Résumé : Et voilà un nouveau chapitre écrit… Bref, j'espère que vous serez convaincu par la suite des aventures de Lucius et Harry… Avec enfin, le retour de l'ami prodigue !
Même remarque que pour mon dernier chapitre d'Aller simple. Ecrire en ce moment n'est pas une priorité et je vais continuer mes histoires à un rythme beaucoup plus lent. Inutile donc de m'envoyer des messages peu agréables à ce propos, je pense sincèrement que l'effet serait très contreproductif. Les petits mots d'encouragement sont, par contre, toujours les bienvenus. A bientôt, j'espère, Lilywen.
La quête des temps nouveaux
Chapitre 33 : Admettre ses torts
Ron ne bougeait pas, toute son attention était focalisée sur le tissu de son tee-shirt qu'il malmenait impitoyablement. Après un long moment de silence pesant, il se hasarda à relever les yeux vers Harry qui le fixait sombrement. Bien sûr, il n'était pas stupide et il se doutait que venir chez Andromeda pour se confronter à son meilleur ami ne serait certainement pas une partie de plaisir. Il ne pouvait d'ailleurs en blâmer nul autre que lui-même, compte tenu de son obstination lors leurs dernières rencontres et il en avait d'ores et déjà la cruelle confirmation.
Il n'était cependant pas un gryffondor pour rien et il se redressa fièrement pour affronter la colère légitime du brun :
« Je… Comment vas-tu ? »
Ron se serait volontiers gifler pour avoir posé cette question, entre toutes et visiblement Harry était de son avis car après un bref regard étonné, le brun sembla sur le point de le foudroyer sur place :
« A ton avis, comment puis-je aller ?
- Ce n'est pas ce que je voulais dire…
- Ecoute, Ron… Je n'ai pas des heures à te consacrer, j'ai vraiment beaucoup à faire avant l'enterrement d'Andromeda alors, si tu n'as rien d'autres à ajouter, je retourne immédiatement auprès de Teddy et de Lucius.
- Non… Non, attends… »
Harry se ravisa en découvrant le regard paniqué du rouquin à la simple idée que leur discussion ne s'achève avant même d'avoir réellement commencé. Il se réinstalla donc sur le fauteuil, faisant face à Ron, mais, contrairement à ce qu'il escomptait, un long silence suivit et cela exaspéra encore davantage le brun qui finit par reprendre d'un ton peu amène :
« Et bien, vas-y ! Qu'as-tu à me dire de si important ? »
Cette fois, il ne pouvait plus reculer. Il l'avait promis cette nuit à Hermione, par amour pour la jeune sorcière mais pas uniquement… Il le devait aussi à Harry qu'il avait toujours considéré comme un membre à part entière de sa famille, comme son petit frère.
Il avait réalisé depuis déjà quelques temps qu'il s'était trompé sur l'identité du meurtrier de Luna. Il avait été leurré par le chef des Renégats polynectarisé lors de l'attaque de Poudlard.
Toutefois, entre admettre ce qui devenait, au fil des éléments recueillis par l'ordre du Phénix, une évidence et accepter de reconnaître l'innocence totale de Malefoy, il y avait un gouffre et en cela, il s'était opposé à son père et à Hermione car il ne concevait pas de remettre un blanc-seing à cet homme sous prétexte qu'il affirmait avoir changé de camp au cours de la guerre. N'en déplaise à tous, son dilemme était pourtant des plus simples à comprendre : il se souvenait un peu trop précisément à son goût du guet-apens orchestré par l'ancien mangemort à la fin de leur cinquième année et à quel drame il avait abouti, d'où ses difficultés à croire aux belles paroles de rédemption de Malefoy.
Cependant, s'il était là aujourd'hui, devant Harry, bien décidé à faire amende honorable et à admettre ses torts, c'est parce que la dernière attaque au ministère avait été un véritable choc pour lui et il s'était donc résolu à accorder au moins le bénéfice du doute au vampire.
