Chapitre 2 : Un monde étrange

Daniel ouvrit lentement ses yeux, le soleil était déjà levé, elle découvrit 7h20 sur son réveil.

-"Hm…trop tôt, se dit-elle pas encore tout à fait réveillée.

Elle décida alors de se rendormir pour 10 ou 15 minutes. Et, tenant la promesse qu'elle s'était faîte pour elle-même, elle se leva 15 minutes plus tard. Daniel retira lentement la chaleur qui la recouvrait comme dans un cocon. Les yeux mi-clos, elle mit un jean bleu foncé, un t-shirt blanc et un sweat noir qu'elle mit en dessous de son vêtement blanc aussi lentement qu'un zombie et alla préparer son petit déjeuner. Celui-ci terminé, elle regarda son téléphone qui indiquait 7h39. Elle alla alors se brosser les dents et les cheveux avant d'aller mettre ses baskets. La jeune fille se regarda une dernière fois dans le miroir, elle avait des cheveux noirs très courts qui arrivaient au niveau du cou, des yeux bruns et presque noirs et une petite boucle d'oreille qui était à son oreille droite, elle portait aussi deux plaque autour de son coup, un souvenir que lui avait laissé ses parents. Daniel ressemblait beaucoup à Himuro Tatsuya, avec le grain de beauté et le regard perçant en moins. Elle n'était pas très féminine et quasiment tout le monde la prenait pour un garçon à cause de sa coiffure, son manque de poitrine et de son attitude calme. Mais en fait, cette coiffure était due à une erreur, quand elle est allée se faire couper les cheveux, on l'avait prise pour un autre client qui avait demandé cette coiffure et résultat, elle avait fini avec cette coupe mais cela ne la dérangeait pas plus que ça.

Puisque son téléphone n'affichait que 7h41, la jeune fille alla sur son ordinateur pour aller regarder un de ses épisodes préféré de Kuroko Basket. Cela fait, elle alla prendre son sac, sa carte de bus, ses écouteurs, mis sa casquette ronde bleu foncé sur sa tête et enfin, prit ses clés. Quand elle ouvrit la porte, une brise d'un matin du printemps vint l'envahir et elle frissonna avant de refermer la porte derrière elle. Elle mit ses écouteurs sur son portable et fit passer l'une de ses musiques préférées, en l'occurrence l'ending 2 de son manga préféré.

Au lycée, personne ne lui parlait, et d'ailleurs, elle n'en avait pas la moindre envie. Quand l'heure de la sonnerie de 17h avait enfin sonné, tout le monde alla dans la cour pour attendre les bus. Daniel, en attendant le sien, ralluma son portable et mis ses écouteurs. Quand son bus arriva enfin, ne lâchant toujours pas ses écouteurs, elle monta dedans et s'installa sans dire le moindre mot, ignorant totalement les autres.

Le moment dans le bus pour rentrer chez elle était son meilleur moment de la journée, le son et les vibrations du moteur la berçaient en plus de sa musique, et à chaque fois que la jeune fille devait descendre du bus, elle poussait un soupir.

Le jeune garçon manqué fit le chemin qu'il avait fait ce matin dans le sens inverse sans la moindre émotion autre que l'ennui. Ce que l'adolescente n'avait pas vu, c'était la voiture qui fonçait droit sur elle. Quand la voiture la percuta, elle n'arriva plus à penser à rien, sa vie ne défilait pas devant ses yeux, alors elle pensa un instant qu'elle n'allait pas mourir mais quand elle retomba sur le sol, tout ce qu'elle vit ne fut plus que du noir.


Kei leva se paupières…pour les refermer aussitôt, une lumière aveuglante était devant ses yeux et l'éblouissait.

-"Je suis morte ? se demanda-t-elle en premier, toujours étourdie

Elle réajusta sa casquette pour se couvrir les yeux et se releva pour examiner son environnement.

