Résumé : Bien, je sais, le dernier chapitre date d'il y a bien trop longtemps. Mais j'ai eu beaucoup de mal à rédiger ce chapitre. Je l'ai repris je ne sais combien de fois… En espérant qu'il vous convaincra tout de même. Pour rappel, Stanley venait d'apprendre à nos exilés que le chef des renégats, Lestrange, possédait une arme mystérieuse. Désespéré, Harry comprend qu'il s'agit de la pierre de résurrection qu'il avait abandonnée dans la forêt interdite au moment de la bataille de Poudlard. Lucius, à qui il s'est enfin promis, tente en vain de le réconforter en le rejoignant dans le parc. Comment va évoluer la relation des différents personnages ? Lucius et son futur calice ? Ron et Harry ? Bonne lecture à tous et si le cœur vous en dit, j'espère que vous me laissez un petit commentaire à la fin… A bientôt Lilywen.
La quête des temps nouveaux
Chapitre 27 : Le manque de l'autre
« Cesse donc de penser à cette maudite pierre, à Lestrange ou que sais-je encore et concentre-toi un peu, Harry ! Tu ne fais pas d'efforts ! Oublie tout ce qui parasite ton esprit ! Il faut que tu visualises clairement l'énergie des anciens afin que tu puisses la dominer. Ne la laisse surtout pas prendre le contrôle de ta magie, tu dois rester son seul maître et la dompter… »
Harry grimaça. Il était épuisé et respirait fortement, retrouvant difficilement son souffle après ces longues heures à se confronter à Severus. Il souleva légèrement son tee-shirt, essuyant son visage en sueur avec le tissu. Ce fut un grognement agacé, un son rauque et animal qui le fit se retourner vivement.
Lucius se tenait dans l'encadrement de la porte. Il le fixait avec une telle intensité que le gryffondor en frissonna violemment. En une seconde, le vampire fut tout contre lui. Il tira son vêtement de sorte qu'il reprenne sa position originelle, cachant ainsi son torse aux yeux du maître des potions. Harry ne put s'empêcher de rougir, troublé par le geste possessif de Lucius qui susurra sensuellement contre son oreille :
« Bonjour, jeune homme.
- Humm… Humm… »
Profondément irrité par le raclement de gorge peu discret de son meilleur ami qui venait de l'interrompre, Lucius se détourna du garçon et reporta son attention vers Severus dont le sourire narquois trahissait clairement son amusement.
« Bien, je suppose qu'une pause serait la bienvenue et de toute façon, je dois parler à Drago. Bon retour parmi nous, Lucius. Quant à toi, ne te réjouis pas trop vite, Harry on reprendra l'entraînement plus tard. C'est indispensable. »
Harry répondit à la remarque de Severus d'un vague acquiescement de tête. Tandis que les pas du maître des potions s'éloignaient jusqu'à disparaître vers les étages inférieurs, Lucius empoigna les hanches du joli brun, rapprochant franchement leurs deux corps. Il profita de la surprise évidente du jeune homme pour s'emparer de ses lèvres dans un baiser exigeant. Ce fut intense, merveilleux et pendant de longues minutes, Harry s'abandonna totalement à l'étreinte passionnée du vampire. Lorsque finalement ils se séparèrent, à bout de souffle, le gryffondor murmura doucement :
« Tu m'as manqué.
- Vraiment ?
- Bien plus que tu ne pourrais l'imaginer… »
Harry cala son visage contre le cou du vampire, son souffle doux jouant contre la trachée de l'homme et il se laissa aller à savourer cet instant paisible d'intimité. Les deux sorciers restèrent ainsi de longues minutes, sans bouger, juste à profiter de la présence de l'autre.
Ce fut finalement le vampire qui rompit la quiétude de ce moment. Il initia un premier mouvement, ses mains délaissant la taille fine du jeune homme pour remonter vers la nuque gracile et jouer avec ses cheveux ébouriffés. Il reprit ensuite possession de la bouche du gryffondor, sans concession, amenant progressivement le brun vers un sofa à l'aspect des plus douteux qui semblait abandonné dans le grenier d'Andromeda Tonks depuis de nombreuses décennies. Il poussa aisément Harry, basculant avec lui dans un même ensemble. Le nuage de poussière soulevé par leur chute sur le canapé miteux fit tousser bruyamment le plus jeune qui arborait une grimace des plus explicites, son nez aquilin retroussé dans une mimique qui ne manqua pas de faire sourire le vampire.
