Note : Ah, Corazon et Law… Ces personnages ont vraiment un don pour m'inspirer.

En vous remerciant pour les reviews du premier texte !


Il fait nuit. Un silence profond règne dans l'air, comme un spectre transparent avançant sans bruit, laissant traîner derrière lui son long voile parsemé d'étoiles éphémères.
Tout semble calme, et pourtant, une grande agitation règne dès lors dans les alentours de la petite ville.
Une fête semble s'être terminée, l'odeur de soufre des feux d'artifices lancés un peu plus tôt dans la soirée flotte dans l'air, la fumée projetée par ceux-ci étant venue formée un fin nuage de teinte plus claire que le ciel nocturne lui-même par-dessus l'horizon.

Les lumières lointaines de la ville semblent s'éteindre les unes après les autres, laissant le fil sombre conducteur de la nuit prendre le dessus, enveloppant de ses bras obscurcis la petite île endormie de manière douce et muette.

Par-dessus la plaine, auprès d'un bras de rivière longé par des saules, se trouvent deux silhouettes. Elles sont là, endormies l'une contre l'autre, sous les larges branches de l'un de ces arbres dont les teints semblant avoir virés vers le bleu avec les délicates nuancées de la lune rendent l'atmosphère d'autant plus délectable que paisible.
Elles sont là, l'une enfuie par-dessous le duvet du premier auquel elle semble s'accrocher dans son sommeil angélique, ses sourcils venant se froncer par moment malgré elle, la seconde ayant entourée de ses bras fins la silhouette de son cadet, comme pour la protéger du froid de la nuit qui rodait autour de leurs deux êtres assoupis, ou alors pour tout simplement pouvoir la garder le plus près de son cœur battant lentement au rythme de leurs respirations flegmatiques synchronisée dans ce profond silence, afin de s'assurer de sa simple présence à ses côtés.
Ils n'ont pas assez d'argent que pour loger dans une auberge, mais l'habitude d'avoir dormi des nuits durant à la belle étoile ne les dérange plus, vaguant sous les ponts, sous les arbres, dans les champs, là où personne ne risquait de les trouver, là où ils pourraient tout deux récupérer leur sommeil accumulé de ces longues journées passées à marcher, à voyager, à fuir, à rire, ces longues journées remplies de retournement et d'émotions, ces longues journées dont ils ne pouvaient jamais prévoir le prochain déroulement tant elles semblaient toutes plus aléatoires les unes que les autres.

Ils savent que ces futiles instants de joies ne vont gèrent durer infiniment. Ils savent qu'un jour, la foudre va tonner sur eux, que l'océan entier va se déchaîner, les séparer l'un de l'autre, les projeter à des lieux de leurs jours de lumières passées l'un avec l'autre.

Mais en cet instant, ce qui peut arriver par la suite n'a pas d'importance.
Ils sont simplement là, dans les bras l'un de l'autre, semblables à deux oiseaux se serrant dans leur petit nid conçu de frêles brindilles, à la lisière de la tempête.
Ils sont là, sans se soucier de leur avenir, sans se soucier de ce qui les entoure, se contentant de savourer cet instant à proximité l'un de l'autre dans cette atmosphère chaude et réconfortante, cette atmosphère qui symbolisait leur relation entière ; remplie d'une douceur et d'une délicatesse des plus apaisantes et des plus calmes...

Ils sont là, sans personne pour les séparer, face à ce monde imposant qui les englobent, sous cette lune d'une blancheur des plus pures, leurs cœurs battant à l'unisson l'un contre l'autre, comme la douce mélodie provenant d'une boite à musique pour enfant dont on viendrait allumer le petit moteur argenté, ces quelques notes venant résonner dans le calme éperdu de la petite plaine déserte à proximité de laquelle ils venaient de s'assoupir.

Il fait nuit. Et la plénitude qui en venue s'aventurer sur ces lieux vint rendre ce tableau des deux endormis d'autant plus délectable à contempler.
Une brise fine vient murmurer par moment, venant faire s'échouer les légères vagues de la rivière contre les quelques galets polis qui longent celle-ci dans un doux murmure.

Et ils se trouvent là, dans les bras l'un de l'autre, comme éloignés du monde qui les entoure...