La jeune fille se trouvait dans une ruelle, elle fit quelques pas mais elle ne reconnut pas l'endroit où elle se trouvait. Soudain, en regardant son reflet dans la vitrine d'un magasin, elle crut qu'elle rêvait, elle se rapprocha, toucha son visage pour se prouver à elle-même que ce qu'elle voyait n'était pas un rêve et constata que ce qu'elle voyait était bel et bien réel. Son visage…était modelé en 3D !

"Mais…Mais…J'ai encore moins de poitrine qu'avant ! se dit-elle en premier.

Non... Ce n'est pas vraiment le moment de penser à ce genre de chose ! Mais où je suis bon sang ? Et pourquoi je suis en manga ?!

Bon, avant tout…elle inspira et expira lentement pour se calmer. Avant tout, il faut que je me calme."

Ajoutant le geste à la parole, elle essaya de se calmer en respirant lentement. Cela fait, elle regarda autour d'elle, elle marcha un peu…pourquoi ? Elle ne le savait pas elle-même, mais tout réflexe quand on est perdu est d'essayer de retrouver son chemin, ou peut-être quelqu'un qui pourrait la renseigner…

Mais, même après une dizaine de minutes, elle n'avait trouvé personne qui pouvait la renseigner, l'endroit où elle se trouvait était désert. Soudain, et cette fois, elle le perçut comme un cadeau du ciel, avec qui elle n'avait jamais été copine, un homme habillé en agent de police. Daniel se dirigea vivement vers lui, mais à peine arrivait-elle devant lui que…

-Bla ! Bla ! Bla ! Bla !

…que l'agent lui crie dessus dans une langue qui ne lui est pas complètement étrangère.

-Bla ! Bla ! Bla !

Il n'arrêtait pas, Daniel décida tout de même d'essayer de rester calme et d'attendre qu'il est finit.

Voyant qu'elle n'écoutait pas, il lui prit le bras et l'emmena dans la direction…du commissariat. Tiens, c'est vrai. Elle ne l'avait pas du tout remarqué. La jeune fille essaya bien de se dégager pour s'expliquer le bonhomme la tenait très fermement et il ne l'écoutait pas, trop occupé à lui crier dessus en la traînant vers son Q.G. La jeune fille décida alors de se calmer, trouvant que gâcher ses forces inutilement ne servait à rien d'autre que de s'épuiser. Cela étonna le gendarme mais il ne fit aucun commentaire, il ne la lâcha pas non plus, de peur que l'idée de s'enfuir lui venait.

L'homme la fit s'assoir sur une chaise, devant un bureau, sans doute le sien. Il y en avait beaucoup dans le commissariat, l'homme s'était assis devant elle, croisa les bras et lui lança un regard pas du tout rassurant, cependant, elle resta calme et ne montra aucune émotion, Daniel n'avait pas peur puisqu'elle n'avait strictement rien fait.

L'homme commença à parler, toujours dans une langue qu'elle ne connaissait pas :

-"Bla Bla Bla…"

Daniel fronça les sourcils, puis, elle demanda, sans grands espoirs qu'il comprenne :

-"Heu…Je suis désolé, mais…je ne comprends pas ce que vous dîtes, pourriez-vous…?"

Soudain, l'homme s'arrêta de parler, leva un de ses sourcils avant de continuer à crier :

-"Bla bla bla !"

La jeune fille poussa un soupir en abaissant lourdement ses épaules et sa tête, elle entendit alors, et là, elle sentait bien que c'était une question vu le ton :

-"Bla bla bla bla ?"

Elle relevât la tête, regarda l'officier d'un œil vide puis pencha un peu la tête sur le côté, pour dire qu'elle ne comprenait pas. Le gendarme fronça les sourcils, puis se tourna vers son ordinateur, il tapa quelques instants avant de lui montrer l'écran qui affichait :

-"Tu ne comprends vraiment pas ce que je te dis ? Ou est-ce que c'est un mensonge ? Répond-moi franchement et ne me ment pas s'il te plaît .

