CHAPITRE 4
POV CASTLE
C'est un rayon de soleil qui me fit sortir de mon sommeil. Ouvrant les yeux difficilement, je m'aperçus que nous avions bougé dans la nuit, Kate était désormais sur le ventre près de moi, la couverture ne la couvrait qu'à moitié, laissant à mes yeux le plaisir de contempler son corps divin. Je pouvais apercevoir une partie de sa poitrine écrasée par son corps ainsi que sa démentielle chute de rein ! Ses jambes n'étaient plus couvertes, seules ses fesses étaient à l'abri de mon regard sous les draps. La contemplant pendant quelques secondes, je pensais que nous avions traversés tant de difficultés ensemble… son kidnapping, ses douleurs, son départ, Jones et Abbott. Il ne nous restait qu'une dernière étape pour être finalement heureux. Relevant le drap sur elle jusqu'à ses épaules pour qu'elle ne soit pas gênée lors de son réveil, je la sentis gigoter et marmonner :
- Merci
- De rien, lui répondis-je en lui embrassant la joue.
Me tournant pour me relever, j'étais à la recherche de ma canne en caleçon, j'avais froid et je ne pouvais pas me couvrir à cause de cet exercice.
- Tu vas où ? me demanda Kate qui se réveillait doucement
- Allumer la cheminée et …
- Tu as froid ? me demanda-t-elle en s'asseyant sur le lit, le drap maintenu sur sa poitrine.
La vision qu'elle me renvoyait d'elle était tellement sublime et divine, que j'en perdis la parole
- Castle, ferme la bouche, tu vas réussir à gober une mouche, s'amusa Kate
M'approchant d'elle à l'aide de ma canne, je lui piquai un baiser que je voulais chaste mais Kate ne l'entendit pas de cette manière, et le baiser chaste devin réellement langoureux. Nos bouches s'entrechoquèrent dans un duel sans fin, ses mains relâchèrent le drap pour venir s'accrocher derrière ma nuque. Kate s'allongea sur le lit en m'emportant avec elle.
- Hum, Kate, gémissais-je sous ses caresses, on devrait arrêter
- Pas envie, me susurra-t-elle en me happant la lèvre.
M'éloignant d'elle à contrecœur, je vis dans son regard que mon geste la surprit. Sa poitrine était désormais visible et son ventre si plat finit de me faire chavirer.
- Je vais aller préparer le petit déjeuner, déclarais-je en me relevant sur la béquille
- Castle, ça va ? demanda-t-elle inquiète
- Oui, oui, répondis-je en m'éloignant d'elle.
Ce réveil tendresse m'avait mis sens dessus dessous. Je m'étais éloigné d'elle pour ne pas avoir de geste déplacé en son égard. Je ne savais pas où s'arrêtait sa limite et je mourrais d'envie de lui faire l'amour, de la garder dans mes bras.
POV BECKETT
Castle s'était éloigné de moi et avait fui dans la cuisine. Me recouvrant à l'aide du drap, j'essayais d'analyser la situation. Il ne m'avait pas repoussée, seulement arrêtée. J'avais vu son regard envieux et son désir s'accentuer le long de notre baiser… alors pourquoi était-il partit ?
Lanie avait peut-être raison après tout, Castle avait peut-être peur lui aussi. Me levant énergiquement, un dilemme s'ouvrit devant moi : comment allais-je parader dans le loft ? Rick était parti en caleçon, je devrais certainement faire comme lui. Déjeuner complètement nue me dérangeait quelque peu. Prenant de nouveau sous-vêtement dans la commode, je partis en direction de la cuisine.
Castle cuisinait ses pancakes en écoutant de la musique. J'adorais le voir ainsi dans son intimité, il ne s'agissait plus de Richard Castle l'écrivain ou de Rick Castle le tombeur de ces dames… non j'avais devant moi Richard Alexander Rodgers, et j'adorais ça !
