Résumé : Au dernier chapitre, tandis qu'Hermione et Ron repartaient pour retrouver les parents de la jeune fille, l'enquête des renégats progressait et les raisons de l'attaque meurtrière sur le ministère se précisaient : la disparition d'Andrew Wikkes Parker, les recherches de John Richards pour le bureau scientifique des aurors, la surveillance d'Ombrage et de Rita Sketeer… De plus, Jack Williamson apprend qu'il a découvert que sa sœur faisait partie de la liste des victimes se trouvant en soin à Sainte-Mangouste et comme son état est désespéré, il demande de l'aide aux deux calices qui acceptent aussitôt… Voilà encore un nouveau chapitre où les pouvoirs d'Harry et Drago vont prendre toute leur importance. Harry trouve progressivement ses marques dans sa relation avec son vampire… J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira. N'hésitez pas à me le faire savoir par un petit commentaire positif ! A bientôt, Lilywen…

La quête des temps nouveaux

Chapitre 35 : Le dispensaire

Alors que les premiers rayons de soleil perçaient au travers des lourds rideaux, Lucius s'étira, ses mains s'égarant machinalement sur la place voisine. Au lieu d'y sentir le corps chaud du joli brun, il ne trouva que le froid contact des draps. Harry avait dû déserter le lit depuis un long moment déjà ce qui contraria fortement le vampire. Il s'éveillait à peine, pourtant, sa nature profonde réclamait déjà impérieusement son calice et les souvenirs de la dispute volcanique qui l'avait opposé au gryffondor, la veille, le laissaient encore plus impatient et avide qu'à l'accoutumée.

Irrité, il se leva et alla aussitôt vers la salle de bain adjacente. Sans perdre un instant, il activa le jet d'eau et profita de la douce chaleur des gouttes ruisselant agréablement sur sa peau, le sortant définitivement de sa nuit. Après quelques minutes, il conjura une serviette dont il se ceignit la taille et d'un informulé, il se sécha et s'habilla pour rejoindre le plus rapidement possible son amant.

Il quitta la quiétude de leur chambre, bien décidé à partir à sa rencontre et il n'avait pas besoin de recourir à son instinct pour deviner où son calice avait trouvé refuge en cette heure matinale. Il se trouvait au second étage de la vaste demeure, dans la partie qui avait été aménagée pour Lisbeth. Elle était encore très affaiblie mais, là où deux semaines auparavant, les médicomages ne laissaient plus aucun espoir, la magie de son fils et de son amant avait fait des merveilles. Certes, elle était toujours plongée dans un profond coma mais dès les premiers jours qui avaient suivi son arrivée au manoir, certaines de ses fonctions vitales s'étaient stabilisées puis des signes évidents d'amélioration avaient rendu courage à Jack et à sa femme. Désormais, il n'était plus question de savoir si la jeune fille allait s'en sortir mais plutôt quand elle allait ouvrir les yeux à nouveau pour revenir parmi les siens.

Alors qu'il allait s'engager dans l'escalier le menant au deuxième palier de la splendide demeure, Lucius fut stoppé dans son élan par des pleurs et des hurlements stridents, provenant de la petite chambre voisine de la leur. Il fit demi-tour et se dirigea naturellement vers la source de ce terrifiant vacarme. Il ouvrit la porte et découvrit un Teddy, rouge de colère, qui gigotait comme un beau diable dans son berceau. Faisant fi de la décoration enfantine aux tendres couleurs, il s'avança vers le chérubin et le souleva, le calant contre lui pour tenter de le calmer. Visiblement, il n'était pas très doué et marmonna plus pour lui-même que pour l'enfant :

« Je sais ce que tu essayes de faire, Lupin junior… Mais cette fois, tu ne gagneras pas. J'ai besoin de mon calice immédiatement. Tu devras donc attendre ton tour et ce n'est pas négociable.

- Tu n'oserais pas menacer mon petit bébé loup tout de même, Lus. »

Lucius se retourna et se retrouva nez à nez avec le sourire taquin de son gryffondor.

Pourtant, nul doute au regard glacial qu'il lui adressa que le jeune homme avait parfaitement compris que la créature de la nuit ne tolèrerait pas une nouvelle querelle pour quelques futilités que ce soit et malgré cela, il le narguait de ses yeux trop verts qui trahissaient clairement son amusement.