« Je me suis trompé…
- Vraiment ? Et à quel sujet ? Dis-moi… Peut-être sur le fait que pendant des semaines, tu as accusé à tort Lucius d'être le chef des renégats…
- Harry…
- Oh non… A moins que tu ne te sois peut-être fourvoyé au sujet de ma relation avec l'homme que j'aime… Laisse-moi donc me rappeler tes propos… Je suis certain que tu t'en souviens, n'est-ce pas ?
- Je…
- Mais, si… Voyons… Tu avais pourtant été très clair et tu avais affirmé qu'il n'était qu'un putain de mangemort, une pourriture de vampire qui me baise et me manœuvre comme une vulgaire marionnette. »
Le ton sarcastique et cassant utilisé par Harry ne rassura en rien Ron. Son ami ne semblait pas disposé à lui faciliter la tâche le moins du monde. Il avait d'ailleurs l'impression effrayante que l'aura magique du brun crépitait dangereusement autour d'eux, comme une matérialisation tangible de la colère du jeune homme à son encontre, rendant l'atmosphère extrêmement pesante, étouffante. Il n'avait encore jamais ressenti l'étendu des nouveaux pouvoirs de son ami avec autant de forces.
Il allait répondre quand la porte d'entrée s'ouvrit et qu'une tête blonde s'immisça dans l'entrebâillement :
« Hé, Potty… Je veux bien rester pour garder sous contrôle ta magie et empêcher que mon père ne rapplique illico presto pour éviscérer Weasley mais si tu t'emportes encore une autre fois de cette façon, je doute sincèrement de pouvoir y parvenir…
- Oh, pauvre, pauvre petit Malefoy ! Quel drame horrible tu traverses par ma faute !
- Très heureux que tu l'ais enfin remarqué, beau-papa. »
Drago adressa alors un sourire malicieux au gryffondor qui ne semblait visiblement pas d'humeur à supporter les amusements habituels du blond. Après quelques secondes au cours desquelles les deux calices se défièrent du regard, Harry soupira ostensiblement et rétorqua au serpentard d'un ton sec :
« Sache pour ton information que j'ai parfaitement senti par le lien que Lus se retenait d'intervenir.
- Le contraire eut été tout de même étonnant, beau-papa, il enrage littéralement de ne pas être à tes côtés. Franchement, Weasley, entre mon père qui rêve de te déchiqueter et Potty qui semble très, très légèrement agacé par ce que tu lui viens de lui dire, je te plaindrais presque…
- Inutile d'en rajouter, Drago !
- Tu n'es vraiment pas drôle.
- Tu peux nous laisser, maintenant… Et… Au fait, contrairement à ce que tu as cru à l'instant, la magie des anciens ne m'a pas échappé cette fois.
- Quoi ? Sous-entends-tu que tu l'as fait sciemment… Oh ! Mais, c'est très vilain pour un gentil gryffondor, ça, beau-papa… Et dois-je te rappeler que c'est toi qui m'as supplié tout à l'heure de rester dans le corridor car tu craignais d'en perdre le contrôle ?
- Je ne l'ai pas fait sciemment pas plus que je t'ai supplié, d'ailleurs… et puis, de toute façon, si tu veux tout savoir, Drago, j'ai simplement senti cette montée d'énergie. La magie des anciens s'est fondue naturellement à la mienne, elle n'a pas cherché à la surpasser ou à la dominer comme les autres fois.
