Chapitre 4 : Première impression
Kei regarda ceux qui avaient affronté la génération des miracles à terre en croisant les bras. Elle fut extrêmement déçue par leurs performances, ils n'avaient même pas déployé la moitié de leurs capacités.
-"C'est dommage…j'aurai aimé pouvoir voir leur véritable force, mais bon, fallait pas trop espérer que des génies comme eux allaient tout donner face à des nuls de seconde zone, n'empêche, c'est vraiment dommage…je me demande bien, si j'aurai pu… non !"
Elle réajusta sa capuche et commença à rentrer, chassant par la même occasion ses idées noires pleine de tentation mais elle devait obligatoirement passer devant la cage, donc devant eux pour pouvoir passer.
-Il ne faut pas qu'ils me voient, si ça se trouve, je pourrais changer le cours de l'histoire.
Daniel espérait de toutes ses forces qu'ils ne feraient pas attention à elle, mais…elle fit l'erreur fatale de commencer à trottiner, faisant du bruit et attirant par la même occasion leur attention, en effet, le parc était malheureusement désert, et personne n'avait fait de bruit, l'un à cause de l'effort, les autres, car ils n'avaient rien à dire. Elle s'arrêta de courir, deuxième erreur.
-"Merde, ils m'ont vu…''
La jeune fille réajusta encore une fois sa capuche, troisième erreur, il faisait un soleil de plomb et il était près de midi mais l'avantage, c'est que maintenant, on ne voyait plus du tout son visage.
-Bon, tout d'abord, restons calme. Je ne suis qu'une joggeuse qui passait par là de toute façon…
Elle se redressa et se remit à courir. Mais… car oui, pour le plus grand malheur de Daniel, il y a toujours un "mais":
-"Tu es là depuis combien de temps ?" demanda Akashi en la fixant du regard.
Elle s'arrêta de courir pour le regarder, elle ne mit que quelques secondes pour lui répondre :
-"J'ai regardé votre match.
-C'est étrange…je ne t'ai pas du tout remarqué".
La jeune fille décida de feindre la nonchalance :
-"Eh bien, tout le monde ne peut pas voir tout sur tout. "
Le jeune roux fronça les sourcils, visiblement un peu agacé par son manque d'attention malgré ses capacités visuelles.
-"Oh…purée, il a l'air furax. Faut dire aussi, que j'aurai peut-être pas du dire ça, je ne crois pas qu'il puisse imaginer que son œil de l'empereur puisse faire une erreur. Bon, je ne vais pas rester là moi ! se dit-elle en commençant à repartir.
-Attend, ne sais-tu pas que ne pas se découvrir devant quelqu'un est malpoli ? Et puis, tu devrais vraiment enlever ta capuche, tu dois étouffer, non ?
-Ne sais-tu pas, que c'est très malpoli de menacer quelqu'un qu'on ne connaît même pas ?"
A cette phrase, les autres se raidirent. Kei, elle-même ne savais pas pourquoi elle lui répondait comme ça, c'est comme si son corps, sa bouche disaient des choses que son cerveau ne voulait pas qu'ils fassent mais, elle continua néanmoins dans le plus grand calme :
-Je n'ai pas de compte à te rendre, j'étais là avant, et puis, je ne vois pas pourquoi je montrerai mon visage à quelqu'un comme toi.
-A quelqu'un comme moi ? Il sourit.
-Oui, à quelqu'un comme toi… et enlève la main de ta poche !
-C'est un crime ?
-Ce que tu t'apprêtais à faire est un crime, dit-elle en le regardant droit dans les yeux sous sa capuche.
-Oh ? Et qu'allai-je faire ?
-Saisir les ciseaux qui sont dans ta poche, t'approcher de moi, et me porter un coup au visage".
Le jeune roux sourit, et avança d'un pas, ce qui fit reculer du même pas Daniel, pas par peur, mais par précaution. Pendant ce temps, les autres regardaient le combat qui se faisait en face d'eux, mais qui était ce mec ?
-"Nous connaissons-nous ?
-Toi non, mais moi oui. Merde, pourquoi j'ai dit ça ?
-Oh ? Alors tu es juste un stalker ?
-Bien sûr que non.
-Alors qui es-tu ?
-Juste quelqu'un qui passait par là par hasard et qui a surpris une querelle entre ados.
-Alors, tu étais là depuis le début ? Pourquoi n'es-tu pas intervenu ?
-Un contre cinq, non merci.
-Et les trois autres ?
-Ils n'auraient pas été à la hauteur.
-Qu'en sais-tu ?
-C'est toujours comme ça, et puis, je savais que quelqu'un d'autre que moi allait intervenir…
-Savait ?
-Quelle galère… Ecoute, Akashi Seijuro, ce ne sont pas tes affaires, et je n'ai pas non plus l'obligation de te répondre.
