Chapitre 26 : De mal en pis
Daniel-Kei Yegunn se tenait maintenant à une distance respectable du lit de la chambre où était installé son capitaine. Malgré le fait qu'elle le trouvait extrêmement séduisant avec son bandage à la tête et sa "vulnérabilité" en quelque sorte, Kei n'était pas assez suicidaire pour s'approcher d'avantage du psychopathe qu'était Akashi… surtout qu'elle l'avait presque tué selon son point de vue. Pourtant, le roux ne dégageait aucune animosité ou aura maléfique autour de lui… à part son sourire pas très accueillant, il n'avait pas du tout l'air hostile. Au contraire même… il avait étrangement l'air content que la jeune fille soit avec lui. Pourquoi ?
-"Etrange, étrange, étrange, étrange et super suspect." Pensa la brune avec une certaine angoisse de voir pour la première fois son capitaine baisser sa garde.
Ils restèrent silencieux pendant un moment, ils ne savaient pas de quoi parler. Akashi n'était pas vraiment du genre à entamer une conversation sans avoir une idée derrière la tête, ce qui rassura un peu la jeune fille. D'ailleurs, cette dernière ne savait pas vraiment pourquoi elle était venue le voir, sans doute la culpabilité. Elle se sentait toujours coupable de l'incident et s'était en quelque sorte sévèrement punit en frottant son œil… et elle avait continué la veille quand elle était toute seule dans son lit. Résultat, du sang venant des veines de son œil avait fini par se mêler à ses larmes et elle avait pleuré des gouttes de sang… spécial et assez dégoûtant. Et pour finir, elle voyait désormais assez mal et avait toujours son bandeau/pansement sur le visage… en plus de sa blessure au front et celle de sa joue, elle ne ressemblait presque plus à rien. D'ailleurs, les filles lui avaient fait remarquer en arrêtant de traîner autour d'elle en criant. Haizaki l'avait même félicité pour sa première bagarre en plaignant ceux qui avait eu le malheur de croiser sa route en plus d'avoir ajouté juste après que le seul qui pourra la battre, ce serait lui. Quelque part, quand son ami lui avait dit ça, Daniel n'avait pu s'empêcher d'être un peu inquiète car elle avait fait le rapprochement avec la devise et phrase fétiche de Daiki : "Le seul qui peut me battre, c'est moi"… et celle que le grisé lui avait indirectement dite… en gros : "Le seul puisse te battre, c'est moi", enfin… quand il aura réussi une première fois.
Finalement, la joute du silence fut remportée par Akashi et Kei prit la parole d'une voix calme mais pas dénuée de tout tremblement… même s'ils étaient presque inaudibles :
-"Alors, comment tu vas ?
-Les médecins m'ont dit que j'avais trois cotes fêlées, une grave blessure à la tête comme tu peux le constater, et étrangement, un très gros bleu s'est formé sur la zone de mon estomac à l'intérieur de mon corps et à l'extérieur. Répondit avec une honnêteté presque gênante.
-Ouah…
-C'est le cas de le dire.
-Tu as dit que tu attendais ma visite ? Pourquoi ?
-…eh bien. Je voulais voir la personne qui m'avait sauvé. Répondit le roux avec un ton grave.
-…Hein !? Sauvé ? Tu n'aurais pas confondu "sauvé" avec "massacré" ? Se demanda avec incrédulité la jeune fille.
-En fait, je ne savais pas vraiment si tu allais venir me voir. Mais j'en avais le pressentiment. Je voulais te remercier de m'avoir sauvé la vie.
-Hein ?! Attends, attends… je t'ai pas sauvé, au contraire, je t'ai pratiquement tué !
-Et toi ? Comment te sens-tu ?
-M…moi ? Bah assez bien, pourquoi ? Répondit par réflexe la brune.
-Vu l'ampleur de l'accident de voiture, je pensais que tu serais dans un état pire que le mien mais quand j'ai repris connaissance… hier. Un médecin m'a dit que tu allais bien et que tu étais déjà repartit.
