CHAPITRE 14
POV CASTLE
Après avoir pris ma douche et mettre vêtu, le kinésithérapeute était passé au loft. Il avait constaté que je n'avais plus de gêne ou de douleur au moment des exercices et m'avait donc signifié que la canne n'était plus d'actualité. Je m'en réjouissais car j'en avais marre de marcher comme un papi dans les rue de New-York. Il m'avait prescrit quelques séances supplémentaires pour introduire la course à pied sur un tapis roulant.
Suite à son passage, mon avocat était passé pour la modification de mon désignataire finassier :
- Je raye donc Mlle Beckett?
- Oui, pour le moment, acquiesçais-je
- Qui dois-je mettre à sa place? demanda-t-il le stylo en main
- Mme Jordan Shaw
- Qui est-ce ?
- Une amie
- Richard, vous devriez plutôt stipuler votre mère ou Alexis, me conseilla-t-il
Albert était mon avocat mais aussi mon ami depuis de nombreuses années, il connaissait parfaitement ma famille et avait une réelle amitié pour moi. Jusqu'à présent, c'était son confrère dans le cabinet qui me suivait pour éviter tout conflit d'intérêts entre amis, mais depuis la mésaventure avec Alexis lorsque j'étais dans le coma, j'avais explicitement demandé à mon ami d'enfance de reprendre en charge mon dossier.
- Albert, répondis-je, Jordan Shaw ne sera ma représente légale que pendant quelques jours, je changerais ensuite.
- Pourquoi? S'étonna-t-il
- C'est compliqué, soufflais-je ne souhaitant pas divulguer des pans de l'enquête
- Rick, tu possèdes des millions, si tu donnes les pleins pouvoirs à ton amie alors je ne pourrais rien faire si elle te ruine, dit-il calmement pour que je prenne l'ampleur de ma décision
- Serait-il possible, alors de geler quelques avoirs?
- Non, seul les biens immobiliers peuvent être retirés de cette notification
- Très bien, alors met le loft à ma mère et les Hamptons à Alexis.
- Tu joues gros Richard
- J'ai confiance en Jordan.
- Très bien, concéda-t-il tout de même en faisant la moue.
- Je peux te demander autre chose, Albert?
- Oui, bien entendu
- S'il m'arrivait malheur, j'aimerais changer mon testament
- Que me caches-tu? S'inquiétait-il. Tu es souffrant?
- Non, mais ma détention à changer ma vision des choses, mentis-je, je souhaiterais juste que tous mes papiers soit en ordre en cas de soucis.
- Hum, hum, dit-il en me toisant, alors que voudrais-tu modifier ? Il est notifié sur ton contrat que ta fortune reviendrais à Alexis et les biens immobiliers à ta mère, tes droits d'auteurs sont diviser entre elles.
- Je ne veux changer qu'une chose, je souhaiterais que 10 millions de dollars reviennent à Katherine Beckett.
- 10 millions de dollars, s'étrangla-t-il
- C'est la femme que j'aime, et je veux qu'elle ne manque de rien. Et puis, tu concèderas que ce n'est qu'une légère amputation du patrimoine de ma fille. Alexis a largement de quoi vivre.
- Ok, ok, après tout c'est toi le client
- S'il devait lui arriver malheur en même temps que moi, à qui reviendrait cet argent?
- Il serait dispatché entre ta fille et ta mère
- Je veux qu'il revienne au père de Beckett : Jim Beckett
- Pourquoi ai-je la désagréable sensation que tu prépares ton enterrement ? dit-il en notant ce que je lui avais demandé.
- Je te remercie pour ton aide et ta disponibilité, répondis-je sans réellement répondre à sa question.
Je souhaitais mettre tous mes papiers en ordre au cas où la mission devrait avoir lieu et qu'elle ne se passe pas comme nous l'avions imaginé. Cette dernière année m'aura apporté au moins une certitude : rien ne se déroule comme nous le pensons. Si nous ne nous en sortions pas, Alexis, Martha et Jim ne manqueraient de rien. Et je ferais tous ce qui est en mon pouvoir pour sortir Kate de cette capsule, même si c'est au péril de la mienne. Albert se leva pour commencer à ranger ces affaires quand je l'interrompis :
- J'oubliais, notifie que ma Ferrari et ma Mercedes reviendrons aux lieutenants Javier Esposito et Kévin Ryan.
- Très bien, dit-il en me serrant la main, prend soin de toi Richard, ajouta-t-il inquiet
- Toi aussi, Albert, répondis-je en le saluant pour refermer la porte derrière lui.
