Chapitre 27 : Défi
Kei resta planté là pendant un moment, incapable de bouger… Choquée surtout… et sur le coup, elle avait lâché pour la deuxième fois de la journée en même pas une heure sa canette, qui quand elle fut en contact avec le sol émit un bruit de métal insupportable. Son visage montrait une incrédulité ainsi qu'un choc sans égal, elle avait limite la bouche ouverte. Ryouta n'avait pas entendu ce que son amie avait entendu, il fut donc légèrement surpris en se tapant la tête contre son dos en entrant à moitié dans la chambre… mais quand il vit l'expression choquée de son amie, il craint immédiatement le pire. Pourquoi ? Et bien parce qu'il n'avait jamais vu Daniel dans un tel état… d'ailleurs, il ne l'avait jamais en dehors de celui qu'elle arbore tout le temps : Une attitude blasée et un visage aussi neutre que celui de Seijuro et de Tetsuya… à part quand elle sourit ou rit, mais là, c'est autre chose. Cependant, le bruit avait attiré les regards et les yeux de ses coéquipiers étaient maintenant sur la jeune fille. Oubliant mais alors totalement sa boisson, elle parla d'une voix flottante :
-"C'est quoi encore cette histoire ?"
On ne lui répondit pas. Par contre, son ami blond fut interpellé par l'as de l'équipe qui lui demandait s'il lui avait une boisson pour lui aussi, histoire de détendre l'atmosphère… sans succès malheureusement. Daniel fixait son capitaine avec un air ahuri sur le visage pendant que Ryouta la dépassait et donnait à tout le monde sa boisson. Akashi ne dit plus rien lui non plus. Il n'avait pas prévu que son amie serait de retour à ce moment-là… et il n'avait pas vraiment envie de lui expliquer tout de suite, il avait pour projet d'attendre un peu pour ne pas affoler la jeune fille en plus de son "accident". Il fit donc mine de ne pas avoir entendu sa question et bu son soda longuement, ignorant le regard de Kei.
-"Seijuro. Explique-toi." Exigea Daniel d'une voix aussi autoritaire que lui.
Le concerné continua de l'ignorer en buvant sa boisson. Jetant un coup d'œil aux autres, la jeune fille les jaugea du regard mais ils le détournèrent quand elle réussissait à avoir un contact visuel. Soupirant, elle ordonna gravement :
-"Vous autres, si vous ne voulez pas me dire de quoi il retourne, je vous prierai de quitter cette chambre. J'ai à parler avec Akashi."
Certains du groupe ouvrirent de grands yeux surpris mais tous avaient la même impression : Danger. Depuis qu'ils connaissaient leur infirmière, elle n'avait encore appelé aucun d'entre eux par leur nom de famille, signe de politesse. Enfin, ils avaient plutôt l'impression d'être des enfants qui devaient partir car leurs parents allaient se disputer…ils déglutirent à cette "évidence" et hésitèrent, mais finalement, tout le monde quitta la salle en baissant la tête sous le regard perçant de la brune. Quand elle se retrouva toute seule avec son capitaine, elle se tourna vers lui et encra son regard dans le sien.
-"Maintenant, tu vas m'expliquer… ou je te jure que je quitte le club."
Bien sûr, elle ne le fera pas, mais elle avait besoin d'un moyen de pression sur le roux pour le faire parler et profita de ce qu'il avait dit la dernière fois. Elle se sentait un peu coupable de faire ça et de… disons "profiter" d'un moment de gentillesse et de faiblesse de son capitaine, mais elle détestait qu'on complote dans son dos. Daniel alla s'asseoir sur une chaise, toujours à une distance respectable d'Akashi, attendant la réponse au chantage qu'elle lui avait fait en se penchant en arrière, croisant les jambes et les bras et en fronçant les sourcils.
Le silence s'installa pendant de longues minutes dans la salle, seulement interrompu par le bip des machines. Malheureusement, Daniel avait une patience qui avait des limites… elle fit une amorce pour se lever quand finalement, son capitaine prit la parole… étrange coïncidence.
-"Qu'as-tu entendu tout à l'heure ?
-Que tu voulais me faire capitaine.
-…Tu es qualifié pour ce rôle. Et tu dois le faire.
