La voiture roulait depuis plusieurs minutes maintenant. Direction le loft de Mary Margaret. En arrivant, Emma coupa le moteur de la voiture et ouvrit la portière. Mais elle ne pouvait pas bouger. Elle jeta un regard à Henry qui n'avait pas levé les yeux du sol. Ses larmes avaient cessées de couler quelques minutes auparavant, ce qui le laissait dans un état second. Il ressemblait à une coquille vide, assis ainsi sur le siège passager, immobile. Emma posa une main sur sa cuisse, ce qui lui fit relever la tête. Elle lui offrit un sourire d'encouragement, mais même sans pouvoir le voir, elle savait qu'il n'était pas convaincant.

Henry sortit tout de même de la voiture, marchant vers le loft d'une démarche lasse. Il monta les escaliers la tête toujours basse, rentra dans l'appartement sans regarder Blanche ou David et alla directement s'enfermer dans sa chambre. Il se laissa tomber sur son lit, et au moment où sa tête heurta son oreiller, les larmes revinrent à nouveaux. Il se mit en position fœtale, les genoux collés à son torse, son corps de nouveau secoué par de nombreux sanglots. Sa mère était morte. Il n'avait pas pu la ramener. S'il était meilleur à l'épée, elle n'aurait pas eu besoin de l'aider. Et elle ne serait pas morte. S'il avait pu la convaincre plus tôt d'entrée dans l'église, tout serait redevenu comme avant. Et elle ne serait pas morte. S'il avait réussi à convaincre l'auteur de réécrire l'histoire, rien de tout cela ne serait arrivé. Et elle ne serait pas morte.

S'il s'était contenter de son amour et n'était pas partit à la recherche d'Emma, la malédiction n'aurait jamais été brisée.

Et elle ne serait pas morte.

De son côté, Emma n'avait pas réussis à descendre de la voiture. Elle n'arrivait même pas à penser. Ils étaient morts. Ils sont morts. Ils sont morts. Ce n'était pas juste. Pas juste du tout. Et quelqu'un devait payer.

Ce n'était pas juste que les seuls à payer leur disparition soient ceux qui les aiment. Le responsable devait répondre de ces actes.

Emma sentit la fureur montée en elle. Elle allait faire justice. Elle était le Sheriff de la ville, c'est son travail de rendre aux criminels la monnaie de leurs pièces. Elle ferma la porte, la claqua même, mis le moteur en route et sans même mettre sa ceinture, elle fit demi-tour afin de rejoindre la route en direction de la boutique de monsieur Gold.

- Henry ?

La voix de Mary-Margaret lui parvint de derrière la porte mais il ne bougea pas. Les larmes coulaient silencieusement sur ces joues jusqu'à son oreiller déjà trempé. Peut-être qu'il ferait mieux de la laisser entrer, de lui ouvrir la porte et de la serrer dans ses bras. Mais il se sentait tellement coupable. Il était auteur. Isaac avait réussis à créer un monde parallèle tout en changeant sa propre réalité, et lui n'avait même pas réussis à faire revivre sa mère. Il était pathétique. Il passa une main sur ses yeux et se retint de crier dans l'oreiller. Il était furieux.

La porte s'ouvrit et Blanche fit son entrée, suivit de David qui portait Neal dans ses bras. La petite brune s'assit sur le lit à côté de son petit fils et se mit à lui caresser les cheveux, sans dire un mot de plus. Elle n'avait pas eu besoin qu'on lui dise ce qui c'était passé pour le deviner. Crochet ne reviendrait pas. Regina non plus.

Après quelques minutes de ce silence, Henry se tourna vers sa grand-mère et la pris dans ses bras. Oui, il était coupable, mais il voulait tout de mêmece réconfort. Il en avait besoin. Tout de suite, rien ne semblait réel. C'était comme vivre dans un rêve, un cauchemar, voir même un film d'horreur dont personne ne ressortait vivant. Il ne ressortirait peut-être pas vivant après tout. Il fut choqué de constater qu'il n'en avait plus rien à faire.

Mary-Margaret lui rendit son étreinte sans se faire prier, vite rejointe par David qui essayait de les entourer tous les deux dans ses bras sans pour autant écraser la fragile créature qui dormait à leurs côtés.

Arrivé devant la boutique, Emma sortit de la voiture, bouillonnant de rage. Elle laissa la coccinelle rouge en plan au beau milieu de la route et se rua dans le magasin, cherchant désespéramment sa cible du regard. La porte de la boutique s'ouvrit tellement fort que la clochette se détacha et vola au sol, rebondissant deux ou trois fois dans un bruit aigus et strident. Emma fit ses premiers pas sur le parquet ciré.

- GOLD !