Harry s'approcha d'eux et se haussant légèrement sur la pointe des pieds, il déposa un léger baiser sur ses lèvres froides avant de récupérer l'enfant.

« Bonjour, mon bébé loup… Chut… Ca va aller… Chut… »

Les sanglots lourds qui hachaient la respiration du chérubin semblaient déjà s'espacer tandis qu'Harry laissait aller sa magie pour apaiser Teddy, le berçant doucement sous le regard de plus en plus agacé de son vampire. Au temps pour lui. Manifestement, la discussion d'hier soir au sujet de son projet était encore très loin d'obtenir l'assentiment de Lucius. Il avait cependant espéré qu'après la séance torride de sexe qui avait clôturé leur dispute, le blond se serait montré plus souple et conciliant à ce propos.

Après de longues minutes à arpenter la pièce, Harry ne put s'empêcher de sourire. Teddy s'était finalement endormi dans ses bras. Il alla donc jusqu'au berceau et déposa précautionneusement le nourrisson enfin calmé. Il joua encore un peu avec l'enfant, son index glissant doucement sur la peau si délicate de sa joue. Jamais, il ne pourrait se lasser de cette sensation qui faisait vibrer toute son âme à chaque fois qu'il laissait sa magie de calice agir à sa guise.

« Dors bien, mon bébé loup… Je reviens tout à l'heure… »

Harry se retourna et se dirigea vers la porte, faisant fi du grondement menaçant du vampire qu'il ignora ostensiblement. De toute façon, il n'avait pas dit son dernier mot et il comptait bien obtenir l'accord du blond. Il avait à peine atteint le couloir qu'il l'entendit le suivre et une seconde plus tard, le blond le tirait violemment par le bras. Il manqua de tomber et se retint, sa main droite plaquée contre le torse ferme de Lucius.

« Parce que tu penses pouvoir m'ignorer ainsi peut-être…

- Non, mais, je suis vraiment très occupé, Lus… »

Harry lui adressa un sourire malicieux, un brin moqueur et presqu'aussitôt, il se dégagea de la poigne puissante du blond. Le gryffondor fit à peine deux pas que le vampire le bloquait à nouveau, usant de sa force phénoménale pour le retenir tout contre lui.

« Certainement pas, non ! »

Exaspéré, Lucius libéra toute l'aura du vampire et Harry haleta durement devant l'attaque aussi brusque que brutale de son amant. Guidé par son instinct de calice, il se retourna aussitôt, cherchant à fondre son corps à celui du blond qui le souleva aisément. Les jambes du gryffondor nouées autour de sa taille, Lucius se dirigea sans perdre une seconde de plus vers leur chambre. Aucun des deux hommes ne songea à parler, à s'expliquer… Non, leur besoin était impérieux, vital et ne souffrait aucune attente.

Le vampire porta ainsi le joli brun jusqu'à leur lit. Il se tenait debout, tout contre le matelas et dominait nettement Harry qui était à genoux devant lui. Après quelques instants où le gryffondor sembla reprendre quelque peu ses esprits, Lucius se pencha, affolant encore davantage les sens du plus jeune, avant de susurrer contre ses lèvres si appétissantes le sortilège de « collaporta » qui allait leur garantir un moment intime. Cette demeure devenait au fil des réunions qui s'enchaînaient un lieu de passage bien trop bruyant et fréquenté au goût du vampire qui ne rêvait que de rester seul avec son calice.

« Tu es insupportable. »

Le brun lança un regard encore plus amusé à Lucius.

« Oh… Je t'en prie… Ca te permet d'user et d'abuser de ton aura sur moi. »

Lucius ne put que sourire à la remarque impertinente de son calice et front contre front, il fixait ses immenses yeux émeraude si expressifs. Ils restèrent ainsi de longues secondes, juste à se perdre dans le regard de l'autre. Finalement, Lucius entama un premier mouvement, embrassant d'abord la célèbre cicatrice du brun, puis, il descendit doucement le long de l'arête de son nez et scella enfin ses lèvres à la bouche rouge et pulpeuse d'Harry.

Le brun se laissa aisément convaincre par cette langue avide qui partait à sa conquête. Il aimait définitivement cette impression que le vampire le désirait de façon si impérative, le revendiquait comme sien. Il aimait ce sentiment de plénitude, d'absolue confiance qui l'étreignait tandis que Lucius se faisait plus pressant. Il se sentit alors brusquement basculer contre le matelas, vite rejoint et emprisonné par le corps puissant de son amant. Les mains de Lucius s'affairaient déjà sur lui, repoussant avec empressement son tee-shirt et il accompagna le mouvement, se soulevant légèrement tandis que le vêtement était expédié au gré de la folie du vampire à l'autre bout de la pièce.