- Par Merlin et les quatre fondateurs de Poudlard, oyez, oyez, braves sorciers, le survivant est de retour, plus puissant que jamais, il contrôle enfin le pouvoir absolu… »
Tandis qu'Harry souriait franchement à la dernière remarque de son ancien rival, Drago poursuivit sur le même ton, entre amusement et ironie :
« Bien… Je vois que tu sembles plus calme maintenant, alors je t'attends dans le couloir et par pitié, Potty, pas de nouvel emportement magique qu'il soit contrôlé ou intempestif car si mon père vient à montrer les crocs, je te préviens, je n'aurai aucun remords à te laisser seul pour le gérer. »
Alors que Drago disparaissait, en refermant la porte du salon, Harry tourna immédiatement son regard vers Ron qui le fixait d'un air abasourdi. Le calice en aurait presque souri tant le visage du rouquin semblait trahir son incompréhension. Son teint pâle avait curieusement verdi et après quelques secondes, il bafouilla péniblement :
« Beau… Beau-papa… C'est… C'est bien ce qu'il a dit, non ? »
Harry haussa machinalement les épaules sous le regard médusé de l'autre gryffondor :
« Pas que j'ai l'intention de me justifier devant toi le moins du monde… Mais, je suis le calice de Lucius depuis le jour de mon anniversaire et dès que les choses seront enfin plus calmes, je compte bien m'unir à lui lors d'une cérémonie magique… Donc, techniquement, Drago a parfaitement raison, je suis bien son beau-père désormais.
- D'accord… »
Le brun ne répondit rien. Guidé par ses instincts de calice, il percevait de plus en plus clairement les sentiments de l'autre gryffondor et bien qu'il lise clairement les remords de son ami à son égard, il devinait aussi une brume désagréable, entre méfiance et colère, qui le gêna grandement. Ne résistant plus, il demanda à son ancien camarade de dortoir :
« Pourquoi ne l'acceptes-tu pas ? »
Ron se redressa brusquement comme pris en faute et Harry ne manqua pas le rougissement qui s'étalait sur ses joues. Il bredouilla presque malgré lui :
« De… Quoi… Je…
- Je te parle de Lucius. Tu regrettes ton emportement à mon égard, je le sens parfaitement mais, pour autant, tu ne l'acceptes pas… Du moins, pas complètement.
- Et tu ne peux pas m'en vouloir, Harry ! Par Godric, je m'inquiète pour toi…
- Il ne me fera jamais de mal.
- Il l'a déjà fait. »
La réponse avait été cinglante et Harry ne put retenir une grimace tandis que Ron poursuivait plus calmement :
« Il a essayé de te capturer au ministère. Tu ne peux pas avoir oublié comment il t'a pourchassé pour récupérer cette foutue prophétie et quelles ont été les conséquences de cette attaque, n'est-ce pas ?
- Il n'est pas celui que tu crois.
- Et je suis donc censé lui accorder toute ma putain de confiance, comme ça ! Juste parce…
- Juste parce qu'il me baise…, ironisa Harry en reprenant à son compte les propos de l'autre gryffondor.
- Non, rétorqua Ron… Juste parce que tu es amoureux de lui. »
Le silence qui suivit dans le salon était étrange, la tension entre les deux jeunes sorciers bien qu'encore évidente semblait s'être adoucie. Le roux adressa un sourire penaud à son ami et finalement, le calice reprit dans un murmure :
« Je ne t'ai jamais demandé de lui accorder toute ta confiance, Ron. Par contre… »
Le brun marqua un temps d'arrêt et sa voix se fit plus percutante, plus ferme :
« Je te demande de me faire confiance. »
Une rougeur indéniable s'étala sur les joues pâles du grand rouquin qui marmonna, agacé :
« Tu sais très bien que c'est déjà le cas. Ca l'a toujours été, tu es comme un frère pour moi… »
Il se racla la gorge et dans un soupir, il continua :
« Je suis tellement désolé… Pour ces dernières semaines… J'aurai tellement voulu être auprès de toi lorsque… Enfin, pour Andromeda... Et puis, j'ai lu ce torchon, cet article de Terrie Skate… Putain, ce qui est sous-entendu à ton propos, c'est juste ignoble ! Incompréhensible ! »
Cette fois, Ron sembla oublier sa gêne précédente, il se releva et commença à arpenter le salon, visiblement agacé :
« Mon père nous a expliqué le déroulement des événements au ministère et je n'arrive pas à comprendre comment certains sorciers peuvent encore croire à la propagande inepte d'Ombrage… Comme si les Renégats allaient tenter de renverser cette vieille mégère puante en attaquant le comité des sortilèges ! Sérieusement ? Et pourquoi pas en passant par le département des jeux et sports magiques… Ca n'a absolument aucun sens.
