Hello tout le monde !
Suite au retour de la diffusion de la saison 2 de Revolution, je me suis remise à cette fic que j'avais laissé de côté. L'une des raisons était que j'avais loupé la diffusion de 6 épisodes, ce qui fait un beau trou au niveau narratif qui aurait manqué, l'autre étant des projets d'écriture plus personnels. Bref, j'ai pu me refaire toute la première saison dans son intégralité (merci la Fnac !) avant de voir les 3 premiers épisodes de la saison 2. On commence fort, j'adore toujours autant Monroe (quel charisme ce David Lyons !) et les autres (excepté Rachel, désolé j'ai vraiment du mal avec ce perso).
Bref, tout ça pour dire que ma fic est de nouveau sur les rails ! A ce propos j'ai très légèrement retravaillé les autres chaps avec un rectificatif majeur : Strausser était mort, tué par Rachel. J'ai donc modifié par le fils Strausser, digne héritier de son père.
Donc nous voici à la fameuse confrontation Bass/Beth. Le général va-t-il réussir à tout faire avouer à notre prisonnière ? Bonne lecture !
PS : Je tiens encore à remercier ma fidèle Quetsche et toutes celles qui lisent cette histoire et la suivent.
Disclamer : Les personnages ne m'appartiennent pas, je ne fais que les emprunter, excepté le sergent Sanders et sa fille Beth, ainsi que le lieutenant Jefferson qui sortent tout droit de mon imagination.
Chapitre 3 : Rencontre avec une prisonnière
Le général Monroe s'avançait dans les couloirs mal éclairés de la prison, encadré par quelques membres de sa garde personnelle. Il était très rare qu'il se déplace pour interroger lui-même des captifs, exceptés s'ils étaient une très grande importance. Or la fille de l'ex sergent Sanders ne relevait pas du tout de ce cas de figure. L'entretien avec le lieutenant Jefferson avait piqué sa curiosité. Se pourrait-elle qu'elle soit une rebelle pour garder le silence malgré les menaces qui pesaient sur sa vie et celle de son père ? Avait-elle seulement réalisé qui il était, lui Monroe, le sauveur de la République ? Il vit un officier qui s'apprêtait à rentrer dans la cellule, tenant dans ses mains un couteau de cuisine dont la lame était longue et tranchante. Il s'interrompit quand il s'aperçut que Bass s'arrêtait au même niveau et le salua.
« Mon général.
- Officier, qu'alliez-vous faire ?
- Je m'apprêtais à réinterroger la fille du sergent Sanders, mon général.
- Et que comptiez-vous faire avec ceci ? interrogea-t-il en désignant de la tête le futur instrument de torture.
- Mon général, elle ne répond pas à mes questions, je pensais que…
- Je me charge de son interrogatoire, décréta-t-il avec fermeté.
- Mais…
- Oseriez-vous contredire mes ordres ? siffla Bass avec un regard réprobateur.
- Non, mon général. Pardon mon général, s'excusa l'officier en baissant la tête. »
Il ouvrit la porte avec la clé qu'il avait conservée puis s'écarta pour le laisser passer. Sebastian pénétra dans la cellule, les mains derrière le dos et découvrit assise sur une chaise une femme, les vêtements sales et déchirés au niveau de son épaule droite, laissant deviner un bandage à l'omoplate. Elle avait la tête baissée, et ses cheveux marron et ternes, car pas lavés depuis plusieurs jours, formaient un rempart, dissimulant son visage. L'officier suivit le général mais ce dernier se tourna vers lui.
« Laissez-moi m'entretenir seul avec la prisonnière.
- Mais si elle tentait de…
- Cela suffira, ordonna-t-il.
- Bien mon général. »
L'officier quitta la pièce et referma la porte derrière lui dans un grincement sinistre. La prisonnière n'avait pas relevé la tête, pas même à la mention de son grade. Pourtant n'importe quel civil lui devait le respect puisqu'il était le dirigeant. Il se retint de recourir à la force et appliqua sa stratégie favorite, celle de passer pour un homme bon et préoccupé par ses citoyens. Monroe avait pour habitude de laisser une chance, une seule. Si son opposant persistait, alors il employait les mesures radicales. Que ce soit un homme ou une femme ne modifiait en rien ses méthodes. Il se tenait à quelques mètres d'elle, le dos bien droit et les jambes légèrement écartées.
« Je suis navré de la façon dont vous avez été traitée, Beth, dit-il. Rien ne justifiait un tel comportement de la part de mes hommes. »
La prisonnière ne dit rien, ne bougea pas.
« Je me présente. Je suis le général Monroe. »
Son annonce n'eut guère plus d'effet. Bass songea que sa patience atteindrait vite ses limites si elle persistait dans son attitude.
