Chapitre 5 : Première rencontre ?

Trois jours étaient maintenant passés, et c'était maintenant l'heure d'aller à l'école ! Cependant, Kei ne semblait pas très enthousiaste et regardait son nouveau collège d'un œil vide et ennuyé. Elle alla rebrousser chemin, quand elle entendit une voix :

-"Ah! Tu es enfin arrivée, j'ai bien cru que tu ne viendrais jamais !

-Evidemment, fallait qu'elle arrive au moment précis où je voulais m'en aller… Oui, mais bon, tu ne m'as pas vraiment laissé le choix.

-Oh ! C'est méchant. Mais bon, passons, viens, je vais te conduire jusqu'au directeur, j'espère que tu as bien rechargé ton casque !

-Oui…oui…

-Bien, alors allons-y !"

Et c'est ainsi que débuta la toute première journée de Daniel. Quand elle arriva au seuil de la porte, elle inspira un bon coup avant qu'elle ne s'ouvre. Comme elle s'y attendait, sa première impression de son directeur ne fut pas très…joviale.

-"Il est exactement comme je me l'avais imaginé…"

L'individu était un homme d'une quarantaine d'années, il avait le regard dur et se tenait bien droit, il était habillé d'un costume cravate. Il avait une petite moustache sous le nez, les cheveux bien peignés et qui plus est, il fronçait ses imposants sourcils.

-"On dirait Hitler… pensa immédiatement la jeune fille.

-Bonjours, dit-il d'un ton froid.

-Bonjours, répondirent les deux jeunes femmes

-Je vous souhaite la bienvenue dans notre école, monsieur Kei Yegunn, mais… je pensais, que vous étiez une fille ?

-Elle l'est ! fit Kana

-Comment ?

-Je suis une fille, dit le sujet de la conversation d'un ton parfaitement calme et poli.

-Ah ? Alors comment se fait-il que vous ne portiez pas la tenue réglementaire ?

-Je viens de France, et dans mon pays, chacun s'habille comme il veut. Et excusez-moi, mais je ne mettrai jamais de jupe ou de robe de toute ma vie.

-…

-Je suis désolé, elle n'est pas encore très habituée à notre culture ! s'exclama Kana d'un ton rapide.

-Pourtant, elle connaît parfaitement notre langue.

-Je lui ai donné un casque traducteur pour qu'elle comprenne et qu'elle puisse s'exprimer !

-Oh, je vois… étant donné le test que m'a donné Mme Rutinp, je laisse pour cette fois, mais tenez-vous à carreaux, comprit ?

-Oui, monsieur.

-Bien, allez dans votre classe à présent

-Bien, monsieur.

-Au revoir fit Kana.

Quand la porte fut fermée, elles soupirèrent toutes les deux, contentes que cela se soit plus ou moins bien passé. Elle lui donna son emploi du temps, l'accompagna jusqu'à la porte de sa classe, lui souhaita bonne chance et repartit. Seule, Daniel toqua et ouvrit.

-"Bonjours.

-Ah, bonjours ! Tu dois être Yegunn ?

-Oui, c'est moi.

-Ah, je t'attendais, on m'avait prévenu de ton arrivée. Bien… (Il se tourne vers la classe) je vous présente la nouvelle élève, celle dont je vous avais parlé. Alors, présente-toi !

-Je suis Kei Yegunn, ravie de vous rencontrer"

La classe murmura fortement sur ce nouvel élève… mais, avaient-ils bien entendu son appellation par le professeur ? Personne n'en était sûr.

-"Parle-nous un peu de toi, ta fiche ne donne pas beaucoup de renseignements, dit le professeur en regardant ladite fiche.

-Excusez-moi, mais de quoi dois-je parler ?

-Heu…de ta famille, où étais-tu avant, tes loisirs, par exemple…

-Pour des raisons personnelles, je suis récemment arrivée ici, au Japon et j'espère que vous serez sympa avec moi.

-Tes loisirs ?

-Le basket et la lecture.

-Tu sembles plus âgé ! Cria quelqu'un.

-Oui, j'ai 15 ans.

-Comment ça se fait ? demanda une fille du premier rang.

-Lors de mon arrivée, comme j'en connaissais peu sur la culture japonaise, une amie a décidé de me renvoyer au collège pour me faire réapprendre les bases.

-Pourquoi t'a un casque ?

