Résumé : Bon… Me revoilà (enfin – je sais – inutile de sortir les fourches…) avec un nouveau chapitre après avoir clos le second volet des aventures d'Harry et Severus dans « Opération bébé »… Un chapitre qui, je vous préviens tout de suite, est en deux parties… Les choses se précisent sérieusement pour Harry et Lucius… Bonne lecture à toutes et tous ! Et n'oubliez pas qu'un message est toujours le bienvenu. A bientôt, Lilywen.
La quête des temps nouveaux
Chapitre 28 : Comme hors du temps
(1ère partie)
A son réveil, Harry se sentit agressé par la lumière vive et blanche qui s'infiltrait par les rideaux légèrement entrouvert, laissant présager une nouvelle journée quasi caniculaire. Le gryffondor grogna d'inconfort, il se retourna pour tomber aussitôt sur le visage taquin de Lucius. Harry fut légèrement contrarié de lire cette lueur moqueuse dans les yeux gris. Il allait en faire la remarque au vampire quand ce dernier attrapa durement ses fins poignets, les guidant au-dessus de la tête du jeune sorcier et aussitôt, le vampire le plaqua de tout son poids contre le matelas, l'emprisonnant avec possessivité de tout son corps.
Lucius joua délicieusement de son souffle froid contre les lèvres entrouvertes du garçon qui ne put retenir un gémissement profond. La bouche du blond dansait sur celle d'Harry, ne laissant que le fantôme de son passage et, ainsi, après de longues secondes à le torturer avec un sadisme consommé, il chuchota sensuellement contre son oreille :
« Bonjour, vous.
- 'Jour. »
Le jeune sorcier geignit quand la main droite du vampire lâcha finalement ses poignets et glissa inexorablement de ses bras à son torse, jusqu'à atteindre son bas ventre qu'il effleura légèrement. Lucius s'amusait des sons qui sortaient de façon si irrévérencieuse de la bouche du gryffondor tandis qu'il repoussait sommairement le bas de pyjama que portait Harry.
« As-tu passé une bonne nuit ? »
Le brun le regardait comme s'il était devenu fou. Comment pouvait-il le caresser d'une façon pour le moins suggestive et lui poser dans le même temps une question si anodine ? Ne comprenait-il pas qu'il le torturait à agir ainsi avec lui ? Il s'apprêtait à lui en faire part vertement quand l'autre ricana contre sa bouche :
« C'est presque trop facile…
- TU… Oh… Putain ! »
Le gargouillis d'opposition mourut alors que le vampire faisait coulisser sagement sa main sur le sexe désormais éveillé du gryffondor.
« Tu disais… »
Le regard émeraude était brumeux, ses paupières presque closes. Lucius profita du trouble évident du garçon pour descendre tel un serpent le long de son corps juvénile, embrassant ça et là son torse, laissant de délicieuses marques bleutées qui rendaient le jeune homme encore plus désirable aux yeux du vampire. Sa lente progression s'acheva au niveau de l'entrejambe d'Harry. Pendant quelques secondes, Lucius agaça de son souffle la virilité dressée tandis que le brun tordait fébrilement les draps entre ses mains crispées.
C'était effroyablement pervers et définitivement délicieux, pensa le gryffondor. Incapable de formuler le moindre mot, il émit un gémissement frustré, voulant ainsi signifier au vampire qu'il voulait plus, tellement plus, ce que l'autre homme lui accorda de bonne grâce. Dans un effet de succion extraordinaire qui lui ravagea les sens, Lucius allait et venait sur lui et ses mains continuaient ses caresses de plus en plus audacieuses, sur ses cuisses avant de finalement atteindre son intimité. Le vampire effleura simplement la chair vierge et délicate et c'en fut trop pour le brun qui se rendit corps et âme dans la bouche de son merveilleux tortionnaire.