-Tu connais mon nom, ce n'est pas très juste que je ne connaisse pas le tien.
-Tu es plutôt célèbre et encore une fois, rien ne m'oblige à te le dire…
Une chanson de téléphone se mit à sonner ! Daniel sortit son portable de sa poche, se retourna et le mit à son oreille.
-Hmm ?
-Y a pas de "Hmm" qui tienne ! Tu as vu l'heure ?!
-Non
-Il est déjà midi ! Tu avais dit que tu revenais vite, ça fait déjà 4 heures que tu es sortie !
-Ah ? T'as compté ?
-Rhaaa, rentre à la maison, j'ai quelque chose à te dire…
-Ok
Et sans qu'elle lui laisse le temps de répondre, Daniel raccrocha. Quel coup de bol ! Exactement ce qui lui fallait pour s'échapper…
-Désolé, mais je dois y aller, nous n'étions même pas sensé nous rencontrer de toute façon, au revoir, dit-elle en faisant un signe de la main.
Quand elle fut partie, le capitaine murmura :
-"Sensé ?" répéta le jeune capitaine, un peu intrigué.
Pendant qu'il réfléchissait, le reste de la bande s'était rapprochée :
-Hey, c'était qui ce mec ? demanda Aomine.
-Je ne sais pas, mais il a tenu tête à Akashi, et ça, je ne sais pas si je dois appeler ça du courage, où de l'inconscience répondit Midorima.
-Il était tellement cool ! s'exclama Kise, mais… comment a-t-il su pour les ciseaux ?
-J'ai faim…fit Murasakibara.
-Il avait l'air de nous connaître…dit Kuroko.
-Peut-être que c'est vraiment un stalker ? Redemanda Aomine.
-Oh non ! fit Kise.
-Il est intéressant… j'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir…fit Akashi en ricanant d'un rire sinistre.
Les autres eurent des frissons, et pour rien au monde, il n'aurait voulu être à la place du type qui avait tenu tête à leur capitaine ET qui lui avait désobéit.
Kei rentra environ une demi-heure plus tard, elle referma la porte dans un bruit sourd, la maison était calme…trop calme.
-"Je le sens mal".
Soudain, et surgissant de nulle part, Kana était, en un instant devant elle, les sourcils froncés et les bras croisés.
-"Je le sens pas, c'est la posture typique d'un parent en colère dans les mangas, j'ai rien fait pourtant…
-Tu es enfin rentrée.
-Ah, oui, à ce propos, je suis désolée, on m'a retardé, alors j'ai…
-Ce n'est pas le problème.
-Ah ? Qu'est-ce qui se passe, alors ?"
Kana soupira, elle décroisa ses bras et cela fit apparaître des feuilles. Daniel comprit alors de quoi elle voulait parler. Elle se déchaussa et se dirigea vers le salon, elle s'assit finalement sur le canapé. Sa colocataire fit de même mais en face d'elle.
-"Tu retournes à l'école" dit-elle d'une voix calme mais qui ne laissait supposer aucun refus.
La jeune adolescente soupira et ses épaules s'affaissèrent lourdement.
-"Où est-ce que je me suis trompée ?
-Tu as eu presque tout bon, dit-elle en jetant les feuilles sur la table pour que Daniel puisse les voir.
-Presque ? J'ai comme l'impression que c'est ce gros "presque" qui m'a trahie.
-Oui, sur le plan de la logique et la culture générale, on peut très franchement dire que tu es un génie.
-Mais…? Ce n'est pas moi qui est intelligente, c'est ton test qui est en retard".
Son interlocutrice soupira à son tour avant de répondre :
-"Tu as aussi une philosophie qui est assez intéressante…
-Alors quel est le problème ?
-Combien as-tu eu de véritables amis quand tu étais en France ?
-Pourquoi cette question ? demanda-t-elle en plissant les yeux.
-Répond tout simplement".
La jeune fille regarda ses feuilles un instant, s'était en fait son seul support sur lequel elle pouvait poser ses yeux, comme si, il allait lui donner la bonne réponse.
-J'en avais 6, non, 5.
-Pourquoi 5 et pas 6 ?
-La sixième m'a trahi.
-Et les cinq autres ?
-On ne se voit plus.
-Pas de contacts ?
-Juste des SMS de temps en temps
-Quand les as-tu rencontrés ?
-Au collège.
-Et quand avez-vous rompu le contact ?
-…un peu après la mort de mes parents, à la fin du collège dit-elle en détournant pendant une seconde les yeux.
-Je vois.
-Pfff…je crois avoir compris la raison pour laquelle tu veux me renvoyer à l'école, mais le résultat sera le même, nous nous quitterons quand je devrais retourner chez moi.
-Je sais, mais je ne veux pas te laisser avec une telle logique en ce qui concerne les sentiments humains.
-Qu'ai-je dis de mal à part la vérité ?