-Je… commençai Daniel avant de se faire interrompre par le professeur.

-Stop ! Le cours va bientôt commencer, vous discuterez plus tard. Fit le professeur.

-Ah ? Bon…

-Bien, quant à moi, je suis , ton nouveau professeur de mathématiques, je pense que tu peux aller t'asseoir".

La jeune fille commença à chercher une place, elle en trouva une près de la fenêtre à l'avant dernier rang. Daniel s'avança pour y aller, et quand elle allait s'asseoir, le prof lui posa une question :

-"Hmm… mais dis-moi, le directeur t'a-t-il parlé de ta tenue ?

-Oui, il m'a autorisé à la porter.

-Ah, je vois. Dans ce cas, je n'ai rien à dire… Alors, commençons le cours !


Comme le pensait Daniel, les cours étaient tout-à-fait… ennuyants. Bien sûr, elle ne comprenait pas un traître mot de ce qu'écrivait le professeur au tableau, mais comme la jeune fille pouvait entendre, elle s'ennuyait à mourir, car elle avait déjà étudié sur ce sujet. Les mathématiques étaient juste une question de logique et de mémoire…

La jeune fille ne cessait alors de regarder la fenêtre car elle trouvait que des nuages qui se déplaçaient étaient beaucoup plus intéressant que le cours. Quand le professeur distribua des copies sur le sujet qu'ils venaient juste de faire, elle eut tout de même peur un moment…mais Kana avait prévenu tout le monde pour qu'ils fassent une copie en français exprès pour la jeune fille, elle regarda la feuille et en à peine 15 minutes, elle avait déjà terminé tous les exercices. Daniel en profita pour réfléchir un peu :

-"Bon, c'est plus simple que je ne pensais, mais je vais devoir essayer d'apprendre à écrire le japonais, ça pose problème de ne rien comprendre à ce qu'écrit le prof…

Le plus surprenant, c'est que je ne sois pas dans la classe de l'un d'eux. Amie comme je suis avec la chance, je pensais devoir en avoir au moins un dans ma classe, c'est bizarre… mais, je ne vais pas me plaindre ! "

Elle soupira doucement avant de reprendre ses réflexions :

-Je ne pense pas qu'ils se soient encore rendu compte que le basket ne les amuse plus, sinon, ils n'auraient pas souri de cette façon au match dans le parc, ce qui veut dire, qu'ils sont soit des premières années, soit des deuxièmes. Hmm… ça pourrait être intéressant de se mêler juste un peu à leur vie… pensa-t-elle en souriant. Non ! Mais à quoi je pense ?! Si je fais ça, je risque de changer quelque chose…mais, c'est tellement tentant !

-Vous êtes bloqué quelque part ?" Demanda soudainement le prof.

La jeune fille le considéra quelques instants, elle n'avait pas vu qu'il s'était rapproché autant, néanmoins, elle garda son sang-froid en disant :

-"Non, j'ai fini.

-Ah bon ? Alors faites les exercices 9, 10 et 11…

-Je les ais déjà fini.

-Hein ? Euh… et bien puisque c'est le cas, vous n'avez qu'à faire vos devoirs alors.

-J'ai déjà fait les exercices que vous nous aviez donné pour demain.

-Mais… vous n'avez pas bougé depuis… 20 minutes ! Vous n'avez pas pu finir tous vos exercices en un quart d'heure comme même !

-…C'est pourtant ce que j'ai fait. J'ai déjà étudié ce sujet dans mon pays, alors je suis un peu en avance.

-Ah…bien alors, je n'ai pas d'autres exercices à vous donner".

Après cette phrase, le professeur était reparti à son bureau. Kei put entendre quelques murmures venant de ces camarades pendant qu'elle regardait les nuages :

-Ouah ! En plus d'être beau, il est super intelligent ! fit une fille à une autre.

-Pff… je trouve qu'il se la pète un peu pour un nouveau… fit un garçon.

-Cliché mental totalement banal dans les mangas… je pense que maintenant, je vais avoir quelques ennemis parmi les mecs. Les filles, par contre… je me demande si elles vont continuer à parler de moi comme ça après quand elles se seront rendu compte que je suis en fille.

-Dites, tu sais à qui il me fait penser ? demanda une fille.

-Non, à qui ?

-Je trouve qu'il a la même aura que ceux du club de basket !

