Résumé : Au dernier chapitre, Harry apprenait qu'un drame survenu au ministère avait causé la mort d'Andromeda. Cette dernière avait quitté la demeure pour faire du jeune homme son légataire universel et le tuteur de Teddy s'il lui arrivait malheur… Quelles vont être les conséquences pour Lucius et Harry ? Pour leurs proches ? Pour le monde magique ? J'espère que la suite vous plaira, bien évidemment… Si c'est le cas, n'hésitez pas à laisser un petit mot d'encouragement. A bientôt, Lilywen.

La quête des temps nouveaux

Chapitre 32 : La proie des flammes

Dans la fraîcheur de l'aube naissante, Harry était allongé dans l'herbe humide de rosée, fixant le ciel encore partiellement étoilé. Le parc paraissait étrangement silencieux et calme, comme si les bruits de la nature s'étouffaient pour laisser le calice profiter de quelques instants de répit après ces derniers jours cauchemardesques. Il n'avait pas pleuré hier. Il n'avait de toute façon plus de larmes à verser. Repensant à l'interminable liste des victimes qui avait été publiée en une de la gazette des sorciers, sa gorge se serra douloureusement. Simplement une première page noire où s'égrenait nom après nom et ensuite un éditorial dont chaque mot tourmentait inlassablement son esprit jamais il n'oublierait le moment où il l'avait lu, dans le salon, sous le regard protecteur de Lucius.

LE MONDE MAGIQUE : PROIE DES FLAMMES.

Cinq jours après le drame survenu au ministère, le constat est tragique pour le monde magique anglais. Combien de personnes qui n'ont pu dire adieu à un être aimé et chéri ? Combien de familles meurtries dans leur âme et dans leur chair ? Combien d'enfants qui ne reverront plus leur père alors que celui-ci était simplement parti travailler pour le bien de notre société au sein de cette vénérable institution ?

La liste des victimes paraît interminable – d'après une source officieuse 208 morts et 59 blessés graves, toujours en soins intensifs à Sainte-Mangouste - et à cela, s'ajoutent les noms des nombreuses personnes encore portées disparues. A ce jour, le bureau des aurors, lui aussi considérablement affaibli par l'attaque des Renégats, n'est pas parvenu à dresser un panorama exact des pertes tant sorcières que financières qu'auront causées ces terroristes dans cette tentative de coup d'état manqué et toujours selon notre même source anonyme, des hauts dirigeants de notre ministère commencent même à s'interroger sur les objectifs réels de cette manœuvre autant hasardeuse que risquée organisée par ce groupuscule, classé désormais comme extrêmement dangereux.

L'enquête diligentée actuellement par l'auror Williamson, pourtant connu pour ses accointances avec l'ancien ministre, Kingsley Shacklebolt, n'est certes pas au bout de ses peines tant semble inaccessible la nébuleuse des Renégats, orchestrée par nul autre que Lucius Malefoy, bras droit de Voldemort et celui qu'on surnommait autrefois le survivant, Harry Potter. Aucune piste tangible n'a été dévoilée lors de la dernière conférence de presse de Madame la ministre, Dolores Ombrage. Elle a ainsi affirmé aux journalistes conviés :

'Nous ne laisserons pas les crimes et manigances de Potter et Malefoy mettre à terre le ministère. Nous combattrons toute forme de terrorisme qui vise à apeurer les honnêtes sorciers et sorcières de notre pays. Nous résisterons face à cette engeance diabolique qui tente de prendre le pouvoir de façon illégitime…'

Des mots forts qui ne suffisent cependant pas à réconforter nos lecteurs assidus alors que le déroulement tragique des événements du ministère commence enfin à se préciser après cinq jours de confusion extrême…

Alors que les premiers visiteurs arrivaient par cheminette pour régler quelques broutilles administratives de tout ordre, alors que comme chaque matin, les premiers employés regagnaient leur poste pour s'acquitter de leur tâche quotidienne, une demi-douzaine de sorciers dissimulés sous le masque tristement célèbre des mangemorts s'infiltraient au sein du ministère.

