LES GARCES ONT TOUJOURS QUELQUE CHOSE D'ATTIRANT
Garce, n.f : Femme désagréable, méchante.
«La fumée de cigarette s'insinua lentement dans mes poumons. Elle m'observa. J'avais envie d'elle. Sa cigarette se cala une nouvelle fois entre ses lèvres rouges. Ses lèvres pleines. J'avais envie de les mordre. Mordre sa chair tendre. L'embrasser violemment jusqu'à lui hôter son rouge à lèvre de pute. »
Musique : Ume- Run Wild
.::CHAPITRE 2::.
Monsieur n'aime pas partager ?
-Au revoir… Drago.
Quelque chose dérailla dans mon organisme. Mon ventre se tordit lorsque j'entendis mon prénom dans sa bouche. Je restai sans voix quelques secondes. J'avais du mal à réfléchir clairement. Foutu alcool.
Cependant, deux explications étaient claires dans ma tête. Soit c'était belle et bien Emma, et j'avais l'irrépressible envie de lui parler. La raison m'échappa. Sûrement un désir de gosse inassouvi. Celui de m'expliquer, probablement. La raison pour laquelle je n'étais jamais revenu ce jour-là.
Ou alors... C'était juste Blaise ou Théo qui lui avait dit comment « l'heureux élu » s'appelait.
Sans réfléchir plus longtemps, je me mis à courir jusqu'à la porte qui venait de claquer depuis déjà quelques secondes, je l'ouvris et dévalai les escaliers. Je jetai un coup d'œil dans le salon, le couloir. Aucune trace d'elle. Je passai devant la cuisine et m'arrêtai subitement.
Emma était assise sur le plan travaille, Théo pressé contre son corps. Les mains de Nott glissaient le long de ses cuisses nouées autour de ses hanches. J'en eu la nausée. Ils s'embrassaient langoureusement. Je ne sus pas pourquoi mais à ce moment précis, j'eus envie de tout envoyé valsé. De me battre avec Nott. De le frapper de toutes mes forces. Mes poings se serrèrent, mes ongles s'enfonçant dans ma chair. Des gouttes vermeilles ne tardèrent pas à perler sur le sol en marbre.
-Lâche là, sifflai-je.
Je devenais fou, je perdais la tête. L'alcool affluait dans mon cerveau. Les deux s'arrêtèrent et se tournèrent vers moi. Théo haussa ses sourcils en me détaillant puis éclata de rire.
-Monsieur n'aime pas partager ? Railla Nott.
Partager. Verbe qu'on utilise pour des choses insignifiantes. Des objets. De la nourriture. Il l'utilisait pour Emma. La colère gronda en moi et je sentis chaque muscle de mon corps se tétaniser. Je ne compris pas réellement pourquoi cela me m'était dans un tel état. Sûrement à cause d'une trop grande quantitée de whisky pur-feu ingurgitée. J'observai Emma qui ne bougeait pas. Elle me fixait. Elle dardait sur moi son regard bleu sombre sans rien dire. Nott haussa ses épaules et se retourna vers elle. Ses lèvres se promenèrent dans son cou. Emma reversa sa tête en arrière. Poussant un soupir.
Mon sang ne fit qu'un tour. Un désir de violence me possédant. Les doigts qui se courbent et craquent sous l'envie de cogner. Sans m'en rendre compte, j'attrapai Nott par le col de sa chemise et l'éloignai d'Emma. Je le plaquai contre le mur violemment.
-Ne la touche pas, grondai-je.
Ma main droite agrippait sa gorge férocement et il sembla se délecter de la colère que j'éprouvais. Sa langue passa sur ses lèvres vicieusement. Il murmura d'une voix parfaitement audible :
-Je la paie, je la prends. C'est comme ça que ça marche avec les put…
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que mon poing s'abattit sur son visage. Sa lèvre éclata. Le sang commença à couler sur son menton.
Soudain, il me repoussa brusquement et envoya son poing dans ma mâchoire. Le goût métallique de mon hémoglobine m'assaillit. Ce bâtard avait sûrement dû me faire saigner des gencives. Je lui sautai dessus et enchainai les coups de poing. Emma cria. Elle posa ses mains sur mes épaules et tenta de m'écarter de lui. Rien ne pouvait m'arrêter, j'étais animé par la colère. Cette rage qui me manipulait comme un pantin.
