Résumé :Au cours des deux précédents chapitres, Harry est finalement devenu le calice de Lucius. La suite dès à présent et pour ceux qui espéraient ou craignaient - au choix – une tournure guimauve, je ne répondrais que par une seule phrase : « c'est bien mal me connaître »... J'espère en tout cas que ce nouveau chapitre vous convaincra et j'attends avec impatience de lire vos commentaires car un petit encouragement est toujours le bienvenu, n'est-ce pas ? Bonne lecture à tous et à bientôt, Lilywen.
La quête des temps nouveaux
Chapitre 30 : Le réveil du calice
Lucius resserra davantage son étreinte, sentant l'éveil progressif de son calice alors que les premiers rayons du soleil perçaient les rideaux de la chambre. Le vampire tenta de ne plus songer à l'odeur entêtante d'Harry qui le rendait simplement fou de désir. C'était cependant sans compter sur cette faim qui le tiraillait littéralement. Bien sûr, il savait que les premiers jours, il aurait dû mal à atteindre une réelle sensation de satiété et qu'il devrait boire son calice de nombreuses fois pour consolider leur nouveau lien malgré tout, il n'avait jamais imaginé que son envie du gryffondor serait si puissante, si intense.
Les souvenirs de cette première nuit, absolument parfaite, lui revenaient sans cesse à l'esprit. Harry avait su surmonter sa peur, somme toute naturelle, pour s'offrir à lui. Il lui avait donné son sang et sa virginité, son cœur et son avenir. Ils avaient fait l'amour une seconde fois, au milieu de la nuit et depuis, le brun dormait paisiblement contre son torse.
Ce fut un tressaillement, un infime tremblement du brun qui le sortit de ses pensées. Il scruta plus attentivement les traits de son visage qui trahissaient un malaise évident.
« Harry… »
Le murmure de la voix du vampire calma un peu le calice dont les paupières papillotaient légèrement, signe de son prochain réveil.
« Harry…
- 'Jour, marmonna faiblement le jeune sorcier.
- Tu vas bien ? Tu t'es brusquement agité.
- Je… »
Harry ne put finir sa phrase parce qu'il fut impitoyablement submergé par une multitude de sensations, un flux ininterrompu de sentiments dont il ne parvenait même pas à situer l'origine. Tout se confondait dans un imbroglio qui le laissa totalement déboussolé.
« Je… Oh, Lucius… Qu'est-ce… Qu'est-ce qui m'arrive ? »
Espérant faire taire ses voix nombreuses qui suppliaient, criaient, pleuraient, Harry plaqua ses deux mains sur ses oreilles et se releva brutalement, retenant à grand peine un hurlement.
« Harry ! »
Lucius était terrifié par cette panique qu'il sentait dans leur lien et bien qu'il ignore la conduite à tenir, il eut l'instinct de ramener contre lui son calice et de mordre profondément sa gorge, buvant lentement son sang. Au fur et à mesure, Harry se laissa aller contre son torse et son esprit sembla oublier toutes ses voix pour se focaliser sur le seul désir de son vampire qui le réclamait avec possessivité. Après un long moment, il sentit la langue de Lucius passer sur la morsure ensanglantée pour cicatriser la plaie. Harry souffla profondément.
« Mer… Merci.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Je… Je n'en ai pas la moindre idée. C'était comme si… Je ne sais pas… Comme si… C'est ridicule…
- Explique-moi. », rétorqua peut-être un peu sèchement Lucius.
Harry ne put retenir un gémissement douloureux quand une seconde invasion de pensées traversa violemment son esprit. Il se recroquevilla sur lui-même et bredouilla avec difficulté :
« Je… Suis… Je suis désolé. »
Lucius regarda son calice, interloqué et à nouveau, il se rapprocha de lui, doucement, comme il l'aurait fait avec un petit animal craintif :
« Pourquoi Harry… Pourquoi es-tu désolé ?
- Je… Je t'ai contrarié.