Il aurait été bien incapable de dire le temps qu'il mit à retrouver ses esprits. Une seconde, une minute, une heure… Tout ce qui lui importait, c'était le mouvement doux et tendre des doigts du vampire entortillant inlassablement ses cheveux. Paresseusement, Harry ouvrit les yeux encore embrumé de son orgasme récent, pour se retrouver sous le regard puissant du vampire qui le fixait avec attention. Il marmonna d'un ton perdu :
« C'était… bon. »
L'autre haussa un sourcil et rétorqua d'un ton où suintait l'amusement :
« Seulement bon… Vraiment ? »
Le brun ne put retenir un bref éclat de rire au commentaire faussement outré du vampire et chuchota :
« Monsieur Malefoy aurait-il besoin que l'on flatte son égo ?
- Ne soyez pas impertinent, jeune homme. »
Feignant une fausse indifférence face au regard amusé du brun aux yeux d'émeraude, Lucius se recoucha à sa place avec son élégance habituelle. Tout son esprit serpentard semblait désormais captivé par l'observation des ongles de sa main droite ce qui lui valut un ricanement moqueur du gryffondor, pas dupe une seule seconde du jeu qui s'instaurait entre eux. Aussitôt, Harry se releva, jouant sensuellement avec son bas de pyjama largement ouvert qui tombait lâchement sur ses hanches trop fines, son sourire se faisant clairement plus aguicheur. A son petit manège, le vampire se contenta d'un haussement de sourcil des plus suggestifs et Harry en profita pour s'installer à califourchon sur le haut des cuisses du vampire. Ses mains caressant le torse sculpté du blond, il commença à déposer ça et là quelques baisers évanescents sur la clavicule de Lucius, naviguant au gré de ses envies de la mâchoire à la trachée de l'homme. Il taquina ensuite plus franchement le lobe d'oreille du vampire, enhardi par les grognements rauques qui s'intensifiaient au fur et à mesure de sa découverte.
Harry susurra finalement contre les lèvres de Lucius :
« J'aime quand tes mains s'attardent sur mon corps… J'adore la façon que tu as de me retenir prisonnier quand je suis sur le point de… »
Le vampire le fit taire en posant son index sur les lèvres si tentantes. Harry passa une langue mutine sur le doigt, faisant gronder d'envie le blond.
« Alors, dites-moi, Monsieur Malefoy, est-ce suffisamment explicite pour vous convaincre que… C'était… bon…
- Pour en être définitivement certain, ne crois-tu pas que ce charmant intermède mériterait d'être vraiment… approfondi… »
Cette fois, le gryffondor se recula franchement, ses yeux trahissant sa surprise évidente. Il essayait de comprendre, de deviner une réponse à toutes ses interrogations et finalement, il balbutia :
« Qu... Quoi ? Mais… Mais, je croyais… Tu… Tu avais pourtant dit… »
Lucius soupira exagérément et reprit avec ironie :
« Et bien, jeune homme, si l'on veut jouer les apprentis séducteurs, si l'on se permet d'aguicher aussi outrageusement un vampire, il faut être prêt à en assumer les conséquences.
- Tu veux dire… Tu veux de moi… Maintenant ? », questionna Harry avec fébrilité.
Lucius ne put s'empêcher de sourire tant il trouvait le garçon magnifique et attendrissant à cet instant. Il caressa doucement sa joue rougie par l'émotion et murmura avec tendresse :
« Je te veux depuis le commencement. Je n'ai jamais désiré que toi et je t'avais promis que l'on finaliserait notre lien dès que ta magie serait un peu apaisée. Hier, pendant ton entraînement avec Severus, alors que je t'observais, Drago m'a rejoint et a très gentiment fait remarquer qu'il ne percevait plus autant l'agitation du pouvoir des anciens. J'avais aussi noté ce changement comme tu t'en doutes… Et c'est tout ce que j'attendais pour accomplir la cérémonie de l'échange si, bien sûr, tu es toujours d'accord. Je pensais qu'aujourd'hui serait parfait pour nous. »
L'air interrogatif du brun à sa dernière remarque lui valut un ricanement moqueur du vampire qui poursuivit aussitôt :
« Bon anniversaire, Harry. »
La bouche entrouverte en un « o » muet, le gryffondor fixait Lucius qui continuait ses caresses tendres sur sa joue, dans un mouvement hypnotique. Après de longues secondes, Harry se rapprocha et se cala confortablement contre l'homme, son souffle jouant délicatement contre la trachée de Lucius. Ce fut un moment empli de sérénité, de douceur pour le jeune sorcier qui se laissait aller à cette étreinte parfaite. Il se sentait apaisé, complet, comme si toute sa vie n'avait été vécue que pour cet instant lorsqu'il murmura, plus pour lui-même :
« J'avais oublié…
- Quoi ?, questionna moqueusement le vampire.