- Je suis d'accord avec toi, répliqua Harry. Ils visaient bel et bien ce comité et absolument pas Ombrage. Reste à savoir quel était leur but réel ?
- D'autant que d'après ce que Williamson a pu confirmer grâce au témoignage d'un des rares survivants de l'attaque, c'est bien l'un des renégats qui a lancé délibérément le feudeymon dans les bureaux du comité des sortilèges. Kingsley suppose d'ailleurs qu'il cherchait à dissimuler quelque chose.
- C'est aussi l'avis de Lucius… »
Contrairement à leurs altercations précédentes, Ron ne fit aucun commentaire désobligeant à la mention du vampire et se réinstalla sur le fauteuil qu'il occupait l'instant précédent. Ses yeux bleus paraissaient animés d'une lueur d'excitation mêlée de crainte quand il marmonna :
« Ecoute… Ecoute, 'Ry. J'en ai parlé à Mione cette nuit… Et je sais que ça a l'air de la folie mais… J'ai eu cette idée et je n'arrive pas à me l'ôter de la tête…
- Et elle t'a supplié de venir m'en parler, c'est bien ça ? »
Le roux dodelina du chef. Si Hermione avait accrédité ses propos, c'est que son hypothèse, loin d'être saugrenue, méritait que l'on s'y attarde et pour la première fois depuis des semaines, la discussion avec la jeune fille n'avait pas tourné en bataille rangée. Elle l'avait même embrassé avec passion quand il avait avoué regretter sincèrement son attitude envers Harry. Il se racla la gorge :
« Oui… En fait, j'ai pensé… »
Ron s'arrêta. Il savait que la suite allait être forcément difficile. Hermione et son père lui avaient suffisamment répété à quel point Harry se sentait responsable à ce sujet et l'hypothèse qu'il allait développer n'allait certainement pas atténuer sa culpabilité.
« Je pensais que l'utilisation du feudeymon n'avait pas forcément pour but de dissimuler quelque chose comme l'a affirmé Kingsley, mais plutôt… Quelqu'un. »
Harry ne cacha pas sa surprise et demanda aussitôt :
« Comment ça quelqu'un ? De quoi parles-tu ?
- En fait, je suis parti du fait que nous sommes tous d'accord pour dire qu'il ne s'agissait nullement d'une tentative de coup d'état contre le ministère. Cette idée est simplement ridicule donc en partant de ce constat, j'ai pensé que le comité des sortilèges était la clef de notre problème puisque l'attaque a commencé là-bas… Et il y a la pierre… »
Tout le sang avait quitté immédiatement le visage déjà pâle du calice :
« Tu… Tu parles de la pierre de résurrection, c'est bien ça ? »
Le roux acquiesça et attendit un instant jusqu'à ce qu'Harry lui murmure :
« Continue…
- Stanley vous a avoué lorsque vous l'avez interrogé que Lestrange avait trouvé la pierre de résurrection, mais, tu le sais toi-même, la pierre, seule, ne peut rien, elle ne crée que l'illusion d'un retour à la vie. Pour ramener Voldemort des ténèbres, il doit donc détourner le pouvoir de la relique en s'appuyant sur un sortilège extrêmement fort… Enfin, c'est ce que m'avait expliqué Mione…
- Oui, mais n'oublie pas, il est un vampire…
- Oui… Oui, c'est vrai, mais, je doute franchement d'après tout ce que j'ai entendu dire à son sujet que cela suffise. Il faut être un véritable maître en magie noire pour inventer un tel sortilège et je ne crois pas que Lestrange soit réellement compétent pour le faire, même si, je te l'accorde, il dispose de la puissance d'un vampire.
- D'après Lus et Severus, il était même un sorcier assez médiocre, il ne devait sa position au sein des mangemorts qu'à son fanatisme exacerbé et à son alliance avec la famille Black.