« Vous devez savoir que ma présence en ces lieux est exceptionnelle.
- Dans ce cas, vous n'étiez pas obligé de vous donner cette peine pour moi, répliqua la jeune femme. »
Monroe retint un sourire, cette prisonnière avait du cran. La conversation allait peut-être se révéler plus intéressante qu'il ne l'avait cru. Il avait toujours éprouvé une certaine fascination pour ceux qui lui résistaient. Il s'investissait alors avec d'autant plus d'acharnement jusqu'à ce que sa victoire soit éclatante et totale.
« Je commençais à penser que je n'entendrai jamais le son de votre voix, Beth, déclara-t-il calmement. Je vais peut-être finir par apercevoir votre visage que vous dissimulez soigneusement.
- Elisabeth, rectifia-t-elle durement.
- Je pensais que tout le monde vous appelait ainsi, justifia-t-il.
- Mes proches oui. Mais vous, vous n'en faites pas partie. »
Le général inspira profondément. La fille Sanders était insolente. Elle allait le payer très cher.
« Vous ne manquez pas de répartie, reconnut-il en faisant quelques pas. Vous feriez merveille dans les rangs de la Milice. Héritage paternel je présume ?
- Maternel, désolé de vous contredire. Et avant que vous ne fassiez une quelconque allusion, ma mère est morte peu de temps après le blackout, donc non, vous ne pourrez pas vous en prendre à elle. »
Elle finit par relever la tête avec lenteur et Bass put enfin apercevoir son visage, tuméfié par les coups. Ses joues étaient rouges foncées à force d'avoir été frappée au même endroit, ses lèvres étaient gonflées. Mais ce qui intrigua le plus le général, c'était son regard. Des yeux marron emplis d'un mélange de colère et de souffrance. Elle se tint bien droite, comme pour ne pas se laisser impressionner, mais ne put laisser échapper un gémissement de souffrance en ayant ravivé sa blessure à l'épaule. Monroe s'avança en tendant le bras pour mieux constater les dégâts.
« Ne me touchez pas, lui interdit elle avec un mouvement involontaire de recul. »
Il s'arrêta dans son geste. Il avait perçu l'éclat de peur qu'elle avait eu par ce simple geste. La violence physique répétée avait eu raison d'elle et elle développait désormais une phobie au moindre contact. Il décida de rester dans la même stratégie.
« Je suis désolé pour votre mère, s'excusa-t-il. Pourrais-je vous demander en quelles circonstances ?
- Elle était gravement malade, un cancer, c'est ce que mon père m'a expliqué après quelques années. Elle devait recevoir un traitement qui avait toutes les chances de réussir, un traitement à base de chimio et de radiothérapie. Elle s'apprêtait à faire sa première séance quand il y a eu le blackout… »
Bass comprit aisément la suite des événements. Sans ce traitement, Mrs Sanders n'avait eu aucune chance de rémission. Le blackout avait fait tellement de dégâts sur l'humanité. Il ne pouvait que ressentir une certaine empathie pour cette fin si triste.
« C'est regrettable, murmura-t-il en la fixant de ses prunelles bleu. Vous deviez être jeune à cet instant.
- J'avais 13 ans, mon père m'a élevé du mieux qu'il pouvait, il voulait s'assurer que je ne manquerai de rien. »
Elle laissa échapper un soupir et ferma brièvement les yeux avant de les rouvrir sur le général.
« Ecoutez, si on arrêtait de tourner autour du pot ? Vous êtes ici parce que mon père s'est sauvé. Mais je vous répète que je n'ai aucune idée d'où il a pu se rendre. Je n'étais même pas au courant qu'il partait et je ne sais même pas pourquoi !
- Pourtant, vous vous enfuyiez avec lui, contredit Monroe.
- Il m'a entraîné avec lui, je n'ai pas vraiment pu m'opposer sinon je l'aurais fait. Tout est allé tellement vite…
- Connaissez-vous le capitaine Tom Neville ? interrogea-t-il en l'interrompant.
- Pas beaucoup, avoua franchement Beth. Il est venu dîner avec sa femme et son fils une fois chez mon père, à l'époque où je vivais encore avec lui. Pourquoi ?
- Vous n'êtes donc pas au courant que le capitaine a trahi la République et est désormais en fuite ?
- Non, je l'ignorais, répondit-elle avec une certaine surprise. Mais que vient faire mon père dans tout ceci ?
- Nous pensons que le sergent Sanders aurait pu avoir une idée de l'endroit où il se cacherait, déclara-t-il. »
Il ne révéla pas la vraie raison de cet interrogatoire, à savoir qui la Milice recherchait véritablement. Moins il en disait et plus il aurait l'opportunité que son adversaire laisserait échapper une information capitale. Il attendit patiemment, la jeune femme semblait réfléchir. Elle finit par le regarder de nouveau.
