Hello !
Voici un nouveau chapitre où Mayline va enfin pouvoir se détendre un peu ^^
Merci à tous ceux qui me suivent et un grand merci à ScottishBloodyMary pour sa précieuse aide :)
N'hésitez pas a voter pour votre scène préférée, Erebor ou Esgaroth ?
Bonne lecture :)
25/03/2015
Chapitre 30 : Sentiments
« Mayline ! Où vas-tu ? » Me demanda Thorïn d'un ton autoritaire.
« Prendre l'air ! » Lui répondis-je, agacée.
J'en avais assez de rester cloîtrée dans cette maison, j'aimais les animaux, mais demeurer enfermée avec des vaches, des chèvres et des souris m'agaçait un peu. Enfin... C'était surtout l'odeur qui me dérangeait, je voulais juste prendre un bol d'air frais, car le doux fumet de transpiration des nains, mêlé à celui des animaux m'étouffait un peu.
« Mais il y a l'ours dehors ! » S'inquiéta Bilbon.
« L'ours est parti depuis une bonne heure, il est déjà loin à présent » fis-je pour le rassurer.
« Et s'il revient ? » Demanda Thorïn, sceptique.
« Et bien, je crois que les deux choses que j'ai là, » fis-je en désignant mes jambes, « sont des jambes, je crois même que je peux m'en servir pour courir, c'est incroyable, non ? Donc si je le vois, je cours me mettre à l'abri, tout simplement. »
Thorïn me lança un regard noir dans lequel se lisait une colère bouillonnante et prête à se répandre dans la pièce au prochain de mes faux pas, sa fierté abhorrait toute moquerie. Mais je n'y pouvais rien, c'était plus fort que moi. Bizarrement, j'aimais bien l'énerver, ça m'amusait, il me faisait penser à Grincheux dans Blanche Neige. Je l'imaginai chanter la chanson des nains, et partis dans un fou rire incontrôlable.
« Ça y est, elle a perdu la tête... » Souffla Thorïn, excédé par mon comportement.
Je me ressaisis et ouvris la porte, mais une main la referma aussitôt.
« Je ne vous ai pas autorisée à sortir » fit Thorïn d'un ton sans réplique.
« Oh allez ! S'il vous plaît ! Il y a une rivière derrière la maison, je veux juste me laver un peu, histoire de ne plus sentir la transpiration. Vous devriez en faire autant, d'ailleurs » fis-je en me bouchant le nez, m'amusant à le taquiner encore un peu.
« Très bien ! » Répondit Thorïn en ignorent ma dernière remarque. « Fili ! Accompagne-la ! »
« Quoi ? Dois-je vous rappeler que je suis une femme ! » M'écriai-je.
« Ne t'inquiète pas, je ne regarderai pas » me rassura Fili.
Un peu plus tard, j'étais désormais propre et profitais du soleil, assise dans l'herbe à côté de Fili pour sécher mes cheveux. Ces derniers avaient passablement poussé en un an. Ils m'arrivaient au milieu du dos à présent, et il faudrait que je pense à les attacher pour qu'ils ne me gênent pas.
« Tu devrais les lui avouer » fit tout à coup Fili.
« Quoi ? » Répondis-je bêtement, ne comprenant pas de quoi il me parlait.
« Tes sentiments. A mon frère. »
« Quoi ? Mais tu es malade ? De toute façon ce n'est pas réciproque, alors pourquoi lui avouer si je connais déjà sa réponse ? »
« Qu'en sais-tu ? Tu as l'air déprimé ces temps-ci, et Kili l'a remarqué. Il s'inquiète pour toi, tu devrais lui dire ce que tu ressens ou tu le regretteras. Tu auras toujours ce sentiment de regret qui pèsera sur ton cœur, tu te sentiras mieux quand tu le lui auras avoué, même s'il ne ressent pas la même chose. »
Il avait raison, je ne pouvais pas réagir comme une gamine toute ma vie. J'allais lui avouer mes sentiments. J'aurais sans doute terriblement mal lorsqu'il me rejetterait, mais il me fallait passer par là. Affronter mes craintes les plus enfouies au fond de mon cœur, cesser de me cacher derrière des voiles de brume éphémères. J'avais changé. Je n'étais plus une enfant qui pleure la perte de sa mère et qui scrute le ciel de velours bleu constellé de joyaux étincelants dans l'attente d'un signe, j'étais à présent une femme, plus forte et plus dure que jadis.
Le temps, la mort et la peur avaient fait voler en éclat mes protections, ma carapace était brisée. Mais je m'en étais forgée une autre, plus solide que la précédente. Alors j'étais capable d'endurer cette épreuve. J'étais capable de soutenir le regard désolé et dénué d'amour de Kili, j'étais capable de m'en relever et de continuer mon chemin, plus légère après avoir déposé ce fardeau. Du moins je l'espérais.
« Ah ! Quand on parle du loup... » Murmura tout à coup Fili.
Je me retournai pour voir Kili se diriger vers nous. Oh non, je sentis les battements de mon cœur tambouriner à une vitesse folle dans ma poitrine en posant mes yeux sur lui.
« Ah Kili ! Tu tombes bien, tu pourras tenir compagnie à Mayline, je dois aller voir notre oncle » lança Fili en se levant et en me faisant un clin d'œil au passage.
« Tu vas bien? » Me demanda Kili en s'asseyant près de moi tandis que son frère repartait vers la maison.
« Oui, ça va » répondis-je avec un sourire crispé, car j'étais totalement tendue.
« Je voulais te parler. Tu as l'air distante ces temps-ci, comme si quelque chose te tracassait…tu sais... je ne suis pas stupide, je sais que tu mens quand tu dis que tout va bien » débita l'archer.
Il avait l'air blessé. Le fait que je lui aie menti lui avait fait du mal, et je regrettai à cet instant tous mes mensonges. Il fallait que je lui dise la vérité.
« Je suis désolée, c'est vrai que je n'allais pas bien. Je... J'ai ressenti ces temps-ci une émotion tellement forte que cela m'a effrayée. Je n'avais jamais ressenti cela auparavant, et j'ai pris peur » lui expliquai-je.
Je relevai la tête et le regardai droit dans les yeux. Il me sourit et me prit la main pour m'encourager à continuer.
« Je t'aime... » Soufflai-je, ma main tremblant violemment dans la sienne.
La première chose que je remarquai dans son regard fut la surprise, il ouvrit la bouche pour répondre et je sentis l'angoisse monter en moi.
« Non ! Oublie ce que j'ai dit, c'était stupide ! Je n'aurais rien dû dire » fis-je, tentant de me lever, les larmes aux yeux.
Je ne me sentais pas mieux du tout, au contraire, j'avais envie de m'effondrer en pleures pour évacuer toute la pression que j'avais ressentie en prononçant ces mots. Je me sentais perdue, entraînée par les vagues furieuses d'un océan d'émotions trop fort pour mon pauvre corps. J'allais m'échouer, me briser contre des récifs acérés. Mais Kili, qui me tenait toujours la main, me tira vers lui, m'obligeant à lui faire face. Je fermai les yeux pour retenir mes larmes, j'étais trop lâche à cet instant pour affronter son regard.
Je sentis alors ses lèvres se poser sur les miennes, douces et chaudes, un baiser, tendre et rassurant. Il passa sa main dans mes cheveux et me rapprocha de lui. Je m'accrochai alors à son cou, comme à une bouée de sauvetage, et approfondis le baiser. Un flot d'émotions se déchainaient en moi, amour, passion, désir, joie et délivrance...