POV BECKETT
- Hey, Lex, dis-je anxieuse en voyant qu'il n'était que 6 heures du matin à Stanford
- Je ne te dérange pas, Kate ?
- Non, penses-tu, je suis au poste et je me fais un café, répondis-je, et toi tu es bien matinale?
- Je dois aller à la bibliothèque ce matin, elle ouvre à 7 heures sur le campus.
- Ok, dis-je en attendant la suite
- Dis, tu penses que papa m'en voudra si je ne peux pas venir à la dernière promotion de Nikki Heat.
- Non, ne t'inquiète pas
- Parce qu'il avait vraiment l'air déçu quand je lui en ai parlé
- Tu lui manques, c'est tout, la rassurais-je, et puis il pense venir te voir d'ici peu
- Ah bon?
- Hum, hum, je viendrais avec lui.
- D'accord, c'est super, vous me manquez aussi, se réjouissait-elle
- Et puis comme ça, tu pourras nous présenter ce charmant professeur… comment c'est son nom déjà ? Dis-je pour la taquiner et remettre cette discussion sur le tapis
- Tu rigoles là? S'étrangla-t-il
- Samuel Evans! M'exclamais-je, je serais ravie de le rencontrer.
- Tu quoi?
- Ton père un peu moins mais bon…
- Il en est hors de question!
- Pourquoi? Fis-je innocemment
- Parce que… parce que, bafouilla-t-elle, papa va me tuer !
- Et il aurait raison ! Lex c'est ton professeur, cette histoire va mal se terminer, tentais-je
- Je suis amoureuse
- Lex, soufflais-je ennuyée
- Oh arrête, tu dis toujours que qu'il faut que jeunesse se passe
- C'est la réplique de ta grand-mère !
- Oui et bien, tu ne la contredis pas non plus
- Lex si quelqu'un l'apprend, sa carrière sera finie et tu seras renvoyée de l'université
- On est discret, rétorqua-t-elle
- Alexis si je n'ai rien dit à ton père, c'est parce que tu m'affirmais que c'était une erreur, maintenant la situation a changé
- Je suis une adulte !
- Et bien, dis-lui
- Je,… je…, les réactions de papa sont toujours démesurées quand il s'agit de moi ! S'exclama-t-elle
- Je sais, répondis-je inquiète quand il découvrira le pot aux roses.
- Écoute, laisse-moi y réfléchir
- Ok, ok, abdiquais-je, mais s'il te plaît, prends bien la mesure de tes actes avec ce Samuel, tu joues ton avenir…
- Je sais, murmura-t-elle, on se rappelle plus tard
- Très bien, fais attention à toi Lex… je t'aime, lançais-je pour lui notifier que je n'étais pas contre elle mais avec elle
- Je t'aime aussi, répondit-elle émue avant de raccrocher.
J'espérais sincèrement qu'elle prenne conscience de ses actes, si jamais elle devait se faire expulser de son université, son avenir en serait gâché. Et si Rick était au courant que je l'étais, je ne donnais pas cher de notre avenir à tous les deux non plus. M'agaçant devant ce dilemme, je bus d'une traite mon café pour retourner sur l'affaire. Arrivée devant la salle, je vis que Ryan avait rejoint l'équipe, ils épluchaient tous les trois chaque ligne des dossiers et l'ordinateur du FBI recherchait chacune des corrélations qui pouvaient exister entre ces quads et ces suspects. Je les rejoignis pour m'atteler moi-même à la tâche.
POV CASTLE
L'heure du déjeuner était bien avancer quand j'entrais dans le commissariat, me dirigeant tout heureux vers la salle de débriefing, je rencontrais en premier Javier qui en sortait:
- Hey, Bro, comment ça va?
- Comme un jeune!
Devant ma réplique, il resta septique et me toisa du regard.
- Je n'ai plus ma canne, lui fis-je remarquer
- Oh! Félicitation, s'exclama-t-il
- Merci
- Tu vas pouvoir venir nous accompagner pour le ratissage des bois demain matin, sourit-il
- Oh et bien…
- Quoi Castle, un peu d'exercice te ferait du bien, me taquina-t-il
- Qu'est-ce que tu insinues, grommelais-je
- Hey, fis Ryan
- Hey, soufflais-je
- On va manger chez Remy's avec Hunt, tu nous accompagnes ? me demanda-t-il
- Kate vient avec vous?
