Hello tout le monde !

Pas de doute, je reprends cette fic ! Nous voici avec le chap 4. Comment Monroe va-t-il réagir suite à sa confrontation avec Beth ? Cette dernière a-t-elle une chance de s'en sortir ? Bonne lecture !

PS : Je tiens encore à remercier toutes celles qui lisent cette histoire et la suivent.

Disclamer : Les personnages ne m'appartiennent pas, je ne fais que les emprunter, excepté le sergent Sanders et sa fille Beth, ainsi que le lieutenant Jefferson qui sortent tout droit de mon imagination.


Chapitre 4 : Tourments

Le général Monroe ne savait plus à combien de verres il en était. Il pensait en avoir terminé avec ses problèmes d'alcool avant le blackout, mais à chaque coup dur il replongeait. Comme lorsque Miles avait décidé de l'éliminer. Voir son visage penché au-dessus de lui alors qu'il venait à peine de s'éveiller, l'arme dirigée sur sa tête, avait été le plus affreux des cauchemars, la pire trahison qu'il ait pu endurer. Matheson en fuite, il s'était ensuite pris la plus mémorable cuite de sa vie, comme si une fois dessoûlé, il se rendrait compte qu'il ne s'agissait que d'un mauvais rêve. Bass serra les dents. Merde, il venait encore de repenser à son frère de cœur, son frère de sang alors qu'il s'était juré de cesser de le considérer comme tel.

Il était retourné dans ses quartiers il y a plusieurs heures, en proie à une grande agitation. Il avait ordonné à ses soldats de ne le déranger sous aucun prétexte. Ces derniers s'étaient empressés de lui obéir, effrayés à l'idée de subir ses foudres. Le seul ami qui lui restait, le capitaine Jeremy Baker, avait affiché une légère expression entendue, comme s'il savait quel était le problème. Le pire était qu'il ne s'agissait même pas de Miles, son entretien avec la prisonnière Sanders en était la véritable raison.

Beth, Elisabeth ou peu importe comment elle s'appelait ! Comment avait-elle pu tenir de tels propos à son encontre, qui étaient si vrais ? A croire qu'il s'agissait d'une incarnation personnifiée de ses tourments ! Elle avait exprimé à voix haute ce que lui-même ressentait et gardait au fond de lui depuis tout ce temps. Il n'avait pu s'empêcher de rêver au cours de ces années que Miles reviendrait vers lui, lui supplierait de l'excuser pour son égarement. Malgré l'atrocité de son acte, Bass lui aurait pardonné, trop heureux de le retrouver, de l'avoir à ses côtés. Oui, il lui arrivait toujours de penser à lui comme un homme bien, respectable et auquel il serait toujours loyal. Car depuis cet instant où ils s'étaient jurés d'être toujours présents l'un pour l'autre quoi qu'il arrive, à l'âge de 8 ans, Monroe avait dévoué sa vie à son ami. Il l'avait suivi en Afghanistan alors que Miles s'était engagé pour une raison qu'il ignorait, bien que ce ne fût pas la vocation à laquelle il aspirait plus jeune. Ils avaient tout partagé ensemble, les joies, les peines, une pointe de jalousie, et même Emma, leur amour de jeunesse. Et aujourd'hui que leur restaient-ils ? Un fossé d'incompréhensions, de douleur mêlée de trahison, des regrets. La flamme d'espoir que Monroe avait conservé s'était définitivement éteinte lors de leur dernière confrontation. Alors qu'ils s'apprêtaient à se défier à l'épée, Bass avait cherché dans le regard de son meilleur ami une preuve qu'ils conservaient ce lien si particulier qui les unissait. Il n'y avait rien trouvé.

De rage, il jeta son verre contre le mur ainsi que la bouteille de whisky désormais vide. L'alcool devrait l'aider à l'oublier, pourquoi n'y arrivait-il pas ? On frappa à la porte.

« J'avais ordonné de ne pas me déranger, gronda le général.

- Mon général, c'est Ed Stewards qui vous envoie une de ses favorites pour vous remercier, bégaya un officier de l'autre côté de la porte. »

Le chef de la Milice réfléchit. Il avait peut-être besoin d'une compagnie qui le distrairait. La fille ne passerait pas forcément un bon moment mais Monroe ne s'était jamais donné la peine d'être galant avec la moindre d'entre elles. Beaucoup se portaient volontaire afin de se vanter auprès de leurs amies, espérant même obtenir des privilèges de sa part. Mais Bass n'était pas dupe de leurs intentions et après en avoir bien profité, les chassait sans ménagement pour ne plus jamais les revoir.