« C'est dégoûtant ! Tu ne pouvais pas attendre qu'on soit dans notre chambre, grogna Harry.
- Notre chambre ?, » susurra sensuellement le vampire, haussant un sourcil pour le moins explicite.
Harry se sentit furieusement rougir. Prenant appui sur ses coudes, il se redressa légèrement tandis que le vampire poursuivait, d'un ton pour le moins sarcastique :
« Pauvre petite chose si fragile, maître du pouvoir des anciens… Capable de vaincre le plus grand mage noir, capable d'affronter des acromantules, des dragons et que sais-je encore et qui est terrifié par un simple sofa un peu poussiéreux…
- Un peu ?, répéta le plus jeune avec incrédulité.
- Je croyais pourtant que je vous avais manqué, Monsieur Potter ? Me serais-je fourvoyé sur ce point ? »
Lucius profita de l'agacement évident du brun pour conforter sa position entre ses jambes légèrement entrouvertes. D'un souffle, il écarta une mèche de cheveux qui retombait sur les yeux d'émeraude. Avec une langueur délibérée, il caressa de ses lèvres froides les courbes parfaites du visage encore si juvénile, de sa cicatrice à ses paupières mi-closes, de ses pommettes à son lobe d'oreille qu'il s'amusa à mordiller longuement. Alors que Lucius imprimait un lent mouvement de hanches, faisant se frôler leurs corps avec indécence, Harry ne put retenir un gémissement sourd, son souffle imperceptiblement plus haletant :
« Tu disais, chaton ?
- Je… Je… Oh… »
Le vampire avait entrepris de mordiller avec un art consumé la peau si fine de son cou, dessinant de sa langue le tracé de sa jugulaire et ses mains n'étaient pas en reste, naviguant habilement sur tout le corps du joli brun. Ce fut un toussotement peu discret qui les interrompit :
« Père, enfin de retour ! Vous m'en voyez ravi… Cependant, moins qu'Harry… Visiblement. »
Drago se pinçait les lèvres pour ne pas s'esclaffer devant le regard éperdu du survivant et l'air clairement menaçant qu'arborait le vampire.
« Que veux-tu, Drago ?
- Oh… Pas grand-chose pour ma part, père. Il y a malheureusement la tribu Weasley qui vient d'arriver et qui requiert votre présence ainsi que celle de votre survivant adoré.
- Hé ! Je ne suis pas... »
D'un baiser fugitif, Lucius fit mourir la contestation du brun puis, il se redressa complètement, se calant plus confortablement contre le dossier du sofa il foudroya du regard son fils :
« Et bien, dis-leur que nous descendons dans un instant puisque notre présence est indispensable.
- Avec joie, père. Ne tardez pas trop tout de même. »
Le calice se retourna, gloussant malicieusement et disparaissait déjà dans les escaliers lorsque Lucius haussa un sourcil en direction du brun dont le visage trahissait franchement son ébahissement face à la petite scène qui venait de se jouer entre le père et le fils :
« Une remarque à faire, peut-être ?
- Je ne t'ai pas vu depuis hier matin et tu préfères aller parler à Arthur et aux autres !
- Serait-ce une pointe de désappointement que je devine ? », répliqua le vampire dans un sourire narquois.
Cependant, le brun ne semblait pas l'entendre de la même oreille et se renfrogna encore davantage, marmonnant son désaccord.
« Tu peux parler plus clairement, je ne comprends rien.
- Je ne t'ai pas vu depuis hier matin !
- Tu te répètes et j'avais déjà parfaitement compris cette flatteuse partie de ton plaidoyer.
- Et bien justement ! Tu aurais dû ensorceler Drago pour avoir osé nous déranger. Tu…
- Je devrais surtout te traîner jusqu'à notre chambre et te faire subir les derniers outrages pour te montrer si… tentateur », le coupa le vampire d'un ton où suintait la lubricité.