La bouche du vampire revint aussitôt à l'attaque, embrassant ça et là, dérivant le long de sa mâchoire jusqu'à atteindre sa jugulaire. Il allait demander grâce, le supplier pour qu'il le morde immédiatement mais il n'eut pas à le faire car Lucius semblait au point de non retour et les crocs déchirèrent sa peau, s'enfonçant en lui pour que le vampire s'abreuve de son sang. C'était parfait. Réellement parfait. Et ses mains… Ses mains qui poursuivaient leur exploration, descendant inexorablement. Inconsciemment, Harry se tendit à la rencontre du corps de son amant, cherchant par ce mouvement à satisfaire son désir.

Lucius buvait et ses lèvres formaient un sourire moqueur sur la peau incandescente de son calice, il était si satisfait de le sentir s'abandonner entièrement à lui. Ses doigts agiles déboutonnèrent le pantalon d'Harry et s'engouffrèrent dans le vêtement, empoignant durement la virilité déjà douloureusement tendue. Il entama un va et vient rapide sur lui et lorsqu'il le devina proche de la délivrance, il s'arrêta brusquement de le boire et stoppa tout mouvement, faisant gronder son joli brun de colère.

Les yeux émeraude papillonnèrent quelques instants, cherchant à comprendre la raison de cette interruption malvenue et incompréhensible alors qu'ils étaient si prêts l'un et l'autre de cette délicieuse libération.

« Putain… Qu'est-ce que tu fous ? Tu… »

Lucius interrompit la tirade virulente qui n'aurait pas manqué de suivre en embrassant Harry avec empressement. Il s'interrompit après un temps, se reculant légèrement même s'il devinait le souffle haletant du brun contre sa bouche.

« On discutera plus en détail de ton projet dès que j'en aurai fini avec toi et si je refuse toujours, tu te plieras à ma décision. »

Harry parut un instant abasourdi par l'affirmation catégorique du vampire mais, très vite, ses yeux s'allumèrent :

« Je ne…

- Tais-toi, chéri. »

Et coupant court à toutes nouvelles récriminations, le vampire mordit à nouveau Harry. Le liquide salvateur emplissait sa bouche et même s'il savait que rien sur cette terre ne pourrait à ses yeux être plus parfait que la saveur de son gryffondor, il avait parfois l'impression que son état de dépendance ne faisait que se renforcer au fil des semaines.

« Oh… Encore… S'il… S'il te plaît… Lus… »

Harry geignit pitoyablement, réclamant davantage de Lucius et pourtant, une partie de son esprit était outré de laisser le vampire gagner si facilement, quand bien même, il savait que son projet comportait nombre de risques. Malgré lui, il s'abandonnait complètement à la morsure, exaltant son envie du blond. Sa magie bouillonnait dans ses veines et il avait l'impression de mourir à chaque nouvelle caresse de Lucius sur son corps, mais, il désirait plus et n'y tenant plus, il invoqua sa magie pour faire disparaître les vêtements qui le privaient de la peau du vampire.

C'en fut trop pour l'un comme pour l'autre qui désespéraient de ne faire plus qu'un. A peine si Lucius prit le temps de murmurer un sortilège pour le préparer qu'il il le pénétrait déjà, son sexe l'emplissant à la perfection. Douleur de le sentir en lui si profondément en lui en une seule poussée, plaisir de le sentir bouger contre lui. Le vampire allait et venait en lui de plus en plus vite, son rythme se faisait presque anarchique alors que les doigts d'Harry se crispaient de toutes ses forces entre les draps emmêlés pour garder un semblant de contact avec la réalité qui l'entourait. Comme si cela ne suffisait pas, Lucius s'appliquait à chaque coup à le porter un peu plus près de sa libération.

Sa vision s'embrouillait, enivré par l'odeur de son vampire, exalté par la passion qu'il mettait en le faisant sien et finalement, il rendit les armes, sombrant corps et âme dans une salvatrice inconscience.