Selon les premiers éléments de l'enquête, certains secteurs ont été particulièrement visés par le groupuscule et curieusement, pas ceux qui laisseraient penser à une réelle tentative de coup d'état mais bien des services annexes au département des mystères ! Et oui, chers lecteurs et chères lectrices, nous vous informons grâce à notre source anonyme que l'attaque n'a pas visé dans un premier temps le bureau de notre compétente ministre, Madame Dolores Ombrage, ni même le Magenmagot et le département de la justice qui, comme chacun sait, est un point stratégique de notre administration mais le lancement de cet inimaginable drame se serait joué au niveau de l'obscur Comité des Sortilèges d'où les doutes qui commencent à s'élever auprès de quelques personnalités du ministère au sujet du réel objectif des Renégats. Ces propos ont été cependant fermement démentis lors de la conférence de presse par la très respectable Madame Ombrage.

La suite peut être définitivement décrite dans un simple article de presse car l'indicible s'est produit entre ses murs. La douleur. La souffrance. La mort. Mort cruelle pour toutes les malheureuses victimes qui se sont retrouvées prises au piège alors qu'un feudeymon d'une rare intensité ravageait l'ensemble du bâtiment. Les flammes continuaient encore de s'alimenter de leur propre magie noire de longues heures après que le sortilège ait entamé ses ravages dans cette vénérable institution, et ce malgré les efforts acharnés des services de sécurité et d'incendie qui tentaient de mettre fin au drame de toutes les manières possibles.

Bien sûr, chers lecteurs et chères lectrices, nous ignorons à l'heure où nous bouclons notre édition du soir l'identité du sorcier qui aurait lancé ce maléfice, cependant, une information a malheureusement été confirmée par un des témoins directs du drame. Visiblement, il ne s'agit pas d'un accident malencontreux mais bien d'un acte délibéré, d'après l'un des rares survivants du département des mystères, actuellement toujours en soin intensif à Sainte-Mangouste.

Reste l'énigme 'Harry Potter' car cela demeure bien là l'un des nœuds de cette obscure affaire.

Par quel curieux hasard le numéro un des mangemorts, Lucius Malefoy, a pu s'adjoindre comme bras droit celui qui avait pris la tête de la lutte sorcière au cours de l'année passée ? Quelles peuvent être les intentions de ces deux hommes au passé opposé et sulfureux ? N'oublions pas que l'un des deux, déjà suspecté lors de la première guerre, avait été arrêté et conduit à Azakaban suite à une intrusion au ministère, il y a maintenant un peu plus de deux ans quant au second, nous vous rappelons qu'à l'âge de quinze ans, il a été convoqué par les éminents services du Magenmagot, sous la bienveillance de madame Dolorès Ombrage, pour utilisation frauduleuse de la magie par un mineur et trouble de la société sorcière. Est-ce la nuit de la grande bataille de Poudlard, lors de l'entretien secret organisé par l'ancien ministre, Kingsley Shacklebolt, que ces deux puissants sorciers ont scellé un pacte visant à déstabiliser une société magique déjà considérablement affaiblie par cette année de guerre larvée menée par les hommes de Voldemort ?

Le mystère demeure encore entier. Augurons que les mesures d'urgence mises en place depuis hier par le Comité d'Exception dirigée par la très respectable Madame Dolorès Ombrage, devraient permettre d'assurer la sécurité de tous !

Miss Terrie Skate, journaliste pour la Gazette des Sorciers.

Le corps tremblant, Harry se redressa péniblement. Même s'il n'entendait plus les appels de souffrance provenant de l'extérieur depuis qu'il avait rétabli les protections de la vaste demeure avec sa propre magie, son état ne s'était certainement pas amélioré. Cette incantation lui avait coûté ses dernières forces et, malgré cette fatigue évidente, il n'avait pas pu trouver réellement le sommeil depuis le jour où Lucius lui avait annoncé la mort d'Andromeda au ministère. Chaque fois qu'il s'endormait, il se réveillait, brûlant, en sueur. Paniqué.

La lecture de cet article avait fini de le déstabiliser. Cette maudite journaliste, tout comme d'ailleurs l'ensemble de la communauté sorcière, ne faisait rien de moins que l'accuser d'avoir organisé l'assassinat de plus de deux cent personnes. On l'accusait de la mort de celle qui l'avait accueilli comme un fils. Il mordit sa lèvre inférieure pour concentrer sa douleur et s'empêcher de hurler sa souffrance dans le parc silencieux. Ce fut un toussotement discret qui le sortit de ses pensées, il tourna aussitôt le visage vers celui de Lucius qui le fixait avec inquiétude :

« Harry… »

Le vampire s'approcha de son calice et doucement, il s'installa à côté du jeune homme, qui se laissa naturellement aller contre lui. Lucius posa aussitôt un bras protecteur sur son épaule.