Le brun se redressa légèrement et susurra contre la bouche de l'ancien mangemort :
« Oui, tu devrais.
- Je garde ta proposition en mémoire, sois-en certain. »
Alors que Lucius le fixait intensément, ne cachant nullement son désir et son envie de lui, Harry prit cette fois l'initiative : il effleura doucement les lèvres du blond d'un baiser évanescent, puis, il sembla s'enhardir et très vite, la découverte se fit plus passionnée et emportée. Les mains nouées derrière la nuque du vampire, le gryffondor se retrouva finalement assis sur les cuisses du vampire, une jambe de part et d'autre. Lorsqu'enfin, ils mirent fin à leur longue embrassade, Harry susurra contre la bouche de Lucius :
« Tu m'as tellement manqué cette nuit. »
Lucius passa son pouce le long de la joue d'Harry dans une caresse délicate et murmura :
« Je le sens parfaitement à ta magie pure et crois bien que je le regrette mais… Je crains que nous ne devions repousser cette conversation captivante à plus tard. Il faut vraiment qu'on parle de ma petite visite improvisée à Gringotts avec Kingsley. »
Le soupir à fendre l'âme du petit brun fit sourire Lucius. Le vampire se leva, portant son adorable fardeau dont les jambes ceinturaient maintenant sa taille et le garda contre lui en descendant les marches vers les étages inférieurs. Il sentait le souffle chaud du gryffondor contre sa peau et cela l'électrisait. Il avait envie de lui, une envie dévorante et folle. Sa magie pure était une flamme si désirable, d'autant plus qu'il n'avait pu s'en rassasier depuis la veille et qu'elle le tentait perpétuellement depuis la bataille de Poudlard. Quand ils atteignirent le palier, Lucius s'arrêta :
« Mon ange… »
Harry comprit sa demande sans qu'il ne la formule complètement et il se laissa doucement glisser au sol, s'éloignant à regret de l'étreinte du vampire. Ses yeux émeraude trahissaient une réelle lassitude et le blond se contenta d'ébouriffer ses cheveux en bataille dans un geste tendre avant de s'engouffrer dans le salon.
« Ah ! Lucius… Vous voilà ! »
Arthur se montra cordial à l'arrivée du vampire et son sourire devint encore plus chaleureux lorsque la tête brune et ébouriffée d'Harry fit son apparition à l'entrée du luxueux salon d'Andromeda Tonks. Le gryffondor tapa légèrement le parquet ciré de son pied droit, pour signifier clairement sa mauvaise humeur de se retrouver au milieu d'une nouvelle réunion sur les Renégats.
« Harry ! »
Le brun n'eut pas le temps d'éviter l'étreinte précipitée d'Hermione qui se jeta à son cou. Maladroitement, Harry réconforta sa meilleure amie en tapotant gentiment son dos.
« Salut, 'Mione… Tu es revenue aussi ? »
La question bien qu'anodine et sans sarcasme, fit sursauter la jeune fille qui baissa aussitôt le regard. Harry se contenta de soupirer lourdement. Il se doutait que la brillante sorcière se reprochait probablement sa lâcheté lorsqu'il avait annoncé la nature réelle de sa relation avec le vampire et qu'elle n'avait osé s'opposer franchement à son petit ami. Même s'il reconnaissait l'innocence d'Hermione dans tout ce splendide gâchis, il ne pouvait nier qu'il lui en voulait de ne pas l'avoir soutenu alors qu'il comptait tant sur son appui.
Il était tellement épuisé de cette guéguerre inutile et futile entre son meilleur ami et lui. Pas un mot, pas un geste de conciliation depuis que Ron l'avait frappé il y a de cela trois jours, l'accusant de les avoir trahis, sa sœur et lui. Depuis, à chaque fois qu'il avait croisé le rouquin, de passage chez Andromeda, ils s'étaient ignorés mutuellement, dans une ambiance tendue et pesante et si Ron ne semblait visiblement pas encore prêt à s'excuser, Harry ne se sentait pas plus prêt à lui pardonner son attitude égoïste. Il le détestait pour tout ce qu'il lui avait dit, pour tout ce dont il l'avait rendu responsable, comme si leur amitié et toutes les épreuves vécues ensemble n'avaient été qu'une courte parenthèse dans leur vie.
