Résumé : Harry comprend grâce à Severus et Drago qu'il développe progressivement sa magie de calice, aidé par le pouvoir des Anciens. Lucius lui promet cependant d'attendre qu'il se sente prêt et de ne rien faire sans son accord. Les deux sorciers partent ensuite dans la chambre du prisonnier qui se réveille. Qui est Stanley ? Que va-t-il leur apprendre sur les Renégats ? Comment vont évoluer les rapports entre Harry et Lucius ? J'espère que ce chapitre vous convaincra… (En particulier la fin…) Et n'oubliez pas de laisser une petite review ! Je vous signale que j'ai aussi posté la semaine dernière un chapitre de l'enfant maudit... Bonne rentrée, bonne lecture, bises et à bientôt lilywen.

La quête des temps nouveaux

Chapitre 22 : Imperium

L'ancien prisonnier frissonna lorsque celui qui avait vaincu le Seigneur des Ténèbres le salua avec une telle déférence. Après tout, il n'était que Stanley, Stanley l'abruti, Stanley le boutonneux, comme on le surnommait depuis des années. On l'insultait, on se moquait de lui perpétuellement, cela avait toujours été ainsi. Il n'y prêtait même plus attention mais là, en l'occurrence, le grand héros du monde sorcier s'était installé à ses côtés, au bord du lit et le fixait apparemment avec bienveillance. Ses yeux émeraude semblaient lui adresser un sourire doux et réconfortant. Il marmonna péniblement :

« Je… Je… Qu'est-ce que je fais ici ? Je devrais être à Azkaban… Je pensais être mort… »

La voix cinglante de Lucius interrompit le soliloque pitoyable du gamin boutonneux.

« Si vous voulez que nous exaucions votre désir, rien n'est plus facile, Rocade. Severus et moi nous ferons un plaisir de vous y ramener quand on saura enfin ce que vous nous cachez !

- Lucius ! »

Le brun aux yeux d'émeraude s'était retourné vers Lucius, un air furieux clairement lisible sur son visage harmonieux mais le blond se contenta d'hausser un sourcil faussement étonné face à l'emportement colérique du jeune sorcier. Le vampire s'approcha aussitôt d'Harry et posa sa main droite sur l'épaule du brun. Ce geste qui traduisait une familiarité et une complicité évidente entre les deux hommes ne passa pas inaperçu auprès des autres sorciers. Si Drago et Severus se contentèrent d'un petit sourire en coin à la tentative peu discrète de Lucius d'amadouer le jeune homme, le renégat affichait une incompréhension évidente.

Harry ne sursauta pas à l'approche du vampire ni à la main ferme et caressante posée sur lui. Tout au contraire, il se laissa aller, calant sa tête contre le torse puissant du sorcier blond. Stanley était littéralement abasourdi par la scène qui se jouait sous ses yeux. Il bégaya pitoyablement :

« Je… Je ne sais pas de quoi vous vous me parlez, Monsieur Malefoy.

- Vraiment ? Vous ne voyez pas ? Voilà qui est fort dommageable, Rocade… »

Le ton cinglant et ironique n'échappa à personne. Stanley tenta vainement de se redresser complètement pour faire face à Lucius mais il était épuisé par son court séjour aux Enfers et il s'écroula lamentablement dans les draps défaits, inconscient. De larges gouttes de sueur coulaient le long du front large du prisonnier. Drago se précipita vers lui, hurlant contre son père et Severus :

« Reculez-vous ! Votre magie interfère dangereusement ! »

Si l'ancien Maître des Potions obtempéra aussitôt à l'ordre de son calice, trop conscient des conséquences fâcheuses que son pouvoir vampirique pourrait avoir sur le prisonnier déjà considérablement affaibli, Lucius n'en fit rien. Sa main était toujours posée sur l'épaule du brun aux yeux d'émeraude. Harry, quant à lui, fixait résolument Stanley lorsqu'il murmura doucement :

« Recule-toi, Lus. Drago a raison, sa magie protectrice est contrariée par ta proximité… La mienne aussi. »

Personne n'osa commenter la remarque lourde de sens du survivant. Severus empoigna fermement le bras de son meilleur ami et l'éloigna suffisamment pour que son calice et Harry soit libérés de leur influence vampirique.