M'approchant de l'îlot central, Rick me regarda et éteignit la radio.
- À quelle heure as-tu rendez-vous avec Gates ?
- 10h.
- Tu veux du sirop d'érable sur tes pancakes ?
- Je veux bien, oui. Rick à propos de tout à l'heure, je…
- Je suis désolé, me coupa-t-il
- Désolé ? Pourquoi?
- Je n'aurai pas dû m'approcher de toi, je t'avais promis hier qu'il...
- Eh, je ne suis pas toute blanche dans cette histoire ! M'exclamais-je, quand vas-tu arrêter d'être désolé de me toucher?
- Kate, souffla-t-il, ce n'est pas si simple
- Je sais, c'est juste que j'ai l'impression que tu évites toute inimitié avec moi
- Je ne veux pas te faire du mal, répondit-il en me donnant mon assiette
- Rick, je ne suis pas faite en sucre et...
- Que voulais-tu que je fasse ? On aurait continué ? Jusqu'où peut-on aller ? Que m'autorises-tu à faire ? Toutes ces questions je me les pose à chaque fois qu'on s'embrasse… alors je suis désolé d'avoir fui mais tant que je n'ai pas toutes les réponses à ces questions, je ne serais pas à l'aise, m'avoua-t-il la tête baissée.
- Castle, je…
Dring, dring, dring. Maudit téléphone pensais-je, prenant mon téléphone sur la table basse, je vis que c'était Alexis. Il était 9h à New-York soit 6h à Stanford. M'inquiétant, je répondis en m'éloignant, il y avait surement une raison pour qu'elle m'appelle moi et non son père.
- Beckett
- Hey, c'est Lex, dit-elle d'une voix triste
- Alexis, tout va bien ? Demandais-je en entrant dans la chambre.
- Kate, je crois que j'ai faits une bêtise, dit-elle en pleurs
- Calme-toi, de quel genre de bêtise parles-tu?
- Mon Dieu, je ne suis qu'une imbécile !
- Lex, respire, et raconte-moi tout, dis-je inquiète
- On est allé à une soirée hier avec les filles, sanglota-t-elle, on rigolait bien, et puis les filles se sont moquées de moi, de mon côté trop BCBG, que je ne savais pas m'éclater. Elles m'ont dit « tu es jeune et célibataire, lâches-toi un peu !».
- Qu'as-tu fais ?
- J'ai bu, beaucoup bu et j'ai rencontré un homme, répondit-elle en sanglotant
- Lex, est-ce qu'il a abusé de toi ?
- Non , non, on a passé la nuit ensemble , et ce matin je suis partie pour retourner au dortoir.
- C'est tout ? Riais-je, Lex, crois-moi, j'ai fait bien pire à l'université. Ce n'est pas grave, ça arrive. Tu t'es protégée au moins ? M'inquiétais-je
- Oui, mais Kate, la bêtise ce n'est pas ça.
- Ok, tu me fais peur là. C'est quoi ?
- L'homme avec qui j'ai… tu vois…
- Oui
- Il s'appelle Samuel Evans
- Ok, ce nom ne me dit rien.
- C'est mon prof de droits!
- Tu as couché avec ton prof de droits ! M'exclamais-je
- Crie plus fort, papa ne t'a surement pas entendu ! s'écria-t-elle
- Désolée, chuchotais-je, Lex qu'est-ce qu'il t'a pris !
- Je ne le savais pas, je viens de le découvrir en lisant le programme de ma journée, je n'étais pas sensée savoir que mon prof changerait en cours d'année.
- Il connaît ton nom?
- Kate, bien sûr qu'il connaît mon nom! Mon Dieu je suis foutue, souffla-t-elle
- Alexis, respire, je suis sûre que lui aussi sera tout aussi embarrassé. Fais comme si de rien n'était et tout ira bien
- Tu crois?
