CHAPITRE 2


POV Castle


Appuyé contre la porte du loft, le front sur la porte d'entrée, une boule d'angoisse montait de plus en plus, je m'inquiétais pour Kate. Cette thérapie était semble-t-il la seule solution pour nous à ses yeux, mais j'avais peur qu'elle ne repousse trop loin ses limites. Comment allait-elle gérer mon regard sur elle entièrement nue ? Comment allions-nous nous comporter face à l'autre en tenue d'Eve? J'étais terrifié à l'idée que mini Rick pointe le bout de son nez devant le corps de Kate, j'étais terrifié du regard qu'elle pourrait porter sur moi.

Je n'arrivais plus à me comprendre, j'avais toujours été sûr de moi dans ce domaine, j'excellais même là-dedans, et maintenant j'avais l'impression de retourner à mes premiers émois, où tous mes gestes ne sont qu'approximatifs et incertains.

Le Dr Burke voulait nous faire retrouver une intimité par le biais de la nudité, j'aurais été fou de joie à une certaine époque, mais depuis le procès, depuis les vidéos de Kate suppliant Abbott de la laisser, gémissant mon nom à l'aide, je n'étais plus sur de vouloir ce genre d'intimité avec Kate.

Je ne savais pas comment exprimer mes désirs sans la blesser.

Fermant les yeux et respirant un bon coup, un souvenir envahit mes pensées.

« Nous étions tous les deux allongés sur le sol de sa cuisine, entièrement nus et en sueur. Dos au sol, Kate avait logé sa tête sur mon épaule droite et s'appliquait à reprendre sa respiration.

- Whaou ! M'exclamais-je, c'était….

- Épique ? Me coupa-t-elle

- J'en perds mon latin, souriais-je

- Le comble pour un écrivain !

Enlacés l'un contre l'autre, je me sentais à ma place, heureux et épanoui, Kate traçait des cercles sur mon torse, pendant que j'humais son odeur de cerise dans ses cheveux.

- Tu sais, chuchotais-je, je ne l'avais jamais fait sur le sol d'une cuisine

- C'est vrai? S'étonna-t-elle en me regardant dans les yeux.

- Hum, hum, sur l'ilot central, oui mais jamais à même le sol.

- Il y a-t-il d'autres endroits où tu ne l'as jamais fait ?

- Pourquoi ? Compterais-tu assouvir tous mes fantasmes ? Dis-je en tressautant mes sourcils

-Faux voir, répondit-elle en se mordant la lèvre inférieure, serais-tu prêt à assouvir tous mes fantasmes, Castle ?

- Mon dieu ! Soupirais-je en reposant la tête sur le sol, tu ne peux pas savoir combien de fois j'ai rêvé t'entendre dire ça !

Le rire de Kate emplit la cuisine, un rire naturel et tellement magique qu'il emplit aussitôt mon cœur d'amour. J'étais fou amoureux de cette femme.

- Pour répondre à votre question, j'assouvirais chacun de vos fantasmes, Miss Beckett !

- Certains seront surement en dehors de ta portée… vu ton âge ! Me taquina-t-elle

- Tu ne te plaignais pas de mon âge, tout à l'heure et encore moins de ma langue!

- C'est vrai, reconnu-t-elle, ta langue est si… coquine.

- Kate Beckett, tu es une redoutable tentatrice, ajoutais-je en la faisant pivoter pour m'allonger sur son corps de rêve.

- Tu sais, chuchota-t-elle en me happant la lèvre inférieure, tu n'es pas mal non plus Castle.

Dans un sourire, j'embrassai Kate langoureusement, quémandant l'entrée de sa bouche. Je découvris avec bonheur sa langue danser avec la mienne. Mes mains caressaient ses hanches pour remonter sur ses flancs, ce qui lui déclenchait des gémissements divins. Kate enroula sa jambe autour de ma taille et nous bascula dans un geste qui me surprit. À califourchon sur moi, je pouvais me délecter de la vue qu'elle m'offrait, remontant mon buste, j'entrepris de mordiller son sein gauche tout en malaxant le sein droit d'une de mes mains. Ma seconde main se fit plus aventureuse et descendit plus au sud, où je m'appliquais à caresser son clitoris, lascive dans mes bras, j'entendis Kate râler mon nom :

-Castle…..

Sa bouche avait élu domicile dans mon cou, où elle s'appliquait à me faire perdre la tête en me mordillant, me léchant, me goutant. Voulant reprendre le contrôle de la situation, j'enfonçais un doigt dans son vagin, à mon geste, elle se raidit de plaisir en jouant du bassin sur ma main.

- Tu es tellement torride, dis-je d'une voix rauque en enfonçant un deuxième doigt qui la fit haleter.

