Chapitre 24 : Dangereux
Daniel-Kei Yegunn n'arrivait pas vraiment à suivre le cours de son professeur particulier. Elle n'arrivait pas à penser à autre chose qu'aux matchs futurs entre les différents membres de la génération des miracles et cela la fit sourire pendant pratiquement tout le cours sans même qu'elle ne s'en rende compte. Mais Daniel ne pouvait s'empêcher de vouloir rire d'une sombre façon en pensant qu'elle avait devant elle l'homme qui allait devenir l'entraîneur de l'équipe de son ami Aomine Daiki. Son équipe, l'équipe élitiste qui avait des joueurs jouant chacun de son côté… en particulier le bronzé qui dans le futur ne compterai que sur lui-même… Encore une fois, la jeune fille empêcha tout net le rire qui allait sortir de sa bouche quand elle mit la scène d'Aomine en train de dire "Le seul qui peut me battre, c'est moi." à l'intérieur de son esprit. Dans les épisodes qu'elle regardait, il avait plutôt l'air cool malgré son air trop renfrogné et prétentieux, mais maintenant qu'elle le connaissait personnellement, Kei ne pouvait s'empêcher de trouver cette phrase… non, cette devise extrêmement ridicule, surtout que même si son ami était encore jeune dans cette époque future, on ne dit pas ça, même si on a le niveau pour le prouver.
Sa réflexion fut de courte durée quand Daniel se rendit compte que son professeur l'observait en fronçant les sourcils… s'étant visiblement rendu compte que la seule et unique élève à qui il devait enseigner était distraite. Se concentrant alors sur le cours, Kei chassa ses pensées trop comiques pour le lieu trop sérieux qu'était sa salle de classe. Ce n'était vraiment pas bon… Daniel s'était rendu compte que depuis qu'elle était arrivée dans ce monde, sa personnalité changeait complètement quand elle avait affaire à une affaire de basket et cela ne correspondait pas du tout avec son caractère originel. Et voilà que devant elle, se présentait l'un des futurs coachs de l'un de ses amis ! Ce n'était tout de même pas de sa faute ! (NDA : Non, c'est de la mienne.)
A la fin de la séance, quand son professeur s'apprêta à ranger ses document pour partir, Kei ne put s'empêcher de poser La, avec un grand L, question qui lui torturait l'esprit :
-"Si je puis me permettre, pourquoi êtes-vous ici ?
-Pour t'enseigner des choses que tu sais déjà, visiblement. Fit sarcastiquement l'adulte.
-Je ne parle pas de ça. Vous êtes le coach de Touhou, non ? Qu'est-ce que vous êtes venu faire ici ? Reformula la brune, ne piquant pas à la réplique de son interlocuteur.
-Le directeur m'a demandé de m'occuper de toi. Avoua le coach après quelques secondes. Assez surpris qu'on l'ait reconnu.
-Lequel ? Celui de Touhou ou celui de Teiko ?
-Celui de Touhou.
-Aaaah, je vois. Et…
-Quoi encore ? Demanda-t-il avec exaspération en se pinçant l'arête du nez.
-Comment va Aida-san ? Demanda la jeune demoiselle en croisant ces mains, pour poser son menton dessus et faire un sourire limite insolent.
-Comment veux-tu que je le sache ?
-Vous étiez dans la même équipe que lui, non ? Pour les nationales je crois… c'est très impressionnant vous savez… Est-ce que vous étiez au courant qu'il avait une fille ? Une fille qui s'appelle Riko Aida.
-Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ?
-Vous devriez-vous y intéresser.
-Je ne vois pas en quoi ça me regarde, qu'il est une fille ou non."
La jeune fille sourit de plus belle avant de continuer :
-"Rappelez-vous au moins de son nom, et plus tard, vous comprendrez que j'avais raison, que vous auriez dû un minimum m'écouter et vous intéresser à elle. Puisqu'elle sera la coach de l'équipe qui mettra fin au règne de la vôtre. Pensa Daniel en regardant son professeur d'une façon prédatrice et sûr d'elle, puisqu'elle avait raison.
-Je te trouve bien insolente envers un professeur…
-Qui n'est même pas de ce lycée. Et ne vous inquiétez pas, vous vous y ferait, aux gens insolents. Je ne suis ni la pire, ni la dernière que vous rencontrerez. Imayoshi Shoichi est pas mal non plus dans son genre.