-Hein ? Mais… quel accident de voiture ?"
Son capitaine fronça les sourcils en posant sur la jeune fille en regard intrigué. Cette dernière fit comme son interlocuteur, étant donné que c'était normalement à elle d'être incertaine et pas l'inverse.
-"Tu ne t'en souviens pas ? Demanda finalement le garçon.
-… Daniel se contenta de secouer la tête en fronçant d'avantage les sourcils, préférant garder le silence pour éviter de dire une bêtise.
-…
-…
-…Après l'entraînement d'hier et comme nous n'avions plus cours tous les deux…
-Les autres avaient encore cours eux, il me semble.
-J'ai plusieurs rôles important qui requiert ma présence. J'ai été dispensé. Et c'est la dernière fois que tu m'interromps.
-…
-Bien. Nous n'avions donc plus aucun cours. Nous sommes sortis du collège et je t'ai proposé d'aller manger quelque chose.
-Proposé ou ordonné ? Pensa Daniel en haussant un sourcil.
-Et en chemin, un camion a percuté une voiture et elle a glissé vers nous. Ensuite, tu… je crois que tu m'as poussé hors du champ de percussion de la voiture et je pense que c'est à ce moment-là que je me suis cogné la tête. Ensuite… j'ai sans doute perdu connaissance.
-… C'est pas normal. Qu'est-ce qu'il lui ait arrivé ?
-Je suis surpris par le peu de dégâts que tu as reçus.
-Tu es sûre de ce qui s'est passé ? Demanda Daniel avec un ton sérieux.
-Evidemment. Pourquoi cette question ?
-Pour rien. Je ne me souviens de rien. Répondit Daniel en décidant de jouer le jeu.
-C'est sans doute dû au choc.
-Non, c'est moi qui ai dû te frapper trop fort. Tu divagues…
-Tu es sûre que ça va ?
-Oui. Mais… il y avait des personnes autour de l'incident ?
-…non. La ruelle était déserte, heureusement d'ailleurs, il y aurait pu avoir des morts.
-Et les conducteurs des deux véhicules ?
-Un médecin m'a dit qu'ils étaient tous les deux morts sur le coup.
-Des familles ?
-Peut-être, je ne sais pas.
-Et les dégâts matériels de l'accident ?
-Eh bien, apparemment, le maire se serait arrangé pour tout nettoyer le plus vite possible. Et vu son efficacité, il ne devrait rien rester, pourquoi toutes ces questions ? Demanda le roux en haussant un sourcil.
-Donc, c'est comme s'il n'y avait rien eu ?
-Sans doute. Et c'est certainement mieux comme ça. Il y a quelque chose qui ne va pas ?
-Non, non. Je suis juste un peu curieuse.
Peu après, l'incident fut clos et les deux amis discutèrent essentiellement de ce que le club avait fait pendant son absence de la journée. Après un moment, Seijuro lui demanda de revenir demain avec le reste de la génération des miracles… avec un ton ne laissant pas place à une simple visite de courtoisie. Daniel se crispa un moment avant d'acquiescer pour enfin sortir. Mais avant, Kei entendit quelque chose qu'elle n'aurait jamais cru entendre de la part de son capitaine, même le "merci" n'était pas du même niveau :
-"Je suis content que tu m'ais rejoins. Je serais très attristé par ton départ. " Déclara son capitaine roux avec un ton que la jeune fille ne lui connaissait pas.
Daniel crût ne pas avoir bien entendu et se retourna vers lui mais il faisait déjà semblant de dormir. Elle sortit ensuite de la chambre, puis de l'hôpital à chez elle. En chemin, ses pensées étaient chaotiques :
-"Comment est-ce possible qu'il est tout oublié ? Non… il n'a même pas oublié, ses souvenirs ont été remplacés ! Je ne comprends pas, qu'est-ce qui se passe dans sa tête, comment ?! Et comme par hasard, il ne reste rien de ce soi-disant "accident"… pas de victimes, pas de débris…
En plus, j'ai l'impression que l'élément central de toute cette affaire, c'est ce médecin qui a affirmé que j'étais sorti alors que je n'ai pas posé un pied dans cet hôpital avant. En plus, il a dit que les deux conducteurs étaient morts…"
Pause de son esprit et moment de réflexion avant qu'elle ne reprenne de plus belle :
-"Ca m'arrange bien qu'il est tout oublié, mais je trouve ça vraiment bizarre. Il faudra que je me renseigne sur ce médecin. Cette histoire est trop étrange, trop…"
Pause.