-Non. Et même si c'était le cas, je ne deviendrai pas capitaine. C'est impossible et peu importe ce que tu feras ou diras, je ne le ferai pas.
-Pourquoi ? Donne-moi tes raisons.
-Parce que déjà, je ne suis pas censé exister, alors si en plus je me fais trop remarquer et que j'ajoute encore plus mon grain de sel avec cette promotion, je risque de trop changer le cours de l'histoire… et peut-être même que Tetsuya n'ira pas à Seirin avec moi à la tête de l'équipe de Teiko. Même si ce n'est probablement que pour quelques semaines, on me verra obligatoirement comme le capitaine de Teiko.
-…
-J'ai mes raisons. Et ma décision est prise, je ne deviendrai pas capitaine. Pourquoi tu ne demandes pas à Shintaro ? Je suis sûr qu'il…
-Shintaro n'a aucun sens de la camaraderie. De plus, il n'a pas assez d'imagination pour mettre au point des stratégies et il n'aura pas assez d'autorité pour contrôler les autres. Toi, si… la preuve, tu as pu les faire venir et leur demander de partir.
-C'est parce que je suis plus âgée qu'eux. C'est grâce à ça que je peux leur donner des ordres. Sinon, ils ne m'obéiraient pas.
-Atsushi se fiche de l'âge.
-Oui, mais il ne se fiche pas de la nourriture et des soins que je lui donne.
-Pourquoi est-ce que tu t'obstines ?
-Pourquoi est-ce que tu ne demandes pas à quelqu'un d'autre ?
-La responsabilité d'être capitaine ne peut pas être donnée à n'importe qui !
-Et bien, je suis n'importe qui !
-Non !
-Si !
-Alors qu'est-ce que tu veux que je fasse ?! L'Interhigh est pour dans très bientôt, je n'ai pas le temps de guérir et l'équipe a besoin d'un capitaine compétant ! Toi, je t'ai sous la main et tu es assez forte pour diriger l'équipe et me remplacer.
-Non ! Tu n'as qu'à demander à quelqu'un d'autre ! Il y a trois branches dans le club, il doit bien y en avoir un qui soit assez fort et intelligent à tes yeux !
-Tu te rends compte de ce que tu dis ? Les membres sont répartis selon leurs compétences, si personne ne peux le faire dans la première branche, personne ne pourra le faire dans les autres.
-Comment peux-tu dire ça ?! Je ne suis même pas un membre de l'équipe, et tu veux me faire capitaine ? Alors que je… Et je te rappelle que Tetsuya a un cerveau lui !
-Il n'est pas assez fort. Et surtout, il ne pourra pas contrôler les autres, surtout Daiki.
-C'est vrai. Dans le futur aussi, il ne pourra pas l'empêcher de détester le basket.
-Tu dois devenir capitaine ! As-tu oublié la devise du directeur ?
-Non, et justement parlons-en de ton directeur, il n'acceptera jamais que je devienne capitaine de sa prestigieuse équipe ! Et sois réaliste, tu t'en fiche de ce que penser le directeur, tu veux juste gagner !
-Je ne le cache pas, je veux voir mon équipe se hisser haut dans la compétition, non… je veux qu'elle la gagne ! Et quant au directeur, je le ferai changer d'avis.
-Je sais… mais c'est ta mentalité de capitaine. Je n'ai pas autant de détermination que toi ou les autres ! Je ne suis arrivée il n'y a même pas trois mois !
-Ce n'est pas une question d'expérience. Et si ce n'est que ça, l'entraîneur Shirogane pourra t'aider. Tu as les qualités mentales et physiques pour me remplacer !
-Tais-toi ! Ce n'est pas parce que j'arrive à arrêter tes ciseaux que je peux prendre en charge une équipe d'adolescent aux capacités hors-norme !
-Cesse de dire des mensonges et de me sous-estimer ! Tu caches grandement tes compétences devant nous, mais je suis absolument certain que tu es plus forte que Ryouta, peut-être même que Daiki, Shintaro et Atsushi !
-Ça suffit ! Je ne deviendrais pas capitaine, un point c'est tout ! Si tu prétends tout savoir de moi alors tu devrais avoir deviné que je ne changerai pas d'avis."