Harry ne sut pas exactement au bout de combien de minutes il trouva la force d'ouvrir les yeux. Son regard émeraude rencontra aussitôt les iris gris de Lucius qui le fixait avec préoccupation. L'inquiétude qu'il y lisait était si évidente. Machinalement, et comme pour rassurer l'homme, Harry se rapprocha au plus près de lui et ses doigts commencèrent à danser naturellement sur le torse encore moite de leur ébat.

Après de longues minutes dans ce silence tranquille où chacun retrouvait une respiration plus calme, Harry déposa un baiser sur l'épaule de Lucius et murmura tout contre sa peau :

« Arrête de t'inquiéter inutilement pour moi. »

Le vampire se contenta d'hausser un sourcil à la remarque d'Harry qui grogna en retour :

« Hé ! Ne te moque pas, je suis sérieux, là.

- Parce que tu crois que je ne le suis pas… »

Lucius se pencha légèrement et embrassa les lèvres pulpeuses, juste un effleurement délicat avant de reprendre :

« Tu crois que je compte prendre le moindre risque avec ta sécurité.

- Non, répliqua le brun.

- Bien. Nous sommes au moins d'accord sur ce premier point. »

Harry lui adressa un sourire lumineux et déposa un second baiser sur l'épaule du vampire.

« Le plan de Kings' est parfait et nous pourrons sauver de nombreuses vies.

- Tu vas sans doute penser que je ne suis qu'un enfoiré sans cœur mais je me fous comme de ma première robe de sorcier des autres, seule ta vie m'importe. »

Le brun reprit la caresse hypnotique de ses doigts et après un moment, il chuchota tout contre les lèvres de Lucius :

« Non, je suis très heureux de savoir que tout ce qui compte pour mon vampire, c'est moi, et tant pis si ça fait aussi de moi un enfoiré sans cœur. »

Il l'embrassa brièvement et poursuivit en se réinstallant tout contre le corps du blond :

« Drago et moi, nous nous ferons passer pour des étudiants-médicomages étrangers en formation. Nous irons à Sainte-Mangouste sous polynectar. Une heure… Deux heures par jour tout au plus si l'on prend un peu de potion avec nous. On pourra soulager les patients les moins graves avec notre magie.

- Une heure et pas une minute de plus ! Ensuite, tu reviens ici immédiatement ou je ne te laisserai plus jamais partir. »

Harry lisait dans le regard du vampire une détermination que rien ne pourrait faire flancher et il avait encore d'autres combats à livrer.

« Bien. Une heure mais tu m'attends au manoir. A deux, nous passerons inaperçus. Si l'on se rend à Sainte Mangouste avec toute une escorte, on sera repéré immédiatement par des sbires d'Ombrage. Et puis, Kings' m'a dit que Severus et toi allez avoir beaucoup plus de missions de repérage alors tu ne peux pas me demander de rester sans rien faire pendant ce temps-là. »

Harry attendit que d'un mouvement de tête, Lucius lui signifie une sorte d'accord tacite, puis, il reprit la danse hypnotique de ses doigts sur le torse parfait du vampire. Sa crainte d'une nouvelle dispute devait transpercer au travers du lien car le blond demanda avec une certaine dureté dans le ton :

« Quoi ? Qu'as-tu encore à me demander ?

- J'ai évoqué aussi avec Jack et Kings' le problème des cas les plus sérieux qui nécessitent une thérapie de plus longue durée… Comme Lisbeth.

- Tu ne peux pas rester plus d'une heure là-bas. C'est hors de question. Je refuse catégoriquement que tu prennes encore davantage de risques !

- Je sais… Ecoute… Kingsley pense que son ami, Walter Springer, pourrait nous aider sur ce point.

- Ce médicomage dont il a parlé avant-hier lors de la dernière réunion et qui voudrait soi-disant rejoindre l'Ordre…, reprit Lucius en persifflant, on ne sait strictement rien de lui. S'il était à la solde d'Ombrage… Ou pire, des renégats, il pourrait alerter immédiatement Lestrange de ta présence au sein de Sainte-Mangouste.

- C'est un ami d'enfance de Kings'.