- Mon anniversaire.
- Je préfère. J'ai craint l'espace d'une seconde que tu avais oublié la promesse que je t'avais faite de te prendre pour calice dès que ta magie me le permettrait enfin.
- Idiot…, répliqua Harry dans un sourire attendri, il n'y avait vraiment aucun risque sur ce point. »
Lucius plaça sa main sous le menton du jeune sorcier, guidant inexorablement son visage et tout aussi tranquillement, il prit possession de sa bouche dans un baiser lent et profond auquel Harry s'abandonna de très bonne grâce. Ils ne se séparèrent que lorsque le besoin de reprendre son souffle se fit impérieux pour le gryffondor. Leurs fronts l'un contre l'autre, Lucius était happé par le regard émeraude et finalement, il murmura tout contre ses lèvres entrouvertes :
« Ecoute… Andromeda m'a fait promettre le secret, alors, tu feras comme si tu l'ignorais mais elle a organisé un repas en ton honneur. Nous allons donc nous préparer et descendre ensemble…
- Mais je veux rester, ici, avec toi !
- Au risque d'être interrompu par Kreattur pendant que je te volerai ta dernière part d'innocence en te faisant mien… Vraiment ?, ajouta moqueusement Lucius.
- De toute façon, je suppose que ton fils se ferait un plaisir de nous l'envoyer, juste pour me faire hurler…, bougonna Harry.
- Très probablement. Nous irons donc faire acte de présence et dès que la courtoisie le permettra, nous nous éclipserons, d'accord ?
- Parce que j'ai le choix, peut-être ?, siffla avec rancœur le gryffondor.
- Ne fais pas ta mauvaise tête, veux-tu…
- Et pourquoi je ne pourrais pas ! Je n'ai même pas mon mot à dire alors que c'est mon anniversaire…
- Tout simplement parce que si tu te comportes comme un gentil garçon, je pourrais me montrer charitable sous la douche… »
Harry s'écarta brusquement. Les deux hommes se fixaient avec amusement quand le brun susurra perfidement :
« Tu serai prêt à me soudoyer en utilisant ton corps.
- Après tout, j'ai un certain talent dans ce domaine, ce me semble.
- Vantard…, pouffa le brun.
- Ne me cherche pas, petit garçon effronté, ou il pourrait t'en coûter cher.
- Promesses… Que des pro… »
Cependant, Harry n'eut pas le temps d'esquiver que le vampire le soulevait et, chargé de son précieux fardeau, Lucius se dirigea vers la salle de bain mitoyenne. D'un sort informulé, il les déshabilla tous les deux et activa le jet d'eau chaude. Harry se laissa aller aux caresses audacieuses du blond qui parcourait son corps de ses mains, de sa bouche, le faisant gémir avec talent, tandis que l'eau ruisselait agréablement sur eux. Il pensa sincèrement qu'il allait succomber quand les dents du vampire égratignèrent légèrement la peau si fine de son cou et que le blond lécha consciencieusement la blessure infime d'où suintaient quelques gouttes de son sang.
Après un long moment à profiter de cette découverte sensuelle, Lucius interrompit la douche, faisant léviter une serviette éponge épaisse jusqu'à lui et d'un mouvement langoureux, il se rapprocha plus franchement du brun, les faisant se frôler indécemment au prétexte de se sécher, ne dissimulant rien de son envie irrépressible du garçon. Harry le fixait d'un air perdu, son regard troublé semblait obnubilé par les deux canines rougies qui frôlaient la lèvre inférieure du vampire. Le gryffondor se laissa finalement aller, sa tête reposant sur la poitrine virile : il huma profondément l'odeur de l'homme.
« J'en… J'en peux plus… S'il te plaît… Arr… Arrête…
- Arrêter quoi ? », ricana moqueusement Lucius.