Les deux titans se jaugeaient, chacun regardant sans gêne dans les yeux de l'autre. Akashi ne comprenait pas pourquoi Daniel refusait aussi obstinément de prendre son parti… mais il était lui aussi têtu comme une mule. Il n'avait jamais perdu de sa vie entière et ce n'était pas maintenant que ça changerait. Il était prêt à tout pour atteindre son objectif…
-"Très bien. Alors tu ne me laisse pas le choix : Soit tu deviens capitaine et tu me remplace le temps de mon séjour ici, soit tu quittes le club… définitivement."
Daniel laissa échapper une expression horriblement choquée sur son visage. Un chantage ! Son capitaine utilisait le chantage pour faire pression sur elle. Une boule au ventre se mit à grandir dans son estomac… En gros, si elle prenait ses mots à elle : Soit tu change et donc détruit le futur prévu, soit tu le préserve… mais en ne faisant plus partie de celui-ci.
Akashi Seijuro ne se rendait pas compte de l'ampleur du chantage qu'il venait de dicter. C'était horriblement égoïste ! En prenant conscience de cette tragédie, Kei eut envie de pleurer, finalement, ce n'était même pas Miki qui allait l'arracher de l'avenir de la génération des miracles, mais le capitaine lui-même !
La jeune fille baissa la tête, triste de constaté qu'elle n'avait en réalité pas le choix. En la relevant, ses yeux exprimaient une colère sans nom ainsi qu'une irrémédiable douleur. Le roux de son côté ne comprenait pas pourquoi elle faisait autant de manière pour un simple poste vacant pour seulement quelques semaines…
Le silence était insupportable, mais Kei le rompit finalement d'une voix grave.
-"Je…"
Avant d'être interrompu par le bruit de la porte qui s'ouvre. Soulagée de ne pas donner sa réponse tout de suite, Daniel attendit de voir qui lui avait sauvé la vie, ce n'était certainement pas ses amis car elle leur avait "demandé" de ne pas entrer tant qu'elle voulait "discuter" avec Akashi… Après une ou deux secondes, un individu apparut. Un médecin. Immédiatement, Daniel se méfia de lui et plissa les yeux, depuis qu'elle savait que Miki avait potentiellement été mêlé à l'affaire de la soi-disant amnésie de son capitaine, elle se méfiait de presque tous les médecins qu'elle avait croisé en dehors de la chambre.
L'homme avait les cheveux blonds en désordre et les yeux verts, il portait comme tous les médecins une blouse et avait dans ses mains une plaque pour faire tenir ses documents. Il ne fit pas attention à la tension et au regard perçant de son patient et prit la parole d'une voix calme mais légèrement irritée :
-"Est-ce vous qui faîtes autant de bruit ? On vous entend à l'autre bout du couloir !
-…
-Et vous, partez, les visites sont terminées… et je dois examiner . Revenez demain." Dit-il en s'adressant à la jeune fille.
Daniel se contenta de hocher la tête. Jetant un dernier regard attristé à son capitaine, elle sortit de la chambre… et elle ne fit aucunement attention à ce que disaient ses coéquipiers quand ils la virent, à part leur dire que les visites étaient terminées et qu'ils devaient rentrer. Les autres avaient des regards inquiets mais ils se contentèrent d'obéir… ils avaient entendu la plupart de la conversation des deux personnalités du club et eux non plus ne comprenaient pas pourquoi la jeune fille faisait tant de manières pour être leur capitaine… c'était censé être un honneur, non ?
Le groupe décida de raccompagner Kei jusqu'à chez elle, en chemin, Kise brisa le silence de plomb qui avait élu domicile entre eux. Daniel savait qu'ils savaient…
-"Keicchi…? Pourquoi tu ne veux pas être notre capitaine ? Tu nous détestes ?
-Non. Sinon, je ne serai sans doute pas dans le club.
-Alors pourquoi ?
-…Le devant de la scène, c'est pas mon truc. Je préfère vous regarder briller plutôt que de briller moi-même. Répondit vaguement la jeune fille en imitant un certain fantôme.
-Ça veut dire quoi ça ?