Daniel, comprenant ce qu'il essayait de faire, fut touchée et émit un minuscule sourire, puis, elle hocha vivement la tête. Elle fut imitée par l'officier puis, il partit, la laissant seule.

Quand il fut hors de son champ de vision, elle s'affaissa sur sa chaise, épuisée émotionnellement, elle avait trop subi pour aujourd'hui. Elle n'en pouvait plus et c'est pour cela, que malgré elle, ses yeux se fermèrent tout seul, sans lui demander son avis. Sa dernière pensée, fut celle-ci :

-"Mais où j'ai atterris ?"


Daniel fut réveillée par des pas qui se dirigeaient vers elle, elle se remit en bonne position sur sa chaise et attendit. C'était l'agent de police qui revenait, il était accompagné d'une femme, elle avait des cheveux bruns clair qui étaient attachés avec un anneau couleur argent et des mèches pendaient aux deux coins de son visage. Elle était habillée comme un médecin, une blouse blanche au-dessus d'un habit à col qui était violet avec un stéthoscope autour du cou. Daniel, recula inconsciemment sa chaise, qu'allait-on lui faire ?

-"Je ne suis pas malade !" cria-t-elle, visiblement excédé que personne ne la comprenne.

Les deux s'arrêtèrent, surpris qu'elle hausse la voix mais la femme parla calmement :

-"J'espère bien, mais je ne suis pas venu ici pour t'examiner, juste t'aider à te faire comprendre".

La jeune adolescente ouvrit de grands yeux, elle n'avait même plus espéré que quelqu'un dans ce commissariat puisse la comprendre, cela la calma et elle se remit assise convenablement.

-"Bien, tout d'abord, cet officier va remplir un formulaire pour que nous sachions qui tu es, d'accord ?

-Oui.

-Bien.

-Mais avant, je peux poser une question ?

-Oui ?

-Où est-ce que je suis exactement ?"

La jeune femme ouvrit de grands yeux surpris, avant de répondre :

-"Mais…tu ne sais vraiment pas où nous nous trouvons ?

-Non…je ne me souviens pas de comment je me suis retrouvée ici, répondit Daniel en secouant la tête d'un air désolé. Alors ?

-Eh bien…, elle regarda l'officier d'un air un peu ahuri, nous sommes au Japon."

L'adolescente ne dit rien à cette révélation, elle se contenta de regarder les deux individus en face d'elle d'un œil vide, tout le contraire de ce qui se passait dans son esprit, là où une immense angoisse était en train de naître en elle.

-"Que voulez-vous savoir ?" demanda Daniel sans embâtages.

La demoiselle fronça les sourcils, surprise de ce soudain changement de comportement, elle regarda le policier, hocha la tête et ce dernier, prit la parole :

-Bla ? fit l'homme.

-Nom ?

Daniel réfléchit une microseconde, et elle s'était dit, qu'elle devrait prendre son nom asiatique, puisqu'elle est au Japon :

-Kei Yegunn

-Bla Bla Bla, traduit la femme (F).

-Bla ? demanda l'homme (H).

-Age ? (F)

-16 ans.

-Bla Bla, (F).

-Bla ?

-Date de naissance ?

-15 mai 1998.

-Bla Bla Bla Bla (F).

-Bla Bla ? (H).

-Lieu de naissance ?

-Strasbourg, en France, précisa la jeune ado.

-Bla Bla, (F).

-Bla ?! Fit H surprit.

-Bla, fit F en acquiesçant.

-Bla ? (H).

-Adresse ?

-Heu…je ne m'en souviens plus…mince, cette manie d'oublier les choses importantes quand il ne faut pas ! Pensa-t-elle.

-Bla Bla, (F).

-Bla ? (H).

-Parents ?

-Non.

-Pas de parents ?! Redemanda avec incrédulité (F).

-Non.

-Bla Bla (F).

-Bla Bla, (H).

-Il te demande pardon.