- Mais oui, c'est interdit de coucher avec l'une de ses étudiantes, il risque sa place, alors souffle un bon coup et va en cours.
- D'accord
- Il a quel âge au fait ?
- 26 ans
- Mon dieu, ton père va faire une attaque
- Ne lui dit pas !
- Je…
- Kate, s'il te plaît, ne lui dit rien. Et puis de toute manière c'est pas comme si ça allait se reproduire.
- Je n'aime pas mentir à ton père, Lex.
- S'il te plaît, me supplia-t-elle
- Ok, abdiquais-je
- Merci Kate… ça m'a fait du bien de discuter, je te rappelle plus tard
- A plus tard et tiens moi au courant dis-je en raccrochant.
Cacher des choses à Castle ne m'enchantait pas, mais cacher des choses concernant Alexis à son père, c'était pire. Si Rick le découvrait, je ne donnais pas cher de ma peau.
- Un problème ? me demanda Rick qui était dans l'embrasure de la porte
- Non, non, répondis-je en retournant à la cuisine
- Qui c'était ?
- Lanie, mentis-je en mangeant pour éviter son regard, elle voulait savoir si je pouvais lui faire un bonjour à la morgue après avoir vu Gates.
- Ok, me répondit-il pas convaincu.
- Castle, à propos de notre conversation
- C'est bon, Kate
- Je ne sais pas où sont mes limites, lui répondis-je sans tenir compte de son refus, je ne sais pas où tu peux aller, je voudrais juste être une petite amie normale.
- Kate
- On devrait essayer, le coupais-je
- Essayer quoi ?
- Lanie a raison tu sais, le plus dur c'est de se lancer, je sais que quoiqu'il arrive je serais toujours en sécurité dans tes bras. Et j'en ai envie, Rick… Alors on devrait essayer, je pense qu'il faut juste que je surmonte ma peur.
- Et la thérapie?
- Je ne veux pas qu'on tourne en rond avec des exercices, il faut juste que je me fasse violence.
- Je ne veux pas que tu te fasses violence, je veux que tu prennes du plaisir, je veux...
- Castle, la première fois sera surement approximative, craintive mais l'essentielle sera là, toi et moi.
- Je ne sais pas, on devrait peut-être suivre le plan de Burke
- De quoi as-tu peur Rick, demandais-je en venant l'enlacer par la taille.
Nous étions tous les deux en sous-vêtements dans la cuisine à tâtonner sur notre relation, nous mettant à nu au sens figuré.
- Et si tu étais déçue, répondit-il hésitant
- Déçue ? Castle on a déjà fait l'amour ensemble, et crois-moi j'étais tout sauf déçue.
- Oui mais c'était avant, tu étais différente.
- En quoi? Demandais-je intriguée
- ….
- Castle parle-moi, si tu veux que ça marche on doit se parler.
- C'est tellement gênant, souffla-t-il en lâchant notre étreinte. Tu vois je n'ai jamais eu de problème à parler sexualité, mais j'ai l'impression qu'on doit tout décortiquer, chaque geste, chaque caresse, même ma première fois était moins stressante ! avoua-t-il en s'asseyant sur un des tabourets de l'îlot central.
- En quoi étais-je différente Rick ? Insistais-je
- Tu étais plus libérée, plus sûre de toi, de ta sexualité, ce n'est pas un reproche, Kate, c'est juste que….
- Que ?
- Je n'avais pas à m'inquiéter de chacune de tes réactions, on a fait des choses ensemble plutôt osées, même la première fois. Je ne sais pas, je me demande ce que tu attends de moi, j'en viens même à réfléchir sur quelle position serait le mieux pour toi, ajouta-t-il en baissant ses yeux.
Je le regardais fixement énumérer toutes ses craintes sur nous, sur moi et j'en étais bouche bée. J'avais toujours cru que Castle était le plus sûr de nous deux. Je dois dire que toutes ses peurs étaient fondées parce qu'il avait surement raison, je ne savais pas non plus comment j'allais gérer cette inimité.