« Tu es là depuis longtemps, n'est-ce pas ?

- Une ou deux heures, je ne sais pas trop, peut-être plus.

- Est-ce que tu as au moins réussi à dormir ?

- Pas vraiment.

- Pourquoi ne m'as-tu pas réveillé alors ? »

Pour la première fois depuis qu'il était arrivé, Lucius vit un fin sourire se dessiner sur le visage parfait de son calice :

« Tu étais tellement… Tu dormais si paisiblement. Je n'ai simplement pas eu le courage de te déranger pour rien.

- Tu aurais dû pourtant. Je me suis inquiété de ne plus te sentir à mes côtés. Ne pars plus sans me prévenir dorénavant.

- Désolé, Lus.

- Ne t'excuse pas.

- Il faudrait savoir ce que tu veux… », rétorqua Harry, autant mortifié que furieux face à l'attitude changeante de son amant.

Alors que le vampire lui adressait un sourire satisfait, Harry, les yeux écarquillés de surprise, repoussa rudement le bras de Lucius de son épaule :

« Tu te fiches de moi !

- Non, mais je suis vraiment heureux de pouvoir lire en toi d'autres émotions que la tristesse et le désespoir.

- Ne me dis pas…

- Que je l'ai fait sciemment pour te provoquer et te mettre en colère… Bien sûr que oui et à quoi bon me poser la question alors que tu as déjà lu la réponse dans le lien. Je suis ton vampire, je ne peux pas supporter ta souffrance sans réagir, c'est juste au-dessus de mes forces. »

La réponse sans faux détour laissa Harry sans voix pendant quelques secondes, avant qu'il ne reprenne sa place, son visage calé confortablement contre l'épaule de Lucius et qu'il ne murmure dans un soupir épuisé :

« Et tu es tellement fier de toi…

- Pourquoi ne le serais-je pas ? J'ai obtenu ce que je voulais de toi l'espace de quelques minutes.

- Effectivement, si tu vois la situation ainsi… », lança le jeune homme dans un sourire malgré tout amusé.

Avant qu'il ne songe à s'opposer d'une quelconque façon, le vampire repoussa doucement son calice contre l'herbe humide de rosée et le recouvrit de son propre corps. Les mains aventureuses de l'ancien mangemort glissaient de ses jambes à ses hanches tandis que la bouche froide parcourait avidement son visage, de sa bouche à sa mâchoire, avant de s'aventurer vers son cou. Instinctivement, Harry rejeta sa tête en arrière, laissant au vampire un libre accès à sa peau.

« Tu es sûr… »

Inquiet de brusquer davantage le gryffondor, Lucius s'était interrompu, même si une faim sauvage le taraudait. Ce fut la voix un peu sèche de son calice qui le fit sursauter :

« Tu attends que je te supplie en plus ! Si tu veux me boire, fais-le.

- Ce n'est pas ce que je veux qui importe en l'occurrence, mais ce que toi, tu veux…

- Bordel, Lucius ! Arrête ça immédiatement et mords-moi ! »

Les canines protubérantes du vampire s'allongèrent aussitôt, luisant étrangement de salive. Il planta férocement ses crocs dans la chair tendre au goût de paradis et lentement, il s'abreuva à la source de sa vie. Le liquide chaud et suave glissait dans sa gorge alors que mu par son instinct, Harry se cambrait à la rencontre de son corps, cherchant un soulagement à la tension qui habitait son bas ventre. Quand enfin, Lucius se sentit rassasié, il lécha consciencieusement les deux marques béantes, se laissant bercer par le souffle haletant d'érotisme de son calice.

Alors qu'Harry était encore totalement perdu dans ses sensations, l'ancien mangemort usa de sa puissance pour faire basculer le corps du jeune sorcier sur le sien. Naturellement, il enserra la silhouette fluette de ses bras et ses mains descendirent inexorablement jusqu'au bas des reins du brun qui avait confortablement calé son visage au creux de son épaule. Lucius aimait le contraste entre l'herbe fraîche, humide sous son dos et la chaleur brûlante qui émanait de son calice. Ses gestes se faisaient plus précis alors que ses doigts jouaient agilement avec la bordure du jean que portait Harry.