Et puis Emma arrêta de crier. Elle s'en alla. La porte claqua brutalement et alertés par le bruit Zabini arriva avec d'autres gars.
-Bon dieu, c'est pas vrai ! S'écria-t-il, paniqué. Malefoy, arrête ! Tu es en train de le tuer !
Il m'attrapa subitement et me tira en arrière. J'observai Théodore, que j'avais tant battu. Son visage violacé et son souffle éreinté. Je reculai, me rendant compte de ce que je venais de lui infliger. Je me dégageai des mains de Blaise, courus jusqu'à la porte d'entrée, sortis et tapais un sprint dans l'espoir de retrouver Emma.
Je l'aperçu une centaine de mètres écroulée contre un mur la tête enfouie dans ses mains. Sans perdre de temps, je la rejoignis. Lorsque je fus à sa hauteur elle releva la tête. Ses yeux lançaient des éclaires. Ils étaient froids. Glaciales.
-Ne t'approche pas de moi, grogna-t-elle.
Elle montrait ses crocs. Animale. Colère. Elle épousseta son jean de ses mains écorchées. Ses genoux l'étaient également. Elle me toisa de ses yeux bleus assombris. Ses lèvres entrouvertes. Son rouge à lèvres carmin. Elle était essouflée mais d'une manière impressionante continuait de paraître intouchable.
-Qu'est-ce que tu veux, Drago? Lança-t-elle. Tu n'as pas grandit avec le temps? Toujours à te battre avec les autres garçons.
Toujours à te battre avec les autres garçons…
Emma.
C'était bien elle. C'était certain désormais. Quand nous étions jeunes, elle avait l'habitude de me rapprocher d'avoir été méchant avec les autres garçons de notre âge. Je m'étais battu à mainte reprise pour son honneur quand nous avions huit ans. C'était Emma. Après dix ans, elle était devant moi en chair et en os.
-Je suis une pute, reprit-elle, glaciale. Il me paie, je lui donne mon corps. C'est comme ça que ça marche. Que ça te plaise ou non.
Ses paroles m'ébranlèrent. Ce n'était pas Emma que j'avais devant moi. C'était une femme froide. Pas de candeur. Pas de vulnérabilité. Une femme. Plus une enfant. Sa voix était rauque, tranchante. Un visage d'ange. L'âme sombre. Je restai silencieux quelques secondes, la détaillant.
-Tu as bien changé, Emma, me contentai-je de dire.
Elle me fit un sourire amère. Presque méchant. Elle fouilla dans son sac et sortit une cigarette. Elle la glissa entre ses lèvres et l'alluma. Son vernis rouges luisaient près de la flamme de son briquet. Je l'observai sans rien dire. Les mains glissés dans les poches de mon pantalon, mes doigts tremblèrent. Appel à la nicotine ou appel à ses lèvres. Qu'importait. Ses lèvres se mouvèrent en un O parfait. Elle me souffla sa fumée au visage.
-Déçu, M. Malefoy ? Murmura-t-elle d'un ton provocateur.
La fumée de cigarette s'insinua lentement dans mes poumons. Elle m'observa. J'avais envie d'elle. Sa cigarette se cala une nouvelle fois entre ses lèvres rouges. Ses lèvres pleines. J'avais envie de les mordre. Mordre sa chair tendre. L'embrasser violemment jusqu'à lui hôter son rouge à lèvre de pute. Ses paupières charbonneuses se fermèrent tandis qu'elle aspirait.
-Pourquoi est-ce que tu t'es enfuie ? Demandai-je en ignorant sa propre question.
Ses yeux restèrent clos encore quelques secondes. Ses lèvres s'entrouvrirent et la fumée troubla ma vision. J'observai ses dents blanches qui contrastait avec son rouge à lèvre. Elle savait à quoi je faisai allusion. La scène de l'étage. Pas le massacre du rez-de-chaussée.
-Qu'est-ce que ça peut bien te foutre?