Harry grogna faiblement :
« Pu… Putain… Ton aura…
- Pauvre petit calice, sexuellement torturé par son vampire… N'as-tu pas prétendu que je n'étais qu'un vantard en ce domaine, il n'y a pas un quart d'heure de cela ?
- Tu n'es… Tu n'es qu'un enfoiré ! »
Pour toute réponse, Lucius asséna une petite tape sur les fesses du jeune homme et déclara avec amusement :
« Dix minutes…
- Pardon ?
- Tu as dix minutes avant que Kreattur ne transplane dans notre chambre pour nous informer qu'on requiert ta présence immédiate au salon… Dix minutes pour ne plus arborer cet air… indécent et débauché…
- A qui la faute, salo… »
Mais avant que l'insulte ne vienne souiller la bouche pulpeuse du brun, le vampire captura une seconde les lèvres rougies par leurs précédents baisers et s'éloigna aussitôt :
« Neuf minutes… »
Lucius laissa Harry seul, hagard, avec en tout et pour tout, une serviette lamentablement abandonnée à ses pieds dans un effroyable enchevêtrement. Après de longues secondes, le brun sembla enfin réagir, et, soupirant, il se dirigea machinalement vers le miroir où il observa attentivement son apparence. Il ne put s'empêcher de sourire… Ne pas arborer un air indécent et débauché ! Quelle plaisanterie ! Même avec tous les sorts de glamour qu'il connaissait, Harry savait qu'il ne ferait pas illusion une seule seconde. Tout son visage trahissait cette nuit et ce réveil extraordinairement merveilleux au côté de Lucius. Il se sentait incroyablement bien et indubitablement frustré de ne pas pouvoir poursuivre son tête à tête avec le vampire. Il ferma les yeux. Il lui avait enfin dit qu'ils allaient achever la cérémonie de l'échange… Aujourd'hui… Dans quelques heures… Il avait tellement hâte de lui appartenir enfin complètement, de faire l'amour avec lui... Ses joues s'enflammèrent à cette image brûlante de Lucius le faisant sien.
« Toujours pas prêt ? Il ne te reste que trois minutes pour te préparer. »
Lucius se tenait dans l'encadrement de la porte de la salle de bain et le fixait, mi-séducteur, mi-moqueur.
« C'est mon anniversaire. Ils ne commenceront pas sans moi, tu sais !
- Ce serait effectivement très mal venu, je te l'accorde, cependant les convenances sorcières exigent que le grand héros ne fasse pas attendre toute une assemblée, juste parce qu'il a décidé d'être un petit insolent borné, aussi diablement sexy soit-il… »
Lucius se rapprocha alors d'Harry et souffla légèrement sur la nuque dénudée du brun.
« Je te préviens charitablement… Il vaudrait mieux que tu t'habilles convenablement car le vampire en moi ne tolérera certainement pas que d'autres te voient ainsi.
- Jaloux ?
- Tu es à moi. »
Harry se retourna pour faire face à l'homme et se haussa sur la pointe des pieds. Effleurant la bouche du vampire, il susurra malicieusement :
« Pas encore… Et je te rappelle que c'est uniquement ta volonté de me faire patienter aussi cruellement, alors que nous pourrions...
- Inutile, Monsieur Potter, je ne tomberai certainement pas dans un piège aussi grossier… Bien que ce soit très tentant… Tu te prépares immédiatement et je t'attends à côté. »
Lucius regagna la pièce voisine tandis que le gryffondor s'exécutait en rechignant ouvertement. Pour retrouver une apparence plus décente, il disciplina tant bien que mal ses cheveux ébouriffés, usant de magie, il prit ensuite un malin plaisir à conjurer plusieurs tenues, optant finalement pour un jean tombant parfaitement et un tee-shirt blanc, à la coupe simple et ajusté à sa taille. … Histoire de faire enrager un peu le vampire ce qui était, selon lui, un juste retour des choses !
