Résumé : Le chapitre précédent a suscité de nombreuses réactions et interrogations… Qu'arrive-t-il à Harry ? Ce chapitre devrait répondre à pas mal de questions (et peut-être en soulever de nouvelles...) L'intrigue concernant les renégats va se complexifier dans les chapitres à venir, bises lilywen…

P.S. : j'avais conçu le chapitre dernier et celui-ci comme un ensemble, le chapitre 21 répondant aux interrogations soulevées dans le chapitre 20.

La quête des temps nouveaux

Chapitre 21 : Confiance et confidence

Le brun resta figé. Ses yeux émeraude fixaient durement le vampire, ne voulant croire aux derniers mots du blond mais le visage défait de Lucius le surprit et il douta. Finalement, l'adolescent hocha fébrilement de la tête, invitant l'autre à poursuivre. L'ancien mangemort s'empressa de répondre à la demande muette du gryffondor :

« Ecoute… C'est vraiment impossible. Je te jure sur ma magie que je ne t'ai pas touché comme tu sembles le croire. Je t'ai embrassé et j'ai cédé à la tentation de ton sang…

- QUOI ? COMMENT AS-TU PU…

- Non, ce n'est pas ce que tu crois… Je t'ai goûté… Merlin ! Harry, tu t'es mordu la lèvre jusqu'au sang, je t'ai goûté… Une seule goutte de ton sang mais cela ne peut faire de toi mon calice… Le rituel de l'union est bien plus profond et complexe… Salazar m'est témoin, je n'ai pas fait de toi mon calice ! Pas sans ton accord ! Pas après ce que je t'ai dit et promis ce matin.

- Alors, comment expliques-tu ce qui m'arrive ?

- Je ne sais absolument pas ce qui se passe.

- Dès que je me suis réveillé, je me suis senti… différent ! Je suis monté jusque dans la chambre du Renégat, alerté par sa douleur, sa souffrance, ensuite Drago m'a demandé de venir ici et depuis que je suis arrivé, j'ai ressenti les besoins de Teddy à deux reprises. J'ai su exactement ce que je devais faire ! Tu as dit toi-même que ce sont des capacités que développe un calice en cours de transformation…

- Oui… Oui, évidemment… Je sais que tout porte à croire… Mais… Bon sang, Harry… »

Le vampire s'était rapproché jusqu'au corps tendu du jeune homme qui tenait l'enfant tout contre lui. Harry esquiva habilement cette tentative et se dirigea avec empressement vers le berceau où il recoucha précautionneusement Teddy. Le brun fit léviter jusqu'à lui une de ses peluches de son filleul, une licorne blanche qu'il déposa à côté de l'enfant qui s'endormait déjà. Malgré la douceur qui émanait de Teddy, Harry ne parvenait pas à apaiser sa magie, il était furieux, en colère, fatigué… Toutes ses émotions étaient confusément en lui. Une part de lui en voulait au vampire mais son esprit sentait que l'homme avait été sincère et ne l'avait pas trahi, mais dans ce cas, comment expliquaient ses réactions depuis son réveil ?

Après quelques instants, le gryffondor se décida, il ne pouvait ignorer plus longtemps le vampire dont il devinait l'agacement légitime à être ainsi ignoré. Lucius avait pris sur lui et lui avait laissé le temps de se reprendre : il ne pouvait cependant fuir indéfiniment, il se retourna, se racla légèrement la gorge avant de reprendre :

« Que s'est-il passé dans ma chambre ? Je ne me souviens de rien.

- Tu étais à bout de forces après la descente aux enfers. Tu étais presque inconscient quand je t'ai fait transplaner depuis la cellule jusqu'ici. Tes amis t'attendaient impatiemment mais tu n'étais certainement pas en état pour une conversation mondaine avec eux. Je t'ai conduit dans ta chambre, tu tremblais…

- Viens-en au fait !

- Je me suis couché à tes côtés pour te réchauffer et apaiser ta magie grâce à mon pouvoir vampirique et très vite, tu as réagi... Tu as cherché à obtenir plus et…

- Ne me mets pas cela sur le dos ! Je ne m'en souviens même pas, j'étais pratiquement inconscient, je n'avais aucune idée de ce qui se passait, tu aurais dû réagir, t'éloigner de moi !

- Mais évidemment ! C'était tellement facile ! Je me demande pourquoi je n'y ai pas songé moi-même !

- Pas le peine d'être ironique.