-…Tâche de bien te comporter quand même, je suis un professeur, ne l'oublie pas. Je n'ai pas besoin des conseils d'une gamine.
-Une gamine peut-être… mais une gamine qui sait tout de l'avenir de votre équipe, sensei. Pensa Kei, sans se répartir de son sourire, malgré l'insulte de l'adulte.
Ensuite, après un regard plein d'agacement, son interlocuteur partit de la pièce.
-"Pas très jovial comme mec. Mais vraiment amusant." Pensa Daniel en fronçant les sourcils avant de quitter la salle pour aller à son prochain cours : Le français, sa matière préférée.
Quand Kei arriva dans sa salle, ses amis Aito, Akito et Akira se tournèrent vers elle avec des regards surpris. Mais ils ne dirent rien. Par contre, Aito leur avait annoncé qu'il avait invité sa potentielle petite amie à sortir pour aller voir un film… tout le monde le félicita, y compris Daniel qui était contente pour son ami… même si elle n'était pas vraiment intéressée par sa relation avec l'autre.
Quand la pause du matin sonna, Kei, après avoir dit à ses amis qu'elle avait des chose à faire, décida d'aller parler à Kana du petit problème qu'elle avait rencontré le matin même... sans en venir à tous les détails. C'est pour ça, que pour son plus grand déplaisir, elle se retrouva à l'infirmerie pour pouvoir parler à son amie tutrice qui était en pleine paperasse :
-"Kana…?
-Hmm ?
-Tatsuma est dans la police, n'est-ce pas ?
-Oui, en effet.
-Quel poste il occupe ?
-Je ne sais plus le nom exact… mais il m'a dit qu'il était un peu comme le deuxième de son bloc.
-Ah bon…C'est quelqu'un d'important, alors. Tant mieux.
-Pourquoi tu veux savoir ça ?
-Pour rien. Est-ce que je pourrais avoir son numéro ?
-Heu… bien sûr, pourquoi ?
-J'aimerai lui demander un service.
-Puis-je savoir lequel ?
-Un truc, pour des amis.
-Tu t'ais fait beaucoup d'amis, je n'avais pas de raison de m'inquiéter finalement !
-Hein ? Ah, oui. C'est vrai.
-Parle-moi d'eux, je suis curieuse de savoir qui a pu te supporter !
-Excuse-moi de te l'apprendre, mais je suis très populaire. Se vanta Daniel.
-Excuse-moi, mais je ne pense pas que beaucoup de personne sache que tu es une fille. Répliqua Kana avec le même ton.
-…C'est méchant. J'ai aussi des amis parmi les garçons. En fait, juste des garçons. Momoi Satsuki n'est pas ce qu'on pourrait appeler "d'amie".
-Lesquels ?
-…Je vais pas te le dire, ça te ferai trop plaisir.
-Si tu veux que je te donne le numéro de Tatsuma, si.
-…Bon ok. Tu deviens de plus en plus forte en manipulation, toi.
-Hé, hé ! J'apprends de la meilleure !
-Je vois pas de quoi tu parles…"Fit innocemment Daniel.
Kei lui raconta alors les péripéties qu'elle avait vécues, omettant parfois plusieurs détails, non seulement en tant que Daniel-Kei Yegunn, mais aussi en tant que Dai, vérifiant parfois qu'il n'y avait personne derrière la porte où quel que ce soit.
A la fin de son récit, Kana avait des étoiles dans les yeux et la félicita en l'enlaçant vivement :
-"Tu vois, ce n'étais pas si compliqué !
-Même si tu dis ça, je serai obligée de partir un moment ou à un autre.
-Pourquoi ?
-Je ne sais pas. Un pressentiment, tout semble aller trop bien.
-Qu'est-ce que tu peux être pessimiste !
-…Bon, tu me le donnes ce numéro ?
-Ok… ok ! T'énerve pas !" S'exclama Kana d'un ton joyeux.
Après avoir reçu le numéro, Daniel sortit de la pièce après avoir dit salué son amie. D'ailleurs, la sonnerie retentie et les cours devaient reprendre… avec Japonais…la pire séance de la journée. Kei soupira de désespoir avant de se diriger vers la salle maudite.