- C'est pour cela que je pense que Kingsley se trompe. Le feudeymon n'était pas pour dissimuler quelque chose, mais plutôt pour cacher l'enlèvement d'un des maîtres des sortilèges du comité, un sorcier qui, contrairement à Lestrange, serait tout à fait capable de combiner la puissance d'un vampire au pouvoir de la pierre de résurrection grâce à un sort de magie noire de haut niveau. Williamson a confirmé à l'ordre que le ministère comptait des dizaines de sorciers travaillant pour ce service portés disparus, sans doute sont-ils morts lors de l'attaque mais…
- Si l'un d'entres-eux était aux mains des Renégats, c'est bien ça ?
- Oui, c'est ce que j'ai pensé… »
Le silence s'imposa alors entre les deux jeunes sorciers et après quelques instants, la porte s'ouvrit légèrement et une tête blonde passa l'entrebâillement. Sans attendre un quelconque assentiment, Drago les rejoignit ensuite, s'accoudant au manteau de l'âtre :
« Bien, je ne sais pas ce que Weasley vient de te dire, mais, un conseil, détends-toi, beau-papa… Père devrait être là d'ici une… »
Drago n'eut pas le temps d'achever sa phrase que la porte s'ouvrait déjà et qu'apparaissait Lucius. Son visage fermé et dur témoignait d'une aura clairement menaçante alors qu'il se dirigeait d'un pas rapide et décidé vers son calice. Sans un mot, il prit place sur l'accoudoir du fauteuil, aux côtés d'Harry qui se rapprocha instinctivement de lui. De sa main droite, le vampire jouait gentiment avec les mèches brunes ébouriffées tandis que son attention se reportait inexorablement vers Ron. Il le foudroyait du regard, hautain et semblait vouloir le tuer d'un avada. Le roux semblait plus pâle, presque blême, et il se serait volontiers fondu dans le tissu en velours sombre du fauteuil pour échapper à l'ancien mangemort. Faisant cependant honneur à sa maison, il se redressa légèrement et marmonna :
« Je vais vous laisser.
- Nous ne vous retenons pas, il me semble. », asséna froidement en réponse Lucius.
Il vit le sourire franchement goguenard de son fils à sa remarque mais elle lui valut également un coup de coude bien peu discret de la part de sa petite terreur.
Le vampire ne cacha nullement sa satisfaction à ce geste. Il y a deux jours seulement, son calice était encore submergé par la douleur qu'il ressentait de par son pouvoir empathique, or, depuis qu'il avait rejoint Harry ce matin dans le parc, il avait eu l'agréable surprise de voir que son brun n'était plus aussi perdu et répondait enfin à ces petites attaques taquines. Il semblait retrouver peu à peu son caractère frondeur et rebelle et ce n'était pas pour déplaire à Lucius, loin s'en faut, car cela signifiait simplement que son amant commençait à accepter la douloureuse réalité de cette attaque du ministère et entamait le lent processus de reconstruction dû à une telle tragédie. Il avait bien conscience qu'il lui faudrait encore beaucoup de temps et que le jeune homme passerait encore par des moments de tristesse intense mais il n'allait certainement pas bouder son plaisir de le voir réagir ainsi pour l'instant. Il lui répondit donc d'un sourire moqueur.