-"… surnaturelle ?"
Réflexion. Puis réalisation :
-"Miki."
Ensuite, la colère :
-"Seul un ange aurait pu tout faire rentrer dans l'ordre pour que tout m'arrange. Hmf ! Ce petit conna*** ! Il a encore fait des trucs qui me concernant sans m'en parler."
Vient ensuite la culpabilité :
-"Bon, il a fait ça pour moi et je lui en suis reconnaissante, mais quand même…
Et pour finir, il devrait normalement y avoir le pardon puis la réconciliation…
Mais dans le cas de Daniel, le stade de la colère et des pensées meurtrière revint aussi rapidement qu'il avait disparu, plus fort, plus tenace… et plus meurtrier :
-"Dès que je le vois, je lui défigure sa sale petite gue** d'ange… ensuite, il m'expliquera." Se nota mentalement et sombrement la jeune adolescente en accélérant le pas.
Quand Daniel arriva à la maison, elle ne parla pas de sa visite à l'hôpital. La soirée put se passer sans encombre et les deux jeunes demoiselles purent aller se coucher sans soucis, enfin, pas immédiat en tout cas.
Le lendemain qui suivit fut pris dans la même routine que tous les jours, à la grande déception de Kei qui espérait grandement voir son ange pour lui refaire le portrait. Mais finalement, elle partit comme chaque matin à son collège bien-aimé pour retrouver ses amis dans sa salle de classe.
Quand les cours normaux furent terminés, Daniel se dépêcha d'aller au gymnase pour prévenir les autres que leur cher capitaine là aussi bien-aimé était à l'hôpital et qu'il lui avait demandé de leur demander de venir après les cours. Les autres haussèrent un sourcil en entendant la déclaration de leur infirmière :
-"Comment s'est-il retrouvé à l'hôpital ? Demanda Midorima.
-Il a été impliqué dans un accident de voiture.
-Est-ce que Aka-menton va bien ?
-Apparemment, il a quelques côtes cassées, un hématome au niveau de l'estomac. Et il a un bandage à la tête. Répondit rapidement la jeune fille, mal à l'aise.
-Ouch. Il a pris cher. Commenta Aomine avec une grimace.
-Keicchi ! Tu voudras bien m'accompagner pour aller voir Akashicchi ?
-Si tu veux.
-Je peux venir aussi Kei-menton ? Demanda Atsushi avec un ton enfantin.
-Moi aussi ! Comme ça, s'il nous balance des ciseaux, tu seras en première ligne pour nous protéger ! Cria Aomine.
-Toi, je t'emmène pas.
-Je viens quand même de toute façon.
-Comment Kei-kun a-t-il su qu'Akashi-kun était à l'hôpital ? Intervint Tetsuya avec une curieuse.
-… L'hôpital a appelé l'établissement, qui l'a dit aux professeurs, qui l'ont dit à Kana et qui me l'a dit. Mentit facilement la brune.
-Alors pourquoi Shirogane-sensei ne nous a rien dit ?
-Il n'a sans doute pas eu le temps de vous en parler.
-Il a quand même eu toute la journée d'hier…
-Tetsuya, je sais pas pourquoi il ne vous en a pas parlé. Répondit la jeune fille avec un ton catégorique.
-Bien…"
Après l'entraînement et la pause de midi, Daniel avait son cours avec son très cher professeur particulier… qui malheureusement n'était pas venu.
-"Pas étonnant avec les matchs de qualifications qui approchent". Pensa Daniel en partant de la salle.
