui plaire. J'aurais tellement aimé pouvoir lui dire tout ce que j'avais sur le cœur.

« Je vais bien » lui répondis-je en me forçant à sourire.

Kili parut soulagé et nous reprîmes notre marche. Arrivés devant la grotte, nous entrâmes avec le gibier. Je m'assis près de Fili en soupirant. Le jeune nain blond passa son bras autour de mes épaules et me secoua légèrement.

« Mayline, si quelque chose te tracasse, tu peux me le dire, je ne le répéterai à personne » lança-t-il en me souriant.

Après une légère hésitation, je décidai de lui faire promettre de ne le dire à personne, que cela devait rester entre nous.

« Je crois que j'aime Kili » murmurai-je, les joues en feu.

Fili me regarda avec de grands yeux, avant de sourire largement et de m'ébouriffer les cheveux. Je sentis un poids quitter mon cœur, me confier à Fili m'avait fait du bien, je me sentais un peu mieux grâce à lui.

o0o

Mon cœur est plus léger, mais non moins brisé. Une douleur sourde pulse au fond de ma poitrine, braises incandescentes, ravageant tout sur leur passage. Le mal me ronge. L'amour fait souffrir, je le sais, mais à ce point…si c'est cela, alors je n'en veux pas. Je m'étais fait le serment, jadis, de ne jamais plus aimer, de ne jamais plus m'attacher à quiconque. J'avais trahi cette promesse, je m'étais trahie moi-même. Et pour quoi. Pour ne récolter que des désillusions et des tristesses, un échec cuisant.

Et cette douleur. Qui enfle, prête à éclater en mille esquilles tranchantes, prête à s'infiltrer jusqu'à la moelle de mes os, jusqu'aux tréfonds de mon âme. Cette douleur, elle m'écorche, arrache ma peau en fins et longs lambeaux translucides, dévoilant un réseau de veines bleutées et délicates, un sang clair et chaud. Et rien ne l'arrête, la nuit elle continue son incessant et impitoyable travail de désolation, broyant mon cœur et mon âme, faisant chanter mon sang, résonner mes os.

Elle est là, fait partie de moi, ne s'en ira pas.