Aussitôt la magie protectrice de Drago se répandit autour de Stanley. Le brun aux yeux d'émeraude en profita pour se rapprocher du prisonnier, il agissait instinctivement, comme s'il savait au plus profond de lui ce qu'il devait accomplir pour lui venir en aide, exactement comme il l'avait fait un peu plus tôt avec Teddy. Naturellement, il posa ses mains sur les tempes en sueur du renégat. Presque immédiatement, il hurla, une douleur brûlante dans tout son corps comme foudroyé.

Lucius se précipita vers Harry, repoussant assez violemment son meilleur ami qui le retenait toujours à l'entrée de la chambre. Le vampire fondit sur le jeune brun et le souleva aisément, un bras sous ses jambes et un autre dans son dos. Harry parut désarçonné une seconde mais presque immédiatement, il se laissa aller à l'étreinte possessive du vampire, calant sa tête au creux de son cou et soufflant doucement d'être ainsi soulagé par l'aura magique de la créature de la nuit.

Severus s'était également approché de son calice qui avait tourné son regard gris vers Harry, cherchant visiblement à comprendre ce qui venait de se produire avec le renégat. Il demanda avec empressement :

« Potty, dis-moi ce que tu as senti exactement à son contact !

- Laisse le tranquille, Drago ! Il n'est pas en état de te répondre.

- Ne t'en déplaise de devoir le brusquer un peu, c'est important, je dois savoir… Il y a quelque chose en lui qui bloque mon pouvoir de calice et Harry semble avoir trouvé ce dont il s'agit… »

Lucius fulminait contre son fils qui ne faisait guère de cas de l'état du brun aux yeux d'émeraude. Harry tremblait encore entre ses bras, sa respiration était douloureuse, sifflante. Le vampire resserra encore sa prise sur le corps mince du brun qui soupira de bien-être. Severus rompit le silence pesant :

« Lucius ! Drago a besoin d'Harry pour soigner Rocade et la magie de mon calice souffre au moins autant que celle de ton gryffondor, alors arrête immédiatement de le contrôler et de bloquer son pouvoir ! »

La remarque du Maître des Potions toucha profondément Drago car il n'avait que rarement vu son époux le défendre si ardemment et s'emporter contre son meilleur ami de cette façon. Lucius était resté sans voix, outré. Bien sûr, il avait conscience de surprotéger le joli brun mais sa nature le poussait à agir ainsi, d'autant plus que le gamin s'était pour l'instant refusé à lui, avec obstination. Harry répondait de plus en plus favorablement à son pouvoir depuis quelques heures et son aura lui hurlait de continuer dans ce sens afin d'obtenir sa totale reddition. Ce fut finalement le chuchotement délicat contre son cou qui le fit réagir :

« Lus… Ca va… Je vais bien. »

Harry se redressa légèrement, juste assez pour que ses yeux émeraude se retrouvent à hauteur du regard gris et profond du vampire. Il le fixait intensément, cherchant son approbation muette. Son visage était si proche de celui du blond qu'il devinait son souffle brûlant contre ses lèvres. Le gryffondor ne fit aucun geste pour quitter la chaleur réconfortante de cette étreinte possessive avant que Lucius ne comprenne de lui-même qu'il ne risquait plus rien et que la douleur s'était largement estompée. Lorsqu'enfin, le vampire lâcha prise, Harry glissa doucement entre ses bras puissants, jusqu'à ce que ses pieds touchent le sol parqueté de la chambre du prisonnier. Le gryffondor ne s'éloigna pas pour autant de Lucius. Il n'en avait simplement ni l'envie, ni la volonté. Il se retourna à moitié vers Severus et Drago et murmura simplement à destination de l'autre calice :

« J'ai senti… J'ai senti quelque chose de réellement mauvais… De la magie noire, je pense. Cela semblait bloquer une partie de son esprit… Enfin, je crois…

- Imperium ?

