Hello !
Voici un nouveau chapitre où Mayline va revoir Beorn ^^
Merci à tous ceux qui me suivent et un grand merci à ScottishBloodyMary pour son aide :D
La partie en italique est son œuvre, je la trouve très belle et j'espère qu'elle vous plaira à vous aussi :)
Bonne lecture :)
26/03/2015
Chapitre 31 : Beorn
La nuit était tombée et tout le monde dormait profondément, sauf moi. Je n'arrêtais pas de gigoter sur mon lit de paille, incapable de trouver le sommeil. Je vis Bilbon remuer, et sortir un objet de sa poche, l'admirant en secret. Je n'arrivais pas à identifier l'objet qu'il tenait dans sa main, il était trop petit pour que je puisse le voir. Je me souvins alors du jour où nous avions échappé aux gobelins, Bilbon avait ramené quelque chose qu'il cachait à tous.
Bilbon se rendormit après avoir remis le précieux objet dans sa poche. Je m'approchai du hobbit, et tendis ma main vers sa poche, désireuse de découvrir son secret. Puis j'eus un instant d'hésitation, ce n'était pas loyal de faire cela. Je n'avais pas le droit de lui voler cette chose qui avait l'air si précieuse à ses yeux. Même si c'était par curiosité, il était mon ami, et il me le montrerait quand il en aurait envie. Chacun garde ses petits secrets, je n'avais pas le droit de fouiner.
Renonçant à me recoucher, le sommeil semblant peu disposé à me rendre visite, je décidai de me lever. Mon regard se posa sur Kili, endormi non loin de moi. Un sourire étira mes lèvres sans que je puisse l'en empêcher, il était tellement mignon quand il dormait. Je déposai un léger baiser sur son front avant de sortir prendre l'air, marchant en direction des bois. La forêt était étrange la nuit, elle était différente, comme si ce n'était pas la même forêt que nous avions traversée dans la matinée.
Quelques rayons de clair de lune se frayaient un chemin à travers les branches d'arbres, éclairant le sentier d'un halo pâle et fantomatique. Un vent frais caressait ma peau et faisait danser les feuilles, chuchotant entre les branches des arbres sa mélopée à la fois triste et sereine. Je contemplai les étoiles en écoutant le chant de la forêt, si apaisant. J'entendis le hululement d'une chouette, les clapotis d'un ruisseau, les bruissements des branches d'arbres doucement agitées par la brise.
Je pris une grande inspiration pour m'emplir des senteurs de la forêt. Je pouvais percevoir l'odeur de la terre fraiche, de l'herbe humide et des fleurs. J'aimais beaucoup la nuit, certains la trouvent effrayante, mais pour moi elle était simplement belle. Le soleil enveloppe la nature d'une beauté rayonnante et chaleureuse, alors que la lune lui donne un aspect doux et fragile. Ces deux beautés sont différentes mais magnifiques autant l'une que l'autre.
A la surface du monde, il est facile de s'égarer.
Des plaines à des lieues à la ronde, aux bois regorgeant de dangers,
Gare à toi, ô voyageur de la nuit,
Les loups s'éveillent à la minuit.
Certains naissent des épais brouillards,
D'autres vous dévorent sans crier gare.
Gare à toi, ô rôdeur des nuées,
Les forêts de ces créatures affamées sont infestées.
Prends garde, toi qui écumes les sentiers,
Les enfants de la nuit jamais ne sont esseulés.
Lorsque de la chouette le funeste cri tu entendras,
Alors sans doute tu sauras,
Que jamais Dame Lune ses brumes n'écartera,
Te frayer un passage, seul, tu devras.
J'entendis tout à coup un bruissement venant des buissons. Un loup avança vers moi, d'une démarche lente et gracieuse, mais pas moins effrayante. Je me rendis compte en voulant prendre mon arme que je l'avais oubliée dans la maison. Je me traitai mentalement d'idiote tout en cherchant un moyen de me sortir de ce pétrin. Si je ne bougeais pas, peut-être qu'il s'en irait, ou alors il en profiterait pour me dévorer. Courir était inutile, il me rattraperait car j'étais trop éloignée de la maison pour me mettre à l'abri. J'entendis tout à coup un grognement derrière moi. Je me retournai lentement, très lentement, la boule au ventre, pour voir quelle créature il pouvait bien y avoir derrière moi.
Je vis alors un gigantesque ours brun, montrant ses crocs dégoulinants de bave. Un second grognement sourd s'échappa de sa gueule, j'étais tétanisée. Je le reconnaissais, Beorn, le changeur de peau qui nous avait attaqués. La peur au ventre, je sentais mes forces m'abandonner et tombai à genoux au sol.
Mon corps tremblait violemment, et l'air avait du mal à se frayer un passage jusqu'à mes poumons. Je vis alors le changeur de peau s'approcher du loup, une aura menaçante émanant de lui. Le pauvre loup prit peur et s'échappa la queue entre les jambes dans un couinement plaintif. L'ours se retourna vers moi et me fixa avant de s'avancer dans ma direction d'une démarche lente et lourde. Il était différent. Je ne sus trop pourquoi, mais mon corps avait arrêté de trembler, je n'avais plus peur.
Alors je compris, Beorn ne voulait pas s'en prendre à moi, mais tout simplement m'aider. Je me relevai difficilement et m'approchai de lui. Je m'arrêtai à un mètre de lui et plongeai mon regard dans le sien. J'y décelai une partie d'humanité dans ses yeux, comme s'il n'était pas totalement ours.
« Merci... » Murmurai-je.
Beorn poussa un grognement en guise de réponse et repartit là d'où il était venu, me laissant seule. Je décidais de rebrousser chemin, mais en courant. Je ne voulais pas tomber nez à nez avec un autre loup, un seul suffisait en une nuit. J'ouvris la porte de la maison et me recouchai sans un bruit pour ne pas réveiller la compagnie. Je parvins vite à trouver le sommeil cette fois-ci, et plongeai dans le monde des rêves.