- Mais enfin, mon ange, tu n'as pas à t'excuser. Je ne suis absolument pas en colère contre toi, ni même le moins du monde agacé. Je suis seulement inquiet. »
Il laissa quelques secondes au gryffondor avant d'accrocher son regard perdu.
« Ecoute-moi. Tu vas te concentrer uniquement sur ma voix. »
Le brun acquiesça faiblement tandis que Lucius poursuivait :
« Ce sont tes pouvoirs alliés à la magie des anciens qui sont dans la dernière phase de fusion. Tu développes actuellement ton empathie de calice et c'est d'autant plus fort que tu es un sorcier très puissant, Harry. Cependant, les émotions que tu reçois sont troublées et confuses, complètement faussées en ce qui me concerne. Je veux que tu renforces immédiatement tes barrières d'occlumens, mon ange, alors, appuie-toi sur notre lien, d'accord ? »
Les yeux émeraude se fixèrent dans ceux du vampire et comme hypnotisé, il écouta attentivement les mots, se laissant bercer par la voix profonde et sensuelle de l'homme. Après de longues minutes, il soupira lourdement, soulagé, puis, s'abandonna à l'étreinte protectrice du vampire, sa tête posée sur la poitrine de Lucius.
« Il faut que tu manges. Je t'ai pris bien trop de sang depuis hier. Tu es extrêmement affaibli et par conséquent, encore plus sujet aux émotions qui t'assaillent. »
Lucius caressait avec tendresse le dos de son calice dans un mouvement délicat pour le rassurer et après un moment d'un silence tranquille, il murmura :
« Nous allons nous préparer et descendre. Et peut-être serait-il aussi judicieux que tu parles dès ce matin à Drago de ce que tu as ressenti à ton réveil ? Il est le plus à même de t'expliquer comment gérer cela.
- Je pensais… Enfin, j'aurais préféré qu'on reste ici… Comme hier soir. »
Harry se redressa pour faire face au vampire. Il perçut clairement l'éclair fugitif de désir dans les yeux gris quand il se confronta à Lucius. Encouragé par cette envie qu'il lisait dans le regard de son amant, le brun commença par embrasser sensuellement la mâchoire de l'ancien mangemort et alors qu'une adorable rougeur enflammait ses joues, la bouche du gryffondor s'aventura plus près des lèvres de Lucius qui gronda avec frustration :
« Arrête ça, Harry.
- Arrêter quoi…
- Pas que l'idée me déplaise, tu peux me croire, bien au contraire, même mais… Je sens que tu ne vas pas aussi bien que tu essayes de le paraître et tu as besoin de reprendre un peu de force.
- Mais, j'ai envie de…
- Pas de discussion.
- Je vais bien quand tu me bois.
- Je t'ai bu à plusieurs reprises cette nuit et également, i peine cinq minutes si je ne m'abuse.
- Je n'entends plus leurs appels.
- Tu mens. C'est uniquement parce que tu es tout contre moi et que tu te concentres uniquement sur ma voix. Combien de temps crois-tu pouvoir y faire face si tu… »
Aussitôt, Harry se dégagea de l'étreinte du vampire et sans un mot, il se dirigea vers la salle de bain attenante. Lucius soupira, bien conscient d'avoir contrarié son calice en refusant de céder à son adorable petite scène de séduction. Après quelques instants, il se décida à le rejoindre. Le jeune sorcier se tenait contre la vasque du lavabo et fixait son reflet pâle dans le miroir.
Le vampire l'observa tranquillement, puis, s'avança vers lui et finalement, enlaça sa taille fine, calant son visage sur son épaule :
« Tu sais bien que j'ai raison… »
Sa bouche glissa tendrement de sa nuque à la marque de la morsure si visible sur la peau pâle d'Harry qui lui répondit d'un grognement agacé.
« Non.
- S'il te plaît, mon ange…
- Je bouderai si je veux.
- Comment sais-tu…
- J'ai lu tes pensées… Involontairement, bien sûr… », ironisa le calice.