- Et bien sûr, si Kingsley pense qu'il s'agit de quelqu'un de confiance, tu es prêt à lui confier ta vie sans aucune méfiance. N'as-tu donc rien appris de ces derniers mois ? »

La remarque était cinglante et Harry soupira fortement avant de murmurer d'un ton qu'il espérait calme pour ne pas entamer une nouvelle joute verbale avec Lucius :

« Ne sois pas ridicule, Lus… Je n'ai pas dit ça mais apparemment, Walter Springer fait partie des médicomages qui ont beaucoup œuvré pour l'Ordre pendant la guerre, même s'il n'a pas rejoint officiellement notre organisation. Il a aidé de nombreux sorciers nés-moldus qui étaient pourchassés par Ombrage en cachant leurs enfants non déclarés à Sainte-Mangouste dans son service de pédiatrie.

- Et pour autant… Qu'est-ce que cela change ? Tu ne peux pas rester là-bas au-delà d'une heure sans prendre le risque d'être rapidement découvert et ne crois pas que Severus cautionnera ce projet plus que moi. Il refusera lui aussi que Drago reste plus que nécessaire.

- Kings' pourrait au moins convier Walter Springer à une de nos réunions en le soumettant à un sortilège de fidelitas. Il ne pourra rien transmettre de ce qu'il entendra et nous verrons bien si l'on peut lui faire confiance.

- Godric Gryffondor passerait pour un pleutre face à toi ! »

Harry gloussa.

« Je suppose que c'est quelque chose comme un compliment dans ta bouche.

- Tu me connais décidément trop bien. »

Lucius lui adressa un sourire faussement moqueur et reprit :

« Bien… Admettons que ce satané Springer soit digne de confiance, tu ne m'as toujours pas dit quel est ton grand projet en dehors de t'offrir comme cible vivante à Sainte-Mangouste pendant une heure chaque jour.

- Je pensais que pour les cas les plus critiques, Springer pourrait nous aider à les évacuer et à les transférer ici. Stanley est d'accord pour aménager tout le second étage en une sorte de clinique de campagne, à l'image de ce qu'on a fait pour Lisbeth.

- Et en plus, tu es sérieux, n'est-ce pas ? »

Passant un bras encore plus possessif autour de la taille de son calice, Lucius rapprocha Harry de lui et embrassa doucement ses cheveux :

« Je n'étais déjà pas certain d'approuver la première partie de ton plan mais l'idée que tu fasses entrer au manoir de parfaits inconnus, que tu restes avec eux toute la journée pour les soigner avec ta magie, sans même savoir où va leur allégeance… C'est… C'est réellement de la folie.

- Tu ne dois pas t'inquiéter. Drago et moi repérerons les victimes de l'attaque du ministère les plus sévèrement touchées, ceux qui auront le plus besoin de nous sur des périodes importantes… Des personnes comme Lisbeth pour qui les médicomages n'ont plus aucun espoir véritable. Kings' pense que Springer pourrait convaincre le conseil administratif de Sainte-Mangouste d'une sorte de projet de partenariat avec une nouvelle clinique de soins magiques aux thérapeutiques très innovantes. Nous serions les apprentis-médicomages envoyés en formation par cette institution qui serait située en Irlande, en France ou au Danemark… Peu importe… En réalité, ce prétendu établissement sera simplement ici, chez Andromeda. »

Le brun grimaça à la mention de celle qui les avait accueillis au pire moment et leur avait permis de survivre après leur évasion du tribunal du Magenmagot et le vampire ne manqua pas au travers de leur lien toute la douleur de son calice à son souvenir.

« C'est un coup bas.

- Peut-être…, concéda Harry dans un sourire complice. Tu sais… Kings' est persuadé que Springer sera très heureux de nous servir de couverture, dans la mesure où cela pourra aider ses patients. Il viendrait tous les jours pour contrôler l'évolution des malades au contact de notre magie et dès que leur état sera stabilisé et ne nécessitera plus notre présence constante, ils seront transférés à nouveau vers Sainte-Mangouste pour qu'ils puissent se rétablir complètement.

- Tu vas épuiser ta magie entre Sainte-Mangouste et ceux que tu veilleras ici…

- Oui, mais j'ai un merveilleux vampire que j'aime plus que tout au monde pour m'aider chaque soir à me ressourcer complètement.

- La flatterie ne fonctionne pas avec moi, tu devrais le savoir depuis le temps…

- Qui ne tente rien… »

Harry adressa un petit clin d'œil amusé à Lucius et se redressa légèrement, envoyant valser au loin le drap qui le couvrait en partie. Il se leva avant de conjurer un vieux jean élimé ainsi qu'un tee-shirt parfaitement ajusté à sa taille et commença à se rhabiller sensuellement, prenant tout son temps alors que le regard du vampire s'attardait de façon indécente sur chaque partie de son corps. Quand il fut enfin prêt, il fit un tour sur lui-même auquel Lucius répondit d'une voix sarcastique :

« Je préfère largement lorsque tu es nu.

