Mouhahah ! Vous l'attendiez pas celui là ! :D Si ? Ah bon ? Vous êtes sûr ?... Beuh... C'est même pas drôle. Bref, voilà le dernier des maraudeurs. J'espère toujours que vous avez envie de lire et je sens que certaine vont pleurer ^^
Bonne lecture ! :)
Je suis mort. Bon. Ça au moins c'est un point qui me paraît évident. Et c'est bien le seul. Je pensais que la mort était un endroit tout noir où nous perdions conscience de toutes choses. Où à la limite, même si je n'y ai jamais crus, un endroit tout blanc où l'on retrouve tous ceux que l'on a perdu au cours de notre vie et où l'on peut regarder comment les vivants continues de se débrouiller sans nous. Mais quoi qu'il arrive, je pensais que tout nous devenait égal et que l'on s'y sentait bien.
Mais là, ce n'est absolument pas ce qu'il se passe. Je dirais même que c'est l'opposé. Je suis assis près de mon corps et contemple sa position grotesque avec l'impression d'avoir un nid de frelons à la place du cœur.
Tout est très net autour de moi et quand je lève ma main devant mes yeux, je constate qu'elle ne ressemble pas du tout à celle d'un fantôme. Je me vois vivant, et bien vivant. Pourtant je ne peux rien toucher. Tout me traverse. Où le contraire. Peu importe en vérité.
Pourtant c'est bien mon corps qui est à côté de moi, alors quoi ? Qu'est-il censé arriver maintenant ? Je vais errer sous cette forme jusqu'à la fin des temps ? C'est une blague n'est-ce pas ? Il n'y a pas quelqu'un qui va venir me chercher pour m'emmener je ne sais où ? N'importe où mais loin d'ici. Je ne supporte plus d'être ici à côté de mon cadavre. C'est trop dur.
À ce propos, comment suis-je mort déjà ? Pourquoi ? Par un effort de volonté, je parviens à me concentrer sur ces deux questions et brusquement la mémoire me revient. Voldemort ! Lily et Harry ! Ont-ils réussit à s'enfuir ? Où sont-ils morts tous les deux ? Si oui ne devraient-ils pas être avec moi ? Il faut peut-être que j'aille les chercher…
Je me redresse d'un bond et me rue vers l'étage. Alors comme ça je ne suis pas rattaché à mon cadavre ? C'est une bonne nouvelle. Au moins, si je dois rester ici je ne serais pas obliger de le suivre. La chambre de mon fils est la première porte de l'étage et elle est grande ouverte. Et même sans y rentrer je sais qu'il est vivant. Et que c'est le seul.
Je regarde sans réfléchir le corps de ma femme qui, dans la mort, a l'air tout aussi ridicule que le mien. Doucement je m'agenouille à ses côtés.
« Lily ? » soufflais-je.
Ma voix ne résonne pas comme je m'y étais attendu. Seul un chuchotement franchis mes lèvres et je comprends intuitivement que je ne pourrais plus jamais faire plus.
« Lily ? » Répétais-je alors qu'elle ne bouge pas.
Si elle est morte, pourquoi n'est-elle pas à mes côtés ? Pourquoi ne puis-je serrer dans mes bras que son cadavre ? Pourquoi ne puis-je pas lui assurer que notre fils ne grandira pas seul ? Qu'Harry sera toujours bien entouré ?
Harry qui chouine dans son lit à barreau et agite ses bras potelés dans notre direction. Est-ce que tu me vois mon fils ? Où est-ce que tu tentes de réveiller ta mère ? Soudain, je vois du sang sur son front. Est-il blessé ?
Laissant là le corps de ma femme, je me rapproche de mon garçon. Il a effectivement une plaie sur le front qui saigne légèrement. Et à aucun moment ses yeux ne s'arrêtent sur moi. Je n'ai pas de réalité. Pour lui, je ne suis pas là.
À cette constatation, mon cœur se sert douloureusement. Je suis mort, il est vivant. Nous ne faisons plus partit du même monde malgré ma présence. Mais même en sachant cela, j'ai une brusque envie de pleurer quand je lui caresse la tête pour le consoler et qu'il se met à hurler.