« Je ne vous crois pas, annonça-t-elle avec calme.
- Et pourquoi cela ? demanda-t-il, les lèvres serrées.
- Parce que jamais mon père n'aurait quitté la Milice pour une simple demande de renseignements. Je ne sais pas pourquoi il est parti aussi rapidement ni où. Mais quand bien même je le saurai, je ne vous dirai rien. »
Le général serra les poings. La fille Sanders avait dépassé les limites, il était temps d'arrêter d'être gentil et compréhensif. Il s'avança et perçut, non sans une certaine réjouissance, la disparition de l'assurance de la jeune femme. Il se baissa à son niveau, une main placée sur le dossier de la chaise.
« Je crois que vous ne réalisez pas la gravité de vos propos, dit-il avec un rire moqueur.
- Vous parlez de ce qui m'attend avec mon tortionnaire ? Qu'il continue ! lâcha-t-elle avec défi. Qu'il me brûle, me lacère, m'étouffe. Cela ne changera rien.
- N'avez-vous pas peur de mourir Elisabeth ? questionna Bass.
- Mais je suis déjà morte. »
Cette phrase interpella le général, était-ce une nouvelle bravade de sa part ?
« Vous êtes condamnée ici en effet.
- Non, je suis déjà morte depuis un an. »
Monroe fut déstabilisée par la réponse. Elle était pourtant bien vivante, malgré les nombreuses blessures et même si elle finirait par y succomber un jour, pourquoi parlait-elle au passé ?
« Que voulez-vous dire ? interrogea-t-il en penchant la tête de côté.
- Vous savez ce que ça fait de tout donner à quelqu'un, de penser que vous ne faites qu'un, que cela durera toute votre vie et de s'apercevoir qu'en réalité vous avez été trompée ? demanda Beth en le regardant droit dans les yeux. Que vous n'étiez qu'un objet, un but qu'il devait atteindre ? Le jour où cette personne quitte votre vie, vous êtes morte. Vous pensez que vous rêvez et que vous retrouverez la réalité en vous réveillant. Vous pensez que vous devez apprendre à vivre autrement. Sauf que vous en êtes incapable. Parce que cela signifierait la fin du rêve. Et en plus, vous ne pouvez pas vous empêcher de vous faire du mal en pensant encore à cette personne comme quelqu'un de bien. Alors, oui, je suis morte depuis un an. Et rien de ce que vous me ferez subir ne sera plus intolérable que cette douleur morale. Au contraire, peut-être que ce sera enfin la fin de mes souffrances. »
Le cœur de Bass cognait fort dans sa poitrine. Cette douleur, il ne la connaissait que trop bien. Mais il ne devait pas se laisser déstabiliser ainsi.
« Vous dites cela afin que je me montre indulgent, ricana-t-il en se redressant et en lui tournant le dos. Vous pensez vous en tirer avec de belles phrases émouvantes.
- Pensez ce que vous voulez, ça m'est égal. Si je peux accélérer ma mort en vous provoquant, alors je ne vais pas m'en priver. »
Monroe avait perdu son air victorieux, il serrait les dents par peur d'exploser. Il voulait lui hurler qu'elle mentait, qu'elle n'avait aucune idée de la souffrance quand un être cher vous trahissait, aucun son ne pouvait franchir ses lèvres. Il était en proie à des émotions contradictoires. Il se dirigea vers la porte sans un regard pour la prisonnière.
« Vous resterez dans cette cellule jusqu'à ce que votre père daigne se manifester, déclara-t-il abruptement. Elisabeth. »
Il quitta la pièce, furieux de se sentir aussi vulnérable. Ses officiers ressentirent immédiatement sa contrariété et reculèrent légèrement.
« Mon général, que faisons-nous de la prisonnière ? balbutia l'un d'entre eux.
- Gardez-la en cellule mais ne lui faites aucun mal. Vérifiez que ses blessures ne s'infectent pas et donnez-lui de quoi manger et boire. Il se pourrait qu'elle puisse nous servir d'appât, ordonna Monroe en marchant d'un pas décidé. »
Il partit aussi vite qu'il pouvait, l'air lui manquait et il tenait à mettre le plus de distance possible entre lui et cette Beth Sanders. Car elle était plus dangereuse que ce qu'il aurait cru.
La confrontation aura été inattendue pour notre général Monroe. Une petite idée sur ce qui est réellement arrivé à Beth ? Quelles seront les conséquences de cette discussion ? Le sergent Sanders va-t-il tenter de sauver sa fille, quitte à se jeter dans la gueule du loup ? Vous aurez les réponses prochainement. Je vous dis à bientôt et s'il vous plaît, pensez à la petite review ! Ça prend peu de temps et ça fait plaisir à l'auteur. Merci !