Lucius sentit l'agacement dans la magie du brun et il se rapprocha du jeune sorcier, voulant lui signifier son soutien mais ce dernier s'éloigna volontairement, s'asseyant en tailleur et à l'écart, sur l'un des vieux fauteuils, à côté de la vaste cheminée. Si le vampire tenta de ne pas réagir à la réaction d'Harry, les regards surpris de Severus et de son fils ne firent que conforter son sentiment d'incompréhension. Arthur Weasley semblait tout aussi perplexe quant à l'attitude d'Harry mais il n'en laissa rien paraître et s'avança chaleureusement vers Lucius :
« Installons-nous plus confortablement. Kingsley devrait nous rejoindre dans quelques minutes tout au plus.
- Alors pourquoi ne pas l'avoir simplement attendu si vous ne souhaitiez rien d'autres que des informations sur notre mission commune ? Il aurait pu vous répondre tout aussi bien que moi, il me semble, et j'étais occupé qui plus est, rétorqua Lucius avec humeur.
- Occuper à manipuler Harry pour éviter le baiser du détraqueur ! Comme si on pouvait s'attendre à une collaboration loyale d'un Malefoy… C'est vraiment pathétique !
- Ron ! »
Hermione s'était tournée vers l'entrée où se tenait son petit-ami furieux. Sans prêter attention à la jeune femme, le rouquin s'avança d'un pas en direction de l'ancien bras droit du Seigneur des Ténèbres :
« Je vous l'ai pourtant répété un millier de fois que c'était inutile de compter sur son aide. Comment pouvez-vous lui accorder la moindre crédibilité ? C'est un putain de mangemort, une pourriture de vampire qui baise Harry et c'est seulement pour cela qu'il est encore vivant. Vous savez tous parfaitement qu'il le manœuvre comme une vulgaire marionnette et…
- Ferme-la, Ron ! »
Le hurlement du brun figea les personnes présentes dans le salon. La magie d'Harry irradiait dangereusement autour de son corps, en une étrange aura laiteuse. Le vampire lutta de toutes ses forces contre ses instincts de créature de la nuit, hésitant entre enlever son futur calice de ces lieux pour le protéger et tuer sur l'instant cet abruti de Ronald Weasley qui avait osé le défier ouvertement. Après quelques secondes d'un silence lourd, son attention se reporta sur son fils dont les pouvoirs de calice semblaient en alerte. Drago fixait intensément Harry, prêt à se précipiter sur lui si le pouvoir des anciens prenait une nouvelle fois le contrôle sur sa magie, comme lors de l'assemblée du magenmagot.
« Tout va bien, Harry », murmura le calice.
Sans se soucier des autres personnes, Drago se rapprocha du jeune homme, posant une main réconfortante sur son épaule.
« Tout va bien. Concentre-toi sur ta magie. »
Le gryffondor se contenta d'un vague acquiescement pour toute réponse tandis qu'Arthur, rouge de colère, se précipitait vers son fils et le prenait par les bras, le secouant avec rudesse :
« Par Merlin, Ron, nous avons eu déjà cette discussion ! Malefoy est innocent.
- Ecoute au moins ton père si tu refuses de tenir compte de mon opinion ! Lucius était avec Harry lors de la seconde attaque de Poudlard. Il n'est en rien responsable de la mort de Luna mais Lestrange oui ! C'est lui qui est à la tête des Renégats. Stanley l'a confirmé.
- Stanley ! Laisse-moi rire, Mione ! Stanley, le même qui a un joli tatouage sur le bras au cas où tu l'aurais oublié ! Mais quand est-ce que vous allez réaliser que Malefoy est le seul et unique responsable de la situation désastreuse dans laquelle on se trouve tous ? Quand est-ce que vous allez réaliser ce qui se passe ici ?