« Chut… Ne pleure pas Harry. Papa est là. Je t'en prie, arrête… »
Mais rien ni fait. J'ai beau vouloir le prendre dans mes bras, je n'y arrive pas. Contrairement aux objets, je peux le toucher et le serrer mais il ne sent rien et ça n'a aucuns effets sur lui. Impossible d'essuyer le sang qui coule sur son visage. Je ne peux même pas le prendre dans mes bras ! Et plus je le touche, plus mon fils pleure.
Pourquoi Lily n'est-elle pas là ?! Je ne supporte pas de ne pas pouvoir consoler Harry et cela, ajouté à la bizarrerie de la situation commence sincèrement à me faire peur. Si je ne peux rien faire pour les vivants, à quoi bon rester sur place ? Si ma femme était là, elle pourrait m'expliquer ce qu'il se passe ! Et même dans le cas contraire, elle pourrait me rassurer, me soutenir. Mais elle n'est pas là. Suis-je un fantôme ? Je ne me souviens pas avoir eu le choix pourtant…
Brusquement, après un hurlement particulièrement puissant de mon fils, j'entends quelqu'un monter les escaliers quatre à quatre. Qui est-ce ?! Un ennemi ? Un mangemort venu terminer le travail que Voldemort n'a pas achevé ?! Pourquoi d'ailleurs ? Il était bien venu pour tuer Harry non ? C'est bien pour le protéger que Lily et moi sommes morts pas vrai ? Avons-nous réussit ? Si la réponse était « oui » Lily serait encore en vie. Alors quoi ? Qu'est devenu le mage noir ?
Mais je n'ai pas le temps de me poser plus de question car l'intrus vient d'entrer dans la chambre. Peter ! La mémoire me revient soudain. Peter qui devait venir passer la soirée à la maison avec Sirius. Lily et moi avions prévus de les emmener à la fête que le village voisin organisait pour Halloween. Tout Godric's Hollow doit y être en ce moment.
C'est aussi pour ça que j'ai ouvert ma porte à Voldemort. Je pensais qu'il s'agissait de Peter. Peter qui… Peter qui était le gardien du secret ! Peter qui est là, devant moi et qui regarde le cadavre de ma femme avec un petit sourire triste, pas le moins du monde choqué. Peter qui est forcément passé devant mon corps en montant les escaliers et Peter qui s'avance à présent vers mon fils, dernière victime en date de Voldemort. Peter qui nous a vendu.
Tout cela me semble trop gros. Mon ami ne peut pas être un mangemort. Il ne peut pas nous avoir trahis. Pas lui ! Nous pensions que s'était Rémus le traître !
« Harry… Où est Tu-sais-qui ? » Questionne-t-il soudain, me sortant de ma torpeur.
Alors s'est bien vrai. C'est lui le traître. C'est à cause de lui que je suis mort… Alors qu'Harry hurle de plus belle, Peter s'approche de lui et lui caresse doucement la tête. Je m'arrête net dans mon geste qui consistait à me jeter sur lui pour l'empêcher de le toucher et le regarde avec scepticisme. Il l'a maintenant prit dans ses bras et berce doucement. Qu'est-ce qu'il me fait là ? Il ne veut pas le tuer ?
« Je suis désolé Harry, reprend-il à voix basse. C'est de ma faute tout ça. Je ne te demande pas de me pardonner car c'est impardonnable. Tu... »
Alors que mes veines battent contre mes tempes à son aveu, il remarque soudain la plaie de mon fils et s'empresse d'essuyer le sang et de la fermer. Puis il s'immobilise brusquement et repose Harry dans son lit sans douceur.
« Tu l'as tué… » Marmonne-t-il d'une voix blanche.
De quoi parle-t-il ? Qui a tué qui ? Harry ? Lorsque mon cerveau se met en branle, je fixe moi aussi mon fils avec stupéfaction. Il a tué Voldemort ?! Comment ?!