La jeune fille poussa un très long soupir, deux heures… DEUX HEURES de JAPONAIS ! Cet enf** de prof avait profité que leur professeur d'anglais ne soit pas là pour reprendre son heure et en ajouter une. Daniel dé-tes-tait les profs qui faisait ça. Enfin, c'était fini, et Kei était enfin sortit de cette maudite pièce pleine de mauvaise ondes.
Ensuite, la jeune fille se dirigea vers la sortie de l'établissement. Quand elle y fut, elle sortit son portable pour téléphoner à Tatsuma… la sonnerie dura quelques secondes avant qu'elle n'entende une voix :
-"Allo ?
-Oui, allo. C'est moi, Daniel.
-Ah oui, salut. Que me vaux le plaisir de ton appel ?
-…Tu me demandes pas comment j'ai eus ton numéro ?
-Non parce que je sais que c'est Kana qui te l'a donné.
-Et si c'était pas le cas ?
-Alors je t'arrêterai pour harcèlement sur un officier de police. Affirma l'homme avec humour.
-T'as le droit de faire ça ? Demanda quand même avec curiosité la jeune fille.
-Ha ! Ha ! Bon, qu'est-ce que tu voulais ? Demanda, toujours en riant Tatsuma.
-Je voudrais savoir si en ce moment, vous prenez des stagiaires, ou encore des employés mineurs.
-…pas que je sache, ce n'est pas vraiment à moi de m'occuper de ce genre de chose.
-Ah…
-Pourquoi me demandes-tu ça ? Tu veux faire carrière dans la police ? Tu sais que tu as encore quinze ans, tu n'as pas le droit de travailler. Tu as des problèmes ? Demanda Tatsuma, redevenant sérieux.
-Non ! Non ! Aucun. C'est juste qu'un prof nous a posé un problème, et je suis un peu bloquée.
-C'est quoi la question ? Demanda l'officier en soupirant.
-Eh bien… mon prof d'éducation civique, nous a demandé de lui dire ce que nous ferions si un jour, il nous arrivait de rencontrer un adolescent de… seize ans qui s'était retrouvé à la rue, sans parents ni adulte pour le soutenir financièrement. Moi, j'ai répondu que s'il avait seize ans, il aurait pu trouver un travail et se remettre petit à petit…
-Et pourquoi tu as pensé à moi ?
-Comment devient-on policier ?
-Pourquoi policier ? C'est un métier plutôt dangereux et dur.
-Et bien, justement, c'est là que j'ai pensé à toi !
-…je vois pas le rapport.
-Purée, moi non plus.
-Daniel. Qu'est-ce qui se passe ? Ne me dis pas que tu as véritablement "croisé" un adolescent de seize ans, sans parents ou tuteur avec une situation financière instable ?
-…Je devrais lui dire ? Non… si ! J'en sais rien, c'est pas à moi de prendre ce genre de décision ! Mais je me suis presque déjà engagée ! Je suis trop bête, j'aurais tout simplement dût leur casser la gue** et repartir ! Qu'est-ce que je vais faire, maintenant ?! Je suis humaine, je peux pas rester de marbre quand je vois quelqu'un comme ça ! Surtout des gosses qui ont à peine un ou deux ans de plus que moi… Mais, si c'était des adultes, est-ce que je les aiderais ? Non, sûrement pas… je l'ai laisserai certainement à leur sort. Rhaaa ! C'est pas le moment de s'interroger sur la philosophie humaine !
-Daniel, tu réfléchis trop longtemps sur ce genre question alors que tu devrais tout de suite répondre "non, c'était vraiment un devoir".
-Tu me croirais si je te disais "non, c'était vraiment un devoir" ?
-… pas vraiment. Raconte-moi ce qu'il s'est passé, je pourrais peut-être t'aider. Demanda l'homme d'un ton sérieux.
-…"
Malgré ce silence, Kei lui raconta l'intégralité de ce qui lui était arrivée, à part le mi- cassage de bras. Quand elle eut fini, Daniel sentit Tatsuma soupirer derrière son téléphone.
-"Je suis désolé. Mais je pouvais pas les laisser comme ça ! Qui vole un œuf, vole un bœuf ! C'était pas de la pitié, je voulais vraiment les aider.
-Tu n'as pas à t'excuser, ta cause était noble, mais tu n'as pas les moyens de faire une telle promesse. Tu aurais dût penser aux conséquences !