- J'aimerais beaucoup comprendre également. »
La voix grave de Kingsley résonna dans la pièce, interrompant le rouquin dans sa diatribe contre le vampire. L'ancien ministre se tenait dans l'encadrement de la porte et de son regard acerbe, il détaillait les différents sorciers présents dans le salon. Son attention se porta vite sur Harry dont la magie crépitait encore dangereusement autour de lui. Il s'approcha du brun, toujours soutenu par Drago et lui adressa un sourire tendre, presque paternel qui lui valut cependant un grognement colérique de Lucius. Le sorcier noir se retourna, fusillant de ses yeux sombres le vampire avant de déclarer dans un soupir :
« Bien… Je vois que j'arrive à point nommé. Arthur, Hermione, vous sortez avec Ron, histoire qu'il se calme un peu. Je suis certain que Kreattur aura un merveilleux thé relaxant à lui offrir et on reprendra la réunion un peu plus tard, histoire que chacun retrouve ses esprits. Vous êtes d'accord avec ma proposition, Lucius ?
- Evidemment, répondit froidement le vampire.
- Harry ? »
Le gryffondor hocha faiblement de la tête en signe d'accord tandis qu'Arthur tirait son fils vers la porte, suivi de la jeune sorcière. Aussitôt, Kingsley ferma la porte d'un mouvement de baguette et se tourna vers Lucius :
« Quel est le problème avec Ronald ?
- Nous vous attendions à la demande d'Arthur Weasley pour faire le point sur notre entretien avec les deux gobelins mais visiblement, son rejeton n'approuve pas mon récent retour en grâce au sein des anciens de l'Ordre du Phénix.
- Que vous reproche-t-il exactement ?
- Ma relation avec Harry. »
Lucius se dirigea alors vers le brun, toujours assis dans le fauteuil. Il fit un léger signe de tête à Drago qui s'éloigna pour rejoindre Severus et Kingsley. Il se pencha jusqu'à frôler de sa bouche les cheveux emmêlés du plus jeune :
« Harry ?
- Je… Je suis tellement fatigué, tellement… Epuisé… Ma magie… Je…
- Chut… Mon ange… Je sais… Je sais… »
Le vampire s'agenouilla devant le fauteuil où le brun s'était recroquevillé. Après quelques secondes à fixer les magnifiques émeraudes troublées de larmes, Lucius reprit :
« Sortez. »
L'ordre, quoique catégorique, ne choqua aucunement Kingsley qui se dirigea aussitôt vers l'entrée du salon. A sa suite, Severus guida naturellement Drago et alors que le calice allait refermer la porte derrière lui, il s'arrêta, affichant un sourire attendri à son ancien ennemi :
« Hé Potty… Fais un peu confiance à ta magie…. Et à mon père aussi. Tout ira bien. »
Il referma ensuite la porte, laissant son père et Harry dans un silence lourd. Après ce qui parut une éternité aux deux sorciers, le vampire murmura dans un soupir :
« Mon ange… »
Le brun sembla sortir de sa léthargie et se jeta dans les bras du plus âgé, les faisant tous les deux basculer sur le tapis persan aux teintes chaleureuses. Bien que surpris par le geste brusque du gryffondor, le vampire se releva avec élégance, soulevant au passage son adorable fardeau. Il le porta ainsi jusqu'au sofa où ils prirent place, le plus jeune installé à califourchon sur ses cuisses. La magie d'Harry irradiait comme jamais, conséquence du manque créé par l'absence de l'ancien mangemort depuis la veille et de la nouvelle confrontation avec le rouquin. La douleur lancinante que percevait Lucius dans le corps plus frêle contre le sien était pour lui la plus effroyable des tortures et la plus délicieuse tentation. Son désir pour le jeune homme n'en était que plus vivace et violent, tant il était subjugué par la pureté de l'aura du gryffondor. Il resserra encore son étreinte. Ce fut le chuchotement de la voix qui le sortit de ses réflexions :
« Je me moque de ce qu'ils pensent tous… Ron, Monsieur Weasley, Hermione… Peu importe… Tu entends… Je sais… Je sais que tu m'as laissé mon libre-arbitre. J'ai choisi, je t'ai choisi…
- Calme-toi et respire plus doucement, mon ange… D'accord ? »
Le brun hocha légèrement de la tête en signe d'assentiment. Il se laissa davantage aller contre le corps du vampire, son visage calé sur l'épaule de Lucius et murmura après de longues secondes :
« C'était vraiment si difficile… Cette nuit… De ne pas te sentir à mes côtés… Si dur…
- Je suis désolé de t'avoir laissé. J'ai bien conscience que ce n'était pas facile pour toi, mais je demeure persuadé que Kingsley avait raison. Il valait mieux que tu restes à l'écart de cette rencontre secrète avec les autorités gobelines. Ta situation est déjà suffisamment compromise avec la campagne de dénigrement organisée par Ombrage et nul doute que ma participation sera dévoilée tôt ou tard. Si tu avais été vu à mes côtés, cela aurait donné davantage de poids aux délires que propage la gazette des sorciers. Tu dois, avant toute chose, te reconstruire, ta magie est encore bien trop instable. Les entraînements de Severus doivent rester ton unique priorité.