« Faite-la entrer, ordonna-t-il. »

La porte s'ouvrit sur une jolie blonde, vêtue d'une robe échancrée qui lui arrivait à mi-cuisses. Elle sourit avant de s'incliner respectueusement.

« Mon général, permettez-moi de vous adresser les remerciements de M Stewards pour les services que la Milice lui a rendu. Je suis à votre entière disposition, déclara-t-elle d'un ton qui se voulait doux et obéissant.

- Relève-toi, murmura-t-il fermement. »

La jeune femme obéit et lui jeta un bref regard, elle ne montrait aucune peur. Monroe n'hésita pas plus longtemps et se jeta sur elle pour l'embrasser frénétiquement. Elle répondit à son appel, gémissant alors qu'il touchait son corps sans aucune délicatesse et la poussait pour la plaquer contre le mur. Elle voulut répondre à ses caresses mais il l'en empêcha.

« Montre-moi ce que tu sais faire, commanda-t-il. »

La blonde sourit avant d'inverser leurs positions et de lui déchirer sa chemise. Elle descendit tout en passant sa bouche le long de son torse. Grisé, Monroe laissa échapper un grognement quand elle posa les mains sur sa ceinture. Elle détacha la boucle et leva la tête vers lui avec un regard entreprenant. Bass se figea. Elle avait les yeux marron. Comme cette prisonnière, la fille Sanders. Il ferma et ouvrit très rapidement les yeux. La blonde avait disparu, faisant place à Beth dans cette posture si humiliante pour certaines, qui était là à le fixer le menton levé, comme pour le défier. Il repoussa brusquement la fille, la faisant tomber sans ménagement.

« Sors, s'écria-t-il.

- Mon général… Qu'ai-je fait ? balbutia la blonde qui ne comprenait pas.

- SORS ! hurla-t-il, lui faisant pousser une exclamation de frayeur. »

Elle se releva maladroitement et courut jusqu'à la porte en trébuchant avec ses chaussures à talons hauts. Il claqua la porte derrière elle et jeta sur le sol tous les bibelots posés sur la commode, provoquant un fracas de verre brisé. Il donna un violent coup de poing dans le mur avant de s'effondrer au sol dans la pénombre, en proie à ses tourments habituels.


Beth se réveilla au son d'un grincement de serrure. Le geôlier apporta son repas sans un regard aimable et en silence. Ce n'est qu'une fois parti que Beth se précipita sur la nourriture. Elle n'avait guère eu l'occasion de se restaurer les premiers jours de son arrivée et elle n'avait pas retrouvé toutes ses forces. Elle apprécia du mieux qu'elle put le repas moyennement appétissant avant de se rallonger sur sa couche en fixant le plafond.

Elle se demanda si le sursis de vie qu'on lui avait accordé jusqu'à présent cesserait. Cela faisait deux jours qu'elle était dans cette cellule depuis la visite du général Monroe en personne. Comme il l'avait ordonné, personne ne l'avait frappée depuis. Les soldats en charge de sa surveillance se contentaient de lui donner de quoi manger et boire, le médecin venait dans la journée pour vérifier l'état de ses blessures. La plupart de ses contusions étaient en voie de guérison et la plaie conséquente à la fusillade s'était presque complètement refermée, on devait lui retirer les points de sutures d'ici trois jours.

Mais la jeune femme ne pouvait s'empêcher d'être méfiante. Quel sort lui réservait le général Monroe ? Avait-il réellement un stratagème afin de débusquer son père ? Se servirait-il d'elle comme appât ? Après son entretien, elle s'était rappelée de sa fuite précipitée avec son père et les paroles qu'il avait échangées. Neville en fuite et la Milice qui courrait après lui, Jefferson en tête. Ces informations lui avaient complètement échappé ces derniers jours, trop préoccupée par les coups répétitifs et la douleur physique. Toutefois, elle savait pertinemment qu'elle n'allait pas rapporter à la Milice ce trou de mémoire passager. Dans tous les cas, elle n'avait aucune idée précise de l'endroit où Barry aurait pu se rendre et elle n'avait aucune intention de leur fournir une éventuelle piste.

Elle se demanda brièvement ce qu'il était devenu. Elle était certaine qu'il était toujours en vie et qu'il était caché quelque part. Peut-être tenterait-il de la soustraire à ses ravisseurs ? Ce maigre espoir s'envola presque aussitôt. C'était bien trop risqué, un homme seul et recherché de tous, prenant d'assaut la forteresse dans laquelle elle était tenue prisonnière ? Autant se résoudre à mourir comme elle l'avait annoncé à Monroe.

