Hello !

Voici un nouveau chapitre où Mayline va découvrir le Maître et ses habitants ^^

Merci à tous ceux qui me suivent et un grand merci à ScottishBloodyMary pour son aide et la superbe description du Maître de Lacville qu'elle nous a faite

Bonne lecture

18/05/2015

Chapitre 39 : Lacville

J'entendis une voix m'appeler, et j'ouvrai les yeux lentement malgré l'envie incontrôlable de les garder fermés.

Réveille-toi, fit Kili.

C'est l'heure de partir ? Lui demandai-je, la voix pleine de sommeil.

On va prendre des armes et on s'en va, me répondit-il.

Je me levai et le suivis. « Prendre » n'était peut-être pas le terme approprié. Personnellement, j'aurais plutôt dit « voler ». Nous traversâmes la ville discrètement avant d'arriver devant une haute fenêtre.

Bilbon, Bofur, Nori et Kili, vous venez avec moi, vous autres, aidez-nous à monter et attendez-nous là ! Ordonna Thorïn.

Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée, intervins-je.

Je ne vous ai pas demandé votre avis, me répondit Thorïn d'une voix polaire.

J'observai les nains grimper jusqu'à la fenêtre, tout en pensant que c'était quand même une très mauvaise idée. Au bout de quelques minutes, nous entendîmes un bruit assourdissant. Une angoisse sourde étreignit ma pauvre poitrine et je jetai des regards paniqués dans toutes les directions. Un fracas d'armes résonna, et des gardes apparurent. Ils nous encerclèrent bientôt, pointant leurs armes sur nous. Je vis les quatre nains et le hobbit qui étaient dans l'armurerie sortir, prisonniers des gardes.

Ces derniers nous emmenèrent devant la maison du Maître, là où une foule curieuse s'était agglutinée. Mon regard se porta sur un gros homme à la mine altière et aristocratique déteignant avec son quintuple menton et ses cheveux gras. Alfrid collé à ses semelles, il descendit les marches avant de s'arrêter et de jauger la populace d'une mine hautaine. Je compris en voyant ses vêtements de velours coûteux et son air fier que le gros homme devait être le Maître.

Mais quelle est la raison de tout ce vacarme ? Demanda le Maître du Lac.

Il était parfaitement repoussant. Sa panse rebondie poussée en avant au point de faire sauter les boutons de sa redingote défraîchie, le teint rougeaud, il triturait sans cesse sa fine moustache roussâtre, la graissant encore un peu plus.

Ils volaient des armes, mon Sir ! Répondit un garde.

Je vous avais dit que ce n'était pas une bonne idée, rappelai-je à Thorïn qui me lança un regard noir.

Ennemis de l'État, hm ? Fit le Maître en nous observant attentivement.

Une bande de mercenaires prêts à tout ! Renchérit Alfrid d'un ton mielleux.

Taisez-vous donc ! Vous ne savez pas à qui vous parlez ! C'est Thorïn, fils de Thraïn, fils de Thror ! Cria Dwalin.

Thorïn s'avança. Les habitants commençaient à s'agiter et des chuchotements furtifs émanaient de la petite foule crasseuse et terne.

Nous sommes les nains d'Erebor, et nous sommes là pour reprendre notre terre, fit Thorïn.

Thorïn avança un peu plus, la tête haute, l'air digne. Digne d'un roi.

Je me souviens de cette ville à sa grande époque. Les flottes de bateaux arrivaient au port, chargées de soieries et de pierres précieuses. Ce n'était pas une ville en déshérence. C'était le centre de tout le commerce du Nord ! Je veux voir cette époque revenir ! Je veux rallumer les grandes forges des nains ! Et voir les richesses couler à flot de nouveau des grandes salles d'Erebor ! Hurla Thorïn, exalté, tandis que la foule l'acclamait.

La mort ! C'est tout ce que vous allez nous apporter ! Si vous réveillez la bête, elle nous détruira tous fit Bard en arrivant.

Vous pouvez l'écouter, mais si nous réussissons, chacun aura sa part des richesses d'Erebor, je vous le promets, déclara Thorïn.

Face à cette promesse, des cris de joie retentirent, les habitants acclamaient le roi d'Erebor. J'étais heureuse à l'idée que Thorïn sorte ces pauvres gens de la misère.

Pourquoi devrions-nous vous croire, hein ? Nous ne savons rien de vous ! Qui peut répondre de vous ici ? Demanda Alfrid.

Moi ! Fit Bilbon.

Et moi aussi ! Fis-je en me plaçant à ses côtés.

Nous avons fait un très long voyage avec ces nains ! Un voyage périlleux. Et si Thorïn Ecu-de-Chêne fait une promesse, il tiendra parole, déclara Bilbon d'une voix assurée.