- Harry… Ta magie… Bon sang, je ne pouvais pas contrôler le vampire alors que j'étais exténué par le voyage aux Enfers et que tu me réclamais ainsi !

- C'est tellement facile…

- C'est pourtant la vérité. Tu t'abandonnais complètement à moi alors que je t'embrassais. Tu as mordu tes lèvres. J'ai goûté une seule goutte de ton sang, il était si chargé en magie pure, si différent de la potion de Severus, juste parfait…

- Ravi de l'apprendre ! Je suis maintenant calice !

- NON… Non… Je veux dire… Oh, Harry, tu dois me croire ! Tu n'es pas encore 'mon' calice ! C'est impossible…

- Comment peux-tu me mentir ainsi ?

- C'est insensé, je te jure que c'est la vérité. Quand tu seras enfin mon calice, je peux te promettre que dans les premières heures qui suivront, tu resteras à mes côtés et que la dernière chose que tu voudras de moi, ce sera une petite discussion devant ton filleul endormi ! »

Harry se sentit rougir furieusement à la réplique du vampire qui était un sous-entendu à peine voilé et Lucius en profita pour se placer juste devant le brun. Il ricana avant de susurrer contre les lèvres meurtries :

« Et je promets également que tu t'en souviendras ! »

Le vampire se pencha vers la bouche du gryffondor et la picora doucement, avec un talent indéniable. Le gamin lui répondit d'un grognement plaintif avant de s'écarter légèrement de l'étreinte du blond.

« Tu… Tu… Tu es réellement…

- Irrésistible…

- Non !

- Séduisant, brillant…

- Non !

- Parfait.

- Certainement pas !

- C'est vilain de mentir, c'était bien le sens de notre petite discussion, n'est-ce pas ?

- Hilarant, vraiment très drôle, Malefoy !

- Ah ! Au moins, tu me trouves une qualité, nous progressons donc… »

Le vampire se rapprocha à nouveau du jeune sorcier qui, cette fois, n'esquiva pas. Le blond serra fermement la taille fine, plaquant le corps frêle contre le sien. Il plongea contre les lèvres entrouvertes, pénétrant sans attendre dans la bouche du garçon, la pillant littéralement, jouant avec sa langue à la perfection. Ils ne se séparèrent que lorsque le besoin de reprendre leur souffle se fit cruellement sentir.

Harry posa alors son front contre l'épaule de Lucius, sans s'éloigner le moins du monde de l'étreinte possessive du vampire. Il murmura doucement :

« Dans ce cas, pourquoi est-ce que je réagis comme si j'étais déjà ton calice ?

- Honnêtement, je n'en ai pas la moindre idée, mon ange… J'aimerais également comprendre ce qui s'est passé avec mon fils. J'avais pourtant l'impression que vous vous entendiez mieux depuis mon arrestation.

- Je ne sais pas… Je suis monté dans la chambre du renégat. Il a d'abord semblé surpris de me voir, ensuite, quand je lui ai expliqué que je m'étais senti comme appelé par le prisonnier, il m'a demandé de partir, il voulait que je descende immédiatement pour aider Teddy. Il m'a congédié sans explication, en prétextant qu'il était trop fatigué et qu'il ne comptait certainement pas passer le reste de la nuit à me soutenir avec sa magie !

- Et tu ne comprends pas sa réaction ! Voyons, Harry, t'arrive-t-il de penser ?

- Tu n'es pas obligé d'être désagréable ! »

Le brun s'était écarté violemment mais l'autre homme ne s'en offusqua pas, bien au contraire. Un sourire sarcastique barrait son visage d'habitude altier et froid. Harry le fixa et ses yeux verts semblaient briller de rage contenue :

« Tu pourrais peut-être m'expliquer ce qu'il y a de drôle !

- Je suppose que lorsque tu l'as rejoint, l'état du prisonnier n'était guère satisfaisant, n'est-ce pas ? »

Harry sembla perplexe, ne s'attendant pas du tout à ce que la conversation prenne cette tournure. Il hocha simplement de la tête, invitant le blond à poursuivre :

« Je suppose également que le pouvoir de mon fils était soumis à rude épreuve pour lui venir en aide.

- Oui… Certainement, même si Drago n'en a rien laissé paraître… Mais quel est le rapport avec moi et avec la façon dont il m'a renvoyé, sans aucune explication ?

- Ne t'en déplaise, je dirais que grâce à son instinct de calice, mon fils avait compris bien avant toi qu'il se passait quelque chose d'inhabituel et qu'en l'occurrence, il aurait été pour le moins déraisonnable, voir même dangereux que tu restes à ses côtés pendant qu'il soignait le renégat…

- Quoi ?