- Non, elle souhaite continuer à bosser
- Je reste alors.
- Ok, dirent-ils en cœur, alors que Hunt sortait de la salle avec un sourire qui m'agaçait.
- Castle, dit-il en hochant la tête comme un bien heureux
- Hunt.
- Allez à plus, Bro, me fit Ryan
- N'oublie pas mon idée, surenchérissait Javier
- Ouais, ouais, bougonnais-je en rentrant dans la salle.
Kate était attablée en face de moi avec une énorme pile de dossier, le crayon entre ses lèvres, elle le faisait coulisser à l'aide sa langue tout en réfléchissant. Mon regard fixait inlassablement ce bout de crayon.
- Quel veinard, murmurais-je
À ma réplique, elle releva les yeux et me sourit en déposant le stylo.
- Hey, toi, me fit-elle d'une voix si douce que mon cœur chavira
- Hey, répondis-je en venant lui déposer un baiser
- Tout c'est bien passé ? me demanda-t-elle alors que je prenais place à côté d'elle
- Parfaitement, acquiesçais-je
- Tu n'as plus ta canne ?
- Non, tu as remarqué ?
- Oui en même temps ce n'est pas difficile, tu souris comme un bien heureux, me dit-elle en me caressant la joue
- Tu as avancé ?
- Hum, hum, nous avons éliminé 10 suspects.
- Il n'en reste plus que 5 ? M'exclamais-je stupéfait, comment as-tu réussi ce tour de passe-passe
- En fait c'est l'idée de Hunt, grimaça-t-elle, nous avons recherché qui possédait un quad ou en avait un dans son entourage… et voici nos 5 suspects, ajouta-t-elle en me tendant les cinq portraits.
- Comment procède-t-on maintenant ?
- L'ordinateur épluche les comptes bancaires
- Très bien, alors pourquoi ne vas-tu pas manger en attendant? Demandais-je curieux
- Je t'attendais, m'avoua-t-elle
- C'est gentil, souriais-je en venant lui caresser la main qui était sur le bureau.
- On a une petite heure, où veut-tu manger? demanda-t-elle en se levant pour mettre son manteau
- Comme tu veux, répliquais-je en me levant
- Je ne sais pas, chinois, ça te dit?
- Excellent choix, acquiesçais-je en sortant de la salle derrière elle
POV BECKETT
Assis au restaurant, nous dégustions de notre déjeuner. Castle avait opté pour un canard laqué avec des nouilles et moi pour des vermicelles ainsi que des rouleaux de printemps. Nous discutions de tout et de rien, quand j'entendis la sonnerie de mon portable qui m'avertissait d'un message.
« Hey, girl, comment ça va? Vous vous êtes expliqué ? »
« Tout va bien, je te remercie pour hier, tu as été formidable » répondis-je rapidement.
- Tu me trouves gros ? me demanda Rick
- Non, riais-je à cette question
- Espo n'arrêtes pas de sous-entendre que je le suis, dit-il inquiet
- Il te taquine Castle, rétorquais-je, je te trouve plus que sexy, ajoutais-je
- Ouais, bougonna-t-il
- Comment ça… Ouais ? Demandais-je surprise
- On ne peut pas dire que tu sois réellement objective, répliqua-t-il
- Ah bon et pourquoi ?
- L'amour rend aveugle, répondit-il comme une évidence en mettant une main en appui pour sa tête et en faisant la moue.
- Tu es idiot… Tu es un très bel homme et tu le sais, affirmais-je
- Je vieillis
- Comme tout le monde, mais contrairement à Javier, ça ne t'empêche pas d'être dans le top 10 des célibataires du moment, répliquais-je
- Ça c'est vrai! S'exclama-t-il ravi.
- Quoi donc, le fait que tu sois reconnu comme sexy ou le fait qu'on te classe encore dans la case des célibataires ? Le taquinais-je
- Je ne sais pas, répondit-il honnêtement, je dois dire que ça flatte mon égo de me savoir sexy…
- Hum, Hum
- Reconnaît un peu que c'est flattant de se sentir désirer et séduisant par d'autres personnes.
Voyant mon regard noir à sa réplique et il ajouta :
- Attention, ne te méprends-pas, je ne dis pas que je ferais cas, d'éventuels avances… je dis simplement que rien n'empêche de regarder le menu… Et le menu c'est moi, sourit-il tout fier
- Ok et ça doit me rassurer ? Demandais-je soucieuse
- Oui, tu sais très bien que je n'ai d'yeux que pour toi et puis j'aime bien te voir jalouse, rit-il en avalant une bouchée de son canard
- Hunt m'a fait des avances, lançais-je, je suis aussi le menu de quelqu'un, répliquais-je alors qu'il avait avalé de travers.