-Je… alors tu aurais voulu que je les laisse se démer*** avec la fille ? Demanda la jeune fille d'un ton dur.
-Qu… non ! Bien sûr que non. Mais…
-Mais ?
-…Mais.
-Mais quoi ?
-…mais pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu me fais passer pour le méchant de l'histoire ? C'est pas moi qui me suis fourré dans la…
-Bon ok. Désolé de t'avoir dérangé, j'irai demander à Kana de m'aider, elle, elle voudra peut-être les aider. Déclara Kei en souriant.
-…
-…
-Tu es la fille du diable ou quoi ? Tu sais parfaitement que Kana va me… si elle apprend que…
-C'est pour une "noble cause", non ? Je te remercie grandement pour ton sacrifice. C'est vraiment impressionnant l'influence que Kana a sur lui.
-…
-Ok, sal…
-Bien. Je vais voir ce que je peux faire. Mais me refait plus un coup dans le genre. J'ai pas envie de voir te ramener avec tous les malchanceux de la planète. Je viens te chercher à la sonnerie.
-Merci !"
Soupirant de défaite, son interlocuteur raccrocha. Puis, après avoir souri fièrement, Daniel se dirigea vers le gymnase avec son sac d'infirmière, se préparant aussi mentalement à l'accueil qu'elle aurait quand les autres verraient son visage… pas aussi excessif que Ryouta, mais il ne fallait pas les sous-estimer.
Avant d'entrer, Kei inspira une grande bouffée d'air. Puis, armée de ses nerfs d'acier, elle se mit en route et poussa les portes du gymnase.
A peine arriver, qu'une tornade blonde la serra dans ses bras.
-"Keicchiiiii ! Je suis si content de te voir !
-…pourquoi tu me dis ça ? Demanda Kei d'un ton neutre.
-Aominecchi m'a tout raconté !
-…"
La jeune fille se retourna vers le bronzé qui essayait vainement de s'empêcher de rire.
-"Qu'est-ce que tu lui as raconté comme débilités encore ?"
A ce moment, Daiki explosa de rire. Il se tenait les côtes en riant sous le regard blasé de quasiment tous les membres présent, à part Ryouta qui se tenait encore aux épaules de son sempai et Akashi qui n'était pas présent.
-"Mine-menton a dit à Kise-menton que tu avais été attaqué par des extraterrestres verts.
-…
-Ha ! Ha ! Ha !
-Et Kise-kun l'a évidemment cru.
-…" Daniel tourna la tête vers le blond qui la tenait toujours.
-... (Silence du groupe, sauf d'Aomine qui rit toujours et de Ryouta avec ses reniflements).
-Ryouta, tu as déjà oublié ce que je t'ai dit ce matin ?
-Hein ? Ce matin…?
-Oui. Je t'ai expliqué comment je me suis fait ça, tu te souviens ? Expliqua Kei d'un ton comme si elle parlait à un enfant de dix ans d'âge mental.
-…Heu ?
-…Tu veux que je te redise ?
-Oui !
-Je me suis pris une branche soufflée par le vent dans la figure quand je suis arrivée ce matin au collège.
-…
-…
-…Ah oui ! Aominecchi ! Tu m'as menti ! T'es qu'un vilain !"
Les rires du bronzé redoubla et il se mit à frapper le sol avec un des poings, n'en pouvant plus. Mais contre toute attente, Daniel l'avait rejoint dans sa grande rigolade et éclata de rire en entendant la réplique de son ami blond. Les autres se contentèrent de sourire quand ils virent eux-mêmes pour la première fois que leur infirmière riait devant eux avec sincérité. Kise protesta faiblement mais se joint à son tour à eux après quelques secondes.
Après cinq longues minutes de douce torture, Daniel se calma… mais Aomine n'avait toujours pas fini et continuait de rire. Jusqu'à ce que…
-"Daiki. Ça suffit." Ordonna la voix froide du capitaine.
Evidemment, le boucan avait attiré leur roux froid comme la glace favori. Néanmoins, quand il aperçut les blessures au visage de Kei, ses yeux s'écarquillèrent pendant quelques instants avant de reprendre leur habituel air trop sérieux pour leur propriétaire. Ce dernier s'avança vers Daniel.
Quand il fut à son niveau, il arracha alors violemment le pansement qui recouvrait la blessure au couteau de Daniel… qui soit d'y t'en passant, avait laissé échapper un cri de douleur.