- Par contre, venir en aide à un nouveau-né qu'il faut simplement bercer comme il te l'a gentiment suggéré, ne devait pas altérer outre mesure ta magie, tout en satisfaisant ton nouvel instinct, n'est-ce pas ? »

Les yeux émeraude s'écarquillèrent, enfin les paroles de Drago prenaient sens.

« Tu ne penses pas que…

- Bien sûr que si… Drago est, on ne peut plus au fait des pouvoirs du calice. Dès qu'il a su pour Severus, il a lu tous les ouvrages magiques existants à ce propos. Il connaît parfaitement les signes de transformation, et pour cause, il en est un.

- Ton fils avait donc compris que j'étais en train de me transformer en calice…

- Oui.

- TON calice, dans tous les sens du terme ! C'est pour cela qu'il m'a demandé... Oh par Merlin !

- Quoi ?

- Si je me suis couché… Seul… »

Tout lui revenait brusquement en mémoire, y compris l'ironie des propos du serpentard : « Je ne crois rien, Potter, je constate, voilà tout… Tu es un grand garçon… » Le brun ne put retenir un rougissement, pensant à tout ce que son ancien ennemi avait dû imaginer pendant leur conversation.

Alors qu'Harry semblait perdu dans ses réflexions, Lucius s'était avancé vers lui. Le gryffondor sentait le souffle du vampire sur son visage ce qui ne fit qu'accentuer encore davantage sa gêne. Le blond reprit tout en caressant les lèvres de son vis-à-vis de son index :

« Tu peux maintenant comprendre la réaction de mon fils compte tenu des circonstances, car bien qu'il accepte raisonnablement notre rapprochement, il ne s'attendait certainement pas à cela… »

Le brun acquiesça silencieusement tandis que Lucius resserrait son étreinte autour de son corps, les rapprochant considérablement.

« En tout cas, sa demande de te tenir éloigné du renégat était, on ne peut plus, logique, il pensait te protéger.

- Pourquoi ?

- Tu es un jeune calice, encore en transformation. Même si ton instinct te pousse vers des personnes qui ont besoin de ton pouvoir, tu n'étais pas prêt à affronter des blessures magiques comme celles de notre prisonnier, tu aurais souffert considérablement et mon fils aurait dû apaiser ta magie une grande partie de la nuit, comme il te l'a dit. Cela nous ramène cependant au premier problème, même si tout concorde en ce sens, je n'ai pourtant pas fait de toi mon calice. »

Le bruit sourd contre la porte de la chambre résonna et interrompit leur entretien. Une seconde plus tard, le Maître des Potions se tenait dans l'encadrement, ses traits tirés dans une expression sévère, il fixait Lucius.

« Une discussion s'impose.

- Bonjour à toi aussi, Severus. Que nous vaut cette si délicate interruption ?

- Inutile de le prendre sur ce ton, Lucius ! Ton fils vient de m'informer…

- Voyez-vous cela ! Et qu'est-ce que Drago t'a appris ?

- Je sais pour Harry et toi. »

La phrase avait été prononcée sèchement. Le brun vacilla légèrement, il paraissait encore plus pâle. Lucius enserra plus fortement sa taille fine, le soutenant de toutes ses forces. Il soupira ostensiblement en dévisageant son meilleur ami et asséna avec fermeté :

« Je crains que tu ne saches strictement rien, Severus. Tout comme Drago, d'ailleurs. »

Le Maître des Potions regardait Lucius avec suspicion.

« Alors, explique-toi.

- Je n'ai jamais lu une telle chose à ce propos : Harry devient calice.

- Et que ne comprends-tu pas ? Tu tournes autour de ce gamin depuis la toute première fois. A chaque rencontre, vous avez toujours été un peu plus près des limites ! Le contraire eut été étonnant.

- Sauf que je n'ai pas fait de lui mon calice. »

Severus resta sans voix, sans réaction. Son esprit essayait de trouver quel serait l'intérêt pour son ami de le tromper ainsi mais son cœur savait que jamais Lucius ne lui mentirait sur un sujet aussi sérieux. Les yeux émeraude du survivant confirmaient clairement les dires du blond, le gamin suppliait dans son regard pour comprendre ce qui se passait. Finalement, le Maître des Potions bredouilla difficilement :

« C'est impossible…

- N'avez-vous que ce mot à la bouche ? Je veux savoir, je veux comprendre !