- Peut-être, je ne sais pas trop, c'était douloureux, je n'ai pas pu aller jusqu'à la source de cette magie.

- Evidemment, Potty, je t'avais dit tout à l'heure que ton pouvoir était trop instable, à peine assez développé pour venir en aide à Teddy et le border dans son berceau… En tout cas, tu n'es certainement pas en état de soulager un sorcier, victime d'une magie noire, d'un impardonnable qui plus est ! »

Lucius dut se retenir de ne pas hurler contre son fils pour oser parler ainsi à Harry mais le regard sombre de Severus le dissuada d'émettre la moindre remarque. Drago, lui, ne se préoccupa nullement de la joute visuelle qui opposait son père et son vampire. Le blond se pencha vers le prisonnier toujours inconscient et il posa doucement ses mains fines et pâles sur les tempes de Stanley. Le calice sursauta au contact de cette magie noire et malfaisante qui perturbait tellement son pouvoir. Dire qu'il n'avait pas perçu cette présence lorsqu'il avait pratiqué les premiers soins à leur retour d'Azkaban, jamais il ne pourrait se pardonner une si grossière erreur.

Il pensa aussi qu'une fois encore, Potty ne faisait jamais comme tout le monde, non content de développer des pouvoirs de calice sans en être réellement un, il s'avérait être d'une force magique incroyable. Nul doute qu'une fois le lien pleinement établi, il serait alors non seulement un mage d'une puissance jamais égalée grâce à la fusion du pouvoir des anciens mais en plus, il deviendrait bientôt un calice capable de sauver et de soigner n'importe quelle âme blessée, Drago en était intimement persuadé.

Curieusement, le blond réalisa qu'il n'en était pas jaloux, il n'enviait plus Harry : il avait en fait appris à le connaître depuis leur exil forcé dans la demeure de sa tante Andromeda. Il comprenait parfaitement ses doutes, ses peurs. Lui n'avait pas eu à subir de tels tourments lors de son choix d'union avec Severus mais il pouvait comprendre mieux que quiconque les craintes de l'enfant chéri du monde sorcier. Son père semblait déjà totalement sous l'emprise du gryffondor et consciemment ou inconsciemment, il utilisait sans cesse son influence vampirique sur Potter. Alors qu'ils avaient été dans deux clans ennemis durant des années, il était, on ne peut plus logique, que le brun se sente donc perdu, tiraillé entre son passé et son futur.

Harry n'était simplement pas tel qu'il se l'était imaginé durant toutes ses années à Poudlard où il l'avait maudit et détesté plus que tout autre. Contrairement à ce qu'il avait toujours pensé, le brun semblait n'aspirer qu'à une vie paisible, éloignée de toute gloire et des combats perpétuels, vœu pieux qui paraissait de plus en plus inaccessible. Drago avait bêtement cru pendant toute sa scolarité qu'il avait tout mais en fait, Harry ne voulait rien… Rien de ce que ce monde lui offrait.

Le blond accentua sa progression magique vers le point maléfique qui bloquait une partie de l'esprit de Rocade et grogna de douleur. Au moins, son instinct et son besoin de calice étaient largement comblés depuis que son père avait jeté son dévolu sur Potter et maintenant, il y avait le renégat qu'il devait soigner coûte que coûte. Il en était là de ses réflexions lorsque sa magie heurta une barrière et brusquement, il fut rejeté en arrière, manquant de peu de s'écraser contre le mur de la chambre. Heureusement, Severus se tenait toujours à ses côtés, près du lit, et le bloqua de son corps. Ce fut la voix inquiète du brun aux yeux d'émeraude qui rompit alors le silence pesant :

« Qu'est-ce qui s'est passé, Drago ? »

Le blond tourna un regard énervé vers le gryffondor qui se tenait si près de son père qu'il songea à quelque sortilège de glu perpétuelle. Il grogna pour toute réponse :

« Une barrière… un autre sort de magie noire entoure l'imperium que tu avais détecté. C'est pour cela que je ne l'avais pas perçu tout à l'heure.

- Comment cela ?