Faites-lui confiance, il vous libèrera de la pauvreté, vous aurez enfin la vie que vous méritez ! Ajoutai-je.

Avez-vous oublié ce qui s'est passé à Dale ? Et à cause de quoi ? De l'ambition d'un roi cupide, fit Bard.

Je me rappelai alors que le grand-père de Thorïn avait été atteint par le mal du dragon.

Thorïn n'est pas son grand-père, l'histoire ne se répétera pas, assurai-je en me retournant vers Thorïn, lui montrant qu'il avait ma confiance.

Thorïn me regarda dans les yeux et me sourit, c'était sa façon de me remercier.

Il ne faut pas oublier que c'est votre ancêtre qui n'a pas réussi à tuer la bête, fit le Maître du Lac, se moquant ouvertement de Bard.

C'est vrai, Messire, tout le monde connaît cette histoire. Il a tiré flèche après flèche, à chaque fois, il a raté, dit Alfrid.

Vous n'avez pas le droit. Pas le droit d'entrer dans cette montagne, fit Bard en s'approchant de Thorïn.

Tout m'en donne le droit, répondit Thorïn avant de se tourner vers le Maître. Je m'adresse au Maître des hommes du Lac. Voulez-vous voire la prophétie s'accomplir ? Voulez-vous partager, les immenses richesses de notre peuple ? Que dites-vous ?

Je vous dis, solennellement, bienvenue ! Cria le Maître, affable, les bras grands ouverts.

La foule acclama les nains. J'étais heureuse pour eux, ils allaient retrouver leur royaume. Le Maître nous invita dans sa demeure pour une fête improvisée. J'entrai dans le logis pour fêter le retour des nains, mais pensais surtout à me restaurer car je mourrais de faim. Cela faisait à peine quelques minutes que nous étions à table, que les nains avaient déjà tout retournée avec leur bonne humeur habituelle. Dori me servit un verre de vin, et je m'adossai contre le dossier de ma chaise tout en buvant. Je regardai les nains chanter et danser d'un œil distrait avant que l'on me demande une chanson.

Quand nous chanterons le temps des cerises

Et g** rossignol et merle moqueur seront en fête

Les belles auront la folie en tête

Et les amoureux du soleil au cœur

Quand nous chanterons le temps des cerises

Sifflera bien mieux le merle moqueur

Mais il est bien court le temps des cerises

Où l'on s'en va à deux cueillir en rêvant

Des pendants d'oreilles cerise d'amour

Aux robes pareilles tombant sous la feuille en gouttes de sang

Mais il est bien court le temps des cerises

Pendants de corail qu'on cueille en rêvant

Gloin fut le premier à applaudir, suivi du reste de la compagnie et des hommes du Lac présent à la fête. J'esquissai une légère révérence en riant sous leurs applaudissements.

C'était très beau fit Ori.

Merci beaucoup lui répondis-je.

Dori me servit un second verre de vin, je le bus plus lentement, ne tenant pas l'alcool. Je n'avais pas envie de finir ivre sachant que je me levais tôt le lendemain. Je me demandais vraiment comment les nains pouvaient ingurgiter autant d'alcool. Je vis Alfrid s'asseoir à côté de moi, le nez bien rouge à cause de la boisson.

Vous êtes magnifique, Mayline, fit-il.

Heu... Merci, répondis-je, gênée.

Que diriez-vous de monter dans mes appartements ? Me demanda-t-il, un sourire immense dévoilant ses dents noircies.

Vous devenez grossier ! Dis-je en me levant.

Je suis sûr que vous en avez envie et...

Arrête d'importuner Mayline si tu ne veux pas d'ennuis, fit Kili en s'approchant de nous.

Très bien, je m'en vais, cracha Alfrid avant de partir.

Kili m'emmena à l'écart du bruit tout en lançant un regard noir à Alfrid.

Ça va ? Lui demandai-je en voyant ses poings se serrer si forts que ses phalanges blanchissaient.

Si cet homme n'était pas le bras droit du Maître de cette ville... Je lui aurais enfoncé sa foutue tête dans le mur, répondit-il d'une voix glaciale.

J'écarquillai les yeux face à ce changement d'attitude. Puis j'éclatai de rire en comprenant la raison de son énervement.

Pourquoi ris-tu ? Me demanda-t-il, toujours énervé.

Parce que je t'aime, répondis-je avec un grand sourire.

L'énervement de Kili disparut aussitôt et, pour la première fois, je le vis rougir. Il était adorable.

Le Maître de Lacville nous prête des chambres, on va monter à l'étage pour que je puisse te soigner, et après tu te reposeras, d'accord ? Demandai-je.

D'accord, me répondit-il.

Nous montâmes à l'étage et entrâmes dans une chambre, laissant la compagnie continuer la fête sans nous.