- Rick, gémit-elle en m'embrassant fougueusement tout en remontant et descendant sur ma main.

Enfonçant un troisième doigt, je sentis sa cavité se refermer sur mes doigts, son souffle se faire court et sa respiration s'emballer

- Castle, je vais….

Et pour lui donner un maximum de plaisir, je lui mordis le téton, ce qui la fit décoller au septième ciel.

- Rickkkk! cria-t-elle dans un souffle

La laissant reprendre ses esprits, je m'appliquais à lui embrasser le cou, tout en la serrant contre mon buste. Elle était en sueur contre moi, j'entendais son cœur battre à cent à l'heure ; doucement je retirais mes doigts de son intimité pour venir les lécher. À ce geste, Kate me regarda et sourit en s'approchant pour venir se gouter sur mes lèvres. Dieu que cette femme était sexy ! Relâchant mon étreinte, je lui chuchotais à l'oreille.

- Pas mal pour un vieillard !

Elle rit à ma réplique puis se releva pour me tendre la main, voyant mon incertitude à son geste, elle me dit :

- À mon tour de jouer, mais pour faire ce que je compte te faire, il me faut de l'espace… beaucoup d'espace, ajouta-t-elle en se mordant sa lèvre inférieure.

- Tu auras ma mort sur ta conscience un jour ! Lui affirmais-je en me relevant pour happer cette lèvre si sexy.

- Allez Castle, un peu d'actions ça te dit ? demanda-t-elle en me tirant en direction de sa chambre. »

J'avais l'impression que cette scène s'était passée il y a un million d'années, nous étions si bien ensemble, en sécurité, amoureux et sans aucun doute sur notre sexualité. Maintenant chaque geste était étudié et analysé. Sortant de mes pensées, je me dirigeais à l'aide de ma canne vers ma chambre. Frappant à la porte pour ne pas brusquer Kate, je l'entendis me dire d'entrer.

Elle se trouvait dans l'encadrement de la salle de bain, entourée dans une serviette-éponge, je pouvais distinguer les bretelles de son soutien-gorge noir. Elle avait la tête baissée et s'agrippait à sa serviette. Sa détresse à ce moment-là fit écho avec la mienne.

- Tu vas bien ? Demandais-je en m'approchant d'elle

- Oui, murmura-t-elle

- Kate, qui a-t-il ? Lui dis-je en remontant son visage avec ma main droite

- Je… j'ai…, bégayait-elle, j'ai peur.

- Je ne te ferais aucun mal

- Je le sais, mais je n'arrive pas à contrôler cette peur au fond de moi, je sais c'est stupide et…

- Non, juste humain, répondis-je en la regardant droit dans les yeux, et je dois t'avouer que moi aussi j'ai peur.

- De quoi?

- Je ne sais pas, j'ai l'impression que tout ceci est nouveau, que c'est comme une première fois et en même temps que je n'ai pas le droit à l'erreur. Je ne veux pas te blesser en ayant un regard ou un geste inapproprié ou mal interprété.

-….

- Je suis désolé, continuais-je en retirant ma main, je n'aurais pas dû te dire tout ça, j'aurais dû…

- C'est moi qui suis désolée Rick, me coupa-t-elle en larmes, c'est de ma faute si on en est là.

- Ce n'est en aucun cas…

- Si tu voulais partir, je comprendrais.

- Je t'aime et je n'ai aucune intention de partir, je veux juste que tu saches qu'on est terrifié tous les deux et qu'on doit se faire confiance.

- Je t'aime aussi, se confia-t-elle en se calant sur mon torse.

- Ok, si tu préfères qu'on arrête pour ce soir...

-Non, mais on pourrait y aller par étapes, dit-elle hésitante, alors que j'encerclais ses hanches de mes mains

- Par étapes?

- Oui… on pourrait passer la soirée seulement en sous-vêtement ? Ça te va ?

- Ça me va, acquiesçais-je rassurer à l'idée d'y aller doucement

- D'accord, hocha-t-elle la tête anxieuse en relâchant l'emprise qu'elle avait sur la serviette-éponge.

Kate était désormais face à moi, appuyée contre le mur, en dessous très très sexy, j'en avais le souffle coupé. Ces sous-vêtements noirs étaient divins, j'avais oublié à quel point son corps était parfait.

- À ton tour, me dit-elle gênée en croisant ses bras sous sa poitrine qui ne faisait que la mettre plus en valeur.

Doucement j'ôtais mes vêtements sous son regard, qui se faisait désireux, pour terminer en caleçon rouge devant elle.

- Et maintenant? Demandais-je pour éviter cet embarras

- Je ne sais pas, tu voulais écrire? demanda-t-elle incertaine

- Oui et toi lire, répondis-je en me reculant pour mieux l'admirer.