« Comment te sens-tu ?

- Bien.

- Est-ce que je ne t'ai pas pris un peu trop de…

- Lus, je t'aime… Je t'aime infiniment mais ne t'avise surtout pas de finir cette question si tu tiens…

- A quoi ?, ricana le vampire, amusé malgré lui par la petite tentative de rébellion du gryffondor.

- Disons… A m'avoir dans ton lit la nuit prochaine.

- Tu n'oserais pas et de toute façon, le calice en toi en serait tout aussi incommodé que moi.

- Sans doute… »

Le rire étouffé du garçon contre sa poitrine ne put échapper à Lucius qui déposa affectueusement une pluie de baiser sur les cheveux bruns. Profitant de l'amusement évident de son calice, le vampire se releva habilement, tenant toujours tout contre lui son amant. Il devinait l'abandon complet d'Harry à son étreinte, sa tête calée contre son épaule. Par intermittence, les lèvres fines et chaudes du jeune sorcier venaient embrasser sa peau, le faisant gronder d'envie. Il rentra dans la vaste demeure encore silencieuse à cette heure très matinale et se dirigea naturellement vers leur chambre.

Quand il pénétra dans la pièce, la tiédeur moite ne le dérangea pas et était même un contraste assez plaisant après ce long moment passé dans le parc, étendu dans la rosée fraîche du matin. Les rideaux encore fermés cachaient les premiers rayons de soleil, créant une atmosphère délicatement feutrée au lieu. Comme Lucius déposait le brun sur leur lit, ce dernier agrippa instinctivement sa nuque et le vampire se laissa basculer contre le corps si désirable de son jeune amant. C'était si bon de lire à nouveau cette envie dans les yeux émeraude après ces derniers jours angoissants et le pire avait été de ne rien pouvoir faire pour atténuer la souffrance de son calice, de rester là, les bras ballants sans savoir quoi dire pour l'apaiser.

La beauté d'Harry lui parut saisissante en cet instant. Ses traits étaient marqués de cernes bleutées, accentuant encore davantage le contraste entre sa peau pâle et ses yeux émeraude. Il l'embrassa d'abord avec prudence, mais très vite, cette réserve fit place à une frénésie évidente. Harry répondait avec une ferveur innocente à chacune de ses attaques. Il le déshabilla et lui fit l'amour, alternant douceur et passion, allant de plus en plus vite, de plus en plus profondément en lui, vénérant de ses lèvres chaque partie de son corps, jusqu'à ce moment où Harry le supplia d'un simple regard. Comprenant la demande muette de son calice, il le mordit avant de se fondre en lui dans un ultime mouvement de bassin…

« Réveillé ? »

En découvrant le regard scrutateur de Lucius posé sur lui, comme s'il était infiniment précieux et fragile, Harry ne put s'empêcher de rougir :

« Tu m'observais depuis longtemps…

- Oui. Vous êtes absolument magnifique, Monsieur Potter, quand vous dormez ainsi… Comblé sexuellement…

- Quelle modestie, souffla Harry contre les lèvres du vampire.

- Ai-je dit quelque chose d'inexact ? Ne t'ai-je pas totalement satisfait tout à l'heure…

- Tu es si exaspérant. »

Harry embrassa dans un sourire tendre son vampire et susurra finalement contre sa bouche :

« Merci… Merci d'être là… D'être si patient avec moi. »

Cette fois, Lucius fronça les sourcils, lui donnant un air plus sévère, plus sérieux :

« Je t'aime, Harry. Tu n'as pas à me remercier de te soutenir dans cette épreuve alors que ces vautours…

- Chut… S'il te plaît, pas tout de suite... Je voudrais… Je voudrais juste oublier, ne plus penser à Andromeda, à toutes les victimes.

- Tu n'aurais vraiment pas dû lire cet article, c'est un tissu d'inepties. Je n'aurai pas dû t'écouter et t'en empêcher…

- Tu ne peux pas toujours me protéger de tout, tu sais.

- C'est pourtant ce que je me suis juré de faire depuis la nuit dans la cabane hurlante. »

Cette fois, le sourire d'Harry atteignit réellement ses yeux et il se haussa à l'aide de ses coudes pour fixer plus attentivement le profil du vampire. Jamais il n'aurait pensé qu'il pourrait aimer autant cet homme, comme si son cœur débordait de ce trop plein. Il s'imagina alors, dessinant sensuellement de son index, l'arête du nez puis la bouche froide. Il se rêva ensuite caressant la mâchoire quand un grognement sonore le sortit de ses songes.