- Et comment saurais-je pourquoi le petit prodige qui développe des pouvoirs de calice sans en être un, a réussi à passer outre cette barrière que je ne parviens visiblement pas à traverser ?

- DRAGO !

- Oui, père ? »

Il y avait une ironie mordante et évidente dans l'échange entre les deux hommes. Severus voulut calmer la situation pour éviter une nouvelle crise et posa une main réconfortante sur l'épaule de son calice qui sembla immédiatement se détendre. Harry fixait le prisonnier encore inconscient et murmura doucement :

« Et si je t'ouvre la barrière, tu crois que tu pourrais atteindre l'autre sortilège ? »

Severus et Drago se tournèrent d'un seul mouvement sec vers le jeune sorcier, un air clairement abasourdi sur leur visage tandis que Lucius empoignait férocement le bras du brun aux yeux d'émeraude :

« Hors de question ! »

La voix du vampire avait rugi avec force et Harry se retourna vers lui, décontenancé.

« Pourquoi ?

- Tu ne peux pas être sérieux ?

- Si… Je veux dire… J'ai passé la barrière sans difficulté mais c'est seulement au contact de l'imperium que j'ai été repoussé.

- Tu es bien trop faible pour utiliser si inconsidérément tes premiers pouvoirs de calice.

- Père a raison, Potty… Tu ne peux pas décemment envisager une telle chose.

- Je… Je vous dis que je le peux !

- Tu ne feras pas cela, suis-je assez clair !

- Et qui m'en empêchera, toi, peut-être ! »

Le ton était cinglant, Harry semblait outré par l'attitude du vampire et il poursuivit sans se soucier du regard menaçant de Lucius :

« Je suis bien assez grand pour savoir ce que j'ai affaire. Drago ne parvient pas à passer outre cette barrière. Si nous conjuguons nos pouvoirs, il pourra aisément atteindre le sortilège de magie noire et le détruire. Ainsi, Stanley sera sauvé et nous saurons enfin ce qu'il en est de ces renégats. C'est ma décision et tu n'as rien à dire là-dessus !

- C'est là où tu te trompes.

- Je ne te demande pas ta permission ! »

Harry faisait face à Lucius et sa magie associée au pouvoir des anciens crépitait autour de son corps en une aura éblouissante. Il rayonnait littéralement de puissance. Il repoussa le vampire violemment, dégageant son bras de sa prise. Il s'avança vers le lit où gisait toujours le prisonnier inconscient.

« Malefoy. »

Le ton était des plus intransigeants et Harry fixait les yeux gris de Drago sans ciller une seconde. Le calice se rapprocha et s'installa de l'autre côté du lit. Après tout, si le héros du monde sorcier pensait réellement pouvoir résister à cette douleur le temps qu'il détruise le sortilège de magie noire, il devait tenter le coup. Au pire, son père le massacrerait d'avoir blessé son précieux gryffondor et Severus le protègerait de la colère de Lucius, comme à l'accoutumée. Il hocha de la tête et Harry lui répondit de la même façon. Les deux jeunes sorciers posèrent respectivement une main chacun sur une tempe du prisonnier, sans qu'aucun des deux vampires ne songent même à s'interposer.

« Maintenant. »

La voix d'Harry avait résonné dans la chambre silencieuse, sortant Lucius de sa contemplation hébétée. Aussitôt le vampire blond se précipita vers le gryffondor, espérant l'arracher à temps. C'était sans compter sur Severus qui, pour la seconde fois, empoigna fermement son meilleur ami et l'éloigna de force du gamin.

Harry se sentit alors appelé par la magie du renégat qui n'était que souffrance et douleur. Comme la première fois, les brumes de cette barrière se levèrent aisément à son contact et il se confronta pour la seconde fois au sortilège de magie noire. Une voix le somma de s'arrêter : c'était Drago. Il devinait la présence du calice à ses côtés, la même chaleur qui l'avait veillée si souvent et il ne s'approcha pas davantage, respectant ainsi la volonté de l'autre sorcier. Au contraire, il se concentra sur la barrière : les brumes qui l'entouraient étaient empreintes d'une magie qu'il connaissait déjà, il en était certain. Un souvenir désagréable. Une réminiscence malsaine, mauvaise et il retint de justesse un cri lorsqu'une plaie ancienne se rouvrit et que la barrière disparaissait complètement dans l'esprit du prisonnier.