- Tu as rendez-vous dans 30 minutes, tu devrais te préparer, me dit-il en se levant pour nettoyer la cuisine. Le Kiné vient vers 11heures, continua-t-il pour changer de discussion.
- D'accord, répondis-je en me retournant pour aller dans la chambre au bord des larmes.
Son refus de discuter me fit plus mal que ses paroles.
POV CASTLE
J'avais exposé à Kate toutes mes peurs et je m'en voulais. C'est moi qui devrais être fort pour nous deux, c'est moi qui devrais la portée à bout de bras et non pas l'inverse. Elle m'avait dit qu'elle souhaitait franchir le pas avec moi et je l'avais repoussée lui disant qu'elle avait changé ! Je me sentais minable mais tellement craintif à la fois.
Retournant dans la chambre, je vis Kate habillée en tailleur près du miroir, elle séchait ses larmes. Cette vision me brisa le cœur, comment pouvions-nous passer du rire aux larmes tous les deux. M'avançant près d'elle, je l'enlaçais par la taille, elle se retourna dans mes bras pour m'étreindre.
- Je suis désolé, si tu veux qu'ont…
- Non, c'est toi qui as raison, me souffla-t-elle en s'éloignant de mes bras.
- Kate...
- Gates va m'attendre, on se voit après.
- Je ne veux pas qu'on se quitte fâché, tentais-je
- Je ne suis pas fâchée, Castle, répondit-elle en mettant ses chaussures
- J'ai aimé passer la nuit avec toi. J'ai aimé te voir enlacer dans mes bras et nue, et j'ai adoré notre baiser...
- Je sais, me coupa-t-elle, on se voit tout à l'heure, ajouta-t-elle en sortant avec un regard triste.
- Et merde ! M'écriais-je en jetant ma canne.
POV BECKETT
J'étais partie du loft à toute vitesse, voulant absolument fuir pour un instant nos problèmes. Je comprenais Castle mais j'avais besoin de distance pour ingurgiter tout ça. Je ne lui en voulais pas car contrairement à moi, il m'expliquait ses peurs. Arrivée au 12ème, une ambiance familière me rassura, j'avais salué tous mes amis et étais à présent dans le bureau de Gates.
- Comment allez-vous Beckett ?
- Bien, capitaine et vous-même?
- Bien, je vous en remercie. Si je vous ai fait venir ici, c'est pour vous reproposer votre poste de lieutenant au sein de la criminelle.
- Je ne sais pas si c'est le mieux pour moi, soufflais-je
- Revenir aux bases est parfois essentiel; ce n'est pas un retour en arrière ou un échec, seulement un nouveau départ.
- Vous croyez ?
- Oui et je dois dire que nos affaires piétonnes sans vous, me sourit-elle
- Une grande partie des affaires résolues se faisait grâce à Castle
- C'est vrai vous savez raison, c'est pourquoi votre duo est le bienvenu si vous reprenez votre poste.
- Ryan et Esposito m'ont parlé d'une nouvelle affaire? Fis-je intriguée
- Oui, il se fait appeler le Fossoyeur. Il kidnappe de jeunes couples pour les enterrés vivants dans une sorte de cube. Après une demande de rançon, il attend son dû. Passé le délai de 48heures, il envoie simplement les données GPS pour retrouver les corps. Nous avons 2 couples qui ont subi ce destin tragique.
- Personne ne paye la rançon?
- Elle est trop élevée, et la cellule de crise les en dissuade.
- Pourquoi le FBI n'est pas déjà intervenu ?
- C'est sous la juridiction de l'Agent Jordan Shaw, elle nous a dit que vous étiez capable de gérer ceci. Elle est actuellement dans le Nevada sur une affaire.
- Voilà où j'interviens, pensais-je tout haut
- Je n'ai pas besoin de Shaw pour vous proposer votre poste, Kate.