Alors qu'ils fixaient l'un l'autre leur reflet respectif dans le miroir, Lucius resserra son étreinte autour des hanches si fines du jeune sorcier et le fit se retourner vers lui avec brusquerie. Ses lèvres frôlèrent indécemment la bouche d'où s'exhalait un souffle un peu haletant, visiblement troublé par cette proximité sensuelle. Il mordilla faiblement la chair tendre et rose, si sensible tandis qu'Harry s'abandonnait progressivement dans ses bras. Lucius savait qu'il jouait un jeu dangereux, usant et abusant de son pouvoir de séduction sur son calice mais il sentait de plus en plus l'agacement du brun face au développement excessif de son empathie magique et il souhaitait juste l'apaiser un peu.
Après de longues secondes à torturer ainsi son amant, Lucius s'écarta et lui adressa un sourire satisfait.
« Enfin calmé.
- Loin de moi l'idée de te contredire ! Tu sembles tellement fier de toi, n'est-ce pas ? »
Le brun était partagé entre amusement et exaspération face au comportement du vampire qui lui répondit :
« Plutôt oui. Allez… Suis-moi. »
Lucius s'empara des mains plus petites de son calice et l'entraîna vers la douche adjacente. Dévêtus d'un informulé, l'eau tiède les rasséréna tous deux alors qu'elle s'écoulait doucement sur leurs corps encore fatigués et endoloris de cette nuit passionnée. Le vampire caressa avec tendresse Harry et mit fin à ce moment, en faisant léviter jusqu'à eux un immense drap de bain blanc autour duquel ils se lovèrent. C'était un de ces instants inoubliables et merveilleux, un temps qui leur laissait entrevoir à quel point leur vie venait de changer à tout jamais car ils savaient que l'autre était désormais ce qui importait le plus. Ils s'habillèrent ensuite rapidement et sans échanger une seule parole, ils quittèrent la chaleur protectrice de leur chambre pour rejoindre les autres habitants de la demeure.
Alors qu'ils entraient dans le salon, ils furent accueillis par le regard un brin moqueur de Drago :
« Et bien, je ne pensais vraiment pas que l'on vous verrait avant au moins plusieurs heures…
- Dis-moi, fils, tu te souviens de notre discussion d'hier sur les risques d'être éventuellement déshérité. »
Drago tenta de garder un air parfaitement neutre sur son visage, cependant, ses yeux trahissaient son amusement dans un pétillement des plus séduisants et tandis que le père et le fils se défiaient du regard, l'attention d'Harry se reporta vers le couffin près de la vaste cheminée. Il s'approcha doucement de Teddy qui dormait paisiblement. Le gryffondor était fasciné par ses minuscules petits poings fermés, par ses paupières si fines qui tressautaient au gré des pérégrinations rêveuses de l'enfant. Sa magie chauffait agréablement au contact du nourrisson et sans même en avoir conscience, Harry se pencha jusqu'à effleurer la joue douce de son filleul. Ce fut la voix de Drago, très proche, qui le fit sursauter.
« Prends-le dans tes bras.
- Je vais le réveiller.
- Aucune chance, beau-papa. »
Le gryffondor souleva doucement le bébé et cala sa tête contre son épaule. Il commença à le bercer en effectuant de si petits mouvements. En dehors de la morsure de Lucius, c'était la première fois depuis son réveil qu'il ne percevait plus toutes ces voix qui l'assaillaient de souffrance. Il se laissa progressivement aller à cette chaleur inédite qui l'inondait d'une félicité, d'une quiétude extraordinaire. Ce fut un soupir las de Drago qui lui fit tourner légèrement le visage vers l'autre calice :
« Pardon ?
- Tu dois lui insuffler ta force en te laissant guider par ton empathie, protéger la source de sa magie. Tu dois te fondre en lui pour lui apporter les soins, la douceur dont tu sais qu'il a besoin mais sans altérer son pouvoir avec ta puissance, d'accord ?
- C'est si… C'est si fort… si merveilleusement agréable.