Lorsqu'enfin Harry se décida à rejoindre Lucius, il fut accueilli par un soupir impatient auquel il répondit d'un vague haussement d'épaule, feignant l'incompréhension. Il s'adossa à l'encadrement de la porte, dans une position des plus suggestives et il n'eut aucun doute quant à l'efficacité de sa démarche volontairement provocatrice car les yeux gris le fixaient maintenant avec désir et envie. Après quelques secondes à se défier du regard, Harry se rapprocha de Lucius, si près qu'il pouvait sentir sa respiration devenir plus irrégulière. Il passa naturellement ses bras autour de la nuque du vampire, se hissant sur la pointe des pieds pour que sa bouche effleure plus franchement les lèvres froides.
C'était assez déroutant et bizarrement rassurant pour le brun de découvrir que s'il perdait tous ses repères quand le vampire usait de son aura à son encontre, la réciproque était également vraie. Même si Harry se sentait encore terriblement maladroit et franchement novice en la matière, ces derniers jours leur avaient permis d'instaurer cette relation de confiance sereine et ce jeu sulfureux de séduction qu'il désirait à tout prix poursuivre avec le vampire. Harry était désormais intimement convaincu que jamais Lucius ne le ferait souffrir délibérément. Il le lisait chaque matin dans son regard posé sur lui. De son index, le vampire traça la courbe de ses lèvres avant de susurrer moqueusement :
« Tu sais que je ne céderai pas à ton petit stratagème et que tu iras à la surprise organisée par Andromeda, de gré ou de force, n'est-ce pas ?
- Bien.
- Tu vas bouder maintenant ?
- Et pourquoi pas ? »
Lucius se contenta de poser ses mains plus franchement sur les hanches d'Harry et il rapprocha le corps fin contre le sien. L'air renfrogné qu'arborait le brun ne le rendait pas moins séduisant aux yeux du vampire à vrai dire, il le trouvait même encore plus irrésistible et adorable dans son attitude enfantine et comme mu par une volonté supérieure, Lucius se pencha vers sa bouche au goût fruité, bien décidé à la savourer pleinement. Ils n'eurent cependant pas le temps de poursuivre davantage cet intermède et s'écartèrent brusquement l'un de l'autre car Kreattur venait de transplaner dans la pièce, les yeux fermés :
« C'est bon, Kreattur, tout va bien », annonça Harry dans un sourire crispé.
Avec incertitude, le vieil elfe ouvrit d'abord un œil et son regard humide se porta tout naturellement sur le couple, debout, au centre de la chambre et complètement habillés - Regulus Black soit loué. Il fut trahi par un soupir de soulagement alors qu'il déclarait joyeusement :
« Vous êtes attendus, jeune maître Harry, au salon. Madame Tonks m'a chargé de vous en informer.
- Puisque de toute manière, on se moque bien de ce que je peux bien vouloir… », marmonna le jeune sorcier
- Va prévenir les autres de notre arrivée, Kreattur. Nous descendons dans un instant… », asséna avec fermeté le vampire pour couper court à toute discussion.
Tandis que Kreattur s'inclinait respectueusement devant les deux sorciers et disparaissait dans un nouveau pop sonore, Lucius se contenta de fixer attentivement Harry qui se tenait désormais à un bon mètre de lui, tête basse. Le passage de l'elfe avait définitivement mis un terme brutal à cette matinée délicieuse et le vampire percevait maintenant toute la tension dans le corps de son futur calice. Il n'avait pas besoin d'en discuter avec lui pour savoir et comprendre. Célébrer son anniversaire ne faisait que renvoyer le brun à la réalité qu'ils avaient fuie tous deux en restant dans cette chambre , sauf pendant les quelques heures qu'Harry consacrait à l'entraînement du pouvoir des anciens, en compagnie de Severus et Drago.
Tout avait changé pour le gryffondor en si peu de temps, renversant au passage tout son monde, toutes ses certitudes, et même si à présent, Harry acceptait son attirance pour lui, même si leur relation devenait chaque jour plus passionnante, il n'en demeurait pas moins vrai qu'il était un gamin de dix-huit ans qui avait été contraint de tuer, qui avait été accusé par toute la communauté sorcière des pires crimes en s'étant soi-disant rallié aux Renégats et qui avait perdu l'amitié de son plus ancien ami, tout cela en l'espace de quelques semaines. Depuis leur dernière confrontation, Weasley n'avait pas adressé le moindre mot à Harry et Lucius savait que le brun regrettait amèrement cet incroyable gâchis dont il se jugeait vraisemblablement seul fautif.