Leur petit duel visuel du couple fut interrompu par le raclement de gorge du rouquin et Lucius lui aurait volontiers lancé un sortilège cuisant pour avoir osé interrompre ce moment :
« Vous voulez peut-être que l'on vous indique la direction de la cheminée… Trois pas sur votre droite seulement… »
A la réplique cinglante du vampire, Harry soupira ostensiblement, avant de reporter son attention vers Ron. Il fut surpris par la pâleur extrême de son ami qui tranchait avec les nombreuses tâches de rousseur sur son visage. Il allait lui dire qu'il serait effectivement plus raisonnable qu'il parte quand il vit le rouquin se lever sans un mot pour se diriger vers l'âtre. Ron s'apprêtait à lancer la poudre de cheminette quand il se retourna vers Lucius :
« J'ai vraiment cru que vous étiez responsable de la mort de Luna… Ne vous inquiétez pas, je ne cherche pas à obtenir votre pardon, nous savons pertinemment tous deux que vous ne me l'accorderez pas mais je voulais juste que les choses soient claires entre nous. Je sais maintenant que j'ai eu tort à ce propos… Par contre, je ne regrette pas ce que j'ai dit au sujet de votre emprise sur Harry. Si un jour vous le faites souffrir, de quelque façon que ce soit, je vous jure que vous n'aurez aucun endroit sur terre où vous cachez car je vous chercherai partout pour vous le faire payer au centuple. »
L'instant suivant, Ron disparaissait dans un nuage de fumée verte tandis que les trois autres sorciers fixaient l'âtre désormais vide. Ce fut la voix amusée de Drago qui rompit l'étrange silence :
« Sérieusement… Cet abruti de gryffondor vient de menacer un vampire où j'ai mal compris sa grande tirade…
- Visiblement, Drago, répliqua placidement Lucius.
- Et tu ne lui as pas arraché la tête… Vous me surprenez chaque jour davantage, père…
- Peut-être parce que je doute que cette perspective aurait réellement enchanté Harry, vois-tu ?
- Certes, j'en conviens… »
Le brun se redressa légèrement et marmonna plus pour lui-même :
« Vous êtes aussi impossibles l'un que l'autre… »
Il allait se lever quand le vampire agrippa son poignet et le força à se rasseoir sur le fauteuil.
« Drago, pourrais-tu nous laisser, s'il te plaît ? »
Le ton de Lucius, bien que courtois, ne laissait aucune place à la discussion et son fils acquiesça. Drago se dirigea aussitôt vers la porte et s'éclipsa. L'attitude presque trop conciliante du serpentard surprit Harry. Il pensait que, comme à l'accoutumée, l'autre calice allait profiter de la demande de son père pour lancer quelques remarques grivoises et malvenues et le gêner effroyablement, mais Drago n'en fit rien, à sa plus grande stupéfaction. Perdu dans ses pensées, le brun ne réalisa pas immédiatement que Lucius avait pris place sur la table basse devant lui et le fixait avec intensité. Il sursauta quand la main froide du vampire se posa sur son visage en une caresse invitante :
« Tu veux m'en parler…
- Ron a une hypothèse concernant l'attaque au ministère.
- Ah oui, vraiment ?
- Ne sois pas méchant, Lus. »
Lucius se retint de soupirer, amusé malgré lui par le ton adorablement moralisateur de son gryffondor. Il fit un léger signe de tête à son calice et lui signifia par le lien qu'il allait écouter les arguments de Weasley sans émettre le moindre commentaire désobligeant. Harry reprit donc dans un murmure calme :
« Il pense que le feudeymon avait pour but de cacher le réel but de l'attaque des Renégats au ministère. Il suppose que Lestrange a capturé un maître en magie noire du comité des sortilèges pour parvenir à utiliser la pierre de résurrection. »
Pendant quelques secondes, les yeux gris le dévisagèrent silencieusement avant qu'il n'acquiesce brièvement :
« C'est une théorie… intéressante. »
Harry ne put retenir un sourire amusé et Lucius, agacé, rétorqua :
« Quoi ?
- J'ai dû mal à croire que tu admettes qu'il ait pu donner une piste intéressante.
- Je ne suis pas aussi obtus que tu sembles le penser, Harry.
- Non, tu as juste usé de ton aura de vampire pour le terrifier et tu enrages parce qu'il t'a tenu tête.
- Ne me dis pas que tu as déjà accepté ses pitoyables excuses !
- Non. Je sais maintenant qu'il regrette sincèrement son attitude à mon égard mais il m'a réellement blessé, Lus… Enfin, c'est encore un peu trop tôt pour moi pour tout lui pardonner…
- Un peu trop tôt seulement… Bien. Je suppose qu'il faut bien que l'un de nous dans notre couple soit charitable et magnanime. Je doute personnellement de parvenir à me montrer courtois en sa présence.