Je n'ai pas le temps d'y réfléchir plus que ça car Peter a sortit sa baguette et la pointe à présent sur le bébé. Et il a très nettement de moins bonnes intentions que précédemment. Qu'est-ce qu'il croit ?! Que je vais le laisser faire ?!
« Range tout de suite cette baguette Peter ! Soufflais-je en passant brusquement mon bras autour de son cou et en le serrant. N'y pense pas une seule minute ! »
J'aurais aimé crié mais je ne peux plus. Et celui que je pensais être mon ami ne semble même pas me sentir. Sa seule réaction est un tremblement de froid. Par contre, il sursaute violemment quand un bruit de vaisselle cassée retentit au rez-de-chaussée. Il blêmit, cherche une issue des yeux et finit par se désillusionner quand un homme que je n'aurais jamais imaginé voir dans ma maison entre dans la chambre.
Servilos. Il pousse un hurlement déchirant et tombe à genoux près du corps de Lily.
« Lily ! Lily ! Répond moi ! Cri-t-il. Réponds-moi, je t'en prie ! »
Une certitude atroce me remue alors l'estomac. Il est encore amoureux d'elle. Depuis toutes ces années, il n'a jamais cessé de l'aimer. J'ai envie de le frapper en le voyant embrasser le visage de ma femme en pleurant, mais je m'oblige à l'immobilité. Je suis mort de toute façon. Je n'ai plus le droit d'être jaloux. Et Lily est morte également. Servilos peut bien profiter des dernières minutes qu'il pourra passer avec elle.
Peter de son côté reste immobile ce qui m'étonne un peu. Ne sont-ils pas dans le même camp ? L'un ou l'autre ne doit-il pas finir le travail de leur Seigneur ? Non ?
Non. De longues minutes passes pendant lesquelles Servilos continue de pleurer et Peter ne bouge pas puis, brusquement, l'homme aux cheveux gras se redresse en vacillant et regarde mon fils.
« Tu as ses yeux, marmonne-t-il à ma grande surprise. Et le visage de son crétin de mari... Je te hais.
- Tu sais ce qu'il te dit le crétin ? » Protestais-je avec véhémence.
Mais j'avais oublié qu'ils ne peuvent pas m'entendre. J'aurais bien tenté de frapper Servilos mais je ne peux pas laisser Harry seul avec Peter. C'est trop dangereux. Alors que mon ennemi intime s'en va, celui qui était encore mon ami au début de la soirée semble réfléchir. De nouveau, une longue demi-heure s'écoule. Et moi je me questionne. À quoi rime mon état actuel ? Je suis mort mais je peux encore agir faiblement sur le monde des vivants, je peux toucher les gens mais ils ne sentent rien, je ne suis pas un fantôme mais je me sens bel et bien vivant… Je n'ai jamais entendu parler de ça avant ! Vais-je rester comme ça toute ma vie ?
Soudain, un hurlement retentit au rez-de-chaussée, nous faisant, Peter et moi, sursauter avec violence.
« James ! »
Cette voix ! Sirius ! C'est Sirius ! Il doit être à côté de mon corps ! Oh mon Dieu… Mon Sirius… Peter semble complètement affolé. Il ne quitte pas son déguisement et descend les escaliers le plus vite mais le plus silencieusement possible.
En bas, mon meilleur ami tient mon corps contre lui et pleur à gros sanglot. Mon cœur se fend dans ma poitrine. J'aimerais le serrer contre moi, lui rendre les pleures qu'il verse sur mes joues. Mais Peter ne m'en laisse pas l'occasion. Du coin de l'œil, je le vois sortir lentement sa baguette et la pointer sur notre ami. Le visage dur et sans compassion.
« T'es vraiment un enfoiré ! Soufflais-je avec rage en lui donnant un coup de poing. Après moi, tu veux la peau de Sirius ?! »
Il n'a aucune réaction mais frémis de nouveau. Un duel semble se dérouler en lui puis il range finalement son arme et tourne les talons avant de s'enfuir de la maison. C'est ça ! Dégage de chez moi espèce de traître ! Tu as de la chance que je sois trop occupé pour pouvoir te hanter !