- Je le sais Capitaine, souriais-je
- Alors vous êtes des nôtres ?
- Et la presse ?
- On ne va pas tenir longtemps sans que le presse soit au courant. On a environ une semaine avant d'avoir un nouveau couple disparu.
- Ok, j'en suis
- Vous acceptez ? dit-elle surprise
- Oui, vous avez raison, un nouveau départ me fera du bien.
- Très bien voici votre insigne, pour votre arme, il faut que…
- Je me requalifie, la coupais-je, je sais.
- Bien, Ryan et Esposito vont vous briefer sur l'enquête et l'agent Shaw m'a dit de vous dire que vous pouviez l'appeler à tout moment.
- Merci, capitaine, terminais-je pour sortir et retrouver mon bureau.
Rien n'avait changé même la chaise de Castle était toujours là. Sur le bureau trônait un café avec un post-it. Le prenant, je lu le mot :
« Chaque reprise exige un café… je ne suis pas là pour ton retour, mais je suis là par la pensée. Always »
Son attention me toucha énormément, me retournant pour voir comment il avait pu réaliser ce tour de passe-passe, je rencontrai le regard de Javier qui me dit :
- Un coursier vient de le déposer
- Merci, acquiesçais-je
- Alors de retour ?
- Oui
- Un peu de silence ! s'écria-t-il, ce qui me fit sursauter. Je voudrais qu'on accueille comme il se doit le retour du lieutenant Kate Beckett !
À son annonce, tous les flics du commissariat se retournèrent sous un tonnerre d'applaudissements.
- Merci, beaucoup, dis-je gênée par leur accueil plus que chaleureux.
- Tu nous avais manqué, me confia Ryan
- Vous aussi, avouais-je, on en est où de l'affaire ?
- Arrivée depuis deux minutes et déjà au boulot, souffla Espo
- C'est pour ça qu'on me paye, répliquais-je en haussant les épaules
- Gates t'a fait un résumé ?
- Oui, je me demandais si les couples se connaissaient, s'il avait un profil particulier, un point commun.
- Rien de rien, s'agaça Ryan. On patauge en eaux troubles.
- Très bien, on reprend tout depuis le début.
- Ok, on s'installe dans la salle de réunion ? me demanda Javier
- Oui, allez-y, j'arrive dans deux minutes, j'ai un coup de fil à passer.
- Ok, acquiescèrent les gars
Prenant mon portable, je me mis à l'abri des regards pour appeler Castle.
- Castle
- Hey, c'est moi
- Tu vas bien? dit-il essoufflé
- C'est toi à qui il faut le demander, tu cours un marathon?
- Non, je suis avec le Kiné, souffla-t-il
- D'accord, je ne vais pas plus te déranger dans ce cas
- Tu ne me déranges pas
- J'ai repris mon poste, lui annonçais-je
- Bien, tu reprends quand?
- Maintenant
- Oh, fit-il déçu
- C'est un problème ?
- Non, non, ça te fera le plus grand bien
- Merci pour le café
- De rien, ça m'a fait plaisir.
- Je vais bosser sur l'affaire avec les gars
- Je passerais dans l'après-midi dans ce cas, si tu le veux bien ?
- Bien sûr, il me tarde de reprendre le Caskett ! Blaguais-je pour détendre l'atmosphère
- Moi aussi, à tout à l'heure
- À tout à l'heure mon ange.
POV CASTLE
Le kiné était passé et m'avait laissé entendre que dans une semaine, je pourrai me déplacer sans cette maudite canne. J'étais fou de joie. J'avais renvoyé un message à Alexis qui ne m'avait pas répondu depuis la veille pour lui rappeler au bon souvenir de son père. Après avoir mangé, j'avais rejoint Kate au commissariat. Reprendre nos habitudes allait surement nos aider tous les deux. Assise aux côtés des gars, elle fixait le tableau blanc. Souriant, je rentrais dans la salle :
- Hey
- Hey, Bro comment ça va ? demanda Espo
- Bien et vous, vous avancez ?