-Ouiii ! Je pensais la même chose, mais, il a quelque chose de plus…

-Distant ?

-Oui, c'est ça ! Mais pas tout à fait comme la génération des miracles.

-Comment ça ?

-Je ne sais pas… c'est juste une impression.

-Bon ! Arrêtez les bavardages maintenant et finissez votre travail !" Fit alors le professeur.


Quand la cloche sonna enfin, cela signifia la fin des cours et celui d'un calvaire qui avait l'air d'être interminable. Car, oui, il était maintenant onze heures et demie et pour certains, il était l'heure d'aller manger.

-Enfiiiiin ! J'ai bien cru mourir d'ennui ! Pensa Kei en s'étirant.

Daniel se leva et, immédiatement, une horde de filles se dirigèrent vers elle pour lui demander de manger avec elle. Certaines voulaient même lui donner leur bentô, bien vite, elle fut submergée par cette vague de filles en furie.

-"Oh là là… cette fois, gros cliché de la fille fangirl ! Désolé, mais, je…je dois aller voir l'infirmière pour des renseignements.

-Ooooh non ! Tu veux qu'on t'accompagne ?

-Non merci".

Et aussi vite qu'elle le put, elle sortit de la salle, les garçons, excédés, lancèrent des regards de mort à l'endroit de sa disparition.

-"Ouf, heureusement que j'ai eu cette idée, j'étouffais dans cette pièce."

Au lieu de se diriger vers l'infirmerie pour voir son amie, qui était juste devant elle, la jeune fille monta les escaliers jusqu'à atteindre le toit.

-Rhaa… voilà que je fais comme dans les mangas…le toit : le lieu préféré de quasiment tous les héros, là, où personne n'est "censé" venir vous déranger."

Cependant, elle se mit dans un coin, s'allongea, mis ses deux mains derrière sa tête et regarda passer les nuages dans le ciel, son activité préférée depuis qu'elle était arrivée dans son collège.

-Bah… y a personne, vaut mieux en profiter.

Puis, sur ces dernières paroles, elle ferma les yeux et après quelques instants, elle s'endormie, épuisée par sa moitié de journée de cours.

Daniel fut réveillée quelques minutes plus tard par le bruit de la porte du toit qui s'ouvrait, cependant, elle ne fit aucun geste pour modifier sa position. Car, premièrement, elle était là avant, et deuxièmement, elle était beaucoup trop fatiguée pour le faire. Mais…celui qui était arrivé, ne l'entendit pas de cette oreille :

-"Tiens ? Il y a quelqu'un ? D'habitude, jamais personne ne vient sur le toit…

-C'est justement pour cette raison que je suis venue ici, un peu de silence ne fait de mal à personne dit-elle, toujours les yeux fermés en soupirant fortement.

-C'est vrai ! Mais moi, je déteste le silence ! Qui es-tu ? Je ne t'ai jamais vu…

-Normal, je viens tout juste d'arriver dans cette école.

-Oh ? Je vois ! Tu es plutôt mignon ! Dis, dis, c'est quoi ce casque ? Rien n'est branché dessus, tu fais ça pour paraître cool ?

Excédée de ne plus pouvoir dormir, Daniel ouvrit les yeux avec l'intention d'incendier le nouvel arrivant en fronçant les sourcils. Quand elle vit qui était en face d'elle, Daniel réussi in extremis à garder un visage impassible. Celui qui avait osé la réveiller, n'était autre que… Kise Ryouta.

Elle essaya de feindre son ennui, pendant que, dans sa tête, elle échafaudait déjà un plan pour essayer de s'échapper, en tenant compte que si elle essayait de partir au mauvais moment, elle allait peut-être devenir la nouvelle attraction de son interlocuteur.

-Je ne vois pourquoi je devrais te le dire, je ne te connais pas après tout.

-Oooh, c'est méchant, mais nous allons tous les deux dans la même école, alors…

-Ce n'est pas une raison, va-t'en, dit-elle en se détournant de lui pour se recoucher sur le côté en mettant une de ses mains derrière la tête.

-Nooon, je veux savoir ! Dit-il en versant des larmes de crocodiles.

-Je savais qu'il dirait ça, plus on le repousse, plus il attaque, je dois faire attention…pensa-t-elle en gardant un visage impassible semblable à celui de Kuroko.