Tentant de calmer ma rage, je me retourne vers celui qui a pris la place du frère que je n'ai jamais eu et m'approche de lui. Il berce à présent doucement mon corps sans pouvoir s'arrêter. À l'étage, Harry continue de pleurer. Je ne peux pas le laisser tout seul.
« Sirius, mon vieux, murmurais-je en m'accroupissant près de lui et en lui entourant les épaules de mes bras. Laisse tomber ce corps. Il est mort. Occupe-toi d'Harry tu veux ? »
Un violent tremblement secoue son dos et il redresse soudain la tête. M'a-t-il entendu ? Ce serait fantastique !
« Harry, murmure-t-il. Harry ! Lily ! »
Ah non. Ce n'est pas moi qu'il a entendu mais mon fils. Bah, le résultat est le même. Après avoir serré une dernière fois mon corps dans ses bras il se redresse et se rue vers la chambre. Sans réfléchir, je le suis. Il pleure tout ce qu'il peut en arrivant et en voyant le corps de Lily, il s'immobilise brusquement.
« Lily… Sanglote-t-il. Oh mon Dieu, Lily… »
Mais il ne s'arrête pas et je l'en remercie. C'est vrai, nous sommes morts. Nous ne ressentons donc – « techniquement » puisque je ne comprends toujours pas ce qu'il m'arrive ! – plus rien. Harry, lui, doit avoir peur, faim, froid. Il a besoin de son parrain, d'une personne qu'il connait. D'une personne qui l'aime.
Sirius s'approche du lit et prend mon fils dans ses bras. J'ai envie de les envelopper contre moi mais maintenant que le bébé à arrêter de pleurer, je ne peux pas le faire. Je n'ai pas envie de voir de nouveau ses larmes.
« Peter ! Non ! » Hurle tout d'un coup son parrain.
Quoi Peter ? Essayant de suivre son cheminement d'idée, j'en arrive à la conclusion que Sirius pense le traître mort sans avoir livré le secret. Mais d'après ce que j'en ai vus moi, il n'a même pas été torturé. Ça devait faire un sacré bout de temps qu'il était aux ordres de Voldemort, cet enfoiré.
D'un pas chancelant, Sirius retourne dans le salon et s'agenouille de nouveau près de moi. Il empêche Harry de regarder mon corps et me remet maladroitement mes lunettes sur le nez en sanglotant :
« James… Putain… James… »
Alors que je m'apprêtais à le serrer de nouveau dans mes bras, un rugissement bien connus se fait entendre. C'est le son du moteur de la moto de mon meilleur ami. Je sais qu'il l'avait prêté à Hagrid la semaine dernière, mais je pensais qu'il l'avait récupérer. Apparemment non.
D'un bond, il se redresse et se précipite dans le jardin, moi à sa suite. Nous regardons notre ami garde-chasse descendre du véhicule et s'approcher de nous avec hâte.
« Sirius ! S'écrit-il d'une voix inquiète. Sirius ! Est-ce que… »
Il ne termine pas sa phrase car mon presque frère a de nouveau fondu en larme. Il sert mon fils si fort contre lui que le petit se met à hurler.
« Oh non… Sirius… Je suis désolé… Désolé… »
Tout en tapotant le dos de mon ami, Hagrid tente doucement de prendre Harry des bras de son parrain. Je fronce les sourcils. Qu'essaye-t-il de faire ?
« Lâche-le Sirius, chuchote-t-il alors que le concerné refuse de lâcher mon fils. Il faut le remettre à sa famille maintenant. C'est le professeur Dumbledor qui le dit.
- C'est moi sa famille !
- Et je ne veux pas qu'Harry grandisse avec quelqu'un d'autre ! » M'écriais-je inutilement.
Je suis vraiment bête. Je sais bien qu'ils ne peuvent pas m'entendre pourtant ! Sirius secoue la tête avec désespoir en reculant légèrement pour montrer sa détermination.