- Qui te le demande ?
- Oh mais dites-moi, Monsieur Potter, quel vilain garçon vous faites… Je pensais que ton côté gryffondor m'aurait supplié d'être aimable avec lui à l'avenir.
- Je ne vois pas pourquoi. D'ailleurs, au même titre, j'ai expliqué à Ron toute à l'heure qu'il n'avait pas à t'accorder toute sa confiance, à partir du moment où il respectait mes choix quels qu'ils soient.
- C'est très serpentard.
- Sans doute… », répondit Harry dans un sourire taquin.
Alors que le joli brun se relevait pour aller préparer Teddy dans sa chambre, la main puissante du vampire s'empara de son poignet, le renversa rudement sur le sofa voisin et l'emprisonna de son corps, le privant de toute possibilité de fuite. Encore eut-il fallu qu'il veuille s'enfuir ce qui était aux antipodes des intentions du gryffondor. Pour feindre l'exaspération, Harry leva les yeux au ciel mais Lucius n'était pas dupe et devinait par le lien tout l'amusement de son calice.
« Je vous trouve si perverti, Monsieur Potter. Qu'est-il advenu de mon ange à la magie si pure, si… innocente ? »
Le dernier mot avait été susurré contre l'oreille d'Harry alors que, tel un serpent, Lucius imprimait un mouvement sans la moindre équivoque, glissant lascivement le long du corps de son calice. Il obtint pour seul réponse un grognement rauque. Pour agacer davantage le petit brun, le vampire continua son manège délicieux, excitant l'envie de son jeune amant qui balbutia après plusieurs secondes :
« Tu es un tel enfoiré… S'il… S'il te plaît… Mords-moi… »
La demande s'acheva dans un miaulement pathétique alors que les crocs du vampire s'enfonçaient profondément dans la chair fine du calice qui se tendit pour se fondre contre le corps de son incroyable tortionnaire. Harry se sentait brûlé d'un feu intense, comme à chaque fois que les mains froides glissaient sur lui et le déshabillaient. Très vite, il sut qu'il allait rendre les armes dès que Lucius s'empara puissamment de son sexe, alternant des gestes doux et violents qui l'amenaient inexorablement vers l'extase. Sombrant corps et âme, il était incapable de prononcer la moindre phrase cohérente, juste des borborygmes plaintifs, de suppliants « Continue… », d'implorants « Encore… », jusqu'à ce que son regard se brouille dans un éclair blanc.
Harry émergea de cette délicieuse brume post-orgasmique tandis que le vampire caressait avec tendresse ses cheveux. Lucius lui adressa un sourire satisfait. Il semblait visiblement heureux de lire l'abandon et la confiance absolue de son calice, à demi évanoui entre ses bras. Comme un jeu devenu coutume entre eux, le brun s'étira voluptueusement. Ses lèvres effleuraient la mâchoire du vampire de délicats baisers quand il murmura dans un soupir sensuel :
« C'était bon…
- Tu m'en vois ravi. Il se trouve que combler sexuellement mon adorable et innocent petit calice est une obligation dont je compte m'acquitter chaque jour avec la plus grande diligence.
- Une obligation… Je ne pensais pas que me baiser était une telle corvée pour toi…, répliqua le brun, arborant une moue faussement outragée qui ne dupa nullement Lucius.
- Que voulez-vous, Monsieur Potter ? Contrairement à la rumeur populaire qui considère les serpentards comme de vils profiteurs égocentrés, j'ai un certain sens du sacrifice et je suis prêt à donner de ma personne pour votre bon plaisir.