- Je m'en doutais un peu, à vrai dire…

- Où est-ce que tu vas ?

- Hermione et Ron ne devraient plus trop tarder maintenant. »

Harry ne manqua pas le soupir d'agacement de Lucius à la mention de son meilleur ami : si les deux hommes faisaient preuve d'une très relative amabilité en sa présence, il n'était pas dupe une seconde que ce tacite arrangement n'était que pour faire bonne figure devant lui car ils se détestaient cordialement.

« Pourquoi viennent-ils de si bonne heure ?

- Il est presque dix heures, tout de même…, répliqua Harry dans un sourire amusé.

- Merci pour cette précision, chéri et si tu pouvais répondre à ma question, j'apprécierai grandement.

- Je ne sais pas trop… Ils m'ont envoyé un message par hibou ce matin pendant que je vérifiais les constantes magiques de Lisbeth. Tu viens ? »

En une invite, le brun tendit la main au vampire encore dénudé et allongé dans leur lit et même s'il grogna pour la forme, de ne pouvoir profiter d'une longue matinée crapuleuse avec son calice, Lucius se leva et d'un informulé se trouva vêtu d'une robe de sorcier qui lui seyait parfaitement. Ils sortirent main dans la main et se dirigèrent vers le salon. Harry s'installa et aussitôt, il appela Kreattur qui se matérialisa à ses côtés, le saluant dans une révérence pompeuse :

« Maître Harry m'a demandé…

- Oui, Kreattur… Pourrais-tu amener ici un plateau de petit-déjeuner assez conséquent pour Drago et moi ? Severus et lui ne devraient plus trop tarder… Oh et autre chose… Préviens-nous dès qu'Hermione et Ron seront arrivés.

- Bien sûr, maître Harry. »

Kreattur se courba à nouveau et disparut dans un pop sonore. Une seconde plus tard, un plateau chargé pour nourrir une armée de géants affamés apparaissait sur la table basse faisant baver le calice d'envie.

« Ne les attend pas et mange, ordonna Lucius dans un sourire. Je t'ai pris beaucoup de sang hier soir et ce matin. Ce n'est pas très raisonnable.

- Pas grave… Tu sais que j'adore quand mon vampire perd le contrôle et me dévore… »

Harry prit une pause aguicheuse au fur et à mesure de sa remarque, faisant gronder Lucius quand la porte s'ouvrit avec fracas.

« Père… Beau-papa… Oh ! Pitié… Pas dès le petit-déjeuner, tout de même ! », ricana Drago en se vautrant sur un des fauteuils libres.

Le blondinet attrapa au passage une viennoiserie et quand Severus referma la porte du salon, Drago dégustait déjà la délicieuse pâtisserie confectionnée par Kreattur.

«Tais-toi et mange, Dray.

- Oh… Tu n'es vraiment pas drôle, Sev… Si je ne peux même plus taquiner Potty… »

Harry ricana et reprit aussitôt :

« Pas de soucis pour moi, Severus. Ca ne me dérange absolument pas. Je pensais simplement que Drago tenait un peu plus à sa part d'héritage, n'est-ce pas, Lus ? »

Comme pour abonder dans le sens de son calice, Lucius se contenta d'un simple acquiescement.

« Pourquoi faut-il toujours que tout le monde prenne systématiquement ta défense contre moi… », se lamenta Drago sous le regard clairement amusé des trois autres tandis qu'il attrapait une autre gourmandise chocolatée dont seul le vieil elfe de maison avait le secret.

Ainsi, ils se retrouvèrent tous les quatre à deviser et à manger avec appétit les succulents mets préparés à l'intention des deux calices. Ils discutèrent avec animation du projet aussi dangereux qu'improbable qu'avaient imaginé Harry et Drago avec la complicité de Jack et Kingsley quand Kreattur réapparut dans un plop sonore. Il s'abaissa aussitôt pour tous les saluer avant de déclamer :

« Maître Harry… Kreattur est navré de vous interrompre mais vos invités, Mademoiselle Granger et Monsieur Weasley, sont arrivés et je leur ai dit que vous les attendiez déjà au salon. Puis-je les faire entrer maintenant ?