L'instant suivant, il se tenait debout, plaqué contre Lucius qui le serrait fermement contre lui.

« Qu'est-ce qui s'est passé, Harry ? Cette douleur à ta main… De quoi s'agit-il ?

- Pardon…»

Ne comprenant rien aux propos du vampire, Harry regarda finalement sa main. Des souvenirs douloureux de sa cinquième année lui revinrent aussitôt en mémoire. Le long d'une fine cicatrice presque effacée et oubliée par les années, perlait du sang, redécouvrant la phrase qu'il avait dû écrire tant et tant de fois lors de ses retenues auprès d'Ombrage. Il grimaça de douleur tandis que Drago reprenait avec sa voix lancinante et ironique :

« Pas mal pour une première tentative, Potty…

- Quoi ?

- Tu as réduit à néant cette barrière et pourtant, cette magie était réellement mauvaise. Tu connaissais déjà ce pouvoir, n'est-ce pas ? »

Harry fixa à nouveau la cicatrice laissée par cette garce qui avait été son professeur en défense contre les forces du Mal en cinquième année. Severus vit que l'attention du survivant s'était portée sur sa main et détourna le regard aussitôt qu'il croisa les yeux gris inquisiteurs de l'autre vampire. Lucius ne s'en laissa pas compter et reprit avec humeur :

« Dis-moi, Severus, tu as l'air de savoir de quoi il retourne, tu pourrais peut-être nous expliquer dans ce cas ?

- En fait, Dumbledore, Mac Gonagall et moi en avions discuté à plusieurs reprises… Il y avait des rumeurs persistantes concernant Dolorès Ombrage, c'est bien cela, Harry ? »

Le brun se contenta d'hocher faiblement la tête, gêné par les regards interrogatifs que lui portaient Drago et Lucius. Severus préféra poursuivre, il se sentait quelque part fautif des traitements qu'avait subis Harry à cette époque.

« Disons que j'avais cru comprendre que certaines méthodes d'éducation d'Ombrage était pour le moins… discutable…

- Harry, de quoi parle-t-il ?

- Je… Elle m'avait mis en retenue à plusieurs reprises et… Sa punition consistait à écrire des lignes à n'en plus finir…

- Continue… »

Lucius était concentré sur le gamin, le priant de poursuivre car il sentait que son pouvoir de vampire allait bientôt prendre le dessus s'il ne comprenait pas d'où provenait cette douleur cuisante, profonde qui traumatisait encore le brun.

« La plume était… spéciale… J'écrivais avec mon sang… »

Aussitôt, le vampire s'empara de la main blessée du jeune sorcier et délicatement, il passa son index sur la blessure, jusqu'à voir apparaître les lettres d'une phrase. Cette femme était une abjection et sans le regard triste du brun, il aurait probablement déjà transplané jusqu'à cette mégère pour la faire souffrir avec délectation jusqu'à ce qu'elle rende son dernier souffle étranglé entre ses mains. Comme ressentant la colère du vampire, Harry se rapprocha de Lucius, quémandant clairement son attention. Le blond ne se fit pas prier et entoura la taille du jeune sorcier d'un bras possessif et protecteur.

« Cette barrière serait donc le fait d'Ombrage, c'est bien cela ?

- Oui, Dray. Harry a réagi au souvenir d'un ancien sortilège pratiqué par cette vieille folle contre lui, lors de votre cinquième année. Il a reconnu instinctivement sa magie. C'est pour cela qu'il avait pu passer au-delà avant toi. »

Drago observa quelques secondes, son ancien ennemi qui avait les yeux dans le vague, cachant très mal son désarroi et finalement, il déclara :

« En tout cas, bon boulot pour un presque-calice, Potty… Tu as totalement dissous sa présence maléfique dans l'esprit de Rocade et j'ai pu m'attaquer sans soucis à l'Imperium…

- Et…

- Pas certain que tu apprécies la 'bonne' nouvelle, Père.