- J'aimerais bien lire ton livre si tu me le permets, enfin les derniers chapitres que tu as modifiés.

- Sans soucis, c'est à partir du chapitre 17, dis-je embarrassé par mon regard qui se faisait noir

- Très bien, je vais aller dans le salon, alors, continua-t-elle en rasant le mur pour ne pas se mettre de dos.

- J'ai aussi modifié la dédicace, j'espère que tu ne m'en voudras pas.

- Pourquoi?

- Tu verras, curieuse ! Fis-je en souriant afin de la mettre à l'aise.

- À tout à l'heure, me sourit-t-elle

- À tout à l'heure.

Kate se retourna pour partir, laissant à ma vue sa chute de rein démentielle et son formidable fessier, elle portait un string qui me coupa le souffle, ses cheveux avaient poussé et arrivaient à mi-dos en ondulant.

À sa sortie, je me hâtais sous la douche pour me rafraîchir les idées !


POV Beckett


La discussion avait Castle m'avait fait bien, le dialogue était primordial pour qu'on arrive à nous reconstruire. Savoir qu'il avait des doutes, des craintes me rassuraient.

Avoir vu Rick en caleçon, avait fait ressurgir un souvenir enfoui dans ma mémoire.

« C'était le lendemain de notre première et unique nuit ensemble, nous sortions de la salle de bain, ou nous avions partagé un moment exquis tous les deux, Castle était en caleçon devant moi et se séchait les cheveux avec une serviette-éponge. Moi je ne portais que ma nuisette bleue que j'avais enfilée à la va-vite en sortant de la douche pour mieux choisir mes vêtements de la journée. Debout face à lui, je ne perdais pas une miette de cette vue si sexy qu'il m'offrait. Nous avions fait l'amour plusieurs fois cette nuit-là, tantôt lentement, tantôt précipitamment, avec douceur ou rudesse, et ça avait été la plus belle nuit de toute ma vie. Je n'arrivais pas à comprendre comment il arrivait à faire remonter autant de désir en moi avec juste un regard, juste une parole ou un geste.

- Arrêtez de mâter lieutenant ! S'exclama-t-il ce qui eut le don de me sortir de mes pensées, c'est du voyeurisme ! s'indigna-t-il faussement.

- Ah oui ? Et que comptez-vous faire Castle, porter plaine? Continuais-je

- Oh non, dit-il d'une voix suave en s'approchant de moi tel un félin sur sa proie. Je pensais plus à vous laisser profiter convenablement de la vue, reprit-il en me poussant virilement sur le lit et en me surplombant.

- On n'a pas le temps, Rick, murmurais-je pendant qu'il me léchait la jugulaire, faisant renaître mon désir.

J'avais la chair de poule, il remonta ses mains sous ma nuisette pour me la retirer.

- J'ai envie de toi, Kate, m'avoua-t-il en faisant rencontrer son intimité déjà dressée avec la mienne.

- J'en ai envie aussi, haletais-je sous la force de mon désir, mais on m'attend au poste.

Il souffla dans mon cou de frustration. Comment pouvait-on être tous les deux frustrés alors que nous venions à peine de profiter d'une étreinte haute en chaleur sous la douche.

- Je te promets de me rattraper ce soir, continuais-je en lui embrassant le nez tendrement et en le plaquant à mon corps.

J'adorais avoir son corps sur le mien, entendre son cœur battre, sentir sa respiration dans mon cou.

- Promis ? demanda-t-il avec des yeux d'enfants

- Promis, souriais-je. »

Je n'avais pas pu tenir ma promesse, le soir même j'avais été enlevée par Abbott et le début de ma descente aux enfers avait commencé.

Je donnerais tout pour pouvoir de nouveau partager de tels moments avec Castle. Soufflant d'énervement, je m'assis en petite tenue sur le sofa et pris le livre de Rick. Le dernier Nikki Heat.

Je me souviens de sa dernière dédicace avant qu'il la modifie. Il avait écrit:

« À la véritable Nikki Heat, cette saga c'est grâce à toi, grâce à nous… Always »

Et officieusement, juste pour moi :

« Kate, dès l'instant où nous nous sommes rencontrés, ma vie est devenue extraordinaire… il y a sept ans, je pensais que je n'arriverais plus à écrire. Et puis tu as passé la porte. Et tout monde a changé. Tu avais raison… tu as dit que je n'en avais aucune idée… mais maintenant je le sais. Tu es la joie dans mon cœur, tu es l'oxygène de mes poumons, tu es mon tout . Je t'aime, Katherine Beckett et j'espère sincèrement que tu trouveras le bonheur auquel tu aspires. Always. RC »

Soufflant un bon coup, je découvris sa nouvelle dédicace.