- Evidemment, Kreattur…, répliqua le brun sans se soucier des soupirs en écho des deux Malefoy. Nous n'aurons besoin de rien d'autre pour l'instant. Alors, tu peux te reposer. Profite donc un peu de ce magnifique parc et de ce splendide soleil ! Et si ça ne te dérange pas de prendre Teddy avec toi pour qu'il s'amuse dehors lui aussi, ce serait vraiment très gentil… On vous rejoindra dès que possible, d'accord ? »

L'elfe sembla rougir, ses joues se couvrant d'une étrange couleur de tomates trop mûres et il s'inclina encore plus respectueusement :

« Maître Harry… Maître Harry a dit que je pouvais me reposer dans le parc…

- Euh… Oui… Avec tout ce que tu fais pour nous dans cette maison. Tu nous aides tellement, ne serait-ce qu'avec Teddy, c'est bien la moindre des choses.

- Je vous remercie, maître Harry, infiniment. »

Le vieil elfe dodelina de la tête comme s'il ne parvenait pas à comprendre la gratitude du gryffondor qui lui rappelait aussi un autre sorcier, le seul pour qui il avait éprouvé du respect et une réelle affection. Regulus Black était un brave garçon qui s'était sacrifié pour lui et tout comme son ancien maître, Harry était quelqu'un de courageux, de serviable, d'honnête. Jamais il n'aurait pensé que ce petit bout d'homme aurait pu accomplir de telles choses lorsqu'il l'avait croisé pour la première fois dans la maison des Black. Pourtant, il avait été capable d'affronter seul le seigneur des ténèbres, il avait en lui la magie des anciens et voulait consacrer sa vie à aider son prochain en guérissant les victimes de cette guerre qui ne finissait pas de blesser et de tuer des innocents. Décidément, ce jeune homme méritait amplement son respect comme il l'avait autrefois accordé à Regulus. Il s'inclina et reprit :

« Je fais entrer immédiatement Mademoiselle Granger et Monsieur Weasley. »

Une nouvelle fois, Kreattur s'éclipsait aussi brusquement qu'il était arrivé et une seconde plus tard, les deux autres membres du célèbre trio entraient dans le salon. Après de brèves salutations, ils les rejoignirent pour déjeuner, bien que plus frugalement car même pour Ron, rien ne pouvait égaler l'appétit démentiel d'un calice.

Alors qu'il se régalait d'un délicieux muffin à la myrtille, Harry ne manqua pas l'air étrangement inquiet qu'affichait Hermione. Nerveuse, la brillante sorcière tortillait le tissu de sa robe fébrilement. Sans se concerter, les deux calices libérèrent un peu de leur magie pour l'apaiser de son angoisse, quelle qu'elle fut. Après plusieurs minutes de ce traitement, Hermione se surprit à penser que peut-être, elle viendrait à bout de ses difficultés. Cet étrange regain d'énergie et d'optimisme la fit douter puis elle réalisa et se releva, ses yeux noisette fixant le serpentard et son meilleur ami qui toussota légèrement.

« Bien…, murmura Harry en se redressant et en faisant disparaître les restes du déjeuner d'un claquement de doigt, je ne savais pas trop pourquoi vous teniez tellement à nous voir dès ce matin mais… Vu ton état, Hermione, il serait préférable que tu nous expliques tout de suite ce qui ne va pas car je ne vais pas maintenir un flux modéré de magie alors que je te sens si… mal…

- Je suis désolé de vous embêter alors qu'il y a tellement de problèmes à gérer entre les Renégats, Ombrage et puis, il y a aussi votre merveilleux projet de dispensaire. Kingsley n'arrête pas d'en parler tellement il est enthousiaste à ce propos, mais…

- Oh… Mione, je t'en prie, oui, nous avons beaucoup de choses à régler, certes, mais s'il y a quoi que ce soit que l'on puisse faire pour te soulager un peu, il faut que tu nous le dises.

- Tu vois, je te l'avais dit ma chérie. Harry va t'aider. J'en étais sûr ! »

Devant la réplique enthousiaste de Ron, le brun ne put s'empêcher de sourire. Au moins, leur relation semblait progressivement s'assainir et retrouver une forme de sérénité.