Emma n'eut pas besoin de le chercher très longtemps. Il se trouvait juste devant elle, allongée sur le sol. Belle se tenait à ses côtés, lui caressant les cheveux, lui murmurant des mots réconfortants. En entendant la sauveuse hurler, elle avait relevé la tête. Mais Emma avait autre chose à faire que de s'attarder sur ses yeux remplis de douleurs. Gold tourna son regard vers la blonde. Il ne souriait même pas. Il n'était même pas fier de ce qu'il avait fait. Emma ne vit là qu'une comédie qui l'incitait à avoir pitié de celui qui était en train de mourir juste devant elle. Mais cela ne fit que l'énerver encore plus.

Comment osait-il. Comment osait-il faire comme si cela le faisait souffrir au fond de son joli petit cœur noir. Ce n'est pas lui qui avait tout perdu. Ce n'est pas lui qui allait devoir aller voir son fils tout les soirs, pour le reste de sa vie, et le coucher en essayant de lui faire oublier que sa mère était morte. Ce n'était pas lui qui devrait calmer ses pleurs, le sortir de ses cauchemars, faire en sorte qu'il ne se contente pas de survivre.

- C'est de votre faute … TOUT EST DE VOTRE FAUTE !

Elle se rapprocha de lui et attrapa le col de sa chemise d'une main. La magie qui bouillait en elle lui donna la force de le remettre debout, et elle approcha son visage si près du sien qu'elle pouvait sentir son souffle sur son menton.

- Il fallait que vous réécriviez l'histoire !

- Je ne vois pas …

À peine avait-il ouvert la bouche qu'Emma l'avait lancé sur l'une des vitrines. Le verre se brisa en de nombreux morceaux, s'étalant sur le sol ou transperçant la peau du ténébreux. Les bijoux et objet de valeurs volèrent aux quatre coins de la boutique. Gold n'eut pas le temps d'avoir mal que la blonde était à nouveau sur lui.

- Crochet ! Et Regina ! À cause de vous ils … Ils sont mort !

Les larmes menaçaient à nouveaux de couler, mais il était hors de question de montrer une once de faiblesse devant cette pourriture. Elle serra les poings le plus fort possible afin de les empêcher de couleur, enfonçant ses ongles longs dans la paume de sa main. Du sang commençait à couler le long de ses doigts.

- Vous avez tué Regina. Et c'est VOUS qui être responsable de la mort de Crochet ! Et maintenant vous devez payer.

Gold fit quelque chose qu'Emma ne pensait jamais voir : il écarquilla les yeux. Le Ténébreux avait peur. Cela la fit sourire. Il avait raison d'avoir peur. Car elle n'en avait pas fini avec lui. Elle n'allait pas juste se contenter de lui crier dessus puis repartir. Non non non … Elle voulait le faire payer. Il allait payer.

Belle était restée silencieuse jusque-là, mais désormais, Emma dépassait les bornes. Elle savait que Rumpelstiltskin avait fait plus de mal que de bien dans sa vie. Mais personne ne méritait ce genre de traitement.

- Emma ! Emma calme toi !

Emma ne détourna pas son regard. Si un regard pouvait bruler, Rumpelstiltskin serait en feux à ce moment-là, déjà en cendre même. Si un regard pouvait blesser, Rumpelstiltskin serait criblé de balle. Si un regard pouvait tuer, Emma serait déjà repartie chez elle.

- Emma … tenta à nouveau Belle. Je ne comprends pas ce qui se passe mais … je sais que ce n'est pas toi …

Emma se tourna vers elle et en la voyant ainsi, Belle ne put s'empêcher de faire un pas en arrière.

- Em … Emma ?

La blonde ne bougeait plus. Elle tenait Gold par le col de sa chemise. Encore. Regardait Belle comme un félin qui regarde sa proie. Ses yeux étaient injectés de sang et les veines sur ses tempes n'ont jamais été aussi visibles. En voyant Belle qui ne bougeait plus, Emma put à nouveau se concentrer sur Gold, qui était à deux doigts de tourner de l'œil.

La sauveuse prit une grande inspiration avant de tendre sa main droite vers le sol, sa main gauche toujours près du cou de Gold. Des étincelles sortirent de sa main, d'abord blanche, puis rouge vermillon. Les étincelles se détachèrent de ses doigts et se déplacèrent jusqu'à la dague qui trainait sur le sol. La dague fut entourée par la magie puis disparut dans un nuage rouge avant d'apparaitre dans la main de la blonde.

- EMMA ! cria Belle en s'approchant d'elle, devinant ce que la femme en face d'elle s'apprêtait à faire.

Emma n'a même pas à bouger que Belle se retrouve paralysée sur place, obligée de regarder la dague s'enfoncer dans le torse de son mari.