- Harry, s'il te plaît…

- Non, Lucius, j'en ai vraiment assez… »

Le gryffondor s'était violemment dégagé de l'étreinte du vampire, sa magie crépitait tout autour de lui dans un halo de pureté. Il ne se passa guère plus de quelques secondes avant qu'une autre tête blonde n'émerge par l'entrée de la petite chambre et ne déclare avec humeur :

« Non, mais vous ne croyez pas que j'ai suffisamment à faire avec l'autre ! Il faut vraiment que vous le poussiez à dérégler son flux de magie… Et toi, papa, tu ne pourrais pas utiliser ton pouvoir pour qu'il se calme un peu !

- Je ne peux rien.

- Tu te fiches de moi, il est ton calice !

- Non, même s'il m'en coûte de le dire, Harry n'est pas encore mien ! »

L'air abasourdi de Drago eut au moins un mérite, les deux vampires se regardèrent et esquissèrent un sourire devant le visage défait du calice. Sentant l'appel anxieux de l'autre garçon, Drago s'avança doucement et se rapprocha de la fenêtre où se tenait Harry. Il était juste devant lui lorsqu'il demanda dans un murmure :

« Hé Potty… Tu ne peux vraiment rien faire comme tout le monde… »

La remarque de Drago sembla faire réagir le brun qui esquissa un sourire contrit et le calice continua :

« Viens là ! »

Drago avait attiré à lui le corps épuisé de son ancien ennemi qui se laissa docilement faire. La magie du calice était un tel réconfort qu'il songerait plus tard à la honte de s'être fait cajoler ainsi, comme un enfant, devant Lucius et Severus. Pour l'instant, Harry savourait cette étreinte réconfortante et chaude, il se sentait déjà apaisé.

Ce ne fut que lorsque le gryffondor sembla totalement calmé que Drago tourna son regard affuté vers son père, le sommant muettement de lui fournir des explications. Lucius n'en parut pas outré plus que nécessaire et déclara avec grâce :

« Pas que cela te concerne, Drago, ni toi non plus Severus, mais, je pense qu'une petite mise au point s'impose. A notre retour d'Azkaban, Harry était épuisé, je l'ai monté jusqu'à sa chambre et je l'ai rejoint dans son lit pour le calmer. Il m'a semblé tout particulièrement sensible à mon pouvoir…

- Etonnant, n'est-ce pas ? Primo, sa magie est encore épuisée par la fusion des anciens dont il se remet à peine, secundo, il revient d'un charmant séjour aux Enfers avec pour compagnie des détraqueurs aux fluides démoniaques et toi, tu constates qu'il est plutôt sensible au pouvoir d'un vampire… Non franchement, père, je suis absolument sidéré par tant de perspicacité !

- Drago !

- Humm…

- Pourrais-tu juste une fois garder tes commentaires pour toi ?

- Pourquoi donc, Sev ?

- Tu me fatigues… Lucius, s'il te plaît, tu peux reprendre… »

De façon très mature, Drago avait adressé une grimace à son vampire qui n'y prêta pas attention. Lucius poursuivit sans réagir aux sempiternelles disputes de son fils et de Severus :

« Il a mordu sa lèvre et j'ai goûté son sang… Après, j'ai ressenti une telle explosion dans mon corps, je ne me souviens pas exactement… Je crois m'être assoupi, j'étais épuisé. J'ignore complètement ce qui s'est produit en lui puisqu'il réagit tel un calice mais je jure que nous n'avons pas accompli les rituels d'union.

- Lucius, lorsque tu parles d'une explosion, qu'entends-tu par là ?

- Son sang… Cette goutte de son sang, c'était tellement plus fort que cette potion infâme. Je ne pense qu'il existe un goût plus parfait que le sien. Il était si chargé de sa magie pure et presque saturé par le pouvoir des anciens.

- Je vois… »

Severus semblait pensif, il regarda son calice et demanda :

« Drago, peux-tu nous dire exactement comment est le flux des anciens maintenant ?

- Très instable… Rien de plus prévisible, il a été en contact de détraqueurs alors que sa magie était à peine remise, mais il me semble que nous avions suffisamment alerté Potty à ce propos… Pourquoi cette question ?

