Quand Emma ouvrit les yeux, elle se dit qu'elle était encore très fatiguée ce matin-là. Puis les évènements récents lui revinrent en mémoire, ce qui lui fit l'effet d'un coup de poing dans l'estomac. Elle se releva le plus vite possible et essaya d'avancer malgré son vertige et les points noirs qui lui bouchaient la vue. Elle regarda autour d'elle et vit Henry qui se levait à son tour. Elle cria son nom et couru à sa rencontre. Celui-ci tourna sa tête vers sa mère et couru la rejoindre.

- Henry ! dit Emma en le prenant dans ses bras. Tout va bien ?

Henry lui rendit son étreinte.

- Je vais bien et toi ?

Emma allait lui répondre quand elle entendit des pas autour d'elle. Se tournant, elle vit quelques personnes qu'elle avait déjà vues en ville, mais avec qui elle ne parlait pas beaucoup. Personne de sa famille – à part Henry bien sûr – n'était ici.

Henry regarda autour de lui à son tour et lâcha précipitamment sa mère.

- Maman !

- Qui a-t-il Henry ?

- Non, je veux dire … Ou est ma mère ?

La sauveuse compris enfin de qui il parlait. Pendant une brève seconde, Emma vit Regina par terre, ses mains sur son ventre ensanglanté, ses cheveux longs éparpillés sur le sol, poussant son dernier souffle. Mais ici, à Storybrooke, il n'y avait plus aucune trace d'elle. La blonde se tourna à droite, à gauche, elle scrutait chaque coin de l'allée, chaque visage autour d'elle. Pas de Regina. Elle posa ses mains sur les épaules d'Henry et se pencha en avant pour regarder dans ses yeux.

- Écoute Henry, continue à chercher ta mère pendant que je vais voir mes parents. On va la trouver.

Elle l'enlaça une fois de plus avant de partir en courant vers l'appartement de sa famille. Il était proche, très proche même, et pourtant, il lui semblait beaucoup trop loin. Elle n'avait plus de souffle mais continuait à courir, l'adrénaline qui lui parcourait les veines lui permettant même d'accélérer. Quand elle arriva enfin devant la porte, elle l'ouvrit sans cérémonie, et relâcha un souffle qu'elle ne savait pas qu'elle retenait.

- Maman ! Papa !

Mary-Margaret et David se tournèrent vers elle et leurs sourires s'agrandirent – si c'était possible. Emma se jeta dans les bras de ses parents, faisait attention à ne pas écrasé son petit frère qui se trouvait entre son père et sa mère, dormant comme un loir, n'ayant aucune idée de ce qu'il venait de se passer. L'embrassade dura longtemps. Cinq minutes, dix minutes, peut-être plus. Aucun membre de la famille ne voulait laisser partir les autres. Ils avaient tous bien besoin de ce moment, un moment de normalité entre tous ces voyages entre dimensions et ces malédictions.

Emma fut la première à relever la tête pour regarder ses parents. Elle remarqua alors qu'il manquait quelqu'un. Deux personnes, pour être exacte.

- Crochet …

Son soupir fut tellement bas que ses parents de l'entendirent pas. Emma se sépara d'eux et regarda dans la cuisine, dans la chambre de ses parents.

- Où est Crochet ?

Blanche regarda autour d'elle à son tour, suivit de son mari.

- Je ne sais pas, il était là la dernière fois que je l'ai vu.

- Tu veux dire avant que tu ne le tus ?

C'était sorti de sa bouche sans qu'elle ne puisse l'empêcher. La tristesse et douleur sur les visages de ses parents lui fit prendre conscience de la portée de ses mots.

- Emma … commença David.

- Non, je … Je suis désolée … Vous n'étiez pas vous-même.

Et sans un regard en arrière, elle fila dans sa chambre, montant les marches des escaliers quatre à quatre. Mais il n'était pas là non plus.

Dehors, Henry recherchait sa mère sans relâche, criant son nom, demandant à tous ceux qu'il voyait s'ils ne l'avaient pas vu. Aucune trace d'elle. Il était allé chez Granny, à la station de police, au caveau, et se dirigeait maintenant vers le manoir. Il était à bout de souffle à force de courir à droite et à gauche et de nombreuses larmes lui brûlaient les yeux. Mais il n'avait pas le temps de pleurer. Il devait retrouver sa mère.

Arrivant devant chez lui, il essaya la porte d'entrée, mais elle était fermée. N'ayant pas les clés sur lui, il fit le tour par derrière, essayant d'entrer par la baie vitré, par la porte du garage. Mais tout était clos. Il cria le nom de sa mère, l'appela jusqu'à qu'il n'ait plus voix. Aucune réponse. Alors il fit la première chose qui lui passa par la tête : il prit la plus grosse pierre de son jardin et la lança sur une des vitres, qui se cassa en mille morceaux. Il enleva son manteau et l'enroula autour de son bras afin d'enlever les morceaux de verres encore attaché, puis rentra dans la maison.

Il fouilla tous les coins et les recoins, même ceux où tout être sensé aurait su qu'elle ne pouvait pas être : les placards, les tiroirs, sous les lit. Il retourna la maison une fois, deux fois, trois fois. Cria pour que sa mère lui reviennent, et au bout d'un certain temps, il s'effondra sur le sol. Il la revit s'interposer devant lui, se prenant le coup d'épée qui lui était destinés. Elle lui avait sauvé la vie alors même qu'elle n'avait aucun souvenir d'avoir un fils. Robin était venu près d'eux, Emma les avait regardé de loin, et Monsieur Gold avait peine à croire que c'était lui qui venait de mettre cette femme à terre.

Les larmes coulaient à flot, et son corps était secoué de sanglots. Il avait vraiment cru que ça marcherait, que les faires rentrer à Storybrooke les réuniraient une bonne fois pour toute. Visiblement il avait eu tort.

Pensé au stylo lui donna une idée. Il essuya son visage avec sa main avant de prendre le papier sur lequel il avait déjà noté une phrase, la relut, puis pris le stylo. Essayant d'écrire, il dut se rendre à l'évidence qu'il n'y avait plus d'encre. Dans un moment de désespoir, il alla chercher un couteau et le fit glisser contre la paume de sa main. Il trempa le stylo dans le sang qui sortait de la coupure et posa la pointe sur le papier. « Regina apparu dans sa chambre, dans son manoir, guérit de sa blessure infligée par le Lumineux »

Une fois le point final ajouté, il courut jusqu'à l'étage et entra dans la chambre de sa mère, laissant une empreinte sanglante sur la porte. Ne l'apercevant pas, Henry se dit qu'elle avait peut-être apparue dans sa chambre à lui.

Mais elle n'était pas là non plus.