-Aaaaah ! Mais t'es malade ! Aïe ! Grimaça la jeune fille en recouvrant sa main sur sa blessure.
-Qui t'as fait ça ?" Demanda d'une voix la plus froide que Seijuro ait jamais pu utiliser en ignorant le cri de douleur de l'infirmière.
L'aînée fut un instant frappée par l'intensité de l'autorité qu'elle pouvait lire dans la voix du plus jeune, mais fronçant alors les sourcils pour démontrer sa colère ainsi que pour masquer son mensonge, elle répliqua de la même voix que le roux :
-"Je l'ai déjà expliqué trois fois. Tu n'es pas censé tout savoir ?
-…Ne me provoque pas. Qui-t'as-fait-ça ?
-Une put** de branche. Je me la suis prise quand je suis arrivée ce matin au collège.
-…Tu mens.
-Alors je me suis fait agresser ? Demanda d'un ton sarcastique la jeune fille, malgré que ce soit un peu la vérité.
-…Arrête de te ficher de moi. Que s'est-il passé ?"
Kei, qui s'était un peu baissé à cause de la douleur, se redressa de toute sa hauteur, toujours en ayant sa main sur sa joue. A cause de ça posture actuelle et de la tension, on avait l'impression que la jeune adolescente ne faisait en fait qu'une tête de moins que Murasakibara… une impression ?
-"Je viens de te le dire… Ah, zut. La blessure s'est rouverte. Je te dis pas merci." Dit Kei en cherchant un nouveau pansement dans son sac, décollant sa main de la plaie.
Erreur.
-"Bien sûr. C'est monnaie courante qu'une branche te fasse une plaie ouverte comme celle-ci.
-…C'est comme même pas ma faute s'il y avait un morceau de bois dans ma joue et que Kana a dut me le retirer. Avec un couteau.
-Le vent n'était pas si fort ce matin.
-Je n'ai pas de compte à te rendre, Seijuro. Je t'ai donné une explication, je me fiche de savoir si elle te plaît ou pas." Expliqua durement la brune en remettant un gros pansement.
A ce moment-là, la jeune fille s'était félicité d'avoir gardé une de ses mains libres. Par des réflexes incroyables, Daniel avait réussi à attraper la paire de ciseaux que lui avait lancés son interlocuteur roux psychopathe.
-"Oooh put** c'est pas passé loin ! Je ne me plaindrais plus jamais de la trop grande intensité des CDM. Plus-jamais." Pensa avec angoisse Daniel.
Malgré son jacassement intérieur et son visage à peu près calme, Kei était vraiment en colère contre Akashi. Il avait osé, il avait osé lui lancer une paire de ciseaux à la figure. Les autres en revanche étaient à la fois impressionnés, de par le fait qu'elle ait réussi à arrêter l'attaque de leur capitaine, mais aussi affolés, que va-t-il se passer après ça ?
-"Seijuro. Pas de ça avec moi, je te prie.
-Pourquoi ça ?
-Parce que je t'aime bien mais aussi parce que je ne suis pas aussi indispensable que les autres, je peux très bien partir quand ça me chante. Je suis ici de mon plein gré et non par obligation envers l'équipe. Mais comme ça ne me ferait pas plaisir de partir, je voudrais que tu arrêtes.
-Tu ne fais pas partie de l'équipe et tu te permets de donner des ordres au capitaine ?
-Ce ne sont pas des ordres, ce sont des conseils. J'ai déjà pardonné le fait que tu ais enquêté sur moi sans ma permission. Je ne vais aussi rien dire sur ce que tu viens de faire… mais ne recommence pas, je vous aime bien tous et je n'ai pas envie de partir.
-…pourtant, je ne retiens pas.
-Tu ne retiens personne. Tu prends.
-C'est vrai. Fit Akashi en esquissant un sourire.
-D'autant plus que comme tu as pu le voir, ça ne marche pas avec moi. Tu as juste l'air d'un ridicule petit tortionnaire. Laissa échapper Kei.
-…
-Oups.
-…
-…
-Très bien. On va s'excuser mutuellement de nos petites erreurs respectives."
La jeune fille acquiesça, assez contente de son petit effet sur Akashi. C'est vrai quoi, si elle avait pu le faire changer d'avis, c'est que soit il allait neiger en pleine octobre, soit qu'elle avait au moins gagné un peu de son respect.