- Drago, cesse de jouer et dis-nous ce qu'il en est.

- Tonton Rodolphus.

- Lestrange ?

- Aucun doute, j'ai reconnu clairement son empreinte magique.

- Il n'est donc pas mort lors de ma fuite de Privet Drive. Ron l'avait pourtant touché, j'en suis certain…

- Le Seigneur des Ténèbres a veillé personnellement à son rétablissement, Harry. Après avoir été blessé lors de ce raid chez ta famille moldue, il est resté plusieurs semaines alité au manoir… A peu près jusqu'à noël, si je ne me trompe pas. Il a ensuite participé à plusieurs missions pour le Lord noir. Bellatrix ne cessait de se vanter devant moi de la place privilégiée de son cher époux auprès du Maître. D'après ce que j'ai cru comprendre, peu avant ta capture par Greyback, c'est lui qui a déniché Ted Tonks alors que ce dernier fuyait le ministère pour ne pas être inscrit sur les listes des « nés-moldus ».

- Il… Il a tué le mari d'Andromeda. »

Le brun avait brusquement blêmi au fur et à mesure des explications de Lucius. Severus se racla légèrement la gorge avant de reprendre d'une voix rauque :

« Oui. C'est malheureusement l'exacte vérité. Cette ordure s'est enorgueillie devant moi d'avoir, selon ses propres termes, 'débarrassé la famille de sa femme de cette engeance impure et malfaisante'.

- Il est encore en vie ? Et libre ? Il faut immédiatement…

- Calme-toi, Harry… »

Lucius avait resserré son étreinte autour de la taille fine du jeune sorcier qui tremblait de colère et de rage difficilement contenues. Severus hocha de la tête avant de poursuivre ses réflexions à haute voix :

« J'étais pour ma part persuadé qu'il était mort pendant la bataille de Poudlard.

- C'est peut-être bien le cas, Sev.

- Tu viens de nous dire que c'était son empreinte magique sur l'Imperium.

- Oui, sans aucun doute, par contre, je suis bien incapable de savoir à quand remonte son dernier impardonnable. C'est difficile à dire car il y a eu de nombreux sortilèges pratiqués pour maintenir Rocade sous influence. Peut-être remontent-ils tous avant la bataille… C'est possible, je ne peux ni affirmer ni infirmer la mort de mon oncle.

- Et, à ton avis, Drago, est-ce que le premier imperium pourrait remonter à l'enrôlement de Stanley auprès des mangemorts ? »

Drago parut surpris de la question du brun, il se contenta de dodeliner de la tête avant de continuer :

« C'est fort possible, Potty… N'attend pas de moi une réponse catégorique cependant…

- L'hypothèse d'Harry n'est certainement pas à rejeter. Après tout, Thicknesse était sous le contrôle de Yaxley depuis des mois, cela a pu donner des idées à cette ordure de Rodolphus… Un brave petit soldat, totalement dévoué, à sa solde… Et sois honnête, Severus, toi comme moi avons douté lorsque Rocade nous a été présenté comme nouvelle recrue... Cette espèce d'avorton sans cervelle n'avait absolument rien à voir avec les autres mangemorts enrôlés à l'époque.

- C'est horrible… Je veux dire… S'il a été marqué de force et contraint par imperium… J'avais dit aux membres de l'Ordre qu'il n'était pas un mangemort… Je leur avais dit… Personne ne voulait m'écouter… Je leur avais dit… »

Harry s'était raidi, sa gorge douloureusement serrée mais ni Drago ni Severus n'osèrent faire la moindre remarque désobligeante au gryffondor, de peur de déclencher le courroux de Lucius. Le vampire couvait du regard le brun aux yeux d'émeraude et semblait déjà prendre sur lui depuis un bon moment pour ne pas l'entraîner loin de ces problèmes, loin de tout ce qui le rendait triste et malheureux. Finalement, ce fut un toussotement du prisonnier qui sortit les quatre sorciers de leurs pensées. Drago se tourna aussitôt vers lui, cherchant la cause éventuelle d'une nouvelle douleur mais après quelques instants d'observation, le blond se détendit.