« Tu veux me faire mourir de frustration par le lien. »

La bouche entrouverte trahissait sa surprise et Harry bégaya difficilement :

« Tu… Oh, bordel ! Tu veux dire… »

Ses joues devaient être écarlates tant il eut l'impression de brûler, de honte, certes, mais aussi de désir. Lucius en profita pour l'embrasser, presque trop sagement.

« Absolument charmant, mais… Je suis désolé, mon ange, il est déjà tard et nous avons malheureusement encore beaucoup à faire. »

A la simple idée d'une nouvelle journée à devoir gérer les formalités concernant l'enterrement d'Andromeda, à devoir faire face aux ignominies publiées par la Gazette des Sorciers, à devoir fomenter des hypothèses pour mettre un terme à la terreur mise en place par les Renégats, Harry se sentit glacé de l'intérieur, toutes pensées un tant soit peu positives s'étant évaporées inévitablement et Lucius s'en voulut d'avoir brisé la bulle paisible que représentait cette chambre. Le vampire soupira et usa de sa force pour soulever le gryffondor qui se retrouva installé à califourchon sur ses cuisses. Comme il l'aurait fait pour apprivoiser un animal craintif, l'ancien mangemort cajola Harry d'un mouvement doux le long de son dos, une caresse délicate et finalement, le brun se laissa aller contre lui.

Après quelques minutes, il entendit un rire étrange, presque une suffocation étranglée et Harry marmonna faiblement :

« Je suis pathétique, n'est-ce pas ?

- Non, tu es simplement profondément humain. Tu es aussi généreux, entier, libre, courageux et tant d'autres merveilleuses choses encore… »

Le vampire ne put manquer le rougissement du brun qui le fixait, les yeux écarquillés, ne sachant que répondre face aux propos élogieux de Lucius à son égard. Le blond ne lui laissa de toute façon pas l'occasion de répliquer car il le souleva comme s'il ne pesait rien. Il se dirigea vers la salle de bain adjacente, portant avec précaution le gryffondor. Ils s'embrassèrent tout au long de leur progression. Finalement, Harry se détacha de son étreinte et se faufila sous la douche où Lucius le rejoignit sans perdre un instant, s'abandonnant à la chaleur apaisante de l'eau ruisselant sur leur corps. Ils finirent de se préparer dans un silence paisible, se cherchant toujours du regard, se frôlant parfois et alors que le couple s'apprêtait à sortir de leur refuge pour rejoindre les autres occupants de la demeure dans le salon, ce fut un léger coup sur le bois de la porte d'entrée de leur chambre qui les obligea à sortir prématurément de leur bulle.

Drago se tenait dans le couloir. Il ne put retenir un sourire malicieux en découvrant l'air gêné d'Harry quand il découvrit l'identité de celui qui venait rompre leur intimité. Cet embarras ne dura cependant qu'un temps et se mua presque aussitôt en inquiétude.

« Il y a un problème… Teddy ! Où est-il ?

- On se calme, beau-papa. La marmaille est avec Sevy… Par contre… »

Se doutant que la suite allait forcément contrarier le calice, et par voie de conséquence, son père, Drago s'arrêta, cherchant ses mots :

« Ecoute, Potty… Tu as de la visite.

- Kings' ?

- Non, je lui ai dit que ce n'était pas le bon moment mais… il a insisté pour te voir. »

Les yeux émeraude le fixaient avec interrogation. Ce n'était pas le cas de son père dont le visage crispé prouvait qu'il avait une idée assez précise de qui pouvait être l'importun.

« Il vaudrait peut-être mieux qu'il y aille seul, papa car… Enfin, je doute que tu parviennes à maîtriser ta créature face à lui. »

Comme si cette précision avait suffi à lever le voile, Harry se recula, son dos contre le torse du vampire qui, instinctivement, posa ses mains sur les épaules du calice dans une volonté évidente de le protéger.

« Il t'attend dans le salon. »

Drago n'ajouta rien, il les salua d'un bref hochement de tête et se retira discrètement, leur octroyant ainsi le temps de choisir si Harry se sentait prêt pour cette rencontre.

Les mains du vampire naviguèrent avec douceur des épaules à la nuque de son calice et le brun se laissa doucement aller au massage de Lucius.