« Tu sais bien que non, rétorque Hagrid avec douceur. Tu n'as aucun lien de sang avec lui. Aucun. Il a une tante, un oncle et un cousin. Du côté de Lily. C'est avec eux qu'il va vivre.
- Mais ce sont des moldus !
- Et puis ils détestent les sorciers ! M'exclamais-je dans un souffle.
- Justement, reprend le demi-géant. Dumbledor a décrété que ce serait mieux pour lui s'il vivait éloigné du monde sorcier durant son enfance. Ce serait plus sûr pour lui.
- Plus sûr ? Pourquoi ? Que risque-t-il avec moi ?
- Il est celui qui a battu Tu-sais-qui, explique alors Hagrid. Imagine tous les mangemorts qui vont être à ses trousses ! Tu ne penses pas que c'est chez toi qu'ils viendraient directement si tu le prenais ? »
Pour le coup, je me tais. Sirius aussi d'ailleurs. L'un comme l'autre, on sait qu'on ne peut réfuter les arguments d'Hagrid. C'est effectivement la solution la plus sûre pour Harry même si la sœur de Lily me sort par les yeux. Il n'aura pas une enfance heureuse, mais au moins il vivra en sûreté. C'est tout ce que je peux souhaiter pour lui actuellement.
En regardant mon meilleur ami, je sais qu'il en est arrivé à la même conclusion que moi. Alors, même si de toute évidence ce n'est pas agréable pour eux, je sers Sirius et Harry contre moi. Comme s'il sentait mon amour, mon presque frère se remet à pleurer et enfouit son visage dans la tignasse de mon fils.
« Donne-le-moi, chuchote Hagrid. Tu sais que c'est le mieux pour lui.
- Je veux pouvoir le voir ! Chevrote Sirius. Je veux le voir grandir ! C'est… Le fils de James et Lily…
- Tu le verras, promet notre ami.
- Y'a intérêt ! M'exclamais-je. Sinon je !... Je… Je hante Dumbledor jusqu'à la fin de ses jours ! »
Toujours aucune réaction de la part de mes amis. Sirius embrasse mon fils sûr le front puis le tend à Hagrid. Alors qu'il passe devant moi, je ne peux me retenir et je le sers contre moi. Je suis désolé Harry. Désolé d'être mort. Désolé de ne pas pouvoir être à tes côtés pour le reste de ta vie. Sois fort mon fils, comme ta mère, toujours de bonne humeur, comme moi, et courageux, comme nous deux. Je t'aime Harry. Et Lily aussi t'aime. N'en doute jamais.
Hagrid intercepte le petit dans ses grandes mains et remonte rapidement sur la moto.
« Je te la rendrais dans la semaine. », précise-t-il à mon ami d'une voix légèrement tremblante.
Sirius hausse les épaules en passant son poignet sur ses yeux pour essayer de chasser ses larmes et les regarde partir.
Quand ils disparaissent dans le noir, il reste quelques secondes sans bouger tremblant de la tête aux pieds. Il pense à moi, à nous, à notre vie.
« Je vais te manquer, lui dis-je. Mais tu continueras à vivre. Je te connais. Tu apprendras à vivre avec. Je compte sur toi pour veiller sur mon fils. »
Et à peine ais-je finis ma tirade qu'il s'enfuit en courant sans un regard en arrière. Il a raison. Il ne faut pas gratter là où ça fait mal et revoir les corps une dernière fois ne l'aurait pas aidé.
Je n'ai pas le temps de me demander ce que je pourrais bien faire à présent car moins de deux minutes après le départ de mon meilleur ami, un groupe de personnes légèrement éméché approche de la maison. Ça doit être les premiers revenants de la fête. Ils restent quelques secondes immobiles à regarder les ruines de mon chez moi puis se mettent brusquement à hurler.