« C'est bon… Il dort. Le plus dur est derrière lui de toute façon.

- Combien de temps avant qu'il puisse s'expliquer ?

- Pas ce soir, en tout cas, c'est certain… Je dirais au mieux demain… Peut-être même davantage, en fonction de sa récupération physique et psychique.

- Bien. »

La voix de Lucius était forte et catégorique lorsqu'il reprit :

« Harry, tu as aussi besoin de repos. Tu as déjà suffisamment sollicité ta magie après la descente aux Enfers d'Azkaban et les soins apportés au prisonnier, alors tu laisses Drago gérer le réveil de Rocade et tu viens avec moi. »

Severus et son calice fixaient les deux sorciers, craignant un nouvel emportement de l'enfant chéri du monde sorcier face au ton impératif de Lucius mais ils furent médusés par l'acquiescement muet du brun aux yeux d'émeraude. Tout au contraire, Harry se rapprocha du vampire qui souleva à nouveau le gamin comme s'il ne pesait pas plus qu'une plume, un bras passé sous les jambes fuselés du brun, l'autre derrière son dos. Une seconde plus tard, Lucius sortait de la chambre du prisonnier, emportant avec lui le jeune sorcier, déjà somnolent.

Sans lâcher son précieux fardeau, Lucius descendit l'étroit escalier et avança ensuite dans le long corridor qui le mena jusqu'à la chambre d'Harry. Il s'apprêtait à ouvrir la porte lorsqu'une voix féminine l'interrompit.

« Malefoy. »

La rouquine, furibonde, se tenait au bout du couloir, comme si elle avait attendu depuis des heures leur retour, mais son attention se reporta aussitôt sur le garçon porté par l'ancien mangemort.

« Harry, tu es encore souffrant. »

Le brun se redressa légèrement, ses yeux ensommeillés cherchant la silhouette de la jeune fille qui tenait ses mains sur ses hanches dans une posture qui lui rappela furieusement Molly Weasley. La sorcière avançait vers eux sans se soucier du regard meurtrier que lui destinait le vampire.

« Je… Je suis seulement un peu fatigué, Ginny. »

Harry sentit inévitablement la crispation du vampire dont la prise autour de son corps se resserra mais il n'en laissa rien paraître.

« Je vais me reposer quelques heures dans ma chambre. Je te verrais plus tard… Demain, si tu veux…

- Je peux rester avec toi cette nuit si tu préfères.

- Ce ne sera pas nécessaire.

- LUS ! »

Ginny resta abasourdie, ce n'était pas tant le ton sans appel de la réponse de Malefoy à sa proposition de tenir compagnie à son petit-ami que la réponse faite par ce dernier. Déjà, le diminutif utilisé traduisait clairement une nouvelle proximité entre les deux hommes mais, en plus, Harry n'avait pas hésité à se retourner vers le blond arrogant pour lui tenir tête. Loin de s'en offusquer, Lucius ricanait, satisfait de voir que le gryffondor se montrait aussi familier avec lui, même devant cette petite peste insupportable.

« Nous nous passerons donc de votre compagnie. »

Sans attendre une réponse, Lucius murmura un 'Alohomora' et pénétra dans la chambre du brun. Dès que la porte fut refermée, le vampire lança un sortilège de silence puis il posa son fardeau sur le lit qui se redressa aussitôt sur ses genoux, visiblement outré.

« Tu étais obligé de te comporter comme un enfoiré avec elle !

- Oui. »

Le gamin garda la bouche ouverte, stupéfait de la réponse faite par le vampire. Le blond avait croisé ses bras et le fixait avec une telle lueur de convoitise qu'Harry se sentit furieusement rougir. Décidé à ne pas s'en laisser compter, il répliqua avec hargne :

« Je lui parlerai demain, satisfait ?

- Cela dépend.

- Pardon ?

- De ce que tu comptes lui dire. »

Le vampire s'était rapproché du lit, jusqu'à ce que ses genoux heurtent le matelas. Lucius était si près d'Harry qu'il pouvait sentir la respiration affolée du jeune homme. Le blond se pencha légèrement vers son visage, frôlant délibérément sa bouche sans jamais l'embrasser réellement.