- Je sais, Harry. La première fois que j'ai partagé ma magie dans ce but, j'ai cru défaillir tellement je me sentais bien. »
Lucius se rapprocha et fit un signe discret à son fils qui s'éclipsa, laissant seuls le nouveau couple et le petit orphelin.
« Tu te sens mieux, mon ange ?
- Oh… Il est tellement pur et parfait, délicat, fragile…
- N'agis pas trop longtemps où il pourrait très vite devenir dépendant de ta magie. »
Le jeune sorcier grogna mais bien conscient qu'il pouvait involontairement atteindre la source même de la magie de Teddy, il se força à reposer le petit enfant dans le couffin. Il ne put malgré tout se résoudre à s'éloigner de lui avant de longues minutes. Il se réfugia finalement dans les bras de Lucius qui le réconforta à son tour en caressant le bas de son dos avec tendresse.
Ils s'écartèrent en entendant s'ouvrir dans un grincement la porte du salon tandis que pénétraient Severus et son calice.
« Drago m'a prévenu de votre présence inattendue. S'est-il produit quelque chose ?
- Je… »
Harry sembla désarçonné un instant par le ton impératif et urgent du maître des potions. Il s'apprêtait à répondre quand son vampire le coupa :
« Depuis ce matin, Harry semble souffrir tout particulièrement des interférences de sorciers en difficulté. »
Severus se rapprocha aussitôt d'eux et fixa le jeune sorcier d'un regard acéré :
« Drago et moi avions pensé à cette possibilité compte tenu du pouvoir des anciens. Dites-nous, Harry, de qui percevez-vous les souffrances et à quelles intermittences ?
- C'est… C'est quasi continuel, sauf lorsque j'ai bercé Teddy et quand Lucius m'a mordu. Quant à l'origine de ces appels, je ne sais pas trop…
- Tu veux dire qu'il ne s'agit pas de Stanley ou du bébé, demanda Drago pour confirmer ses craintes.
- Non… Non, je ne crois pas. Je dirai que c'est… Plus lointain…
- Il faut que tu saches qu'avec les barrières magiques de cette propriété, je n'ai, pour ma part, jamais perçu les appels extérieurs. A aucun moment depuis notre arrivée. »
Harry cligna des yeux à la remarque de Drago et bafouilla :
« Mais… Mais, qu'est-ce que ça veut dire ?
- Ce que nous avions déjà tous suspecté, mon ange. La magie des anciens t'a préparé à devenir calice, tu as acquis certains pouvoirs empathiques avant même que tu acceptes de devenir mien et maintenant, tu développes de façon exponentielle des capacités extraordinaires de guérison. Tu captes les souffrances des autres au-delà des barrières magiques, ce qui explique cette douleur si vive que tu as ressentie ce matin à ton réveil.
- Il va falloir sérieusement augmenter tes séances d'entraînement pour que tu bloques ton esprit aux invasions intempestives, sinon, tu vas devenir fou et je sais de quoi je parle. A chaque fois que je capte la souffrance d'une personne – si infime soit elle - et que je ne parviens malheureusement pas à la soulager, je ressens chacun de ses tourments comme des dizaines de sortilège doloris.
- Très encourageant, marmonna le brun aux yeux d'émeraude.
- Il n'a pas tort, Harry… Lorsque tu étais au plus mal après l'assemblée du magenmagot, Drago ne pouvait absolument pas s'éloigner de toi, même une seconde. »
Severus s'approcha du brun et sans se soucier du regard monstrueusement jaloux que lui adressa son meilleur ami, il posa sa main sur l'épaule du jeune sorcier :
« Je sais ce que tu penses. Tu as l'impression de n'avoir aucune prédisposition en matière d'occlumencie parce que tu as toujours en mémoire les cours que je t'avais donnés lors de ta cinquième année, cependant, je te l'affirme : c'est faux. Tu as déjà la protection naturelle de ton esprit car il est relié à ton vampire mais tu as également ta propre force, elle est presque sans limite, associée à celle des anciens. J'en suis convaincu depuis bien longtemps et j'ai largement pu m'en rendre compte durant ces dernières semaines. Il faut simplement que tu croies en toi, en ton pouvoir. »
Harry secoua la tête de gauche à droite, décontenancé d'entendre des propos aussi positifs dans la bouche de son ancien professeur qui, jusqu'alors, n'avait jamais manqué une occasion de lui signifier sa médiocrité. Il se contenta d'un sourire intimidé, cependant, très vite, son attention se reporta sur Lucius. Il le sentait furieux, prêt à bondir au moindre geste. Harry recula légèrement, fixant son vampire, avec incrédulité :
« Tu n'es pas sérieux, j'espère, se moqua gentiment Harry.