Après les cours, la journée était terminée. Daniel était devant l'entrée et attendait patiemment ses amis, fronçant inconsciemment les sourcils de frustration ainsi qu'avec un sentiment d'angoisse. Elle avait peur qu'à un moment ou à un autre, quelque chose perturbe le fragile équilibre qui s'était instauré. Son visage faisait assez peur en plus de ses bandages et les gens commençaient à chuchoter dans son dos. La jeune fille ne s'en souciait pas et elle ne s'en soucierait jamais mais elle n'avait pas envie de se laisser faire pour autant… si quelqu'un attaque, bien qu'elle en doute fortement, elle répliquerait.
-"Ola Ola ! Qu'est-ce qui peut bien se passer dans ta tête pour que tu tires une tronche pareille ? Demanda une voix.
-Rien de bien intéressant. Et toi, Shougo, qu'est-ce qui te rend de bonne humeur ?
-Juste le fait de voir ta tête, t'as remarqué à quel point elle était super effrayante ? Parfois, je trouve que tu es bien pire que moi !"
La jeune fille se contenta de rire. Défroissant ses sourcils en même temps que la tension se relâchait. Pendant que les autres élèves étaient de sortir, les deux amis discutèrent et rirent de bon cœur. Dans leur monde. Jusqu'à ce qu'il soit rompu par une voix, une simple voix prononcé d'une voix neutre :
-"Kei-kun, peut-on y aller ?"
Daniel sursauta légèrement en entendant la voix d'un certain fantôme mais elle le contenu et dirigea son regard vers lui. Effectivement, toute la troupe était là… Kei reprit par reflexe la tête qu'elle avait avant l'arrivée de Haizaki.
-"Keicchiii ! Je peux savoir pourquoi tu nous regardes comme ça alors que tu riais y'a pas une minute avec lui ?
-Ah ? Désolé, un réflexe. Répondit-elle, un peu gênée.
-C'est pas sympa ça. Commenta Daiki.
-Kei-menton est vraiment méchante.
-Non, juste un peu plus mature.
-Quel rapport ? Demanda le bronzé.
-Peut-on y aller maintenant ? Demanda froidement Midorima, les interrompant.
-On va y aller, on va y aller. Répondit la plus âgée en faisant comme si elle avait un enfant impatient devant elle.
-Hn.
-Bon, Shougo, désolé mais comme tu peux le voir, j'ai des enfants à accompagner pour voir leur mère. Je dois te laisser. Sourit la jeune fille sous les différentes protestations de derrière elle.
-Je sais pas ce que ça veut dire, mais ok."
Sur ces derniers mots, le groupe commença la marche pour se diriger vers l'hôpital où se trouvait leur "mère".
Quand ils arrivèrent enfin devant la porte menant à la chambre de Seijuro. Il était très tard, il n'avait donc presque plus de temps pour venir le voir. La cause de cet extrême retard était que le géant qui leur servait d'ami avait insisté pour aller acheter quelque chose à manger, sous prétexte de l'offrir à Akashi. Résultat, ils avaient fait un énorme détour pour y aller et faire plaisir au violet.
Tout le monde ouvrit les yeux d'horreur quand ils virent l'heure à laquelle ils arrivaient et ils se mirent tous derrière la plus âgée, attendant qu'elle ouvre d'elle-même la porte de la chambre 666.
-"Vous êtes vraiment des lâches. Déclara avec un faux dédain la jeune fille.
-Ouais, c'est vrai. On est vraiment pitoyable comme mec. Maintenant ouvre, plus vite on y sera et plus vite on sortira de cette chambre habité par le diable !" Cria l'as du groupe.
Relâchant juste un "Tch !", Daniel ouvrit finalement la porte. Elle grinça comme une porte d'un manoir, intensifiant encore plus le mal être des plus jeune derrière la brune. D'ailleurs, à peine avait-elle posé le pied dans la chambre que sa main attrapa par réflexe une paire de ciseaux à leur encontre.
-"J'avais dit "Pas de ça avec moi", Seijuro. Déclara avec un peu de colère la jeune fille.