- Je… Ceci n'est bien sûr qu'une hypothèse mais… D'après la légende de la baguette de sureau, la magie des anciens cherche à protéger son possesseur légitime, sauf si survient un nouveau maître. C'était ce que relataient tous les écrits que nous avons lus jusqu'à présent et cela vous avait été confirmé par Ollivander, n'est-ce pas Harry ? »

Le brun hocha de la tête et le Maître des Potions poursuivit :

« Cependant, lors de la bataille de Poudlard, il s'est passé un fait différent qui ne s'était encore jamais produit par le passé. Vous n'aviez pas la baguette en votre possession tout en étant son détenteur légitime et Voldemort a essayé de vous tuer en utilisant contre vous le pouvoir des anciens qui vous reconnaissait pourtant comme son seul héritier véritable. C'est ainsi que pendant la bataille, votre magie et celle des anciens ont commencé à fusionner. Le processus a été long, douloureux, je ne vous apprends rien à ce propos… »

Une nouvelle fois, Harry acquiesça aux dires du Maître des Potions qui reprit :

« Vous serez très bientôt la réincarnation des pouvoirs de tous ces illustres sorciers disparus. Vous êtes en passe de devenir le plus grand mage de notre histoire, Harry et ce flux des anciens qui vous habitent désormais cherchent à vous protéger à tout prix, mais surtout à vous guider vers l'excellence et la perfection que représentait par le passé la célèbre baguette de sureau…

- Severus, où veux-tu en venir ?

- Lucius, je pense que la magie des anciens sait déjà qu'Harry est un sorcier hors du commun pour avoir conquis le pouvoir de la baguette du sureau, il a vaincu Voldemort à seulement dix-sept ans. Il devient le Maître des Anciens, cependant, ce n'est encore rien…

- Quoi ? Que… Que voulez-vous dire ? Je ne comprends pas.

- C'est pourtant simple, Harry. Associé à la puissance des vampires, les calices sont parmi les plus puissants sorciers de part leur pouvoir d'empathie et de guérison sans limite. Vous avez pu constater avec Drago l'étendue de leur puissance et la magie des anciens ne s'y est pas trompée, elle a senti en vous cette force incroyable, cette possibilité parfaite. Uni à Lucius, vous pourrez tout… »

Harry sembla blêmir, il bégaya péniblement :

« Ma magie… Enfin… Celle des anciens me transforme progressivement en calice pour associer ma force à celle de Lucius… Contre moi, contre ma volonté… »

L'air paniqué du brun ne réconforta pas Lucius mais le vampire s'approcha, faisant signe à son fils et à son ami de s'éclipser, ce qu'ils firent de bonne grâce.

« Pas exactement, Harry, si ce choix devait t'être néfaste, je pense sincèrement que le pouvoir des anciens lutterait contre notre rapprochement.

- La magie que j'ai acquise pendant le combat contre Voldemort décide de mon avenir pour moi ! Je n'ai donc absolument aucun choix !

- Bien sûr que si, tu as le choix d'écouter ton esprit ou ta magie, tu as le choix d'écouter ta raison ou ton instinct, tu as le choix d'écouter ce que te dicte ton intelligence ou ton cœur. »

Lucius s'était encore rapproché et déposa ses lèvres contre la bouche parfaite d'Harry. Il se contenta d'un effleurement avant de murmurer :

« Tu as le choix et je te laisserai le temps que tu voudras. Si je dois renoncer à toi parce que c'est ta décision, je te jure sur ma magie que j'accepterai ta volonté… Quoi qu'il m'en coûte et même si je suis convaincu que tu commettras là une erreur terrible pour toi comme pour moi. »

Harry fut ému de cette promesse du vampire et il ferma brièvement les yeux en signe d'acceptation. Lucius lui laissait son libre-arbitre, libre de ses choix même si cette proposition devait faire hurler de rage la créature de la nuit en lui.

« Même si c'est totalement déraisonnable compte tenu de notre passé, je te fais confiance, Lus…

- Je suis très heureux de cette confidence, mon ange…

- Mais… Crois-tu vraiment que si je décide de ne pas devenir ton calice, la magie des Anciens me laissera agir à ma guise puisque d'après Severus, elle croit que ce serait le mieux pour moi…

- La magie ne peut aller à l'encontre du sorcier, si puissante soit-elle, tu es elle, elle est toi, un peu comme la baguette qui reconnaît son légitime propriétaire, tu comprends ?