- De quoi parles-tu ?
- C'est ça, fais comme si j'avais mal interprété le lien encore une fois. »
La petite dispute n'échappa pas à Drago qui renchérit :
« Oserais-je vous rappeler, mon très cher papa, que Severus est ton meilleur ami et très accessoirement, ton gendre et mon vampire.
- Inutile d'en rajouter, Drago et quant à toi, je t'ai déjà dit que tu devais manger sans tarder, il me semble !
- Hé, pas la peine de devenir désagréable. »
Bien qu'un peu exaspéré, le brun souriait et il se redressa, posant une brève seconde sa bouche sur les lèvres froides de Lucius qui resta sans réaction, estomaqué par l'air frondeur de son jeune amant. Harry ne se fit pas prier davantage et rejoignit la table, appelant Kreattur. Le vieil elfe s'inclina respectueusement devant lui et demanda :
« Que puis-je pour vous, Maître Harry Potter ?
- Tu pourrais me préparer un déjeuner assez copieux.
- Très… copieux ! », l'interrompit Lucius en s'asseyant face au gryffondor.
Harry soupira et reprit :
« D'accord, très copieux.
- Et, s'il vous plaît Kreattur, privilégiez des aliments sucrés : chocolat, gâteaux et…
- Lus…, tenta vainement le brun.
- Confiture. Quoi ? Tu désires autre chose ? demanda le vampire en narguant ouvertement son calice visiblement outré.
- Non, puisque tu sembles savoir mieux que moi ce dont j'ai envie et besoin, rétorqua Harry avec humeur.
- J'en déduis que cela te satisfait pleinement si tu ne trouves rien d'autre à redire. Ne tardez donc pas davantage, Kreattur. »
L'elfe disparaissait aussitôt dans un pop sonore. N'ayant pas perdu une miette de l'échange entre les deux hommes, Drago les avaient rejoints à table, prenant place à la droite de son ancien ennemi et amusé, il murmura à son intention :
« On dirait qu'il y a déjà des nuages au paradis, beau-papa Potty ? »
Tandis que Severus soupirait ostensiblement et adressait un regard lourd de reproches à son calice, Harry ne put s'empêcher de répondre dans un sourire :
« Ne te réjouis pas trop, Drago, ou il pourrait te déshériter.
- Je tremble… Je suis terrifié.
- Tu devrais pourtant l'être… Tu devrais, crois-moi… »
La discussion reprit ensuite plus calmement, chacun évoquant plaisamment les souvenirs de la veille lors du repas d'anniversaire d'Harry jusqu'à ce que l'elfe transplane à nouveau dans le salon, chargé d'un lourd plateau de victuailles appétissantes. Harry ne perdit plus une seconde. Il s'empara de la tasse de chocolat chaud qu'il dégusta sans bouder son plaisir. Aidé largement par l'autre calice, il dévora comme jamais et la satisfaction du vampire qu'il devinait dans son lien le rendit étrangement heureux.
Après une bonne heure passée dans cette ambiance conviviale, Drago se leva et se dirigea vers le couffin où babillait gentiment Teddy qui venait de s'éveiller.