-La vérité, peut être modifiée selon le type de personne.
-Je le sais, mais comme tu as pu le lire, je ne suis plus intéressée par les études et encore moins l'amitié".
Kana fronça les sourcils, mauvais…
-"Ecoutes, je ne sais pas ce qui a pu t'arriver dans le passé, mais pour l'instant, tu vis au Japon, non en France. Tu dois t'adapter à ta nouvelle vie jusqu'à ce qu'on arrive à contacter tes proches.
-Je sais tout ça, mais je ne peux pas, je ne dois pas m'adapter à cette vie, dit-elle en baissant la tête.
-Pourquoi ? Depuis que tu es arrivée ici, depuis qu'on t'a trouvée, tu sembles amicale mais tu veilles toujours à poser des limites, d'après ce que m'a dit le policier, tu ne devrais pas repartir avant un bon moment, alors pourquoi ?
-…
-As-tu déjà oublié la seule et unique règle dans cette maison ?!
-Non, mais je ne peux pas te le dire…
-Mais pourquoi ? Je sens bien que tu es mal, tu fais toujours tout pour ne pas te faire remarquer et tu n'acceptes jamais de sortir à moins que ce soit absolument nécessaire à l'exception de ta séance de jogging.
-Je sais.
-Attend, ne me dis pas que tu es vraiment une criminelle ? demanda la jeune femme avec le plus grand sérieux.
-Non, je te l'assure, personne ici ne débarquera jamais pour défoncer ta porte et m'arrêter…
-Alors qu'est-ce qui t'arrive ? Non, la vraie question est qui es-tu réellement ?
-Je ne peux répondre qu'à moitié à cette question.
-A moitié ?
-Oui, je m'appelle Daniel Yegunn, j'ai 16 ans, et je viens de France et mon deuxième prénom est Kei. J'aime la lecture, le basket et les mangas, rien d'autre n'a d'importance pour moi. Je n'ai plus de parents et plus aucun frère, je n'aime pas les gens qui font de la méchanceté gratuite, je n'ai pas non plus de rêve précis…"
La femme brune l'arrêta d'un geste, demandant à ce qu'elle arrête :
-"J'ai compris, j'ai compris…, tu es vraiment douée pour détourner les conversations, je ne t'embêterai plus au sujet de ta vie d'avant, mais je veux que tu m'en parle dès que tu t'en sentiras prête, d'accord ?
-Ok
-Mais…va à l'école, si tu ne le fais pas pour toi ni pour moi, fais-le au moins pour ton avenir.
-On ne se connaît que depuis une semaine, qu'est-ce qui te prend de faire autant attention à moi ?
-Je ne sais pas… peut-être parce qu'on est amies ?
-Non.
-Rhooo ! T'es méchante !"
Kei soupira, avant de dire de façon catégorique :
-D'accord, je veux bien retourner à l'école, mais seulement pour que tu arrêtes de m'embêter avec ça et j'ai quelques conditions…
- J'accepte tout d'avance !
-premièrement, je ne veux en AUCUN cas…
-Oui ?
-…devoir porter une jupe. Sur ce point-là, je suis CATEGORIQUE, je ne porterai ni de robe, ni de jupe.
-Mais…
-Tu avais dit, TOUT.
-D'accord…mais, on va encore penser que tu es un garçon !
-Ça ne me dérange pas, et puis, ils vont forcément se rendre compte que je suis une fille à un moment où à un autre. On ne sait jamais, vaut mieux essayer de brouiller les pistes au maximum.
-Et la deuxième ?
-Je veux être la seule à remplir mon dossier d'information.
-D'accord, tu as de la chance, je n'ai remplis que ton formulaire d'admission.
-Aaaah…j'en étais sûr… pensa-t-elle en soupirant. Donc, tu avais déjà tout prévu, j'me trompe ?
-Evidemment !
-Alors ? Dans quel lycée je vais aller ?
-Tu ne vas pas aller dans un lycée, tu vas d'abord revoir les bases et te créer un bon dossier…
-Oh non, je le sens venir…
-…donc tu vas retourner au collège ! Plus précisément au collège où je travaille, et son nom, c'est…
-On parie ? On parie ?
-Teiko !
-…J'aurai dû parier. Je vois… mais à part ce collège, il n'y a rien d'autre ?
-Eh non ! En plus, puisque c'est moi qui te recommande, tes frais de scolarités son à moitié prix ! C'est une offre en or !
-Ok, ok, j'ai compris. Quand est-ce que je commence ? Demanda la jeune fille résignée.
-Dans 3 jours ! Le temps de tout préparer !
-Dans quelle classe ?
-Tu seras une troisième année, dans la classe 3-A, dans la meilleure classe de tout l'établissement ! T'en as de la chance !
-Bien, Si tu le dis…Ah…punaise, je la sens mal c't'histoire.