-Ce n'était pas toi que je visais. Ce n'est pas ma faute si tu es rentrée la première.
-C'est toi qui a lancé les ciseaux, c'est toi qui est en tort.
-Tu veux que je remette ça ?
-Même si tu voulais, tu ne pourrais pas. J'ai arrêté deux fois tes deux attaques surprises et j'arrêterai toutes celle que tu me lanceras. En plus, je suis sûre que c'était la seule paire que tu avais sous la main.
-…
-Ouah… Akashicchi qui perd une joute verbale… Keicchi est vraiment impressionnant.
-De quoi voulais-tu nous parler pour nous envoyer Kei ? Demanda Midorima en s'empêchant de butter sur le prénom de sa coéquipière et fit clore la discussion entre ses deux coéquipiers.
-Rien de particulier. J'étais simplement curieux de savoir comment vous alliez réagir quand vous avez appris mon absence… Kei, dis les moi. Honnêtement."
La jeune fille fut assez surprise de l'ordre, mais elle reprit la parole calmement quelques secondes plus tard, non sans que son sourire ne fleurisse sur son visage.
-"Shintaro était intrigué parce qu'il ne t'imaginait pas te voir un jour blesser, Atsushi était inquiet sur le fait que tu ne puisses plus lui acheter sa nourriture… Daiki était un peu compatissant et assez heureux que tu sois en vie et l'était dotant plus quand il a su que tu ne serais pas là pour le gérer. Ryouta était un peu inquiet mais sans plus… et dans le cas de Tetsuya, il m'a juste posé la question pour ton logement ici.
-… je vois. C'est rassurant de voir que je ne vous inquiète pas trop.
-C'…c'est pas ça Akashicchi ! C'est juste que…
-T'es tellement… grand, et je parle pas de la taille, qu'on t'aurait jamais imaginé dans un tel état. Continua Aomine.
-Je crois que le "je ne parle pas de la taille" n'était pas nécessaire, Aomine-kun.
-Mais…
-C'est vrai. Heureusement que j'ai gardé ses ciseaux. Tu te serais peut-être crevé un œil… Ria la seule fille du groupe.
-Tiens, en parlant d'œil. Qu'est-il arrivé à celui de Kei-menton ?" Demanda Murasakibara après quelques secondes de rigolades.
Rien qu'avec cette question, on pouvait aisément voir que la tension avait rudement chutée. Merci à Murasakibara Atsushi !
-"C'est rien. J'ai juste un débris dans l'œil et ça m'a fait saigner, c'est tout. Techniquement, c'est vrai… une larme, c'est considéré comme un débris, non ?
-Un débris ? Demanda suspicieusement le capitaine.
-Oui. J'ai essayé de me l'enlever de force et résultat, je me suis fait saigner.
-Kei-kun a beaucoup de blessures ces temps-ci.
-Ouais, c'est vrai. Faut dire que j'ai pas beaucoup de chance. En plus, je manque cruellement de sommeil… Déclara Daniel en s'étirant pour illustrer sa fatigue.
-Qu'est-ce qui te prends autant d'énergie ? Demanda Aomine.
-Oooh, s'occuper de gamins par exemple, est ma tâche quotidienne…
-C'est pas vrai ! Cria un blond.
-Techniquement si, c'est vrai. Je suis plus âgée que vous je vous rappelle.
-Hmm…
-Et moi, je ne te crois pas." S'exprima le bleuté clair.
Il y eut un instant de silence, tout le monde, y compris Daniel étaient assez surpris que le fantôme prenne l'initiative en parlant. Cependant, il avait dit tout haut ce que tous pensaient tout bas.
-"Et alors ? Qu'est-ce que j'en ais à faire si tu me crois ou pas ? Demanda Kei en reprenant son sang-froid.
-La dernière fois, tu as dit que…
-Que je n'étais pas victime d'intimidation… et c'est vrai. Partiellement. Pensa l'adolescente. J'ai tout simplement trop frotté et des veines ont éclatées.