« Continue Potty et régale-toi bien. C'est ma minute de bonté. Je m'occupe de lui et la prochaine fois, ce sera toi, d'accord ? »
Harry répondit d'un sourire à l'autre calice qui poursuivit, en faisant léviter à ses côtés le couffin blanc :
« Sev, tu viens… Sinon, père pourrait croire que tu en veux à la vertu de son précieux gryffondor ! »
Exaspéré, le maître des potions grogna le prénom du serpentard qui répondit avec toute sa mauvaise foi :
« Une remarque à me faire peut-être, Sevy ?
- Je me demande bien pourquoi j'aurai à te faire une remontrance, n'est-ce pas ? Tu fais preuve d'une telle maturité dans toute cette histoire, asséna sarcastiquement le maître des potions à son calice, maintenant, avance. Je te suis. »
Drago et Severus laissèrent ainsi le nouveau couple pour s'occuper de l'enfant et ce ne fut qu'après un long moment, alors qu'Harry finissait une dernière viennoiserie succulente, que Lucius se leva à son tour et s'installa à la place laissée vacante par son fils, près d'Harry. Il posa une main possessive au creux de ses reins, les rapprochant dangereusement :
« Comment te sens-tu maintenant ? »
Les yeux émeraude papillonnèrent légèrement, essayant vainement de se concentrer sur les intonations veloutées de la voix du vampire.
« Harry… Harry, tu m'écoutes ? »
Cette fois, le brun trouva assez de volonté pour bafouiller un semblant de réponse qui fit sourire Lucius. L'ancien mangemort se pencha légèrement, juste pour effleurer les lèvres de son amant une seconde avant de demander :
« Est-ce que tu entends toujours des appels au secours comme ce matin au réveil ?
- Un peu… Plus vraiment… Disons que je sens vaguement leur présence mais ils ne parviennent plus à passer complètement les barrières de mon esprit.
- C'est une bonne nouvelle. Je pense que tu as repris suffisamment de force pour y faire face.
- Mais… ».
Le brun s'arrêta, pas certain d'oser réellement formuler ses craintes et ses doutes, de peur de susciter une autre dispute avec son vampire.
« Que voulais-tu me dire, Harry ?
- Rien… Rien d'important.
- Tu dois me parler. Je sais ce que tu penses, qu'avec ton caractère et le mien, certaines discussions risquent d'être particulièrement animées et houleuses mais après tout, qui dit dispute, dit aussi réconciliation, n'est-ce pas ? », susurra le vampire contre la bouche du brun dans un sourire complice.
Harry ne put s'empêcher de rougir, sentant clairement la main du vampire se faire plus présente et il rétorqua :
« Très bien, tu l'auras voulu !
- Alors, quel est le problème ?
- Je suis calice… Je veux dire… Si jusqu'à hier, j'avais déjà envie de câliner Teddy ou d'aider Stanley, maintenant, c'est… Je le sens au plus profond de moi. Je veux… Je veux tellement… C'est comme si je brûlais de l'intérieur. Toute cette chaleur et je ne peux même pas… Drago, Severus et toi, vous voulez que j'utilise l'occlumencie pour leur faire barrage…
- Non, pas exactement. Comme te l'a dit Drago, tu dois simplement parvenir à faire le tri dans tous ces messages. Tu dois apprendre à te fermer aux pensées intempestives et venir en aide à ceux qui ont réellement besoin de ta présence et de ta force magique. Progressivement, l'occlumencie te permettra de te protéger et je t'aiderai aussi avec notre lien. »
Harry acquiesça. Il se sentait à cette seconde si proche du vampire. Il ne lisait dans le lien qu'une réelle affection à son égard, une telle volonté de le protéger, de l'aimer plus que tout au monde qu'il ne put s'empêcher de se rapprocher davantage de Lucius qui ne se fit pas prier et le souleva facilement. Assis une jambe de part et d'autre des cuisses du vampire, Harry se laissa aller à ses sensations, il ferma les yeux pour savourer le souffle de son amant sur son visage, ses lèvres. Ils s'embrassèrent d'abord assez sagement mais très vite, la passion qui les dévorait se déchaîna, chacun brûlant pour plus de contacts, plus de caresses fiévreuses. Les vêtements devenaient une gêne et Lucius n'aspirait déjà qu'à s'enivrer de l'odeur de la peau de son calice, il désirait encore le goûter et le prendre… Si fort qu'il recula légèrement, faisant cesser leur baiser et grogner sauvagement le jeune homme :
« Lus…
- Ce n'est pas raisonnable. Je t'ai bu déjà trop de fois depuis hier.