Ça dure des heures. Le temps qu'ils appellent les Aurors et les infirmiers de St-Magoustes, le temps que ces derniers arrivent, le temps qu'ils sortent mon corps et celui de Lily de la maison, le temps qu'ils commencent à enquêter, le temps qu'ils comprennent ce qu'il s'est passé. Une foule s'amasse petit à petit devant la maison et le bruit courant que mon fils a battu Voldemort s'amplifie de plus en plus. Et moi, je m'ennuie ! Si tout le reste de ma… euh… de l'éternité doit se dérouler comme ça, je trouverais le moyen le plus rapide de mourir une deuxième fois. Parce que là, franchement, c'est triste.
Au bout de plusieurs heures de palabres, un jeune Auror arrive en courant.
« C'est Black ! Hurle-t-il. C'est Black ! C'était lui le gardien du secret ! »
Mon cœur se fige dans ma poitrine. Non ! Ils ne peuvent pas penser ça ! Il est innocent ! Ce n'est pas Sirius qui nous a trahis !
« Ne l'écoutez pas ! M'écriais-je ! C'est Peter le traître ! Peter Pettigrew ! »
Mais évidemment, personne ne m'entend. D'après le jeune homme Sirius à tuer Peter et fait exploser une dizaine de moldus avec lui. Il est pour l'instant détenu dans une cellule provisoire mais son procès devrait être très rapide. Ce n'est pas possible ! Ils ne vont pas enfermer mon meilleur ami en prison ! Ce n'est pas possible !
Tout à coup, une silhouette attire mon attention. Rémus ! Je ne l'avais pas vu ! Il est venu ! Mon ami ! Un grand sourire fleurit sur mes lèvres et je me précipite vers lui. Il est à côté de deux Auror et son visage prostré me fait l'effet d'un coup de poing dans l'estomac.
« Lunard ! M'écriais-je. Il faut que tu leur explique toi ! Tu ne peux pas sérieusement penser que Sirius m'a tué n'est-ce pas ? »
Mais il ne répond pas, même quand je le prends dans mes bras. Il tire des renseignements aux Auror et s'approche de nos corps d'un pas titubant. Pourtant il faut qu'il m'entende ! Il faut que je lui explique qu'on avait changé de gardien du secret sans le prévenir parce qu'on pensait qu'il était le traître. Il faut qu'il sache que Sirius est innocent !
Brusquement, une démangeaison attire mon attention. Avec terreur, je vois le bas de mes jambes commencer à disparaître. Quoi ?! Cette fois ça y est ?! Je vais vraiment partir ? Mais je ne peux pas ! Pas alors que Sirius est victime d'une terrible erreur !
« Rémus ! Criais-je de toutes mes forces. Rémus ! Écoute-moi ! Tu dois m'entendre ! Sirius ne m'a pas tué ! Sirius est innocent ! »
Avec toutes les forces qu'il me reste je lui secoue les épaules mais ça n'a pour effet que de le faire se replier un peu plus sûr lui-même. Il pousse un long gémissement et quand je le sers brusquement dans mes bras, il hurle.
« Sirius ! C'est de ta faute !
- Non ! Non ! Rémus ce n'est pas vrai ! Lunard ! Je t'en prie ! »
Ma voix se bloque soudain dans ma gorge. Je n'arrive plus à parler. Il ne faut pas qu'il croit ça ! Sirius n'a rien fait ! Il ne peut pas finir à Azkaban !
Petit à petit, les bords de ma vision s'obscurcissent. Je me débats comme un diable mais mes forces m'abandonnent progressivement. Je ne savais pas qu'en mourant une deuxième fois ça serait plus terrible que la première. La dernière chose que je vois et Rémus, plié en deux qui pleure par sanglots convulsif.
Peter est mort. Sirius va aller en prison. Lunard sera seul. Et moi, je n'ai servis à rien. C'est pitoyable.
Les Maraudeurs ne peuvent pas se dissoudre comme ça !
Et bien... Cette fois c'est bel et bien finit. Dites moi ce que vous en pensez ! :D C'est le petit bouton en dessous et c'est mon seul pourboire. Alors soyez pas radins ! ;)
En tout cas j'espère que ça vous a plut jusqu'au bout et je vous remercie d'avoir tout lut. Merci encore :) Je suis contente d'avoir put partager ces points de vu avec vous.
A bientôt peut-être :)