Elle n'avait pas fait exprès de répondre au général avec autant d'aplomb, elle ne savait même pas d'où elle avait pu avoir ce courage. Probablement de sa mère qui avait affronté et lutté contre la mort avec dignité. Beth se revit à son chevet peu après le blackout. Cette dernière lui avait souri, lui caressant les cheveux en lui murmurant que tout irait bien, qu'elle devait être une petite fille courageuse. Elle avait ensuite fermé les yeux, et c'était terminé.

Beth songea au général Monroe. C'était la première fois qu'elle le voyait d'aussi près. Elle l'avait déjà aperçu au cours d'un défilé à l'âge de 21 ans. Son père était fier de montrer qu'il servait la République et avait tenu à ce qu'elle y assiste. Le souvenir qu'elle avait du général ne ressemblait guère à l'homme qu'elle avait rencontré il y a deux jours. Il était souriant, paradant aux côtés du général Matheson, commandant de la Milice. La foule les acclamait en héros et les filles étaient prêtes à se jeter sur eux, dans des cris d'admiration. Elle-même avait admis qu'il ne manquait pas d'un certain charisme.

Mais ce n'était plus le même homme désormais. Beth avait tenté de résister mais elle avait fini par lever la tête pour fixer le responsable de sa détention. Si elle avait dû choisir un adjectif pour le qualifier, il s'agirait de torturé. Il ne souriait plus, son visage était marqué par les traces d'une lassitude extrême. Il paraissait méfiant sur tout et de tous ceux qui lui obéissaient. Et quand elle avait plongé ses yeux dans les siens, elle avait reconnu la même souffrance qu'elle endurait depuis un an. Des démons qui ne cessaient de le tourmenter. Cette ressemblance malgré leurs divergences l'avait troublée bien plus qu'elle ne l'imaginait. Peut-être était-ce la raison pour laquelle elle lui avait répondu ainsi, afin de lui montrer qu'il existait d'autres blessures qui ne se voyaient pas forcément à l'œil nu pour ceux qui n'avaient pas de peine.

Elle entendit un nouveau bruit de serrure et elle fronça les sourcils. Le médecin ne devait pas venir avant plusieurs heures. Elle s'assit sur le lit, attentive. L'officier qui l'avait frappé tant de fois, pénétra dans sa cellule avec un sourire qui n'augurait rien de bon.


Après avoir passé le reste de la nuit dans une semi-agitation, Bass avait quitté ses appartements, déterminé à oublier cette mésaventure. Il avait fait parvenir un mot d'excuse à Ed Stewards concernant son comportement de la veille envers sa favorite. On lui avait rapporté qu'une unité était sur les traces des Matheson. Randall Flynn lui avait montré les progrès effectués grâce aux pendentifs et aux amplificateurs. Pendant deux jours, le général se consacra entièrement à sa tâche. Mais lorsque le soir arrivait et qu'il se retrouvait seul, les paroles de la prisonnière résonnaient comme un chant perpétuel, l'empêchant d'être en paix. Il faut dire que depuis la trahison de Miles, Bass n'avait jamais réussi à dormir plus de deux heures d'affilées et ce sommeil n'était pas de tout repos. Avec sa confrontation avec la fille Sanders, c'était pire. Soit il l'entendait lui parler, soit lorsqu'il fermait les yeux il la voyait, son regard reflétant sa propre souffrance.

C'est pourquoi après une deuxième nuit aussi harassante que la précédente, il prenait la direction de la prison. Monroe en était venu à la conclusion que le seul moyen pour lui de se débarrasser de ce problème était de se confronter de nouveau avec la prisonnière. Il s'était laissé déstabiliser par son adversaire la première fois. Il était persuadé que mieux préparé, il en sortirait vainqueur. Et s'il devait tuer la fille Sanders pour y parvenir, il n'hésiterait pas un seul instant.

Il pénétra dans la forteresse, demandant à être conduit auprès de la fille Sanders. Un officier acquiesça et l'enjoignit à le suivre. Ils descendirent une volée de marches pour arriver au sous-sol. Ils avaient commencé à traverser le couloir quand ils entendirent un hurlement quelques mètres plus loin. Un garde se tenait devant la porte d'où provenaient des cris de protestation d'une femme entrecoupés de jurons d'un homme, et semblait impassible face à la situation qui se produisait à l'intérieur. Il tourna la tête et pâlit en reconnaissant son chef. Monroe comprit aisément qui se trouvait dans cette pièce.


Comme vous le voyez, c'est gai dans les prisons de la République. Beth va-t-elle s'en sortir vivante ? Comment va réagir Monroe ? Je vous dis à bientôt et s'il vous plaît, pensez à la petite review ! Ça prend peu de temps et ça fait plaisir à l'auteur. Merci !