Après cette altercation pour le moins glaciale, Daniel tourna les talons pour se rendre dans la réserve, là où se trouvait actuellement l'entraîneur de la génération des miracles : Kôzô Shirogane.
Quand elle l'aperçut, Daniel attendit qu'il se rende compte de sa présence derrière lui. D'ailleurs, son interlocuteur ne tarda pas à lui adresser la parole.
-"Que me vaut le plaisir de ta visite ?
-Est-ce que vous saviez que mon professeur particulier est le coach de Touhou ?
-Ton professeur particulier ?
-Ne faîtes pas l'innocent. C'est vous qui l'avez fait venir ?
-Non, bien sûr que non. Avoua l'entraîneur.
-Pourquoi lui, alors ? Ce n'est pas ce qu'on pourrait appeler un exemple d'éducation. Lui, ce serait plutôt bien entraîner une équipe de basketball.
-Le directeur de Teiko a demandé au directeur de Touhou de…
-Oui, je comprends ça mais…Ah moins que…
-Notre cher directeur l'a choisi en effet pour ces méthodes d'apprentissage." Déclara Kôzô en comprenant que la jeune fille avait compris.
Kei soupira d'exaspération, avant que celui qui était devant elle ne se remette à parler :
-"Mais je suppose que ce n'était pas de ça dont tu voulais me parler, n'est-ce pas ?
-J'ai en effet une question à vous poser. Avoua la jeune fille faisant un de ses rares sourires joyeux.
-Laquelle ?
-Que savez-vous exactement sur ce qu'on appelle la "zone" ?"
Shirogane se retourna finalement en la regardant d'un air perplexe. Il était en même temps assez surpris que son élève sache le terme.
-"Où as-tu entendus ça ? Même notre cher capitaine ne sait pas de quoi il s'agit.
-J'ai mes sources. Répondit Daniel sans se départir de son sourire. Alors ?
-Eh bien, puisque tu me le demandes… la "zone" est un terme qui se réfère à l'état d'un joueur quand il atteint son potentiel maximum. En fait, c'est un superlatif pour désigner une intense mais régulière concentration qui permet de littéralement réaliser des miracles… malheureusement, il existe peu de joueurs qui atteignent ce paradoxisme car les conditions pour entrer dans cet état de niveau de concentration explosive varient par personne. Quand un joueur entre dans la zone, leurs yeux émettent des courants d'électricité, cela indique une profonde concentration. La couleur est la même que celle des yeux du possesseur. Pour finir, tous ceux entrant dans cette phase possèdent tous un point commun : Une passion et un amour d'une quantité extrême pour le jeu… le personnage doit aussi être extrêmement talentueux, afin d'éjecter les candidats potentiels.
-Comme Tatsuya par exemple. Pourquoi Seijuro n'est-il pas au courant de cet état ?
-Il ne saurait pas ce que c'est. Je veux d'abord attendre qu'il voit ce niveau par lui-même. Ainsi, il voudra des explications… que je lui donnerai bien évidemment. Je te prierai donc de garder ça pour toi. Ou en tout cas, en attendant qu'il le voit de ses propres yeux.
-D'accord. Merci pour l'explication.
-Il faudra que tu me dises un jour qui te donne tes informations… Demanda Kôzô en riant.
-…Au revoir.
-Oui. A tout à l'heure."
Il était actuellement quinze heures de l'après-midi. L'entraînement ayant été allongé exceptionnellement en vue des préliminaires de l'Interhigh. Et donc, tous les membres et les sous-membres de l'équipe devaient rester jusqu'à seize heures. Daniel vaquait à ses occupations d'infirmière, en jonglant avec des minutes de sommeil bien méritées.
Quand la fin de l'entraînement retentie, Kei voulu sortir vite mais on la tira vers les vestiaires. Elle avait immédiatement reconnu Daiki, Ryouta et Tetsuya. La boule au ventre, elle les avait suivis sans faire de vague pour ne pas éveiller les soupçons sous les regards attentifs des autres. Quand la porte fut véritablement fermée, Kei avait adopté l'air le plus neutre après Tetsuya. Les trois hommes la regardaient curieusement avant que la seule fille ne prenne la parole, pressée d'en finir au plus vite :
-"Pourquoi m'avez-vous traîné ici ? Demanda d'un ton poli Kei.
