Hello !

Voici un nouveau chapitre où Mayline va vivre un instant magique ^^

Merci à ceux qui me suivent et qui m'encouragent et un grand merci à ScottishBloodyMary pour son aide toujours aussi précieuse :)

J'aurais besoin de votre aide à présent chers lecteurs, il y a deux scènes dans le hobbit que j'adore mais malheureusement, Mayline ne pourra se trouver que dans l'une des deux :( J'adore la scène où les nains ouvre la porte d'Erebor et où ils combattent Smaug. La deuxième scène que j'adore est celle où Smaug se venge en s'attaquant aux habitants et où il se fait tuer par Bard. C'est là que j'ai besoins de vous ! Si vous voulez m'aider, envoyer moi une review dans laquelle vous me dites la scène où vous voulez voir Mayline s'aventurer ^^ Je compte sur vous pour voter :)

Bonne lecture :)

03/03/2015

Chapitre 28 : La grotte

La nuit était tombée, le ciel s'était empli de sa froide obscurité, et une lune pâle et timide exhibait avec modestie son disque lumineux, dissimulé par quelques nuages isolés et rares. Nous étions tous à l'intérieur de la grotte à préparer le dîner. J'aurais bien aimé donner un coup de main, mais l'idée de vider la maman de Bambi m'avait juste donné envie de vomir, me retournant l'estomac violemment. Je partis alors explorer la grotte avec Bofur, elle avait un nombre incalculable de galeries.

Je gravais une flèche à chaque fois que l'on en empruntait une pour pouvoir nous repérer.

« Bon, on continuera l'exploration plus tard, les autres vont s'inquiéter » fis-je, espérant de tout mon cœur que la biche soit à présent en petits morceaux, craignant de croiser encore une fois ses grands yeux sombres et veloutés.

Nous rebroussâmes chemin pour rejoindre la compagnie qui devait sans doute avoir finit de préparer à manger. Une délicieuse odeur me caressa les narines lorsque nous sortîmes de la galerie. Je m'installai près de Bilbon, tandis que Bombur me donnait un bol. Je mourais de faim et avalai donc le contenu de mon bol avec vivacité. Ce qui surprit Bilbon, apparemment, car il me regardait avec de grands yeux. Il est vrai que depuis que je fréquentais les nains, j'avais perdu mes bonnes manières.
Mais je m'en fichais éperdument, après tout, j'étais entourée de gens qui faisaient la même chose. Et puis nous n'avions rien mangé depuis l'incident avec les géants de pierre, donc depuis deux jours et deux nuits. Je devais avoir perdu deux bons kilos ce qui me gênait un peux, car je n'étais déjà pas bien épaisse avant, donc j'avais le droit de m'empiffrer comme une grosse vache. Je passai mon bol vide à Gloin et me levai.

« Où vas-tu Mayline ? » Me demanda Bilbon, légèrement inquiet.

« Je vais continuer à explorer la grotte » lui répondis-je.

« N'y allez pas seule, cela pourrait être dangereux » fit Thorïn.

« Que voulez-vous qu'il m'arrive dans une grotte ? » Demandais-je exaspérée, avant de me souvenir de l'épisode des gobelins.

« On ne sait jamais, Kili peut t'accompagner » dit Fili.

« Non, ne te dérange pas Kili, tu doit être fatigué » m'empressai-je de dire, ne voulant pas me retrouver seule avec lui.

« Mais ça ne me dérange pas » me répondit Kili en se levant.

Je lançai un regard noir à Fili qui avait dû faire exprès de proposer l'archer pour m'accompagner. Le jeune nain blond m'adressa un grand sourire, fier de son plan diabolique. Kili me rejoignit et nous partîmes explorer la grotte en nous guidant avec les flèches que j'avais gravées. Je me sentais nerveuse, seule avec lui, mais ne le montrai pas. Après une petite demi-heure de marche, je vis au bout d'une galerie une lumière blanche.
J'avançais pour découvrir où débouchait ce tunnel, suivie de Kili. Ce tunnel débouchait à l'extérieur, c'était une autre entrée. Je m'arrêtai brusquement face à la beauté du paysage. Un petit étang bordé d'arbres et de roseaux s'étendait devant nous. La nuit avait rendu l'eau sombre et lisse, luisante, et sur sa surface flottaient quelques feuilles d'arbre, doucement bercées par une légère brise. C'était un petit vent frais mais agréable. Le ciel était rempli d'étoiles, immense voûte de velours constellé de petits diamants précieux, qui se reflétaient sur la surface de l'eau comme autant de mouchetures d'or pur.

La lune pleine voyait son reflet sur l'étang brouillé par les vaguelettes que faisait naître le vent léger et caressant. Des vaguelettes bleues, d'un bleu si sombre et profond sous ce ciel lumineux. La nuit était claire et enveloppait ce petit paradis d'une douce lueur. Couleur argentée, faisant briller le monde d'une lumière si pure et innocente. Des bruits mystérieux se faisaient entendre, mais pas des bruits inquiétants, c'était les sons mélodieux de la nature.

« C'est magnifique... » Soufflai-je.

« Oui, on dirait un havre de paix » murmura Kili, comme si le fait de parler à voix haute briserait la magie du moment.

Nous nous allongeâmes dans l'herbe, admirant le ciel étoilé en silence. Ce n'était pas un silence gênant, il était reposant et agréable.

« Tu souris enfin pour de vrai » fit tout à coup Kili.

« Comment ça ? » Lui demandai-je, étonnée.

« Tu te forçais à sourire tout à l'heure, mais ici, lorsque tu regardes le ciel, tu as l'air heureuse » me fit remarquer l'archer.