- Oui… Oui, je crois… »

Pour sceller définitivement cette promesse, Harry s'avança vers le vampire et prit l'initiative de poser ses lèvres sur celles de son vis-à-vis. Lucius le laissa maître de la situation comme pour le persuader que ces paroles n'étaient pas vaines de sens. Timidement, le brun commença par effleurer cette bouche capable de le transporter dans quelques paradis inaccessibles. Après quelques secondes, le gryffondor sembla s'enhardir et décida de poursuivre sa découverte plus avant. Une petite langue mutine passa au travers des lèvres fines du jeune sorcier et dessina lentement le pourtour de la bouche du vampire. Il prenait son temps s'appliquant à apprendre ses contours, cette texture particulière qui le faisait trembler d'émoi. Quand finalement, Lucius entrouvrit ses lèvres pour le laisser pénétrer sa bouche, il soupira d'excitation et de soulagement mêlés. Leurs langues entamèrent une danse sensuelle et langoureuse.

Ce moment hors de toute réalité temporelle se prolongea ainsi tandis que les mains du vampire glissaient progressivement sur le corps du jeune garçon jusqu'à ses hanches et ajoutaient à la perfection du moment. Harry se sentait délicieusement bien, à sa place entre ses bras forts qui le retenaient fermement contre la silhouette puissante du blond. De sa gorge, s'échappaient des gémissements qu'autrefois, il aurait trouvé indécents, mais Harry n'y songea plus, se laissant simplement aller aux sensations merveilleuses qu'il découvrait à chaque fois que le vampire et lui s'embrassaient.

Il interrompit à regret le baiser, seulement pour calmer les battements effrénés de son cœur. Il posa son front contre l'épaule de l'homme alors que les mains continuaient leur hypnotique caresse sur le bas de ses reins. Il savoura tout, tremblant entre les bras de l'ancien mangemort. Brusquement, Harry grogna douloureusement, s'écartant aussitôt de l'emprise du vampire :

« Harry, qu'est-ce qu'il y a ? Dis-moi… »

Le garçon leva ses yeux émeraude vers le regard gris de son vis-à-vis et murmura :

« Il se réveille… Il faut monter. »

Lucius n'eut pas besoin de davantage de précisions, la magie des Anciens guidait une nouvelle fois le brun dans ses instincts de futur calice, répondant ainsi à l'appel du Renégat. Il attrapa la main fine du brun :

« Viens. »

Le brun suivit aussitôt le vampire, quittant à regret la douceur apaisante de la chambre de Teddy. Sans lâcher la main du gryffondor, Lucius avança dans le long corridor jusqu'à l'étroit escalier qui montait au dernier étage de la demeure des Tonks. Ainsi, ils se trouvèrent devant la porte du prisonnier. Sans frapper, le vampire entra, traînant à sa suite le brun aux yeux d'émeraude.

A leur arrivée, Severus adressa un sourire entendu à son calice. Au moins, la réconciliation avait été encore plus rapide que ce qu'ils avaient escompté lorsqu'ils les avaient laissés seuls dans la chambre de l'enfant.

Même si la relation entre son ancien ennemi et son père pouvait paraître une chimère, un lien incompréhensible pour les autres, les sentiments que Drago devinait au travers de son empathie, étaient bien trop profonds et réels pour le leurrer et il ne pouvait en faire abstraction. La liaison qui s'instaurait entre l'enfant chéri et l'ancien mangemort n'avait pas grand-chose à voir avec sa propre histoire et malgré ce qu'il avait prétendu, il pouvait sincèrement comprendre les interrogations tourmentées d'Harry. Lui n'avait pas douté, il avait aimé Severus depuis aussi longtemps qu'il pouvait s'en souvenir et devenir son calice était un aboutissement qu'il avait appelé de tous ses vœux. Le gryffondor était tout à son opposé, il avait voué une haine farouche et un combat déterminé aux idéaux que Lucius prétendait défendre avec ardeur. Il était difficile de songer que celui qui avait tenté de vous tuer, qui vous avait retenu prisonnier dans son propre manoir était peut-être l'âme sœur, celui qui vous apporterait amour et protection.

Drago en était là de ses pensées lorsqu'il remarqua qu'Harry s'était avancé vers le prisonnier étendu. Le renégat paraissait malingre et chétif, perdu au milieu des draps blancs défaits. Le prisonnier, enfin conscient, dévisagea le gryffondor qui s'avançait vers lui. Harry s'installa au bord du lit. La voix éraillée et fatiguée du mangemort bafouilla péniblement :

« Ha… Harry… Potter… »

Il y avait une angoisse sourde dans ce bégaiement pitoyable mais Harry n'y prêta guère attention, il se contenta d'un hochement de tête en signe d'acquiescement. Le brun reprit avec douceur :

« Bonjour Stanley. »

A suivre…