-Tetsuya, tu devrais comprendre toi, non ? Demanda d'une voix douce Daniel en regardant le plus petit.
-Oui. Mais je ne comprends pas pourquoi. Moi, je suis une ombre… et tu es différent de moi, Kei-kun.
-Tu ne peux pas t'imaginer à quel point, Tetsuya.
-Tu brilles autant que les autres, je le sens. Mais le problème, c'est que ta lumière est…"
Le fantôme marqua une pause de plusieurs minutes, ne sachant pas vraiment quoi dire d'autres après.
-Est ? Répéta Aomine.
-Je ne sais pas comment décrire le talent de Kei-kun…
-Akashi non plus. Tu es une véritable énigme pour lui. Intervint Midorima.
-J'aime Kei-menton parce qu'il prend soin de nous alors qu'on ne sait rien sur lui. Il me donne des bonbons et me soigne. Mais j'aimerai qu'il nous parle plus. C'est peut-être la raison de ta lumière particulière…?
-Tu es sacrément sentimental aujourd'hui, Atsushi. Commenta avec une note d'amusement la concernée.
-Qu'est-ce que Kei-menton va répondre à Aka-menton demain ?
-Je ne vais rien lui répondre. Je n'irai pas lui rendre visite demain.
-Alors tu te défiles ? Sourit Daiki.
-Exactement. Je n'ai pas envie de devenir capitaine et je n'ai pas envie de quitter le club. Alors je vais juste l'éviter jusqu'à ce qu'il change d'avis. Il n'a pas beaucoup de temps et de moyen, il n'aura donc pas le choix et devra choisir quelqu'un d'autre pour le remplacer.
-C'est très lâche mais très intelligent de ta part, Kei-kun. Mais que feras-tu s'il trouve une parade à ton plan ?
-Alors j'en trouverai une autre. Mais je ne deviendrai pas capitaine.
-…je ne comprends pas cette obstination. Intervint le vert.
-Moi non plus, d'habitude, personne n'ose défier Akashi. C'est une première pour lui. Mais je trouve qu'il le prend plutôt bien...Commenta Aomine.
-Pourquoi tu ne veux pas aller "sur le devant de la scène" ? Reprit Kise après avoir longuement réfléchi.
-Parce que.
-Parce que quoi ?
-Parce que je n'ai pas envie de me faire remarquer.
-Mais ce n'est pas une raison !
-Pour moi, si.
-Je ne comprends toujours pas la raison de ton refus. Déclara Midorima.
-Personne n'a besoin de comprendre pourquoi. Je ne deviendrais pas capitaine, sous aucun prétexte… même si je dois quitter le club, je ne le deviendrai pas.
-Même si Kei-kun dit qu'il n'est pas qualifié pour être capitaine, le niveau de sa détermination et de sa résolution ressemble à celle d'Akashi-kun. Vous n'êtes en fait pas si différent l'un de l'autre.
Daniel ne répondit pas et resta silencieuse tout le reste du chemin. Heureusement pour elle, sa maison était à à peine deux mètres devant elle. Ignorant la dernière réplique de son ami bleu, elle se mit à sprinter en leur disant un bref "salut" de la main. Les autres la regardèrent en fronçant les sourcils puis repartirent chez eux en discutant du club, de leur infirmière et de leur capitaine… et surtout, de la possibilité que l'un d'entre eux meure au court de ces deux ou trois prochaines années.
Les deux jours qui suivirent furent calmes. Sans le capitaine tyrannique qu'était Akashi pour superviser les opérations, l'entraînement se passait dans la joie avec une atmosphère légère… malgré le fait que l'Interhigh soit prévu pour bientôt.
Malheureusement, Daniel n'avait pas pu revoir la jeune fille qui lui avait fait une déclaration. Intérieurement, elle était un peu énervée par la bêtise de la fille car si elle ne vient pas la voir, comment compte-t-elle recevoir sa réponse ? Par courrier ?