- Crétin… »
Amusé malgré lui, Harry envoya un léger coup dans l'épaule du blond avant de se câliner confortablement contre le torse puissant du vampire et tandis que les mains de Lucius naviguaient imperceptiblement de ses reins à ses hanches, il se laissait, peu à peu, gagner par une douce torpeur, savourant ce moment de calme où seul compte la présence de l'autre. Ils restèrent ainsi un long moment jusqu'à ce que la voix profonde du vampire ne lui demande :
« Tout va bien, mon ange ? »
Harry adressa un léger sourire à Lucius :
« Pourquoi ? Douterais-tu déjà de tes capacités à me satisfaire ?
- Pas une seule seconde... »
Lucius déposa un baiser sur les lèvres au goût fruité de son calice. Il ne tenta pas d'approfondir le contact et reprit d'un ton empreint d'une réelle inquiétude :
« Plus sérieusement, Harry... »
Le brun se redressa et se confronta aux yeux gris du vampire. Il joua de son index sur le visage altier du blond, caressant d'abord l'arête du nez, il effleura ensuite sa bouche avant de murmurer :
« J'ai bien perçu par le lien que tu t'inquiétais pour moi et tu sais, Lus, c'était difficile, mais j'ai réussi…
- Tu as maîtrisé la magie des anciens malgré ton agacement et ton émotion, n'est-ce pas ? C'est ce que j'ai cru comprendre quand j'étais avec Teddy.
- Je ne sais pas vraiment comment te l'expliquer. J'étais réellement exaspéré par l'attitude de Ron. Le pouvoir des anciens a commencé à réagir, comme une brusque montée d'énergie… Mais cette fois, j'ai senti que j'en étais capable, que je pouvais enfin le contrôler avec ma magie qui l'a, comme… absorbée naturellement sans qu'aucune des deux ne cherche à dominer ou à surpasser l'autre.
- Drago a essayé de contenir ton aura mais malgré tout, elle a vibré dans toute la demeure. C'était très impressionnant.
- Vraiment ?
- Oui.
- Tu sais, Lus, il y a une seule chose dont je suis certain, c'est que jamais je n'y serai parvenu sans ton soutien infaillible et pour ça, je ne pourrais jamais assez te remercier…
- Ce que tu n'as pas à faire. »
Lucius resserra encore davantage son étreinte :
« Mon ange, écoute-moi… J'ai perçu à travers le lien les reproches de Weasley et je suis effrayé de devoir l'admettre car j'ai peur de te perdre mais…
- Ne dis pas ça… Je…
- Chut… S'il te plaît, laisse-moi d'abord finir. Ton ami a, au moins en partie, raison. J'ai conscience que je ne suis pas irréprochable et que mon passé ne plaide certainement pas en ma faveur. J'ai été un mangemort lors de la première guerre. Quand Voldemort est réapparu, il y a un peu plus de trois ans, il a attaqué Severus en le transformant en vampire et déjà, je n'éprouvais plus que mépris pour celui que je me devais d'appeler Maître et qui m'avait marqué comme un animal. Pour autant, je continuais mes missions, de crainte qu'il ne s'en prenne à ma famille.
- Qui pourrait t'en vouloir ? C'est normal, Lus, de vouloir protéger les siens…
- Oui, sans doute, mais à quel prix ? Je sais que mon rôle au ministère quand j'ai essayé de te voler la prophétie, est simplement impardonnable. Je ne pensais même pas à Voldemort à ce moment-là, je voulais juste récupérer cette foutue fiole qu'il me réclamait depuis des mois et surtout qu'aucun des enfants présents ne soit blessé dans cette stupidité. Par Salazar, vous étiez de l'âge de Drago ! Tu n'es pas obligé de me croire mais j'avais ordonné aux mangemorts présents de ne pas utiliser d'impardonnables contre vous, prétextant qu'un sortilège malheureux pouvait détruire la prophétie… Je suis terrifié à la simple idée que j'aurai pu te blesser ce soir-là. Il n'empêche que même si Weasley a raison sur ce point, il a tort pour le reste : je serai toujours là pour toi… Toujours. Plus jamais je ne te ferai du mal. Jamais…
- Je n'en doute pas une seconde, pas une seule seconde, Lus. Je t'aime, de toute mon âme… Sois-en certain. »
A suivre…