Provocatrice, nonchalante. C'était vrai. Qu'est-ce que ça pouvait bien me foutre?
-Curiosité, répondis-je distraitement.
Elle haussa un sourcil tout en me fixant. Un petit sourire naquit sur ses lèvres. Joueur. Moqueur. Elle m'agaçait. Avec sa putain de clope qu'elle secouait entre ses doigts. Et son putain de sourire.
-Ne crois pas que j'en ai quelques chose à faire, répliquai-je, froidement.
Cette fille avait la capacité de me mettre hors de moi. Ma mâchoire se contracta. Cela ne fit qu'accroître son amusement.
-Alors pourquoi est-ce que tu m'as suivis?
Je souris à mon tour. Un sourire faux, méchant. Celui que j'utilisai pour blesser les gens.
-A ton avis? Répondis-je, feignant l'ennuie. Pour payer tes services même si je dois dire que j'étais assez déçu. Une danse. Enfin... Je ne sais pas comment on peut appeler ça. Se dandiner conviendrait mieux à la rigueur. Et puis à l'étage, n'en parlons même pas. Ce qui s'est passé sur le balcon était vraiment ennuyeux. Mais après tout, tu dois sûrement être novice dans ta... comment appelé ça... profession?
Elle sembla amusée. Point touchée, ni déroutée. Elle rétorqua aussitôt:
-Oh ne t'en fait pas. Au contraire, je suis très réputée dans ma "profession". Mais, susurra-t-elle d'une voix sensuelle, avec certains clients, je dois dire que j'ai du mal. ça arrive souvent quand l'envie n'y est pas. Surtout lorsque mes clients sont aussi contraignants et barbants que toi. D'ailleurs, c'est pour ça que je me suis barrée, si tu veux tout savoir. J'en avais assez de t'entendre geindre mon prénom comme une fillette.
-Tu avais l'air plus déstabilisée qu'ennuyée, soulignai-je, moqueur.
-J'étais surpris de voir à quel point les apparences sont trompeuses. Ton air sombre, assez malsain. Ta façade. Je dois dire que j'ai trouvé ça assez sexy au début. Mais j'ai vite remarqué que tu donnes l'impression d'être assez méchant alors qu'en fait... Au lieu de profiter de l'instant comme un homme, il a fallut que tu larmois "Oh, tu lui ressembles tant. Emma, elle s'appelait Emma" m'imita-t-elle en prenant une voix faiblarde.
J'aurais pu lui faire fermer son clapet en l'étranglant ou la menaçant mais je ne le fis pas. Je ne voulais pas lui donner raison. Ce qu'elle disait ne m'atteignait pas. Je n'avais pas larmoyé ou quoi que ce soit. Elle exagérait pour me faire passer pour un pauvre idiot transit d'amour. Elle était bien bonne celle là. Transit d'amour.
-Je me fiche de toi, répliquai-je froidement. Arrête de te donner plus d'importance que tu n'en as.
Elle éclata de rire, faisant basculer sa tête en arrière. Son rire était faux. Je levais les yeux en l'air une nouvelle fois, profondément agacé. Elle m'énervait tellement. Je secouai la tête en récupérant mon porte feuille. Je sortis des billets moldus et les laissai tomber sur le sol. Son rire se fana. Elle se redressa et observa l'argent éparpillés sur le goudron. Elle lâcha sa clope. Les cendres s'éparpillèrent par terre.
-Bonne soirée, murmurai-je en m'en allant.
Elle ne répondit pas. Cela ne m'étonna même pas. Je continuai mon chemin. Ma démarche était assurée. Presque arrogante. C'était celle d'un homme important. Un homme qui balayait tout sur son passage. J'avais envie de me retourner. Juste pour voir si elle était en train de ramasser les billets. Ou si elle me regardait partir. Je ne pus résister à la tentation plus longtemps.
Mon regard se posa sur les billets abandonnés sur le trottoir qui virevoltaient avec la brise. Emma n'était plus là. Elle était partie. La tête fière. Sans se courber pour ramasser son dû. Ce ne fit que susciter d'avantage mon intérêt. Énigmatique. Voilà comment on pouvait qualifier cette fille. Trop de fierté. Provocatrice. J'avais des tas de questions en tête. Je me demandai ce qu'il s'était passé ces dix dernières années pour qu'elle finisse par faire le trottoir. Pour qu'elle finisse par devenir une telle garce.