Castle s'étouffait devant moi en se tapant le torse :
- Tu vas bien? M'inquiétais-je
- Je vais le tuer, gronda-t-il en reprenant ses esprits
- Ne te méprends pas, je n'ai d'yeux que pour toi, mais c'est flatteur de se sentir désirée et sexy, l'imitais-je
- De quel droit ose-t-il!
- Tu es jaloux? Souriais-je
- Non!… Oui!
- Castle, arrête un peu, ça ne signifie rien pour moi
- Que lui as-tu répondu? S'enquit-il
- À vrai dire pas grand-chose, je n'ai pas eu le temps
- Pourquoi?
- Javier nous a interrompus, répondis-je, écoute, je remettrais Colin à sa place toute seule
- Colin? Grinça-t-il
- Hunt, rectifiais-je, allez, mange on va être en retard
- Oh oui, c'est sûr, il ne faudrait pas faire attendre Colin ! S'exclama-t-il
- Mange, idiot, riais-je en terminant mon plat
- Je ne veux pas que tu sois le menu de quelqu'un, s'inquiéta-t-il
- Ah bon?
- Kate, gronda-t-il
- J'espérais être au moins sur le tien, l'attisais-je pour changer la conversation
- Le mien ? fit-il en souriant
- Hum, Hum… après la signature de mon bail, on pourrait regarder de plus près ce menu, répliquais-je
- Oh c'est tentant, plus que tentant! S'exclama-t-il, je sens qu'il va me plaire ce menu, dit-il en tressautant ses sourcils
- On pourrait tester le plat chaud comme on a eu droit à une délicieuse entrée ce matin, annonçais-je alors que mon désir pour lui recommençais à faire surface
- Le plat chaud, s'étrangla-t-il devant mon audace
- Oui, acquiesçais-je, je ne suis peut-être pas prête pour le dessert, insinuais-je gêné par cette révélation, mais je ne suis pas contre le fait de tenter le plat chaud.
- Et qu'y-a-t-il au menu du plat chaud, dit-il d'une voix rauque
- Je ne sais pas, avouais-je, on pourrait choisir nous même
- C'est à dire?
- Disons par exemple des caresses...
- Hum, hum, gémissait-il en me regardant droit dans les yeux
- Chacun a le droit de choisir deux parties du corps qu'il veut caresser sur l'autre, continuais-je en lu caressant la main
- ….
Il ne disait plus rien, d'ailleurs j'avais la conviction qu'il s'était arrêté de respirer suite à mon idée. Je dois dire que moi-même je me surprenais par mon audace. Mais la douche s'était plus que bien passée ce matin et Castle avait été plus que prévenant. Je lui faisais totalement confiance et souhaitais donc pousser mes limites plus loin. De plus, notre altercation de la veille m'avait fait service d'électrochoc dans notre relation, si je ne voulais pas le perdre, je devais nous faire confiance sur le plan intime. Ce matin la peur avait laissé sa place au désir, j'espérais qu'il en soit de même ce soir.
- Castle? Dis-je pour le sortir de sa léthargie
- Je… je…
- Tu es contre les caresses? Le taquinais-je
- Je… Sans restriction? demanda-t-il les yeux emplis de désirs
- Sans restriction, avouais-je en le regardant droit dans les yeux. Alors choisis bien les deux parties du corps que tu souhaites caresser, dis-je d'une voix que je voulais tentatrice
- J'adore ton idée, sourit-il
- Et on pourrait aussi choisir deux baisers
- Deux baisers?
- Hum, hum, sans restrictions, repris-je pour lever tout ambiguïté
- Ok, là, j'ai vraiment chaud, dit-il en soufflant
- Moi aussi, riais-je
- On doit vraiment y retourner ? demanda-t-il en se levant pour payer la note
- Si tu ne veux pas finir six pieds sous terre…
- J'arriverais pas à me concentrer à cause toi, dit-il en m'encerclant la taille en sortant
- On sera deux alors
- Vivement ce soir
- Vivement ce soir, repris-je en l'embrassant pendant qu'il hélait un taxi.
Petites idées pour le prochain excercice des Caskett ?Quelles parties du corps toucher et embrasser chez l'un comme chez l'autre...Allez j'attend vos réponses pour les mettre sous papier...