Pourquoi tu pleurs, enfin ?! Rhaa, ok…ok… soupira Daniel en lui faisant face.

-Ouais !

-En fait…"commença-t-elle avec une voix grave et lugubre.

A ces premiers mots, Kise, croyant que c'était pour quelque chose de grave, offrit sa plus grande attention pour la suite de la phrase.

-"…je…"

Mais, il avait de plus en plus peur de la suite, à cause de la voix que prenait la jeune fille, son ton et le temps qu'elle prenait pour s'exprimer, il pensait réellement que c'était pour quelque chose de tragique.

-"…fais juste ça pour paraître cool, c'est vrai.

Comme dans la plupart des scènes de manga, Kise tomba à terre devant la blague que lui avait faite Daniel, qui elle, rigola franchement en voyant la tête de son interlocuteur.

-Pfff, tu es vraiment tombé dans le panneau !

-C'est pas drôle !

-Si, si, la preuve, je rigole…

-Hmf. Dit-il en faisant une moue digne d'un enfant.

La cloche sonna à ce moment-là, Daniel, se leva alors pour se diriger vers l'infirmerie, et cette fois, c'était vrai.

-Tu pars déjà ?

-Oui, je dois aller voir l'infirmière.

-Pourquoi ?

-Raisons personnelles.

Elle n'attendit pas qu'il réponde et se dirigea vers la porte. Mais le blond, lui cria, juste quand elle disparaissait du pas de la porte :

-"Je m'appelle Kise Ryouta ! Et toi ?!"

La jeune fille ne répondit pas, au lieu de ça, elle pensa :

-Je sais et j'espère que tu vas tenir ta langue et garder cette rencontre pour toi.


Kei descendait tranquillement les escaliers pour se diriger vers l'infirmerie, mais en chemin, elle croisa un garçon qui n'avait pas l'air content :

-"Aaah, je pense savoir ce qu'il me veut, nan mais franchement, j'ai pas envie de m'occuper de ses gamineries."

Cependant, essayant de ne pas chercher la bagarre, elle lui dit un "bonjour" et continua son chemin.

-"Hé ! "

La jeune fille se retourna et sans qu'elle puisse réagir à temps, il l'a plaqua contre le mur en la tenant par le col.

-"Ecoute, tu vas pas pouvoir continuer comme ça longtemps !

-Continuer quoi ?

-Ton petit numéro du mec cool, un peu je m'en foutiste ! Ça marche peut-être pour les filles, mais pour les mecs, tu ne fais que te rendre ridicule !"

La jeune fille ne répondit pas, elle se contenta de le regarder avec des yeux ennuyés.

-Espèce de…!

-Ecoute, ce que je fais est ma façon d'être, je n'ai rien contre toi ou les autres, je viens juste d'arriver ici, et si vous ne m'aimez pas, c'est votre problème, pas le mien. A moins, que vous ne soyez jaloux de mon rapide succès auprès des filles ?

-Quoi ?! Mais non !

-Je vois, je comprends ton point de vue, mais…

-J'ai pas dit que j'étais jaloux ! Arrête d'être aussi arrogant !

-…m'as-tu déjà entendu dire une seule fois que j'étais un mec ?"

Il y eut un blanc, puis, l'autre répondit en bégayant :

-Que… que veux-tu dire ? Bien sûr que tu es un mec… dit-il en fronçant les sourcils.

-Pour en être aussi certain, tu dois être un de ceux qui m'ont mise au monde alors…

-Que…quoi ? Dit-il en relâchant un peu sa prise, un peu confus.

-Personne ne peux vraiment savoir le sexe de la personne qu'on a en face de nous quand celui-ci ne fait quasiment rien pour le montrer, tu n'es pas d'accord ?

-Si, mais…Non, enfin…

-D'après ce que je t'ai dit, à ton avis, suis-je une fille, ou un garçon ?

-Je…

-Allons, suis la logique…dit-elle en se dégageant complétement et en réajustant le col de son uniforme, ce n'est pas très compliqué comme problème.

-Tu…

-A ton avis, t'ai-je fais une blague pour me moquer de toi, ou est-ce que j'essaye de te faire comprendre que je suis une fille ?

-Je…sais pas…

-Bien, je te laisse y réfléchir, mais le plus simple, est d'attendre un peu, tu ne crois pas ?

-Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda-t-il complétement confus que la situation lui ai échappé.

-Tu peux toujours demander au prof, enfin tu fais ce que tu veux.

-Je…

-Bien, si tu veux bien m'excuser, Kana m'attend. Lui dit-elle en soupirant et en partant sans lui jeter un regard.

-Je…heu…oui, désolé.

-Je pense que j'ai réussi à l'embrouiller un peu, il va me laisser tranquille pendant un petit moment. Mais je crois pas que j'aurai pu faire ça dans la vie réelle, les mangas sont tellement mou et gentil…

Avec le jeune collégien qui n'avait absolument rien comprit de la conversation, l'incident fut clos.

Arrivée à l'infirmerie, Daniel fit glisser la porte et entra. Kana était en train de lire un papier quand elle l'entendit arriver.

-"Ah, c'est toi ! Bienvenue, mais… ne devais-tu pas me retrouver à onze heures et demi ?

-J'me suis endormi sur le toit pendant environs dix…non vingt minutes, et ensuite j'ai été retardée par un mec qui voulait se battre…

-Quoi ?! Dis-moi qui c'est !

-Non, non, tout c'est bien terminé et il n'y a eu aucune violence finalement.

-Comment as-tu fais ?

-J'ai embrouillé son esprit, il était confus et j'en ai profité…

-Oh, bravo ! Comme attendu de la part d'une pacifiste comme toi !

-C'est lui qui n'était pas sûr de vouloir m'attaquer, il a probablement été forcé par un autre de la classe…

-Je vois, mais…

-Hmm ?

-Eh bien, d'après ce que tu m'as dit, tu as quitté ta classe à onze heures et demie, tu es allée sur le toit pour vingt minutes, ce qui fait… onze heures cinquante, le moment du tintement de la cloche. Jusque-là, j'ai bon ?

-Oui, et alors ?

-Hmm, ensuite, un mec t'a attaqué, mais d'après ce que tu m'as dit, ça n'a pas duré longtemps, cinq minutes, tout au plus, ce qui me vient à me demander…

-Viens-en au faits… demanda l'ado en soupirant.

-Il est maintenant midi et en toute logique, la confrontation s'est faites à onze heures cinquante-cinq. Donc, qu'as-tu fais de onze heures cinquante à onze heures cinquante-cinq ?

-….

-Je t'écoute

-Attends, t'es entrain de m'agresser, juste parce que tu sais pas ce que j'ai fait durant cinq petites minutes ?! Tu te fiches de moi, là !

-Ah ? Tu essais de gagner du temps. Tu as donc quelque chose à cacher ?

-Bien sûr que (oui) non, j'ai rien à cacher, j'étais juste avec un…

-Un ?

-Oui, un. J'étais en train de faire une petite sieste quand un mec plus jeune que moi est arrivé

-Qui ?

-Je sais pas, j'ai pas voulu lui faire la conversation, il a dérangé ma sieste et en plus, comme tu l'as si bien fait remarquer encore et encore, c'était juste cinq minutes. Autant essayer de lui cacher le plus de choses possibles sur la génération des miracles et moi.

-Oh ? C'est dommage… C'était peut-être l'occasion de te faire un ami…

-Et ne pense pas que "c'était l'occasion de te faire un ami", tu sais très bien que ce n'était pas mon objectif en venant dans cette école.

-Comment elle a su ?!

Bien…bien sûr, je n'aurais pas pensé à ça, mais essaye comme même de faire un effort, d'accord ?

-…pourquoi tu voulais me voir ?

-Rhaa…arrête de changer de sujet de conversation quand on en vient à parler de ça…

-Bon, ok, si t'as rien à me dire, je vais partir…

-Si froide ! Bon, ben puisque c'est comme ça, je ne te donnerai pas le bento que j'ai préparé exprès pour toi… déclara-t-elle en sortant ledit objet.

-C'est pas grave, je n'avais pas vraiment faim de toute façon…

-Méchante ! Dire que je me suis levée tôt exprès pour te le préparer ! Si c'est comme ça, je vais le manger moi-même !" Cria-t-elle en faisant une moue digne d'un certain blond et en serrant le déjeuner contre elle.