Je dédie ce livre à l'agent Andrew Bells, mort en héros. Mes mots ne seront jamais à la hauteur de ma dette envers lui.

Au début de sa dédicace, je me figeais, Andrew, il avait dédié ce livre à Andrew. Une larme coula le long de ma joue en repensant à mon coéquipier qui était mort dans mes bras en se prenant une balle qui m'était destinée. Je me rappelais de ces derniers mots :

« -Kate, murmurait Andrew

- Oui, pleurais-je au-dessus de lui, pendant que les sauveteurs arrivaient

Dit à ma mère que… Non, tu lui diras, sanglotais-je Je ne ressens plus rien Accroche-toi Bells ! suppliais-je Je t'aime, déclara-t-il avant de perdre connaissance. Andrew ? Andrew ? l'appelais-je pendant que deux bras musclés le surélevaient. »

Essuyant mes larmes, j'étais heureuse du geste de Castle. Il avait honoré la mémoire de mon ami. Reprenant ma lecture, je découvris le reste de la dédicace.

Je souhaiterais également remercier tous les policiers du 12ème de New-York ainsi que l'agent Jordan Shaw.

Mère, tu seras toujours une star à mes yeux. Alexis, tu m'épates tous les jours. Vous êtes toutes les deux mes sources rousses d'amour inconditionnel.

Je souris à la dédicace faite à sa fille et à sa mère. Ce geste attentionné et empli d'amour ressemblait tellement à Castle.

Et enfin, à toi Katherine Beckett. Il y a sept ans, je pensais que je n'arriverais plus à écrire. Et puis tu as passé la porte. Et tout mon monde a changé. Tu avais raison… tu as dit que je n'en avais aucune idée… mais maintenant je le sais. Tu es la joie dans mon cœur, tu es l'oxygène de mes poumons, tu es mon tout. Je t'aime plus que ma vie. Cette saga c'est grâce à toi, grâce à nous… Always »

Sa dédicace était magnifique, relevant les yeux, je le vis apparaître en caleçon, mouillé sur le torse avec son ordi portable en main et sa canne dans une autre.

- Tu pleures ? demanda-t-il inquiet en s'approchant

À sa remarque, j'essuyais mes larmes que j'avais sur mes joues, je ne m'étais pas aperçue que je pleurais.

- Ne t'inquiète pas, souriais-je, ta dédicace est très belle, ajoutais-je pour lui faire comprendre que ses mots m'avaient touchée.

- D'accord, acquiesça-t-il doucement, ça t'embête si j'écris ici près de toi ? demanda-t-il prévenant.

- Non, le rassurais-je en me poussant pour lui faire de la place.

Castle pris place en souriant près de moi, il mit ses jambes sur la table basse et positionna son ordinateur sur ses jambes en l'allumant. Me réinstallant, je me mis à l'opposé pour appuyer mon dos à l'assise du canapé et allongeai mes jambes jusqu'à qu'elle rentre en contact avec celles de Castle. Sentir sa peau nue sous la mienne, me déclencha des frissons, je n'osais plus bouger, j'avais les jambes en flexions et je resserrais les cuisses en repensant que j'étais en string.

Rick se retourna pour me voir, il descendit son regard sur moi, sur mes jambes, et me demanda en désignant mes pieds.

- Je peux ?

Levant un sourcil d'interrogation à sa demande, il prit mes pieds dans ses mains froides pour les positionner sur ses jambes entre son bas-ventre et l'ordinateur. J'avais désormais les jambes allongées.

- Tu es gelé, lui dis-je

- J'ai pris une douche, répondit-il en haussant les épaules et en commençant à pianoter sur son clavier gêné par ma remarque.

- Une douche gelée ? Demandais-je intriguée en reprenant son livre en main.

-….

Devant son silence, j'assemblais les pièces du puzzle, et je ne pus sortir qu'un :

- Oh !

J'étais heureuse de voir qu'il avait dû prendre une douche froide après m'avoir vu en sous-vêtement, je lui faisais autant d'effets qu'il m'en faisait. Voyant son mal à l'aise, j'ouvris le livre au chapitre 17, et lui dit cacher derrière les pages.

- J'aurais pu en prendre une aussi, tu sais.

- Une quoi ? demanda-t-il

- Une douche froide

- Ah bon ? Sourit-il en me regardant surpris par ma révélation

- Tu es très sexy en caleçon, lui avouais-je en levant les yeux pour rencontrer son regard

- Tu es très sexy en dessous, me répondit-il en me souriant.

Nous nous regardions tous les deux pendant quelques minutes, puis naturellement nous nous remettions à nos activités. Je redécouvrais avec plaisir le monde de Nikki et Rook, en espérant cette fois-ci, une fin heureuse pour tous les deux.