« C'est vrai, j'aime regarder les étoiles, elles me font penser à ma mère » lui expliquai-je en replongeant dans mes souvenirs.

Elle était allongée sur ce lit d'hôpital. Blanc, lueur blafard, lumières électriques. Sa peau était pâle et d'énormes cernes sombres soulignaient ses yeux profondément enfoncés dans leurs orbites. J'hésitai à entrer dans sa chambre, je n'aimais pas la voir souffrir ainsi. J'avais toujours peur d'éclater en sanglots, de montrer mes faiblesses. Ma mère se serait inquiétée pour moi si je craquais, même si c'était elle et pas moi qui était alitée, malade, condamnée.

« Bonjour Maman, je viens te voir plus tôt aujourd'hui, ma prof de math était absente, sa voiture est tombée en panne » fis-je en entrant dans la chambre, affichant un grand sourire pour cacher ma tristesse et mon désespoir.

« Bonjour ma chérie, ça me fait plaisir de te voir » m'accueillit-t-elle chaleureusement.

Je lui tendis le bouquet de tournesols que j'avais achetés chez la fleuriste, deux rues plus bas. Ma mère adorait ces fleurs, elles étaient ses préférées. Elle les aimait, car ces fleurs se tournaient toujours vers le soleil, vers le bonheur, comme elle disait. Je vis son visage s'illuminer en admirant les fleurs.

« Merci ma chérie, elles sont magnifiques » fit-elle joyeusement.

Je pris sa petite main, douce et fragile, et souris sincèrement cette fois. J'adorais voir son visage rayonnant de bonheur face aux petites choses de la vie. Nous passâmes une bonne heure à parler de tout et de rien, oubliant sa maladie. Puis le visage de ma mère devint tout à coup sérieux.

« Tu sais Mayline, je sens que je vais bientôt partir... Mais je ne te laisserai pas, je ne t'abandonnerai pas sache-le. Quand je partirai, je me transformerai en étoile et rejoindrai tes grands-parents. Alors les nuits où tu te sentiras triste, regarde le ciel, j'effacerai tes malheurs. Si tu as le cœur brisé, regarde le ciel, j'y déposerai de la chaleur. Si la nuit tu te sens seule, regarde le ciel, je t'enverrai tout l'amour que j'ai pour toi. Les nuits où tu te sentiras perdue, regarde le ciel, j'éclairerai ton chemin. Je serai toujours là-haut à prendre soin de toi, alors ne l'oublie pas.

Et je la crus. Oui, elle serait là, dans ces ciels purs et sombres, infinis, mouchetés de joyaux scintillants. Elle serait là, à veiller sur moi. Et je ne serai jamais seule. Elle s'en alla, doucement, sans bruit. Elle s'évapora comme une nuée de brume sous un rayon de soleil. Ses yeux se fermèrent à jamais, ses doigts s'entrouvrirent, vides de vie. Le désespoir m'envahit, c'était comme si on m'arrachait le cœur hors de la poitrine et qu'on le sciait en deux. Mais je savais que je n'étais pas seule.

Pas vraiment. Elle était partout, dans chaque chose. Un fin croissant de lune pâle, un tourbillon de feuilles emportées par le vent d'automne, les délicats pétales d'une rose nouvelle, l'herbe douce caressée par la brise, les plaines à peine neigeuses quand s'en viennent les grands froids. Les détails de la vie que l'on avait jamais remarqués, et qui, une fois la mort passée sur notre chemin, s'avèrent être les plus essentiels pour continuer à vivre.

Un ciel étoilé devient alors la chose la plus magnifique et pleine de sens jamais contemplée. Et l'on se souvient de tout. Des instants simples et beaux, ceux qui restent à jamais gravés dans notre âme.

Kili me regarda et me sourit, m'encourageant à lui raconter mon passé.

« Ma mère aimait les étoiles, elle me disait que quand son heure viendrait, une nouvelle étoile naîtrait, que se serait elle, pour qu'elle puisse prendre soin de moi de là-haut » fis-je les larmes aux yeux.

Je souris à travers mes larmes, ma mère me manquait mais j'essayais de me souvenir seulement des moments heureux passés avec elle. Kili me regardait avec un doux sourire et essuyait mes larmes. Au bout d'un moment, il se leva et m'aida et me relever, il fallait que l'on rejoigne les autres. Cela faisait un moment que nous étions partis, ils allaient s'inquiéter. Nous rebroussâmes chemin et entendîmes les nains chanter en arrivant à la dernière galerie.
Apparemment, personne ne dormait encore.

« Ah ! Vous revoilà, on commençait à s'inquiéter » fit Bilbon.

Je m'excusai de l'avoir inquiété en souriant et m'assis près de lui.

« Mayline, chantez-nous une chanson » fit Balin en souriant. « Un peu de douceur après une telle journée nous fera du bien. »

J'acceptai avec plaisir et réfléchis à la chanson que j'allais choisir. Un sourire étira mes lèvres quand une vielle chanson française que j'affectionnais me revint en mémoire.

Ils quittent un à un le pays
Pour s'en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné
Les vieux, ça n'était pas original
Quand ils s'essuyaient machinal
D'un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tome de chèvre

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver?

Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu'au sommet de la colline
Qu'importent les jours, les années
Ils avaient tous l'âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne
Les vignes, elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré
C'était une horrible piquette
Mais il faisait des centenaires
A ne plus savoir qu'en faire
S'il ne vous tournait pas la tête

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver?

Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l'autre non
Et sans vacances et sans sorties
Les filles veulent aller au bal
Il n'y a rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa vie
Leur vie, ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s'en faire
Que l'heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l'on aime
Et rentrer dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver?