Résumé : Au chapitre dernier, les relations Lucius-Harry avaient grandement progressé puisque notre cher gryffondor avait enfin rencontré la charmante petite fée dont lui avait parlé Drago à plusieurs reprises. Alerté par Kreattur, les deux hommes se rendent finalement dans la chambre de l'ancien prisonnier qui vient de se réveiller. Place maintenant aux révélations de Stanley Rocade… Que va-t-on découvrir sur le mystérieux groupe des renégats ? Quel est le plan des mangemorts ? Chapitre crucial du point de vue de mon intrigue qui, je l'espère, vous convaincra… Bonne lecture à tous et n'oubliez pas qu'un petit message laissé à l'auteur illumine sa journée autant que le soleil caniculaire. A bientôt, Lilywen…
La quête des temps nouveaux
Chapitre 26 : Révéler et regretter
« Au commencement… En fait, je suis bien incapable de dire exactement quand tout a commencé pour moi. Je n'ai pour ainsi dire aucun souvenir clair de toute cette année écoulée, comme si toute cette période n'était dans mon esprit qu'une succession de ténèbres et de brumes jusqu'à mon réveil dans cette chambre. J'ignore même quels crimes j'ai pu commettre et j'en suis terrifié.
- Je te le répète, Stanley, tu n'es pas coupable. Le seul responsable est celui qui a osé te soumettre à l'imperium et qui t'a contraint à porter cette marque contre ta volonté. », précisa Harry avec douceur.
Bien que les trois autres sorciers ne semblent pas aussi enclins que le brun aux yeux d'émeraude à accorder immédiatement leur clémence au renégat, Stanley n'y prêta guère attention, il soupira, visiblement soulagé, et reprit :
« Même si j'ai bien conscience que les faits ne plaidaient pas en ma faveur, merci d'avoir cru en moi et de m'avoir permis de m'échapper de cet enfer. Je vous dois tellement à tous. J'ai parfaitement conscience de ma dette de sorcier et sachez que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous venir en aide, quand bien même devrais-je vous servir jusqu'à ma mort comme un elfe de maison.
- Je doute sérieusement que Kreattur apprécie cette offre… », répliqua Harry, adressant un sourire doux au renégat pour le rassurer.
Lucius fixait le brun, subjugué par sa voix alors qu'il s'adressait à Stanley. Le vampire détailla sans aucune gêne ses cheveux emmêlés, les marques bleutées sur la peau fine de son cou, ses yeux verts envoûtants. Le gamin dut sentir son regard inquisiteur posé sur lui car il se tourna brusquement vers lui et ses joues se teintèrent d'un délicieux rouge vif, comme s'il avait lu dans son esprit son désir brûlant de le posséder enfin. Chaque seconde passant, la magie des anciens semblaient le préparer et l'ouvrir un peu plus à ses pouvoirs de futur calice ce dont Lucius se réjouissait largement.
Harry se racla la gorge, presque douloureusement et se força à ignorer l'homme pour se concentrer à nouveau sur le renégat :
« Dis-nous ce que tu sais, Stanley… Le moindre indice même s'il te paraît sans intérêt pourrait s'avérer capital.
- Je n'étais pas important pour eux et je ne suis pas sûr de savoir grand-chose concernant leur projet.
- Savez-vous qui a usurpé mon identité ? », asséna froidement Lucius au prisonnier qui sembla vouloir disparaître sous les draps, ne pouvant soutenir le regard froid du vampire sur lui.
Harry se retourna vivement, les sourcils froncés, signifiant ainsi clairement sa désapprobation au blond.
« Lucius !
- Quoi ? N'est-ce pas une question importante et légitime ?
- Ce n'est pas… Laisse tomber. »
Le brun haussa les épaules, avec un brin de fatalisme puis se concentra à nouveau sur le jeune homme au visage marqué par les épreuves qu'il venait de traverser :
« As-tu une idée de qui a pris son apparence ?
- Je… Je ne peux l'affirmer avec une certitude absolue mais pour ma part, Harry, je dirai qu'il s'agit de Lestrange.
- Rodolphus ou Rabastan ?, questionna abruptement Lucius.
- Rodolphus.
- Pourquoi pensez-vous que c'est lui, Rocade ?
- Je… Je n'ai que de très vagues souvenirs des attaques que nous menions, Monsieur Malefoy, mais je ne me souviens pas de sa présence à nos côtés lorsque vous… Enfin… Votre double était toujours là en son absence.
- Il faut que tu saches, Stanley, que lorsque nous t'avons libéré de l'imperium, Drago a affirmé avoir reconnu l'empreinte magique de Rodolphus sur ton esprit. Ton témoignage ne fait donc que confirmer nos doutes à son encontre. »
L'ancien contrôleur du magicobus préféra concentrer son attention sur le drap qu'il malmenait en le tordant entre ses doigts tandis que Drago se redressait, fier comme un paon et adressait un sourire vainqueur aux trois autres sorciers :
« Voilà qui confirme indéniablement mon talent et ma supériorité magique en tant que calice.
- S'il te plaît Drago, ce n'est certainement pas le moment, rétorqua le maître des potions à son amant.
- Je ne faisais qu'une constatation évidente de ma parfaite perfection et tu devrais, au contraire, te sentir extrêmement flatté d'être mon vampire. »
Devant le regard consterné que lui adressa Severus, le calice adopta une moue faussement outrée avant de poursuivre :
« Bien, on peut désormais considérer comme acquis que tonton Rodolphus est effectivement la tête pensante de ce charmant petit groupe…
- Certainement, Drago. », répliqua Lucius dont les yeux trahissaient clairement sa compréhension nouvelle des événements et le vampire continua du même ton faussement détaché :
« Cela me permet d'appréhender en tout cas nombre de faits qui me paraissaient encore nébuleux concernant les attaques lors de la seconde bataille de Poudlard.
- Pardon ? »
Harry s'était retourné vers Lucius et le fixait, agité par un sentiment trouble entre étonnement et incompréhension. Il attendait visiblement des explications aux propos énigmatiques du vampire. L'homme se rapprocha de son futur calice et posa une main douce et rassurante sur son épaule, espérant ainsi calmer un éventuel emportement du gryffondor :
« Quand nous avons trouvé refuge ici, Drago était constamment à ton chevet. Pendant qu'il te veillait, Severus, Kingsley et moi avons beaucoup réfléchi à la signification des attaques contre Narcissa et cette gamine, la fille de Lovegood. »
Lucius resserra sa prise sur le brun dont il sentait distinctement l'agacement grandissant d'avoir été une nouvelle fois mis à l'écart. Etait-il si surprenant qu'il veuille être averti des investigations menées au sujet de cette affaire alors qu'il était touché au premier chef ?
« Et qu'est-ce que vous en aviez déduit, si bien sûr, tu ne vois pas trop d'inconvénients à me révéler des informations qui me concernent directement puisqu'on m'accuse d'être à la tête des renégats ? »
La voix du joli brun était cinglante, le sarcasme à peine voilé. Severus et Drago soufflèrent en cœur - nul doute que le vampire n'allait pas aimer la petite rébellion du gryffondor à son encontre.
« Rien qui ne te permette de me répondre sur ce ton, Harry, répliqua froidement Lucius.
- Bien évidemment. Je ne vois même pas pourquoi je suis surpris… »
Le blond préféra ignorer la remarque sarcastique du brun, fermement décidé à reprendre le sujet ultérieurement avec le gryffondor en tête à tête.
« Si tu veux tout savoir, Severus et moi avions déjà conclu que celui qui avait usurpé mon identité à l'aide de polynectar au cours de la seconde attaque de Poudlard était forcément un mangemort de très haut rang, quelqu'un capable de fédérer autour de lui les quelques sorciers en fuite et nous n'étions pas si nombreux à pouvoir prétendre légitimement à la succession au trône du Seigneur des ténèbres. Severus aurait pu être l'un de ceux-là mais ton charmant plaidoyer le concernant, lorsque tu as affronté Voldemort, a réduit à néant sa couverture. Quant à moi, je suis resté à tes côtés avant d'être arrêté et conduit à Azkaban par les sbires d'Ombrage. Très sincèrement, je ne voyais que peu d'hommes pouvant assumer un tel rôle : cela pouvait éventuellement être Rabastan ou Yaxley mais pour moi, Rodolphus était le prétendant le plus vraisemblable et légitime. Il est foncièrement mauvais, obnubilé par les délires raciaux des Sangs-Purs et il vouait un culte absolu à son maître, au même titre que sa femme.
- Alors, Severus et toi le suspectiez avant même que Drago ne lève l'imperium de Stanley.
- Oui et non. Nous n'avions aucune idée du devenir de Rodolphus, Rabastan ou même Yaxley au lendemain de la grande bataille. Alors qu'il occupait encore la fonction de premier ministre après notre évasion du tribunal du magenmagot, Severus et moi avons demandé à Kinglsey de compulser toutes les listes des aurors pour savoir si leurs noms étaient mentionnés parmi les morts recensés ou parmi les mangemorts qui ont été conduits à Azkaban, dans l'attente de leur procès. Le problème, c'est qu'Ombrage avait déjà cadenassé tout le service et qu'il n'a pas pu en apprendre davantage. Nous n'avions donc aucune certitude à ce propos. Très sincèrement, j'espérais, tout comme Severus, qu'il avait péri lors de la bataille, mais ce n'est pas le seul point que… »
Interrompant Lucius, Harry s'était totalement redressé. Il était visiblement furieux contre le vampire et un silence lourd s'imposait dans la petite chambre. Même Drago n'osa émettre la moindre plaisanterie douteuse tant l'atmosphère s'était radicalement alourdi.
« Pourquoi as-tu choisi de ne pas m'en parler ? Pourquoi ne pas m'expliquer qui vous soupçonniez depuis le début, même sans certitude ? Sur ce point, tu n'es pas différent des autres au final !
- Dois-je te rappeler qu'à cette époque, tu étais à moitié inconscient à cause de la magie des anciens et qu'ensuite, il était plutôt préférable que je ne m'approche pas de toi…
- Tu ne vas pas prétendre que c'est de ma faute tout de même !
- Ce n'est pas ce que j'ai dit. Cesse d'interpréter mes propos à ton aise et je n'avais pas fini !
- Oh mais continue, je t'en prie ! Quelles autres informations m'as-tu caché ? Je suis tout ouïe ! »
L'aura magique d'Harry semblait rayonner autour de lui, sa puissance associée à celle des anciens en était presque étouffante, palpable. Lucius serrait convulsivement ses poings, ses phalanges presque blanches confirmaient sa tension. Severus s'avança d'un pas, prêt à ceinturer son ami s'il perdait le contrôle sur sa nature.
« Je n'arrêtais pas de m'interroger sur les raisons des meurtres de Narcissa et de cette gamine. Severus et moi étions assez d'accord concernant ma femme. La volonté de me blesser en la tuant sous mon identité, le désir de se venger car elle avait piégé le maître en lui cachant que tu n'étais pas mort dans la forêt interdite… Que sais-je encore ? Ce que nous ne parvenions pas à élucider, c'est l'attaque sur les rejetons Weasley qui a coûté la vie à la petite Lovegood. On avait même pensé à un quelconque rapport avec toi en raison de ton affection pour les deux rouquins mais je n'y croyais pas vraiment, ni Severus d'ailleurs… Par contre, maintenant que nous avons la confirmation que Rodoplhus est bien à la tête des renégats, je commence enfin à comprendre et tout s'explique ! C'est si évident que je me demande comment je n'ai pas pensé à cette hypothèse avant.
- Je ne… »
Harry allait répliquer cependant il fut coupé impérieusement par Severus :
« Attends ! De quoi parles-tu, Lucius ?
- De Bellatrix ! C'est Molly Weasley qui a tué sa femme et si je veux bien accorder une qualité à Rodolphus, c'est son amour inconditionnel pour cette folle. Il a d'abord assassiné Narcissa qui avait permis la mort de son maître et il a voulu ensuite se venger de celle qui avait mis fin à la vie de Bellatrix. Quelle meilleure solution à ses yeux que de tuer les gamins de cette femme sachant qu'il est de notoriété publique qu'elle est une mère aimante et que ces enfants sont absolument tout pour elle. »
Pendant de longs instants, personne ne répondit, analysant silencieusement la démonstration faite par le vampire blond, comme si chacun essayait d'appréhender tout ce que pouvait impliquer ses conclusions. Harry semblait sonné, sans réaction et ce fut finalement Severus qui s'approcha de l'ancien renégat :
« Pour ma part, je pense qu'entre vos dires et la magie de Drago, je n'ai plus aucun doute quant à la culpabilité de Rodolphus et je comprends enfin les motivations de cette pourriture lors de la seconde attaque. Lucius a très vraisemblablement raison. Il tente par tous les moyens d'accaparer le trône du Seigneur des Ténèbres en ralliant tous ceux qui ont fui à ses côtés et…
- Non… Enfin… Pardon… »
Stanley sentit ses joues le brûler alors que les regards des quatre sorciers s'étaient tournés aussitôt vers lui. L'agacement de Severus ne passa pas inaperçu alors que d'un regard, il sommait le jeune homme de continuer :
« Ce n'est… Ce n'est pas ce que vous croyez. Monsieur Malefoy a sous-entendu la même idée tout à l'heure et il se trompe tout comme vous.
- Et en quoi sommes-nous dans l'erreur, Rocade ?, répliqua le maître des potions d'une voix tranchante qui fit se recroqueviller le contrôleur du magicobus sur lui-même.
- Vous avez dit que Lestrange voulait s'emparer du pouvoir… Pour lui-même mais c'est faux… Je veux dire… Ce n'est pas pour lui…
- Ne soyez pas stupide ! Pour qui voudrait-il reformer les mangemorts autour de lui si ce n'est dans son propre intérêt ? Pourquoi pas pour Harry comme le prétend Ombrage ? , railla méchamment Lucius.
- Non. Pour le maître. »
Les quelques mots murmurés par le jeune sorcier stupéfièrent les deux vampires tandis qu'Harry ne put retenir un cri :
« QUOI ? COMMENT CA POUR VOLDEMORT ?
- Je suis désolé, Harry… Dès… Dès le lendemain, il a annoncé qu'il ferait revenir le maître parmi nous.
- C'est… C'est impossible. Comment le pourrait-il ? Il est mort ! Il… Je l'ai tué ! »
Sentant le trouble, la colère et le désarroi d'Harry, Lucius s'était instinctivement rapproché de lui, de sorte que son corps frôlait celui du plus jeune. Le gryffondor se laissa aller contre son torse malgré le ressentiment qu'il éprouvait encore pour le vampire quelques instants auparavant et le blond s'en félicita intérieurement.
« Expliquez-vous, Rocade.
- Il… Je ne sais pas exactement… Il n'a eu de cesse de répéter que lors de notre fuite à travers la forêt interdite, il avait découvert le moyen de ressusciter le Seigneur des Ténèbres et qu'associer au pouvoir grandiose que le maître lui avait permis d'acquérir, il pourrait le ramener du monde des morts. »
Les paroles du renégat laissèrent sans voix les quatre autres sorciers, entre incrédulité et stupeur. Ce fut Drago qui sembla réagir le premier aux révélations de l'ancien contrôleur du magicobus en se concentrant sur son vampire et il reprit, abasourdi :
« Un pouvoir grandiose… Un pouvoir acquis grâce à son maître qui devait lui permettre de ramener ce foutu serpent de l'au-delà… Sev, tu… Tu crois qu'il pourrait l'avoir contraint à la transformation mortelle comme mon père et toi.
- C'est malheureusement le plus logique. Tu as raison, Drago, sauf que dans le cas de Lestrange, je doute que l'on puisse évoquer une réelle contrainte. Tout ce que lui demandait Voldemort était pour lui parole sacrée et obtenir l'immortalité à l'image de son seigneur et maître devait le combler de fierté.
- Sans compter qu'Harry nous avait bien dit que lorsqu'il avait été évacué de Privet Drive, le rejeton de Weasley avait blessé sérieusement Rodolphus, à tel point que vous l'aviez tous cru mort. C'est bien ça, Harry ? »
Le brun aux yeux d'émeraude se contenta d'un hochement de tête en signe d'acquiescement et Lucius en profita pour caresser gentiment sa nuque, comme pour apaiser toute la tension qu'il sentait dans le corps plus fin contre le sien.
« Severus et moi savions juste que Voldemort avait œuvré personnellement au rétablissement de Rodolphus. D'ailleurs, Bellatrix ne cessait de me seriner au sujet de la place nouvelle qu'occupait son époux auprès de son maître. Il avait dû le vouloir à la tête de son armée des ténèbres, au même titre que nous deux.
- Alors, il est… un vampire, hésita Harry.
- Très vraisemblablement, mais cela n'explique pas quel moyen associé au pouvoir vampirique pourrait lui permettre d'ainsi accéder au monde des morts pour le faire revenir. »
Harry se redressa brusquement, choqué et bégaya difficilement :
« Stan… Stanley, tu… Tu as bien dit qu'il avait trouvé ce moyen alors que vous vous enfuyez à travers la forêt interdite… »
L'autre garçon acquiesça silencieusement, n'osant esquisser le moindre mouvement tant il devinait la terreur dans les yeux émeraudes. La magie des anciens semblait bouillir dans ce corps trop frêle et Lucius se recula, frissonnant devant la force et la puissance qui émanait d'Harry. Drago se précipita vers le gryffondor, enserrant ses épaules frêles. Il le secoua frénétiquement, espérant le faire ainsi réagir tandis que son pouvoir laissait l'air de la petite chambre plus lourd, plus dense que jamais. Le calice ne comprit les ânonnements du brun que parce qu'il était totalement concentré sur lui :
« Tout… Tout est de ma faute… »
Avant que l'un d'entre eux n'ait eu le temps de bouger, Harry se précipitait vers la porte et s'enfuyait par l'étroit escalier. Alors que Drago s'apprêtait à le suivre pour satisfaire son instinct de calice, il n'en fit rien et s'arrêta aussitôt qu'il croisa le regard gris de son père qui se contenta d'asséner froidement :
« Je m'occupe de lui. »
L'instant suivant, le blond partait à la recherche du joli brun dont la magie semblait hurler de rage et de douleur, comme si elle l'appelait d'urgence à ses côtés. Il dévala les escaliers jusqu'à se retrouver dans le parc, agressé par la lumière blanchâtre de cette journée estivale. Le vampire grogna d'inconfort mais peu lui importait. L'essentiel était de retrouver Harry. Il avançait furieusement, il croisa l'insupportable rouquine qui eut la décence de ne faire aucun commentaire et de s'écarter de son chemin. Il était certain que sans cela, il l'aurait tuée, juste pour être sûr qu'elle ne viendrait pas se mettre en travers de sa route une nouvelle fois. Ses pas le conduisirent naturellement vers le vieux chêne où se trouvait le brun.
Assis, Harry sanglotait doucement, ses genoux repliés contre sa poitrine. Son corps se balançait d'avant en arrière dans un lent mouvement hypnotique, il était secoué de douloureux tremblements. Lucius s'avança et s'installa derrière le brun, une jambe de part et d'autre de sa taille trop fine. Il commença par caresser délicatement ses cheveux bruns, avec une tendresse dont il ne se savait même pas capable et il eut l'impression que son cœur se déchirait tant la douleur évidente du gryffondor le blessait. Il continua ainsi de longues minutes sans dire un mot, juste à attendre que ses pleurs s'apaisent. Il ne sut comment, mais le jeune garçon s'abandonna progressivement à lui alors que ses mains avaient glissé de sa nuque à ses épaules, les enserrant fermement. Après un moment passé à le retenir tout contre lui, Harry se retourna et le vampire sentit les mains du brun s'agripper férocement à son torse, son visage enfoui contre sa poitrine. Cachés à l'ombre de l'arbre majestueux, ils restèrent ainsi, attendant que les larmes chaudes se tarissent enfin. Ils laissèrent le silence s'imposer, bercés seulement par le souffle du vent dans les branchages.