-Heu… Commença Daiki, paraissant incertain.
-Nous voulions te poser quelques questions, Kei-kun.
-Hmm ? Ils n'auraient quand même pas devin que je suis Dai… si ?
-D'abord, est-ce que tu te fais persécuter ? Demanda d'un ton sérieux le fantôme.
-…"
C'est à cet instant que la brune choisi pour pouffer de rire, c'était un petit rire mi- soulagé, mi- anxieux pour la suite.
-"Ce n'est pas drôle ! Cria Ryouta.
-Donc c'est pour ça que vous m'avez fait venir ici ? Demanda Daniel en souriant, plus touchée qu'autre chose.
-Entre autre, oui. Affirma le plus petit de tous.
-Quand je suis arrivé ici, oui. J'ai en effet été brièvement victime d'intimidation."
Les trois froncèrent des sourcils.
-"Avant que je règle le problème par moi-même. Mais je vous remercie de votre inquiétude.
-…
-Autre chose ?
-Oui…Répondit timidement le blond du groupe.
-Hmm ? Fit la jeune fille en faisant un sourire confiant.
-Heu…
-Bon, est-ce que tu ne connaîtrais pas quelqu'un qui a pour diminutif "Dai" ? Avoua directement Aomine avec son tact légendaire.
-…Dai ? Demanda Kei en restant calme.
-Oui, Dai. Comme tu as beaucoup de sources, on se demandait si tu pouvais la trouver.
-Dai…? Demanda Daniel en faisant semblant d'être concentré.
-Oui.
-…Alors ils n'ont pas deviné que c'était moi ?
-Ça t'embête ? Demanda Kuroko.
-Non, pas du tout. Mais… vous aviez besoin de me le dire dans les vestiaires ?
-C'est juste qu'Akashi-kun et les autres ne savent pas que notre amie est de Teiko. Nous ne voudrions pas leur dire, pour éviter des ennuis à Dai-kun.
-Mais la chercher, ça ne serait pas lui créer des ennuis ? Et puis, pourquoi vous ne la cherchez pas vous-même ?
-L'école est trop vaste pour juste nous trois.
-Pourquoi vous la cherchez ?
-Parce que c'est notre amie, nous voudrions la voir plus souvent puisqu'elle est dans notre collège.
-Oui, mais elle ? Elle le veut ?
-Nous ne savons pas. C'est pourquoi nous voudrions que tu la trouve, pour lui demander, en plus de certaines questions.
-Je vois… je vais essayer de chercher. Mais je doute fortement que "Dai" soit le véritable nom de votre amie, il ne faudra pas vous attendre à grand-chose.
-On peut toujours espérer !" Cria Daiki.
Quand Daniel ressortit enfin du gymnase, il était un peu plus de seize heures. Elle n'avait pas cours mais ce n'était pas non plus l'heure de son cours avec son professeur particulier étant donné qu'elle l'avait déjà eu en première heure. La jeune fille décida qu'en attendant Tatsuma, elle irait dormir.
Le problème lui apparut alors : Où allait-elle dormir ? Elle y réfléchit pendant quelques secondes avant que la réponde ne fuse d'elle-même dans son cerveau : Le toit !
Kei s'y dirigea vivement, espérant dormir le plus longtemps possible avant son rendez-vous.
Le toit était, comme la plupart du temps, vide. L'adolescente sourit avant d'aller se mettre dans un coin du grand espace dont elle disposait. Arrivée à son endroit à elle, Kei enleva son casque, prit son téléphone, puis mit ses écouteurs sur ses oreilles.
La musique la berça et elle tomba doucement dans les bras de Morphée.
Daniel sentit une présence très près d'elle.
Elle ouvrit lentement les yeux et vit une grosse touffe de cheveux qui touchait quasiment son nez.
Surprise… en fait, trop surprise, elle frappa son l'individu qui était devant elle avec son pied au niveau des côtes et du ventre… en utilisant inconsciemment les CDM.
L'autre s'envola… avant de durement retomber sur sa tête.
Puis, un silence.
Kei, remit de sa surprise, enleva ses écouteurs, remit son casque très rapidement et alla voir sa pauvre victime…
Quand elle fut arrivée près de la personne, elle ne put s'empêcher de lui jeter un regard d'horreur.
-"Oh non…"