L'adolescente, soupira en souriant, elle fut assez amusée par le comportement de l'infirmière… Elle n'avait pas vraiment faim, mais Daniel se dit que sa colocataire était vraiment une personne gentille pour lui avoir préparé exprès pour elle. Se rappelant un des mangas qu'elle a vu, elle se mit bien droite, les bras le long du corps et les pieds parallèles collés l'un avec l'autre. Puis, elle plia son bras droit pour qu'il atteigne son épaule gauche en s'abaissant légèrement en disant d'une voix mi- calme mi- moqueuse :

-"S'il vous plaît, auriez-vous l'obligeance de m'offrir ce si précieux bento, mademoiselle ?"

La jeune femme la regarda un instant, et d'eux même, ses bras s'ouvrirent pour ensuite tendre le déjeuner à l'adolescente. Elle le prit délicatement et la remercia. Quand, Kana se rendit compte de ce qu'elle avait fait, il était trop tard…

-"Que…Mais ?! Espèce de sale… Rhaa profiter de ton apparence pour me substituer le bento ! J'y crois pas !

-Ah ah, faut bien que mon apparence masculine serve à quelque chose, non ? D'ailleurs, je suis surprise que tu sois tombé dans le panneau, tu sais pourtant bien que je suis une fille, non ?

-Evidemment, mais dans cette position, tu étais si élégante, j'ai été trop éblouie !

-Alors…je suis vraiment désolé d'être une fille. Dit-elle en souriant de manière sournoise.

-Hmm… sort d'ici ! Cria-t-elle

-D'accord, d'accord.

-Au fait, je viendrais te chercher à treize heures, nous devons aller quelque part, et le directeur est prévenu.

-Où on va ?

-Tu verras, tu vas manger au réfectoire ?

-Non, je vais retourner sur le toit mais si quelqu'un est là, j'irai.

-Bien, bon appétit alors !

-Merci.

Sur ce dernier remerciement, elle partit. Kei retourna sur le toit comme elle l'avait dit, et, à son plus grand soulagement, Kise Ryouta était parti.

-"Il doit être parti au ref avec les autres. Tiens ? Je l'avais pas vu tout à l'heure…"

En effet, dans un recoin du toit, se trouvait une petite habitation, certainement une remise. Une échelle en fer permettait de monter sur les plaques qui servaient de toit à la cave. La jeune fille y monta, mangea moins que la moitié de son bento et se remit dans la même position que la dernière fois, c'est-à-dire, les bras croisés derrière la tête avec une jambe pliée et une autre couchée sur le sol. Elle ferma les yeux et commença à penser, à penser, elle pensa tellement longtemps, qu'elle ne vit pas le temps passer et avant qu'elle ne s'en rende compte, midi et demi sonnait. Elle rouvrit ses yeux et ses pensées furent nombreuses :

-Qu'est-ce que je devrais faire ? Croire à un retour possible ? Ou bien laisser la "routine" reprendre le contrôle de ma vie ? Qu'est-ce que je devrais faire ? En quoi devrais-je croire ? Et surtout, nom de Dieu, pourquoi je me retrouve ici ?! Et comment ?!

Daniel, se dit soudain que rien n'avait de sens à se demander à soi-même alors que l'on n'a pas les réponses. Elle décida donc de se taire et d'écouter sa musique, se disant que cela ne servait à rien de se tracasser pour rien. La jeune fille enleva son casque traducteur pour mettre ses écouteurs et mettre une de ses chansons préférées. Mais elle n'eut pas le temps d'entendre la porte s'ouvrir ni les voix des personnes qui venaient d'arriver. Heureusement d'ailleurs, car sinon…

-"Aaaah ! Les cours du matin sont enfin terminés ! Fit la voix d'un certain as.

-Met la main devant ta bouche, c'est malpoli. Dit un certain horoscopien.

-C'est vrai, affirma d'une voix neutre un certain bleu.

-Taisez-vous, je ne cacherais pas ma joie de savoir que les cours sont terminés et qu'on va enfin pouvoir manger, n'est-ce pas, Murasakibara ?

-C'est vrai.

-Ah ! Ça ne s'applique pas à moi, j'ai terminé à onze heures et demie ! S'exclama un blond.

-Assez" fit une voix lugubre.

Et c'est ainsi, que Daniel Yegunn s'endormie au-dessus de sa plus grande "peur", sans se douter qu'elle se trouvait à un peine un mètre de ceux qu'elle admire tant… mais qu'elle voulait éviter à tout prix.