- NON ! »
L'emportement du gamin fit sursauter le vampire. Alors qu'Harry détournait le regard, fuyant ostensiblement celui du blond, Lucius le força à relever la tête, pour découvrir ce que tentait de lui cacher le jeune homme. L'ancien mangemort se contenta de resserrer davantage son étreinte autour du corps plus frêle qui souffrait visiblement. Il le sentait trembler furieusement tandis qu'Harry répétait en boucle, dans une litanie désespérée :
« Tu ne peux pas demander ça… Tu ne peux pas… Tu ne peux pas me dire ça…
- Harry, qu'est-ce que j'ai dit de si terrible ? Je ne comprends pas. »
Caressant d'abord les cheveux du gryffondor dans un geste d'apaisement, il effleura ensuite sa bouche de ses lèvres froides. Après quelques instants, le brun sembla se détendre un peu et il s'abandonna progressivement au baiser de plus en plus passionné. Très vite, la douceur du moment laissa place à une envie furieuse : leurs corps se frôlaient et se cherchaient avidement. Déjà, les mains puissantes de Lucius avaient trouvé un chemin sous le tee-shirt, découvrant avec une certaine fébrilité la peau douce et chaude d'Harry. Dans un sursaut de lucidité, le vampire s'écarta légèrement, son front contre celui du gamin. La respiration haletante, il susurra doucement contre ses lèvres :
« Explique-moi, mon ange…
- Tu… Tu ne peux pas me demander… Je serai ton calice, n'est-ce pas ? »
L'hésitation qu'il perçut dans la voix du brun le désarçonna complètement. Comment Harry pouvait-il douter une seule seconde de son désir pour lui, de son envie irrésistible de le faire sien ? Il le voulait plus que quoi que ce soit au monde. Il attendait ce moment depuis l'instant où il s'était retrouvé avec lui dans le bureau de Dumbledore, la nuit de la bataille de Poudlard. Il se souvenait encore de la senteur fruitée des cheveux bruns alors qu'il l'avait porté dans le salon délabré de la cabane hurlante après qu'ils aient conduit ensemble Drago auprès de Severus agonisant. Il se rappelait de cette faim qui l'anéantissait quand Harry l'avait rejoint à Azkaban, de sa volonté de le posséder complètement quand ils s'étaient échappés de l'assemblée du magenmagot. Pas une seconde ne s'était écoulée sans qu'il ne songe au moment où il pourrait enfoncer ses crocs dans sa peau si fine, pas un instant où il ne rêvait de son sang qui comblerait enfin tous ses besoins. Posant une main sur le menton du brun, il le força à relever son visage :
« Tu le seras. Tu seras mon calice car le vampire en moi ne saurait accepter de te perdre désormais, pas après tout ces moments que nous avons déjà partagés. Pour rien au monde… Je veux que tu deviennes mien, tu comprends. »
Avec son index, le vampire retraça le sourire qui se dessinait légèrement sur les lèvres fines du gryffondor, avant de reprendre :
« Comment peux-tu raisonnablement douter de mon désir de te prendre pour calice, mon ange ?