- Non pas vraiment, répondit Kate en se levant pour m'embrasser chastement. Tu m'as manqué, me chuchota-t-elle
- Toi aussi, souriais-je heureux de cet accueil. Je n'ai pas pu prendre de café avec cette canne s'est compliqué, grimaçais-je
- Tant que tu es là, c'est l'essentiel, répliqua-t-elle avant de s'assoir.
M'asseyant près d'elle, je prenais note de ce dossier deux couples :
James et Louise Davis
Nathan Moore et Brooke Williams
L'un était marié, l'autre en concubinage, sans enfant tous les deux. Des situations professionnelles banales, rien qui ne justifie une rançon à un million de dollars. Ils avaient tous entre 40 et 30 ans. Ne se connaissaient pas et habitaient à l'opposé les uns des autres.
- Ce pourrait-il qu'il les cible au hasard ? Demandais-je
- Non, me répondit Kate, ils doivent avoir un point commun qui fait que le tueur les choisit.
- Ok, soufflais-je perdu sous ces tonnes d'information. Comment a-t-il fait pour kidnapper deux personnes, les faire rentrer dans cette capsule et les enterrer seuls, pensais-je à voix haute de plus faire un trou comme ceci, fis-je en montrant la photo, requiert du temps.
- Les deux semaines entre chaque meurtre doivent avoir un lien. Le temps qu'il prépare son lieu, sa capsule et son trou, répondit Ryan
- Lanie a découvert des traces de propofol, il les a endormis pour les mettre là-dedans, ajouta Espo en me montrant cette énorme capsule.
- Ok, mais pour un trou comme ceci…
- Il lui faut une pelleteuse, continua Kate
- Ce qui veut dire qu'il doit détenir un permis d'engin
- Et qu'il travaille dans les travaux publics, donc…
- Des chantiers ! Nous nous exclamions ensemble en nous souriant face à cette joute verbale.
- Ryan recherche des chantiers près des scènes de crimes, dit Kate, Esposito trouve les conducteurs d'engin de ces chantiers.
- Ok, boss, fit Ryan
- Quoi ? Demandais-je à Javier qui nous regardait comme des extraterrestres
- Vous savez que vous êtes flippants quand vous faites ça ! rétorqua-t-il en sortant.
- Tu avais raison, me sourit Kate
- J'ai toujours raison, plaisantais-je, mais au fait à quel sujet ?
- Le boulot, reprendre le travail nous fera du bien. Ta Kiné s'est bien passé ? S'inquiéta-t-elle
- Oui, il pense que dans une semaine, je pourrais laisser ma troisième jambe au placard ! M'exclamais-je heureux
- Bien
- Kate pour ce matin, tentais-je
- Tu as bien fait de me dire toutes ces choses, me coupa-t-elle en me prenant la main, parler de ses angoisses même si c'est dur à entendre, nous fera avancer.
- Ok, acquiesçais-je, à ton tour alors, dis-je pour lui tendre la perche
- Mon tour ?
- De quoi as-tu peur ?
- Je… ça t'embête si on n'en discute ce soir en tête à tête
- Promis ?
- Promis, dit-elle en se relevant pour prendre des dossiers
- Où vas-tu ?
- Il faut que j'appelle Jordan et ensuite on fera des recherches sur ses capsules
- Dis, tu n'aurais pas eu des nouvelles d'Alexis ?
- Non, pourquoi, me dit-elle en détournant le regard
- Je n'arrive pas à la joindre, c'est pas dans ses habitudes
- Elle est peut-être occupée, me rassura-t-elle, je suis sûre que d'ici ce soir tu auras de ses nouvelles
- D'accord, fis-je en la voyant partir.
Un sentiment bizarre m'envahit comme s'il se passait quelque chose que j'ignorais.