-C'est pas grave.

-Bla Bla", (F).

Le policier hocha la tête avant de reprendre :

-"Bla Bla ? (H).

-Sexe ?" (F).

Aaaaah… elle l'attendait celle-là :

-"Féminin".

-Bla Bl…"(F).

Il y eut un blanc, avant que la femme ne fasse :

-Hein ?!

-Je dis, féminin.

-Mais…ce n'est pas possible !

-Je suis pourtant bel et bien du type féminin.

-Non ?!

-Si, je suis du type féminin répondit l'adolescente en hochant la tête.

-Mais, tu te moques de moi, ta voix sonne comme chez les garçons et en plus, et plus que tout, ton prénom et un nom masculin !".

-C'est un prénom mixte.

-Mais tu n'as pas de poitrine !

Kei fronça les sourcils et croisa les bras, vexée et assez complexée comme ça, elle répondit, excédée, mais tout de même avec une voix calme :

-Je sais, pas besoin de me le rappeler. Question suivante.

-Attend ! Attend ! Donne-moi une preuve !

-Vous ne voulez tout de même pas que je me déshabille non plus !

-Si !

Kei fronça encore plus les sourcils :

-Non

-Alors donne-moi une preuve !

-Laquelle ?

-Depuis quand n'as-tu pas eu tes…

Daniel soupira, avant de répondre en détournant le regard :

- 1 semaine…

-Hmm…qwua ? Demanda-t-elle en se rapprochant en mettant une main derrière son oreille.

- 1 semaine !

-Alors dans trois semaines tout au plus, je veux avoir une preuve !

L'adolescente ouvrit de grands yeux avant de rougir, puis cria :

-Question suivante !"

Le policier, qui, n'avait visiblement pas comprit un traitre mot de la conversation, continua :

-Bla Bla ?

-Loisirs ?

-Quelle importance ?

-Je ne sais pas, tu verras.

-Basketball et lecture.

-Bla Bla (F).

-Bla ! (H).

-Bien, c'est fini, tu peux partir. (F)

-Pour aller où ?

La femme, qui allait commencer à partir, s'arrêta :

-Ah, c'est vrai ! Eh bien tu n'as qu'à venir chez moi !

-Je ne dérangerai pas ?

-Non, non ! Je vis seule de toute façon !

-Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, ce n'est pas grave, je trouverai bien quelque chose…

-Non ! Non ! Je ne vais pas laisser une adolescente dehors !

-…

-De rien…de rien…

Quand elles sortirent, la jeune femme, s'exclama :

-"Ah, au fait, je ne t'ai pas donné mon nom. Je m'appelle Kana, Kana Rutinp.

L'adolescente baissa la tête, elle voulait vraiment se souvenir de ce nom, ce nom prononcé si chaleureusement…:

-Moi…

-Oui, oui je sais !

-Non, moi, je m'appelle Daniel, ou plus précisément, Daniel-Kei Yegunn

-Daniel ? Mais ?

-Mon tout premier prénom, il vient de mon père qui était d'origine française et Kei vient de ma mère d'origine asiatique, mais vous pouvez m'appelez comme vous voulez.

-Oh…oui, tes parents…Comment sont-ils morts ?

-Cancer et incendie, répondit-elle en d'une voix plate.

-Ah…des frères et sœurs ? demanda-t-elle pour détourner la conversation.

-Non…

-Ah ! C'est dur d'être enfant unique, moi-même j'en suis…commença-t-elle avec une voix enjouée en espérant détendre l'atmosphère qui était maintenant trop lugubre à son goût.

-Non, mon grand frère est mort dans le même incendie qui a tué mon père.

-Ah…je suis désolé…dit-elle morte de culpabilité d'avoir engagé aussi profondément la conversation.

-Ce n'est pas grave, c'était il y a longtemps.

Après cette discussion bien que peu joyeuse, elles repartirent enfin chez Kana pour avoir une bonne nuit de sommeil.