- Tu… Tu as dit que mes entraînements magiques devaient être ma seule priorité. C'est… Tu ne peux pas me demander de considérer qui que ce soit ou quoi que ce soit au-dessus de toi. Ca me fait mal… Comme si mon âme se déchirait en deux et hier… Hier, tu m'as manqué si fort et ce matin, je n'arrivais pas à concentrer sur ma magie malgré les conseils de Severus et Drago. J'avais l'impression de perdre pied, de sombrer dans un puits sans fond et je … »
Dans un hoquet, le brun s'interrompit. Les yeux d'émeraude étaient troublés par des larmes retenues, à grand peine et le vampire resta interdit, en réalisant ce que le brun venait d'avouer jusqu'à ce que la voix douce du plus jeune ne vienne à nouveau briser le silence du salon :
« Je suis désolé… Je…
- Arrête immédiatement, Harry ! Tu n'as pas à t'excuser, ce serait plutôt à moi de le faire, pour m'être montré si cavalier dans mes propos. Je prétends devenir ton vampire, je devrais te protéger de toutes les souffrances et pourtant, je te blesse, sans même en avoir conscience.
- Mais je…
- Non, je suis le seul responsable ! Je regrette de t'avoir laissé pour accompagner Kingsley, d'autant plus avec Weasley qui ne cesse de te reprocher ton choix. Drago m'avait pourtant bien mis en garde, il m'avait dit que mon absence risquait de te faire souffrir mais je n'avais pas imaginé que ce serait à ce point. Je ne sais pas si mon fils te l'a déjà expliqué mais un calice devient plus vulnérable lorsqu'il accepte officiellement sa future destinée car il dépend davantage de son vampire tant que le lien n'est pas totalement finalisé. Ca n'a pas été le cas pour Drago puisque Severus et lui se sont ouvertement promis l'un à l'autre et ont finalisé leur lien la même nuit mais j'aurais dû savoir que nous séparer, même une seule journée, serait une véritable torture pour toi.
- Alors, transforme-moi. Ce soir, maintenant ! Je suis prêt.
- Non, tu ne l'es pas, tu as besoin d'un peu plus de temps pour devenir mon calice. La fusion de ta magie à celle des anciens n'est plus aussi stable depuis ta dispute avec Weasley, sans compter que tu te reproches encore d'avoir abandonné cette maudite pierre dans la forêt interdite.
- Mais, je…
- Inutile de le nier, mon ange. Je sens parfaitement que ton aura est bouleversée par tout ce qui s'est passé ces derniers jours. Sache… »
Le vampire s'interrompit, son pouce caressant avec tendresse la joue rosie du brun et il reprit en chuchotant :
« Sache que je te veux. Je tiens à toi, plus que tu ne pourras jamais le réaliser, Harry, et l'idée de te faire du mal m'est juste devenu intolérable. Je me reproche encore cette nuit où j'ai cédé à l'emprise de ma nature car j'aurais pu te prendre de force si Drago et Severus n'étaient pas intervenus à ce moment-là. Ecoute-moi, je t'en conjure, mon ange… Ne me demande pas maintenant de te faire souffrir délibérément en te faisant calice alors que ta magie n'est pas suffisamment forte pour assumer cette transformation. Je m'y refuse simplement.
- Alors quand ? Quand ? Dis-moi ! J'ai dit que je serai à toi, il y a trois jours déjà !
- Mon amour… »
Le vampire posa ses mains de par et d'autre du visage, le tenant en coupe avec affection et il déposa une esquisse de baiser sur les lèvres fines avant de reprendre :
« Si tu attends de devenir mien, je peux te jurer que le vampire en moi hurle de te posséder dès maintenant. Je te désire plus que tout au monde, sois-en certain. »
Harry resta sans voix, juste à fixer les yeux gris du vampire. Il n'y lisait que sincérité et affliction, ce qui le troubla profondément. Après de longues secondes, il se redressa légèrement et embrassa délicatement la bouche froide de l'homme avant de murmurer contre ses lèvres pour la toute première fois :
« Je t'aime. »
Le vampire répondit au baiser d'Harry pour sceller cette promesse d'amour, un baiser doux et tendre, profond et bouleversant auquel le brun s'abandonna complètement avant qu'ils n'entendent frapper contre le bois de la porte. Bien à regret, le gryffondor se laissa glisser sur la place vide à côté de Lucius. Après quelques secondes, Drago passait la tête dans l'embrasure de l'entrée :
« Tout va bien ?, questionna le serpentard d'une voix incertaine.