Cependant... Je devais admettre qu'elle était devenue une belle femme. Son visage était irréprochable et les courbes de son corps étaient déléctables. Son regard bleu profond m'électrisait. C'était sans parler de ses lèvres. J'avais envie de les croquer. Les dévorer. Les mordre jusqu'au sang. Jusqu'à la faire gémir de douleur.
De retour au Manoir de Blaise, le calme semblait être revenu. Des êtres normalement constitués m'auraient toisé avec insistance. Pourtant, lorsque je franchis le pas de la porte, personne n'osa poser son regard sur moi. Ils craignaient bien trop ma colère. Du coup, pour obtenir les informations que je désirai, j'attrapais le premier venu et lui demandai où est-ce que ce trouvait Blaise. Il me répondit qu'il était à l'étage dans sa chambre avec Théodore. Ils le soignaient.
Je montai les escaliers et me dirigeai vers l'endroit indiqué. J'ouvris la porte et aperçu Nott, allongé sur le lit, un médicomage penché au dessus de lui, l'auscultant. Blaise se tourna vers moi et je pus voir son air sérieux, inquiet. Son regard se posa sur Théodore puis sur moi, puis il s'approcha et m'entraîna hors de la chambre sans un mot.
Nous nous éloignâmes un peu et il entama la discution, à voix basse:
-Tu l'as sacrément amoché.
Je haussai les épaules. Cela semblait l'agacer.
-Tout ça pour une pute ?
Une pute... Non ce n'était pas juste ça.
-Oui, répondis-je.
Il soupira.
-Nott est vraiment en colère contre toi.
-ça lui passera.
Zab sembla exaspéré par ma nonchalance.
-Tu ne comptes pas t'excuser?
Je le fixai silencieusement durant quelques secondes.
- Blaise. Un peu de sérieux.
-Tu devrais oublier un peu ton orgueil pour une fois.
-Pas question. Niveau fierté, tu peux parler. Tu es exactement comme moi.
-C'est vrai. Mais la différente c'est que je n'ai jamais roué de coups un ami comme tu l'as fait.
-Il m'avait cherché.
Il leva les yeux au ciel sans rien ajouté. Il savait que s'il ajoutait quelque chose, ça ne changerait rien. Je penserai toujours avoir raison. Il me connaissait depuis assez longtemps pour ne pas gaspiller sa salive et son temps pour rien. Quelques minutes plus tard, je l'informai de mon départ. Il acquiesça d'un hochement de tête puis repartit dans sa chambre, s'occuper de Nott.
Lorsque j'arrivai chez moi quelques minutes plus tard,je trouvais Daphnée buvant une tasse de thé, assise dans un fauteuil en cuir. Elle portait une robe de chambre en soie blanche avec un peignoir assortie. Quand elle remarqua ma présence, elle arrêta tout mouvement et m'observa. Elle se leva et vint jusqu'à moi, sa main virevolta jusqu'à ma lèvre qu'elle effleura du bout des doigts.
-Tu saignes, lâcha-t-elle.
Je m'écartai.
-Rien d'important, répondis-je avec lassitude.
Elle haussa les épaules et s'éloigna pour aller éteindre la lampe. Elle commença à monter les escaliers puis s'arrêta.
-Au fait, n'oublie pas que nous sommes invités Lundi à dîner chez les Nott.
HEY GUYS !
Chapitre 2 posté, j'espère vraiment qu'il vous plaira car il me tient à coeur :$ En tout cas un grand merci à Roselia001, isabellerickman, Marine, MiMyLiLy pour vos impressions!
Maintenant, vous en savez un peu plus sur l'énigmatique Emma, son caractère de garce, j'espère qu'il vous plait car j'adore que mes personnages féminins soit des Bad Bitch. Ça change un peu des petites fragiles nunuches.
Envie de vendre du rêve à votre auteur? *voix digne d'un spot publicitaire* Poster une Review :D
REDASASTRAWBERRY