- Je m'en moque. Mords-moi. Fais-moi l'amour. »
Lucius n'eut ni la force ni l'envie de le repousser une seconde fois. Il murmura un « collaporta » qui ferma magiquement l'entrée du salon et s'empara à nouveau de sa bouche presque avec férocité. Jamais, ô grand jamais, il n'aurait songé que son désir pour le gryffondor pourrait être aussi fort. Le jeune sorcier était une esquisse parfaite de sensualité et de luxure, sa tête rejetée en arrière au gré des divagations aventureuses du vampire dans son cou. Harry gémissait faiblement, tentant de retenir des sons sulfureux entre ses lèvres et, finalement, n'y tenant plus, Lucius fit disparaître complètement leurs habits.
Le blond s'appliqua alors à caresser de sa bouche chaque parcelle de cette peau pâle et exquise et à préparer le corps de son jeune amant à le recevoir entièrement. Il s'abreuva ensuite avec avidité dans cette chaude saveur rouge tandis qu'Harry se noyait dans les limbes de son plaisir, se cambrant avec fureur sur ce sexe qui l'empalait désormais impitoyablement. Leur mouvement respectif devenait plus désordonné, frénétique, sauvage et les rapprochait inexorablement d'une extase incroyable. Ils rendirent l'un l'autre dans un ultime assaut qui les laissa tous deux, sans plus aucune force, atrocement fourbus et délicieusement exténués. Dans un réflexe post-coïtal, Harry s'affala sur Lucius qui le serra étroitement, ébouriffant encore davantage ses cheveux humides de sueur.
Ils échangèrent finalement un dernier baiser avec nonchalance, retrouvant progressivement une respiration plus calme.
« Encore…, marmonna dans un sourire épuisé le jeune sorcier.
- Sois sérieux ! Tu n'y survivrais pas… »
Le rire parfait du garçon résonna dans le salon, au grand dam de Lucius qui sentit son envie revenir presque immédiatement. Il se demanda vaguement si un jour, il se sentirait rassasié de lui et eut un doute sérieux à ce sujet alors qu'il continuait à cajoler tendrement le corps brûlant tout contre le sien.
« Je veux bien essayer pour voir…, mordilla sensuellement Harry à l'oreille du vampire.
- Tu es infernal depuis ton réveil. »
Comme pour clore les débats, Lucius marmonna un sort qui les nettoya et les rhabilla, faisant grogner avec amusement le gryffondor :
« Tu n'es vraiment pas drôle, je… »
Le reste de la phrase mourut entre les lèvres du brun qui se tordit brutalement de douleur. Lucius, affolé par cette souffrance qui transperçait le lien, tenta de l'appeler à plusieurs reprises :
« Harry ! HARRY ! REPONDS-MOI ! »
Le jeune sorcier s'était finalement évanoui entre ses bras. Hagard, il restait là, tenant le corps inerte de son calice et tout ce qu'il parvenait à ressentir était une terreur inédite. Même aux pires moments de son existence face à Voldemort, même quand il avait craint pour la vie de son fils pendant la bataille de Poudlard, jamais il n'avait eu l'impression d'un tel désastre inexorable, comme s'il était happé vers un puits de ténèbres sans fonds. Il murmurait vainement le prénom de son amant quand la porte du salon claqua violemment et que son fils, essoufflé, se précipitait vers eux, suivi de Severus.
Il ne sut que répondre quand Drago le questionna sur ce qui venait de se produire. Tout son instinct de vampire hurlait en lui alors qu'il retenait de toutes ses forces le corps inconscient contre le sien. Il ne comprenait pas, il ne savait pas.
A suivre…