Après de longues secondes, Harry soupira finalement et se retourna pour faire face au blond. Il se haussa sur la pointe des pieds et embrassa brièvement la bouche froide du vampire avant de murmurer contre ses lèvres :

« Je vais lui parler. Ne t'inquiète pas pour moi. Tu n'auras qu'à m'attendre dans la chambre de Teddy.

- Je veux que tu utilises le lien… Je veux que tu m'alertes au moindre souci… Je veux…

- Promis, répondit Harry en roulant des yeux, promis pour tout.

- Je suis sérieux. S'il te…

- Tout ira bien. »

Pour rassurer le vampire, Harry lui adressa un dernier sourire, s'efforçant de paraître le plus serein possible et il sortit de la chambre. En descendant les escaliers qui le menaient vers le salon, il croisa Drago qui ne cacha pas sa surprise de le voir seul :

« Mon père t'a vraiment permis de l'affronter sans lui…

- Il n'est pas question d'affronter qui que ce soit, tu sais.

- Oui, sans doute, mais… Disons que vos différentes discussions n'ont pas franchement été couronnées d'un très grand succès ces derniers temps.

- Ah, oui… Vraiment, tu crois…, persifla le gryffondor.

- Beau-papa, tu sais que l'ironie ne te sied guère. C'est tellement plus…

- Toi.

- Exactement.

- Je me demandais si… Enfin, si je perdais un peu le contrôle de la magie des anciens… Si…

- Tu voudrais que je reste à proximité ?

- Oui… J'ai promis à ton père d'utiliser le lien et de le prévenir au moindre problème mais je préfèrerais éviter… Enfin, dans la mesure du possible… Avec les derniers jours, il est tellement inquiet pour moi et je ne suis pas sûr qu'il parvienne à maîtriser totalement son instinct s'il se passait quoi que ce soit…

- Je suis complètement d'accord avec toi sur ce point. Je serai dans le corridor, juste au cas où. »

L'air sérieux qu'arborait Drago fit réaliser au brun que ces craintes concernant le vampire n'étaient malheureusement pas infondées. Cependant, il fut très vite ramené à la réalité par la voix sarcastique du serpentard :

« Et dire que c'est toi, le courageux gryffondor.

- Pardon ?

- Va parler à cet abruti et cesse de penser au pire. De toute façon, je ne veux pas qu'il arrive quoi que ce soit à mon père, ce qui implique donc que je vais veiller à ce que ta magie soit sous contrôle, d'accord ? »

Harry hocha de la tête et sachant que Drago le suivrait, il se dirigea vers le salon plus décidé que jamais. Il adressa un sourire de remerciement au serpentard avant de pousser la porte d'entrée. Il avança d'un pas dans la vaste pièce et feignant la tranquillité d'esprit, il se retourna, referma doucement la porte et sans un regard pour celui qui l'attendait, il s'avança jusqu'au fauteuil près de la cheminée et prit place.

« Harry. »

Au moins, le calice fut soulagé d'entendre une réelle appréhension dans la voix de l'autre sorcier.

« Ron. »

Le roux s'était rapproché et venait de s'asseoir dans le fauteuil face à lui. Il ne put s'empêcher de détailler son visage, il semblait plus creusé, cerné. Il avait peut-être aussi maigri car ses vêtements paraissaient moins ajustés encore. Bien que contraire à sa nouvelle nature empathique, Harry sentit une petite pointe de satisfaction vengeresse à l'idée qu'au moins, il n'avait pas été seul à souffrir des événements. Son ami, visiblement mal à l'aise, fixait ses mains, ce qui agaça passablement le brun. Après tout, il était celui qui avait demandé cette rencontre. Il se racla donc la gorge ostensiblement :

« Humm… Tu voulais me voir, n'est-ce pas ? »

L'autre sorcier releva si rapidement son visage vers lui qu'il lui sembla entendre sa nuque craquer.

« Oui… C'est… Je pensais en fait que…

- Quoi ? Que Lucius viendrait à ma place, peut-être…, asséna Harry avec colère.

- Oui.

- Il ne me manipule pas.

- Ce n'est pas pour ça… Je croyais que tu refuserais de me parler, simplement.

- Et de quoi voulais-tu me parler ?

- De l'attaque… De l'enterrement… De lui… De tout… »

A suivre…