« Je suis sincèrement navré, mon ange. »
Harry releva aussitôt la tête, interloqué :
« Quoi ?
- J'aurai dû dire à Andromeda que ce n'était pas une bonne idée mais elle se réjouissait vraiment d'organiser cette journée en ton honneur et je n'ai simplement pas eu le cœur de la contrarier. Elle souffre encore tant de la perte de sa fille et de son mari. De ce que j'ai cru comprendre, elle te considère, avec Teddy, comme sa seule famille aujourd'hui…
- Ce n'est pas ça le problème, Lus. Je suis même plutôt touché qu'elle ait pensé à mon anniversaire mais…
- Il y a Weasley.
- Je… Je suis désolé, c'est tellement égoïste de ma part.
- Certainement pas ! Je refuse que tu t'excuses de la sorte. Quand une décision qui te concerne au premier plan ne te convient pas, tu as le droit de m'en faire part et pour autant, cela ne fait pas de toi un gamin capricieux, égocentré ou que sais-je encore ! D'ailleurs, je tiens à ce que tu me dises toujours la vérité, que tu sois agacé, furieux, exaspéré… »
Lucius se pencha pour cueillir un baiser sur la bouche du brun, et dans un soupir tendre, il sentit Harry lui répondre, entrouvrant légèrement ses lèvres. Le vampire commença par goûter doucement sa langue contre la sienne et très vite, sa découverte se fit de plus en plus audacieuse jusqu'à ce qu'il ne s'éloigne, à regret, de sa tentation :
« Ou comblé…
- Quelle modestie !
- Je veux que cette journée soit inoubliable et parfaite et si cela implique d'expédier Weasley à des milliers de kilomètres d'ici, en version désartibulé, je te jure que je le ferais avec plaisir.
- Mon sauveur…, susurra Harry contre les lèvres du vampire.
- Que ne serai-je pas prêt à faire pour satisfaire mon calice ? »
Le brun adressa un sourire chaleureux et sincère au blond avant de murmurer doucement :
« J'ai tellement hâte de l'être enfin complètement, tu sais.
- J'en avais une vague idée…
- Seulement vague… Vraiment ?, minauda le jeune sorcier, reprenant à son compte les termes qu'avait utilisé le vampire à leur réveil.
- Tu es infernal…
- Pourtant, tu dis toujours que je suis un ange, non ?, questionna faussement le brun, dans un sourire qui se voulait mi-séducteur, mi-attendrissant.
- Un ange démoniaque et tentateur, sans nul doute… Allez, suis-moi. »
Lucius guida naturellement le gryffondor vers la porte. Ils se dirigèrent ensemble vers l'étage du salon d'où provenait de plus en plus clairement l'écho des voix des convives. Lorsqu'Harry passa l'encadrement de la porte, il fut d'abord assailli par Kingsley qui l'enserra dans une étreinte virile, mettant davantage en pagaille ses cheveux pour le faire râler :
« Kings', s'il te plaît…
- Bon anniversaire, petit. Alors, comment vas-tu ? »
Conscient du regard crispé de Lucius posé sur lui, Harry se dégagea légèrement de l'accolade bourrue du massif sorcier noir.
« Très bien et toi, Kings' ?
- J'ai vu Williamson hier soir mais on en reparlera demain et ce n'est pas négociable, compris ! Tu oublies les Renégats pour aujourd'hui.
- C'est valable pour toi aussi… Aucune discussion au sujet d'Ombrage ou du ministère, d'accord ?
- Parole de sorcier, répondit le sorcier, dans un éclat de rire sonore.
Ils furent interrompus par la voix railleuse de Drago qui interpelait Kreattur. Aussitôt, le vieil elfe les rejoignit, faisant léviter un plateau de gourmandises chocolatées en tout genre :
« Joyeux anniversaire, beau-papa… Une petite douceur, peut-être ? »
Drago adressa un sourire franchement moqueur au brun tandis que son regard indiscret se focalisait sur les marques bleutées qui apparaissaient ça et là sur la peau trop fine de son cou. Severus soupirait ostensiblement comme pour s'excuser de l'attitude puérile de son calice quand la voix d'Hermione, visiblement troublée, sembla s'excuser de les interrompre :
« Harry… »
Comme un signal pour les convives présents, tous s'écartèrent, laissant le brun en tête à tête avec la jeune sorcière :
« Salut, 'Mione.