« Lus…

- Alors, gamin… »

Les mains du vampire agrippèrent fermement les hanches du plus jeune, plaquant son corps contre le sien, avant qu'il ne susurre contre ses lèvres entrouvertes :

« J'attends toujours, mon ange…

- Moi aussi. »

Le vampire ne s'attendait visiblement pas à cette réponse troublante et Harry en profita. Le gryffondor noua ses bras derrière la nuque du sorcier et d'un habile mouvement, l'entraîna avec lui dans sa chute. Son rire cristallin résonna alors dans la chambre. Lucius, bien que surpris par cette initiative inattendue, ne s'en laissa pas compter et répondit aussitôt à la provocation espiègle du gamin. Leurs corps se frôlaient dans un duel passionné, leurs mains combattaient avec empressement, cherchant toujours davantage, dans un jeu nouveau mêlant caresses, chatouilles et découvertes malicieuses au détriment des draps désormais en pagaille.

Lorsqu'après de longues minutes, la fatigue se mêla à leur lutte faussement enfantine, Lucius s'interrompit, une main de part et d'autre du visage angélique. Le vampire observa longuement le gamin dont le rire s'était progressivement tu. Il détailla attentivement ses pommettes rouges, ses cheveux bruns en bataille sur l'oreiller immaculé, ses yeux émeraude qui le fixaient avec intensité. Lorsque le regard du vampire se porta finalement sur les lèvres entrouvertes d'où s'échappait une respiration désordonnée et haletante, il ne put que se pencher pour cueillir le fruit défendu.

Il frôla d'abord la bouche, sa langue caressant patiemment la texture délicate aux goûts fruités, avant de solliciter pour plus. Le gémissement sourd qui mourut contre ses lèvres le convainquit définitivement et il partit à la conquête de cet éden. La danse de leurs langues était une frénésie paradisiaque, une quête absolue et Harry répondait à la perfection à cette chorégraphie passionnée. Lorsque le besoin de reprendre sa respiration devint vital, Lucius rompit le baiser à regret et se redressa légèrement, juste assez pour percevoir les paupières closes, les cils longs et sombres retombant gracieusement sur le visage d'Harry qui s'abandonnait complètement à lui. Le vampire se morigéna silencieusement : il voulait plus, il voulait tout. Il devait fuir immédiatement avant de commettre l'irréparable. Il s'apprêtait à partir quand le brun rouvrit les yeux.

« Je suis désolé, mon ange. »

Harry sembla surpris par la voix plus rauque, chargé de désir. Dans un geste trahissant sa gêne, le brun mordilla sa lèvre inférieure. Il murmura ensuite faiblement :

« J'ai commencé… Pas toi. »

Un léger sourire apparut sur le visage de Lucius à l'aveu intimidé d'Harry.

« Je pense que je vais te laisser pour ce soir. »

Au milieu des draps emmêlés, le vampire se releva avec difficulté jusqu'à se retrouver à genoux entre les jambes écartées du brun. Harry et Lucius ne se lâchaient plus du regard, comprenant tous deux que l'instant était un nouveau tournant dans leur relation. Ce fut finalement le blond qui rompit le silence devenu pesant :

« Alors… Bonne nuit, Harry. »

Le brun ne répondit pas, tout son visage trahissait son désarroi, ses doutes. Après tout, s'il ne réagissait pas, le vampire allait partir… Et c'était ce qu'il voulait, non ? Alors pourquoi son cœur lui faisait mal à ce point, comme si quelqu'un s'acharnait à le piétiner sauvagement ? Pourquoi tremblait-il ainsi ? Avant même qu'il ne le réalise lui-même, Harry se redressa et agrippa fermement le col de l'autre homme. Dans un geste calme, il attira Lucius à lui, basculant vers le lit. Le blond resserra son étreinte sur le corps fin du gryffondor. Après de longues minutes sans qu'aucun des deux ne bouge, Harry murmura dans le cou du vampire, en s'endormant :

« Reste. »

A suivre…