Hello !
Voici un nouveau chapitre où on revient du point de vue de Mayline ^^
Merci à tous ceux qui me suivent :)
Bonne lecture :)
08/07/2015
Chapitre 45 : Qui sème le vent
Bilbon et moi étions dehors pour voir Smaug s'éloigner. Les autres étaient restés à l'intérieur, impuissants et choqués. Je m'étais mise en hauteur pour voir ce spectacle auquel on ne pouvait rien faire. La compagnie se décida enfin à sortir et nous rejoignit. Smaug tournait autour de Lacville, entendait la cloche de la plus grande tour retentir, des larmes coulaient le long de mes joues.
J'aurais tellement voulu y aller et sauver toutes ces personnes mais hélas je ne le pouvais, alors je restais assise à regarder comme les autres. Smaug se décida à attaquer et lança un jet de flammes sur la ville. Mes pleurs redoublèrent et Balin posa sa main sur mon épaule.
- Il n'y a plus rien à faire, c'est fini déclarât-il.
- Kili... Sanglotais-je.
Je décidais de me relever et de me retourner, mon regard se portai sur Thorïn qui ne regardait pas la scène mais Erebor. J'avais un mauvais pressentiment le concernant, il n'était pas dans son état normal. Je regardais la compagnie attristée et remarquais que Bilbon ne quittait pas des yeux Thorïn. Tout d'un coup, un cri retentit dans le ciel, un crie d'agonie. Était-ce Smaug qui avait poussé ce hurlement
Cet horrible cauchemar était-il terminé pour de bon ? Une bouffée d'espoir m'avait tout à coup envahi. Mon regard se porta vers le ciel et vis le dragon tomber. C'était terminé, le cauchemar avait pris fin.
- Smaug est mort fit Bilbon en pointant la ville du doigt.
La compagnie se leva et regarda, il n'y avait plus aucune trace du dragon.
- La nouvelle va se rependre, la Terre du Milieu va savoir que Smaug est mort déclara Balin avec un bref sourire.
La compagnie laissa éclater sa joie, riant et se prenant dans les bras. Je restais réservée, étant toujours inquiète pour les autres. Je sentis tout à coup une grande main se poser sur mon épaule et vis qu'elle appartenait à Dwalin.
- Ne t'inquiète pas fillette, c'est moi qui ai entrainé ces deux crétins de frères, ils sont en vient, j'en suis sur me rassura-t-il.
Je répondis par un léger sourire, je ne devais pas imaginer le pire. Ils étaient en vie, c'étaient des guerriers après tout.
- Merci Dwalin fis-je en souriant.
Le nain me fit un sourire à son tour et me tapota l'épaule avant de se diriger vers Erebor. Je décidais de m'asseoir. La compagnie comprit que j'avais besoin de rester à l'extérieur et n'insista pas pour que je les suivent. Seul Bilbon vint s'asseoir à mes côtés tout en restant silencieux. Je sentis sa main prendre la mienne et la presser légèrement. Il voulait me donner un peu de force et de soutien par ce simple geste.
Je serrais sa main un peu plus fort pour me donner du courage tout en regardant ce qui restait de la ville. C'était de notre faute et il fallait l'assumer. Il nous faudrait apprendre à vivre avec cette tragédie sur la conscience. Je savais que j'allais ressentir cette culpabilité toute ma vie. Mais après tout je le méritais, qui sème le vent récolte la tempête.
J'errais à travers les ruines de Dale, j'étais sortis d'Erebor au petit matin avec le besoin de m'isoler. La cité était couverte d'une épaisse couche de neige. Les maisons étaient en ruine, les seules ayant encore un toit étaient pleines d'ouvertures laissant entrer le vent et le froid. Les murs en ruine étaient couverts de suie et de taches noires calcinées. Je passais près d'un chariot brisé et renversé.
Quelques arbres avaient miraculeusement survécu au feu du dragon. C'était devenue une ville fantôme, mais étrangement je m'y sentais bien, le calme qui y régnait m'apaisait. Mon regard se porta vers une vielle boutiquée de jouets. Elle était détruite, brulée par le feu du dragon. Les jouets avec lesquels les enfants jouaient autrefois étaient pour la plupart brisés au sol ou brulés.