- Joyeux anniversaire, Harry.
- Merci… C'est très gentil…
- Il… Il a décliné l'invitation d'Andromeda… Mais, moi… Je tenais absolument à être là. Je… Je voulais te dire que Ron… Ronald et moi sommes en désaccord et…
- Ne me dis pas que…
- Je refuse de lui adresser la parole tant qu'il se comportera comme un sombre crétin borné, bourré de préjugés ridicules, rétrogrades et…
- Je crois que j'ai compris l'idée générale, Mione, répondit le brun dans un sourire attendri.
- Je suis désolée de ne pas avoir réagi immédiatement, tu sais, mais…
- Tu l'aimes.
- Ca n'excuse pas mon attitude attentiste le jour où tu nous as annoncés que tu voulais devenir le calice de Monsieur Malefoy. Je ne peux même pas prétendre avoir été réellement surprise quand tu nous as fait part de ta décision. J'avais déjà des doutes très sérieux depuis ce jour où tu as insisté pour l'accompagner jusqu'aux Enfers pour libérer Stanley. J'avais juste peur de la réaction de Ron et…
- Et…
- Et j'ai lu tout ce que j'ai pu trouver sur le sujet, Harry. La relation d'un calice et de son vampire est considérée par certains détracteurs comme une forme de soumission esclavagiste…
- Ce n'est pas…
- C'est seulement une vision de cette relation et je suis loin de partager cette opinion pour être honnête avec toi. »
Harry adressa un sourire sincère à son amie qui poursuivit d'un ton docte :
« Ceux qui prétendent à une soumission du calice ne considèrent qu'un aspect de cette relation complexe, à savoir le fait que le vampire survit grâce au sang qu'il boit. Ils ne voient donc l'existence du calice que comme une réserve alimentaire pour une créature jugée habituellement incontrôlable et meurtrière, mais, c'est bien davantage pour certains théoriciens et je partage cette conviction.
- Vraiment ?, questionna le brun d'un ton où suintait le sarcasme.
- Parfaitement. Les instincts naturels du vampire sont de tuer pour survivre. Au contact de son calice, il retrouve une certaine forme d'humanité puisque sa bestialité est comme apaisée par son désir et son amour inconditionnel pour cet être qu'il protège à tout prix. Ensemble, les deux développent des pouvoirs exceptionnels liés à leur connexion particulière.
- L'humanité du calice et la puissance du vampire.
- C'est exactement cela.
- Je sais.
- Tu veux dire… Vous avez déjà…
- Non, pas complètement mais disons que je suis devenu plus sensible à la douleur et aux besoins des autres.
- Tu as déjà les pouvoirs d'empathie et de guérison !, s'enflamma aussitôt la jeune sorcière.
- Ne t'emballe pas si vite, je suis très loin de maîtrisé quoi que ce soit. J'ai seulement aidé un peu Drago quand Stanley était au plus mal… »
Hermione le couvait du regard quand elle chuchota :
« Tu es heureux avec lui. »
Aussitôt, le brun tourna son regard vers le vampire qui se trouvait près de la table où chaque convive avait pris place. Lucius ne prenait pas vraiment part à la discussion entre Kingsley, Andromeda, Severus et Drago et toute son attention s'était immédiatement reportée vers Harry qui lui souriait adorablement.
« Oui… Je le suis, Mione, je le suis vraiment. »
La jeune femme se rapprocha d'Harry et l'enserra de toutes ses forces :
« C'est tout ce qui compte pour moi, 'Ry… Et personne ne me fera changer d'avis à ce sujet, pas même Ronald.
- Je suis désolé… Pour vous deux, je veux dire.
- Ne le sois pas ! Soit il continue sa vendetta ridicule et il me perdra, soit il redevient raisonnable et je daignerai écouter ses excuses. C'est aussi simple que cela !