« Evidemment. Alors, de quoi s'agit-il ? Dites-moi. »

Hermione sembla à nouveau en proie à une réelle mélancolie, de profonds regrets et elle se concentra à nouveau en froissant le tissu vaporeux de sa robe, sous le regard empli d'affection et de crainte du rouquin. Les autres lui laissèrent quelques minutes et finalement, elle murmura :

« Maman… C'est maman… »

Comme si ces quatre mots lui avaient coûté plus qu'elle ne pouvait tolérer, elle étouffa un sanglot étranglé et Ron se précipita à ses côtés, l'étreignant avec autant de douceur que d'amour. Il chuchotait dans ses cheveux qu'il allait tout expliquer, tout dire à Harry, qu'elle ne devait plus s'inquiéter autant. Après un moment, elle acquiesça d'un hochement de tête. Le rouquin releva le visage vers son meilleur ami :

« Le voyage en Australie… Ca ne s'est pas passé aussi bien qu'on l'a prétendu à notre retour. Le contre-sort a plutôt bien fonctionné pour son père, il a retrouvé à peu près tous ses souvenirs même si certains demeurent encore un peu flous… Par contre… C'est un échec total pour sa mère : elle ne reconnaît personne, elle est plongée dans une sorte de mutisme… On dirait… Je ne sais pas… On pourrait presque dire qu'elle n'a plus vraiment conscience du monde qui l'entoure. Hermione a lu tout ce qu'elle pouvait sur le sujet, elle a essayé nombre de potions, de sortilèges mais rien ne semble fonctionner et… On a vu ce que Drago et toi avez été capables de faire pour Stan, pour Lisbeth, alors je lui ai demandé de t'en parler… Elle ne voulait pas t'embêter avec tout ce que tu traverses de ton côté et je lui ai rétorqué que tu la détesterais bien davantage si elle ne t'en parlait pas. J'ai eu raison, pas vrai ? »

Harry jeta un regard désemparé à Lucius, regrettant de ne pouvoir chercher du réconfort dans son étreinte sur l'instant, puis, sans réfléchir davantage, il se précipita vers ses deux meilleurs amis et les serra aussi fort que possible en murmurant des « désolé » tandis qu'Hermione sanglotait. Quand il lui sembla que les pleurs se faisaient plus épars, Harry se recula légèrement et posa ses mains sur les joues rougies et couvertes de larmes de la jeune fille, plantant son regard émeraude dans le sien.

« Hé… Je suis furieux…, murmura le brun avec tendresse, vraiment furieux que Ron ait dû te convaincre de venir me voir pour que je t'aide. Mione, tu comptes tellement pour moi… Tellement… »

Harry lui adressa un sourire auquel elle répondit presque timidement.

« Bien… Puisque tu approuves le projet de Kings' de dispensaire, j'ai le privilège de te dire que Lus a donné son accord.

- Tiens, pourtant, je pensais que nous étions encore en phase de négociation.

- Tsss… Lus chéri, je t'aurai eu à l'usure, crois-moi ! Alors, Mione, ta maman va être notre première patiente officielle. Nous allons organiser le second étage avec Stan et Kreattur dès cet après-midi… Et demain, nous l'installerons dans une chambre à proximité de celle de Lisbeth. Oh… et Ron, j'aurai besoin de ton aide aussi. J'avais déjà évoqué cette difficulté avec Georges au cours de la dernière réunion quand on a commencé à parler de ce projet. On va clairement manquer d'espace pour les proches des patients et il avait suggéré qu'on utilise des tentes magiques qu'on avait lors de la coupe du monde de quidditch. Est-ce qu'avec Georges, vous pourriez en récupérer trois ou quatre que l'on installerait dans le parc ? Elles seraient destinées aux familles des patients et le second étage sera désormais réservé aux malades.

- Sans problème, je vois ça avec Georges tout de suite.

- Et bien sûr, vous serez avec Jack et Meredith nos premiers résidents familiaux dans les tentes.

- Je… Je pourrais… Enfin si ça ne vous gêne pas… Je pourrais vous aider, Drago et toi, bredouilla difficilement Hermione.

- Bienvenue dans l'équipe de médicomagie du dispensaire Andromeda Tonks, Granger. »

Harry adressa un sourire empli de reconnaissance à Drago qui grimaça en retour :

« Pitié, beau-papa ! Ne me fais pas déjà regretter cet élan de poufsoufflerie !

- Loin de moi cette idée... », ricana le brun sous le regard consterné de son vampire.

A suivre…