« Quoi qu'il se soit passé, ce n'est pas de ta faute. »
Le corps du brun se tendit aussitôt. Le vampire laissa alors ses mains vagabonder au bas du dos du gryffondor, à la naissance de ses reins. Il s'appliquait à dessiner de petits cercles pour le calmer et lorsqu'il sentit un léger soupir du plus jeune contre sa trachée, il déposa d'abord un délicat baiser sur son front. De son index, il força le brun à relever son visage marqué par les larmes. Ses joues étaient rouges et ses yeux verts paraissaient encore plus profonds. Le vampire se pencha lentement vers lui, pour lui laisser la possibilité de s'écarter s'il ne le désirait pas et finalement, les lèvres du blond caressèrent la bouche fine d'où s'exhalait un souffle chaud. Il redécouvrit patiemment leur texture, savourant cette douceur écorchée par leurs baisers précédents, l'effleurant de sa langue et quémandant pour plus. Quand sa jumelle répondit enfin à sa demande, presque timidement, ce fut comme un accord tacite entre eux et le vampire en profita pour accentuer ses caresses sur ce corps tant désiré, cherchant avec frénésie à assouvir son envie de lui. Il ne s'écarta de lui que lorsque le manque d'air se fit cruellement sentir et il l'observa.
Les joues étaient d'un rouge encore plus vif. Son souffle était rapide, saccadé et ses paupières closes. Les longs cils noirs retombaient harmonieusement sur le haut de ses pommettes. Lucius pensa qu'il ne pouvait exister créature plus parfaite que celui qui serait bientôt son calice, d'autant plus quand les sublimes émeraudes le fixèrent, éperdu. Le vampire souligna les lèvres meurtries du brun de son pouce et murmura tout contre sa bouche :
« Qu'est-ce qui se passe ?
- Je… Je suis tellement désolé… Tout est de ma…
- Non, tu n'es aucunement responsable de la folie de Rodolphus.
- Tu ne comprends pas, je suis réellement responsable, bougonna le brun de façon si enfantine que Lucius posa une seconde un baiser sur ses lèvres sublimes.
- Alors, explique-moi. »
Harry se laissa aller contre le torse puissant, respirant l'odeur du vampire, son souffle contre la gorge de l'homme. Il tremblait. Il craignait que Lucius le haïsse pour sa sottise, son inconséquence et il susurra doucement :
« Je sais par quels moyens il compte atteindre le monde des morts et c'est à cause de moi qu'il en dispose aujourd'hui.
- De quoi parles-tu ?
- Je... J'ai eu le pouvoir de la baguette des anciens pendant le combat mais ce n'est pas la seule relique de la mort que j'ai possédé cette nuit-là.
- Continue… »
Le vampire s'était légèrement dressé alors que le brun bredouillait difficilement :
« J'avais la pierre de résurrection. Dumbledore me l'avait offert dans son héritage, il l'avait caché dans le vif d'or que j'avais saisi lors de mon premier match de quidditch à Poudlard. Quand… Quand j'ai dû affronter Voldemort dans la forêt interdite, j'étais seul, je savais qu'il fallait que je me sacrifie pour les sauver tous, pour les protéger des sortilèges de magie noire et je voulais… Je ne sais pas… Juste trouver la force de me dire que je devais mourir ainsi alors j'ai tourné la pierre dans ma main et j'ai vu mon père, ma mère, mon parrain, Remus… Ils m'ont donné le courage d'aller à sa rencontre, de lui faire face sans baguette. J'ai… J'ai ensuite fait tomber la pierre dans la forêt et je pensais… Je pensais que personne ne retrouverait la relique… Jamais mais il l'a récupérée… Grâce à son pouvoir vampirique, Lestrange est un immortel et il va utiliser la pierre pour faire revenir ce sale serpent du monde des morts et c'est ma faute, tu entends, ma faute ! »
Au fur et à mesure, la voix du brun s'était faite plus désespérée, plus douloureuse et Lucius comprit alors la peur du gryffondor. Il resserra son étreinte autour du corps fin et harmonieux et soupira :
« Tu nous as tous sauvés. Tu t'es sacrifié, tu as été au devant de lui pour offrir ta vie, seul.
- Tu ne comprends pas… J'ai abandonné cet artefact de mort dans la forêt interdite. C'était si stupide. Je regrette tellement… Si tu savais… Si tu savais comme je m'en veux… »
A suivre…