-C'est suffisant pour mettre un patch de cette taille ? Demanda le capitaine.
-Oui, il faut dire que ce n'est vraiment pas beau à voir.
-Montre." Ordonna Akashi.
Résignée assez vite, Kei mit tout d'abord une de ses mains sur son bandage et appuya dessus, ça faisait toujours affreusement mal !
Elle poussa délicatement le pansement de ses doigts et ouvrit lentement la paupière… grimaçant sous l'effet de la soudaine luminosité, elle le ferma puis le rouvrit après quelques secondes. Elle put voir le choc sur le visage de ses interlocuteurs.
-"Ah ouais… Sortit bêtement l'as du groupe.
-Alors, vous voyez ? Je ne mentais pas. Dit-elle en remettant son patch.
-Je suis désolé d'avoir douté de toi, Kei-kun.
-Hn. "
Le silence s'installa mais quelqu'un en avait décidé autrement. Dommage, mais Daniel avait au moins eut droit à quelques secondes de tranquillité.
-"Keicchiiii ! Appela soudainement le plus immature du groupe.
-Quoi ?
-J'ai soif !
-… bah boit qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Fit Daniel en haussant des épaules.
-Viens avec moi chercher à boire!
-Pourquoi ? Je suis pas ta mère. Demande à Tetsuya ou à Daiki.
-Oï ! Je suis pas sa mère non plus. Me le refile pas !
-Tu es assez grand pour te diriger tout seul, Kise-kun.
-Mais heeeeeu ! Keicchi ! Keicchi ! Keicchi ! Kei…
-Ferme-là ! Hurla Daniel, exaspérée.
-Non ! Non ! Non ! Alleez, viens avec moi !
-Mais vas-y tout seul !
-Non !
-Pourquoi ?!
-Parce que je veux aller me balader avec Keicchi !
-T'es un chien ou quoi ? Tu peux y aller tout seul !
-S'il te plaît !
-J'ai pas envie.
Les deux continuèrent à se crêper le chignon quand une voix, tous savait laquelle, retentie :
-Kei. Ryouta. Cessez vos enfantillages.
-Mais… ! Protesta le plus jeune.
-Ryouta. Dernier avertissement."
Malgré le fait que le roux n'est pour arme que son autorité, le blond se calma finalement. La tête basse et larmes aux yeux, il quitta la chambre, penaud. Et comme la dernière fois, des oreilles apparurent sur sa tête et une queux derrière lui. Il se retourna une dernière fois avec des yeux larmoyant… puis, ne voyant aucune réaction, sortit de la pièce en gémissant… ses oreilles et sa queux se balançant vers le bas.
-"Il faut vraiment que j'arrête de regarder les chibis moi…"
Malgré qu'elle n'ait pas de contacts visuels, Kei pouvait aisément sentir les regards de ses coéquipiers. Soupirant, elle fit ce qu'on attendait d'elle… elle rejoint son ami exaspérant blond en le rattrapant dans le couloir et passa in extremis entre les portes de l'ascenseur… sous le regard joyeux de Ryouta bien sûr.
Etonnement, Daniel et son ami blond durent sortir de l'hôpital pour pouvoir acheter des boissons. Habituellement, une cafétéria est mise à disposition mais dans cet établissement, il n'y en avait pas… Heureusement, ils trouvèrent un distributeur assez près de leur position d'origine et Ryouta s'empressa de payer pour se faire pardonner par son amie qui n'avait pas dit un mot de tout le trajet.
-"Alleeez… Keicchi, tu vas continuer à me faire la tête jusqu'à quand ?
-…
-Je suis désolé ! Mais je voulais vraiment me promener avec toi. Je me sens apaisé quand tu es avec moi.
-…"
Quelque part, ça lui fit plaisir qu'il lui dise ça. Mais elle continua tout de même à lui faire un peu la tête.
-"Aleeez Keicchi ! Qu'est-ce que je peux faire pour que tu me pardonnes ?
-…
-… Fit Kise avec ses yeux de chiot.