- Il t'aime, tu sais. »
Hermione haussa les épaules pour toute réponse comme si ce que venait d'énoncer Harry était d'une banalité affligeante, puis, elle reprit, plus doucement :
« Je le connais. Il doit déjà regretter ce qu'il t'a dit.
- Peut-être... On devrait les rejoindre, tu ne crois pas ? »
La jeune femme acquiesça et déposa une bise affectueuse sur la joue du brun, l'entraînant avec enthousiasme vers les autres. Harry trouva naturellement sa place entre Lucius et Hermione.
Ce fut un moment convivial, ils dégustèrent ensemble un repas des plus succulents, préparé avec talent par un Kreattur au comble de la joie, mettant entre parenthèse tout ce qui aurait pu les ramener vers cette nouvelle guerre. Les heures passèrent ainsi doucement. Ce ne fut qu'à la fin du repas que Drago parut s'agiter, il se leva rapidement et se hâta vers la sortie sous le regard alerté d'Harry. Le serpentard revint quelques minutes plus tard, berçant doucement Teddy.
« Il va bien ? », questionna Harry, visiblement inquiet.
Drago murmura avec un sourire un brin moqueur :
« A ton tour, Potty… »
Et sans attendre, le calice se rapprocha de son ancien ennemi et dans un sourire, il lui confia l'enfant sous le regard interrogateur des autres convives. Délicatement, Harry souleva Teddy et se dirigea vers un des fauteuils plus à l'écart. Il s'installa tranquillement, calant le petit garçon contre lui et naturellement, il joua de son index contre la bouche du bébé qui s'en empara de ses minuscules mains. Teddy tétait joyeusement le doigt d'Harry tandis que Drago assénait d'un ton péremptoire :
« Premières dents. Il hurlait comme un damné dans son berceau. »
Sous le regard fasciné des personnes présentes, Harry se laissait aller à sa magie. Il semblait perdu dans sa bulle, seulement focalisé sur Teddy et au bien-être extraordinaire qu'il ressentait à son contact. Il resta ainsi de longues minutes, totalement absorbé par son petit filleul. Le bruit sourd d'une porte qui claque le sortit de cette curieuse transe et il releva ses yeux verts, constatant avec stupeur que Lucius venait de quitter le salon précipitamment.
« Qu'est-ce qui… »
Harry n'eut pas le temps de finir sa question que Drago souriait machiavéliquement sous le regard consterné de Severus.
« Ton aura de calice était totalement débridée pour soigner l'enfant. Il était préférable qu'il sorte d'ici au plus vite. »
Harry se releva et sans perdre une seconde, il confia Teddy à Andromeda, se contentant d'un bref salut à tous les convives avant de se précipiter à la suite du vampire qui devait souffrir le martyr. Il sut exactement où chercher. Il dévala les escaliers jusqu'à se retrouver dans le parc, sous la chaleur écrasante du soleil de cette fin d'après-midi. Il avança vers le vieux chêne où Lucius s'était assis, tout contre le tronc majestueux de l'arbre centenaire. Le vampire releva la tête à son arrivée et lui adressa un sourire crispé.
« Ca va ? », questionna le brun doucement.
Pour toute réponse, le blond attrapa la main droite du gryffondor et l'attira jusqu'à lui. Calé contre son torse, Harry soupira doucement, se laissant aller à l'étreinte possessive et forte du vampire qui répondit :
« Mieux maintenant. »
Les lèvres froides de Lucius exploraient voluptueusement la nuque du gryffondor. Après de longues secondes, guidé par la main gauche du vampire, Harry tourna doucement la tête. Il eut un sursaut involontaire, en remarquant les canines allongées du vampire et son regard gris hypnotique. Il adressa pourtant un sourire confiant au blond. Il se pencha légèrement, facilitant ainsi la découverte sensuelle de Lucius. Ce fut d'abord sa langue qui caressa subrepticement sa peau, provoquant une vague de frissons dans tout son corps et ensuite, il ferma les yeux tandis que le vampire déchirait sa chair, buvant inexorablement son sang. Comme hors du temps, il sombra dans l'inconscience de cette chaleur parfaite.
A suivre…