Je me mise assise sur une pierre et me frottais les bras. J'avais froid, ayant oubliée de m'habiller chaudement avant de sortir. Quelle tête en l'air j'étais, j'allais tomber malade. J'aperçus une vitre de fenêtre brisée sur le mur en face de moi. Le reflet qu'elle renvoyait était celui d'une jeune femme brune au visage rougi et aux yeux cernés. Des larmes coulèrent sur mes joues, au moins mon apparence correspondait avec mon état d'esprit.
J'essuyais mes larmes d'un revers de la main. J'aurais donné n'importe quoi pour revenir en arrière. Retourner dans ma petite vie monotone mais moins lugubre que celle-ci. Je me levais et tendis la main vers une couche de neige au sol près de moi. Je me mis alors à faire un bonhomme de neige. J'avais l'impression d'être à nouveau une enfant, la vie était tellement plus simple à cette époque.
- J'aurais aimé ne jamais grandir confiais-je à mon bonhomme de neige une fois terminé.
Comme je y attendais, le bonhomme de neige ne me répondit pas. S'il l'avait fait je me serais sans doute enfouis en courant. Voilà que je me mettais à parler à un tas de neige, ça n'allait pas bien dans ma tête. Kili me manquait. J'espérais de tout mon cœur qu'il soit toujours en vie. Je n'avais aucune raison de rester à Erebor s'il n'y était pas. Je m'inquiétais aussi pour Thorïn, qui avait changé de façon terrifiante.
Je savais que l'or y était pour quelque chose. Les nains m'avaient parlé de Thror et de cette espèce d'anomalie mentale héréditaire dans leur famille. Mais j'avais toujours cru que Thorïn serait assez fort pour y résister. Lui qui était si têtu au point où des fois j'avais envie de lui coller des baffes. Je me mis à regarder le ciel et d'essayer de penser à autre chose. Je me mis alors à chanter pour me changer les idées.
Je revois la ville en fête et en délire
Suffoquant sous le soleil et sous la joie
Et j'entends dans la musique les cris, les rires
Qui éclatent et rebondissent autour de moi
Et perdue parmi ces gens qui me bousculent
Étourdie, désemparée, je reste là
Quand soudain, je me retourne, il se recule,
Et la foule vient me jeter entre ses bras...
Je poussais un soupir de déception, cette chanson était magnifique et pourtant je ne me rappelais plus de la suite.
- Très belle chanson commenta une voix derrière mon dos.
Je me retournais pour voir le propriétaire de cette voix même si j'avais deviné qui il étais. Il était là, à quelques mètres de moi, aussi beau que dans mes souvenirs.
-Kili... Soufflais-je.
Folle de joie, je me blottissais dans ses bras, respirant à pleins poumons son odeur. Kili me serra fort contre lui.
- J'ai eu si peur... Souffla-t-il.
Le nez enfouit dans son cou, je répondis par un gémissement. Kili finit par reculer et m'embrassa. Je m'accrochais à son cou et répondis à son baiser, mais à contrecœur j'y mis vite fin pour rependre mon souffle.
- Est-ce que tout le monde va bien ? Lui demandais-je inquiète en réalisant qu'il était seul.
- Oui, ne t'inquiète pas, nous sommes tous rentrés Erebor, c'est Gloin qui m'a dit que tu te trouvais ici me rassura-t-il.
- As-tu vu ton oncle ? Demandais-je, hésitante.
- Oui me répondit-il d'un air sombre.
- Il est...
- Oui, il est étrange, il a changé.
- On devrait faire quelque chose pour l'aider.
- Oui mais d'abord on va retourner au pres des autres avant que tu ne te transforme en glaçon se moqua-t-il en me voyant grelotter.
Il me passa son manteau autour de mes épaules et me pris dans ses bras. Je posais ma tête sur son épaule et fermais les yeux. J'étais tellement bien dans ses bras, un sourire étira mes lèvres. Je ne regrettais plus mon monde, tant que Kili était à mes côtés, je pouvais tout affronter.