-Toi alors, t'es vraiment…
-Trop mignon, je sais ! Cria-t-il en lui donnant une canette de cola.
-Hmm… Ne le refait plus, d'accord ?
-Oui !
-Il ne le fera pas…"
Le blond avait retrouvé sa bonne humeur et commença immédiatement à blablater sur un autre sujet. Mais Daniel n'écoutait pas vraiment…
Son attention fut tirée par une pression sur la manche de son uniforme. Kei se retourna et vit en face d'elle une jeune fille. Certainement plus jeune qu'elle et Kise, curieux s'était lui aussi retourné.
-"Keicchi ?
-Qu'est-ce que tu veux ? Demanda la brune en s'adressant à la colègienne avec une pointe d'agacement.
-Je…je voulais…
-Keicchi ! Soit plus gentille avec une jeune fille !
-… Daniel le regarda avec un regard blasé.
-Ne me regarde pas comme ça !
-…
-Alors dis-moi, qu'est-ce que tu veux à Keicchi ? Redemanda Kise avec un sourire rayonnant.
-Je… je voudrais…
-Purée mais exprime-toi ! Pensa avec exaspération Daniel.
-Je voudrais te dire… que…
-…(Kise et Yegunn)
-Je… je. Je t'aime !
Puis, elle s'enfuit... étrange.
Kei et Ryouta se tenaient là, stupéfaits. Et la brune laissa tomber sa canette, tombant sur le sol, elle roula pendant quelques secondes… remplissant le silence qui avaient élu domicile.
A l'unanimité et en cet instant, les deux avaient une irrésistible envie de rire… mais par respect pour la fille, ils ne le firent pas. Les autres sentiments de Daniel furent de l'agacement, de la vexation et un tout petit peu de fierté…?
Et celui du blond fut tout simplement de l'amusement. Il avait vraiment hâte de le dire aux autres…
Daniel et Ryouta marchèrent en silence sur le trajet retour à l'hôpital. Ils avaient fait vite, mais ce court laps de temps avait suffis à ce qu'une catastrophe arrive pour briser le paisible quotidien de la jeune fille. Bien sûr, elle n'allait pas violemment la rejeter, mais…
-"Tu y penses ?
-…hmm.
-Qu'est-ce que tu vas lui répondre ?
-Que je suis une fille, c'est le meilleur argument que j'ai après tout.
-Oui, mais…
-J'ai déjà pensé au "mais". T'inquiète pas, je la rejetterai doucement. Et puis, elle est encore jeune et jolie, elle a encore toute la vie devant elle.
-Ouah… Keicchi est vraiment mature. Ca troublerait n'importe qui de recevoir une déclaration d'un membre du même sexe que soi.
-…
-Ça t'ai déjà arrivé? Demanda avec un sourire le blond.
-Oui, quelque fois quand je vivais en France. On me prenait souvent pour un garçon avec mon prénom mixte. Et les filles de Teiko n'arrêtaient pas de me tourner autour quand je suis arrivée.
-Ils ne sont toujours pas au courant ?
-Non.
-Bah… ne t'inquiète pas, ils finiront bien par s'en rendre compte !
-… ça m'étonnerai un peu.
-Pourquoi ?
-Est-ce que si je ne vous l'avez dit, vous l'auriez deviné ?
-…
-…
-…
-Voilà.
-…"
Et ils gardèrent le silence après ça. C'est vrai, Ryouta fut choqué de constater que si son amie ne lui avait pas dit, il ne l'aurait probablement pas découvert avant très très très longtemps.
Quand ils furent arrivés devant la porte, Daniel l'ouvrit avec précaution, dans la précipitation, elle avait oublié de reprendre les ciseaux avec elle. Elle entendit des voix et entra plus profondément dans la chambre en étant sur ses gardes…
Mais la jeune adolescente fut agréablement surprise quand elle se rendit compte qu'aucun ciseau n'avait été lancé à son visage… La journée n'était peut-être pas si terrible finalement…
-"… voilà pourquoi Kei sera le capitaine." Déclara Akashi d'une voix grave.
…ou pas.