- Evidemment. Vous pouvez entrer qu'on en finisse avec cette réunion, rétorqua Lucius.
- Alors, qu'est-ce que tu attends, Drago ? Il t'a dit qu'on pouvait les rejoindre, non ?
- Toujours aussi impatient, Sev. »
Le couple s'avança dans le salon, suivi immédiatement par l'ancien ministre. Le grand sorcier noir souriait à Harry et s'approcha de lui, malgré le regard surprotecteur que lui adressa Lucius. Kingsley se retint de tout commentaire ironique pour ne pas s'attirer les foudres du vampire.
« J'ai été parlé avec Ronald. Il est parti et reviendra seulement demain. Quant à Arthur et Hermione, je leur ai expliqué rapidement les circonstances de notre petite visite à Gringotts.
- Voilà qui va nous éviter cette corvée inutile, rétorqua avec humeur Lucius. »
Harry se redressa légèrement, ses yeux pétillant à nouveau de curiosité :
« Alors, comment s'est passée l'entrevue ?
- Grâce aux relations de Johansson et au directeur de Gringotts en personne, nous avons pu nous entretenir secrètement avec les deux gobelins responsables de l'arrestation de Stanley. Griseck et Merlick ont bien subi un sortilège d'amnésie, probablement lancé par Ombrage elle-même pour qu'ils ne puissent pas dévoiler au public l'emprisonnement à Azkaban d'un des renégats.
- Alors, vous n'avez rien appris de plus des deux gobelins ?
- Lucius a pu percer cette barrière bien plus facilement que je n'aurais pu le faire. Le pouvoir hypnotique d'un vampire est pour le moins fascinant, mais ce n'est pas à toi que je vais l'apprendre, Harry ? »
Le sorcier noir lui adressa un sourire complice qui fit rougir furieusement le brun aux yeux d'émeraude.
« En fait, nous avons eu une confirmation. Comme tu le sais, Harry, les gobelins sont des êtres magiques au talent exceptionnel bien que totalement méprisés par certains sorciers. Comme les vampires, ils sont capables de reconnaître notre identité magique, notre aura en quelque sorte. Ils utilisent pour cela l'émanation du pouvoir provenant de la baguette du sorcier. C'est grâce à ce don particulier que repose la sécurité absolue de leur banque. La confrontation de leur témoignage et de celui de Stanley auraient déjà levé un doute plus que raisonnable concernant la culpabilité de Lucius et aurait largement remis en question la campagne nauséabonde orchestrée par Ombrage et la gazette des Sorciers. A aucun moment, les deux gobelins n'ont relevé l'empreinte magique de Lucius lors du cambriolage de Gringotts alors qu'il était censé être à la tête des Renégats. Cela, ajouté au fait que Stanley n'ait jamais vu Lucius dans leur refuge et qu'il n'ait souvenir de sa présence que lors des attaques l'hypothèse de l'usurpation de son identité par polynectar aurait été immédiatement évoquée par les aurors non corrompus comme Williamson.
- C'est tellement… Frustrant. Tout ça parce qu'Ombrage ait obnubilé par son pouvoir… Elle cache des faits cruciaux à la population sorcière et laisse les renégats prendre l'ascendant.
- Je sais, Harry, je ne le sais que trop bien, mais, il ne faut pas que tu perdes courage. Vous êtes tous les quatre en sécurité chez Andromeda et la quasi-totalité des membres du Phénix sont désormais convaincus par les différents témoignages accumulés, ceux de Johansson, de Williamson, en passant par ce que j'ai pu rapporter des paroles de Rocade, de Severus, de Lucius et de toi, bien évidemment. Désormais, nous allons mener une bataille contre les Renégats et contre le ministère, une nouvelle quête pour des temps nouveaux. »
A suivre…