Le week-end, Daniel n'avait rien de particulier à faire, elle décida donc de passer une "presque" nuit blanche devant l'ordinateur de sa tutrice qui dormait à point fermé et qui avait le sommeil lourd… oubliant complètement sa résolution de se coucher tôt à cause de ses attributs. A environ six heures du matin, la jeune fille éteignit l'ordinateur et alla se coucher dans le plus grand silence, souriant à l'idée de sa très grosse grasse matinée qu'elle allait faire… ah, un pure bonheur. Et Kei savait que son amie Kana allait faire la même chose étant donné qu'elles étaient toutes les deux en week-end et qu'elles n'avaient aucunes obligations toutes les deux.
-"Aaaah… Dormir."
C'est sur cette dernière pensée que Daniel s'endormit et sauta immédiatement dans les bras de Morphée à peine une seconde après avoir fermé les yeux.
Malheureusement, à à peine quinze heure de l'après-midi, Daniel fut réveillée par la vibration de son portable, amplifiée par le bois sur lequel il était posé. Ignorant tout d'abord cet insupportable son venant tout droit des enfers, la jeune fille se replia sur elle-même en rejetant une grande quantité de couverture sur sa tête.
Pour le plus grand soulagement de Kei, la sonnerie s'arrêta... avant de reprendre de plus belle. La jeune fille poussa un grognement suivit d'une injure en maudissant celui qu'il l'avait appelé. Elle prit son portable et vit avec beaucoup de mal en raison de sa fatigue le nom de Ryouta Kise.
-"Je vais le tuer…"Pensa mollement mais morbidement Daniel avec une haine féroce.
Cependant, elle attendit un peu avant de répondre, elle n'avait pas du tout envie d'être dérangé par son ami et au bout d'un moment, la sonnerie n'arrivait plus à atteindre les oreilles de sa propriétaire qui était en train de se rendormir.
Malheureusement, le blond n'avait pas l'air de vouloir abandonner et après quelques secondes de précieux silence, il rappela encore et Kei avait vraiment envie de balancer son téléphone à travers la pièce mais elle s'abstint, elle n'allait pas détruire le seul objet qui la reliait encore à son monde d'origine tout de même…
Donc, non sans un énième grognement, Daniel se décida finalement à décrocher le téléphone et à le mettre à son oreille meurtrie :
-"Quoi ? Répondit-elle avec un agacement évident mais aussi avec une profonde fatigue.
-Keicchiiiii ! Pourquoi tu n'as pas répondu tout de suite ? Cria Kise d'une voix paniquée.
-Je dormais.
-Mais il est quinze heures !
-C'est le week-end.
-C'est pas une raison ! Mais en tout cas, il faut vite que tu viennes à l'hôpital ! Akashicchi est devenu fou !
-Ça change pas de d'habitude.
-Arrête de plaisanter… ! Aaaah ! Akashicchi, lâche ces ciseaux !"
La brune entendit un bruit qui d'un objet qui se casse et plusieurs autres qui attestaient que le téléphone avait été pris par quelqu'un d'autre.
-"Kei ! Ramène immédiatement tes fesses ici tout de suite ou sinon l'un de nous va y passer ! Hurla Daiki.
-Pourquoi ? Soupira son interlocutrice, totalement indifférente des malheurs de ses coéquipiers.
-Akashi est vraiment en pétard ! Il veut te voir immédiatement, mais comme il ne peut pas, il nous menace tous ! Viens tout de suite !
-…non. J'ai pas vraiment envie de venir le voir. Pourquoi vous ne partez pas de la chambre tout simplement ?
-Tu n'imagines pas qu'on va désobéir au nain rouge en plus ?!
-Daiki, je crois que tu viens de signer ton arrêt de mort. Commenta Daniel en fermant les yeux.
-Aaaaah ! Désolé Akashi, c'est pas ce que je voulais dire !"
Puis, un silence. Paix à son âme, ensuite, une autre voix reprit la conversation.
-Kei-menton, tu peux venir s'il te plaît ?
-Non. Désolé Atsushi, mais il faudra vous débrouiller tout seul.
-Mais…
-Non. Et puis, Akashi ne devrait pas t'infliger de blessure à toi.
-Non, c'est vrai. Il ne s'en prend physiquement qu'à Kise-menton et Mine-menton. Mais… moi, me menace de me confisquer tous mes bonbons !
-… et bien rachètes-en.
-Mais… Aka-menton serait en colère.
-Alors fait en sorte qu'il ne le sache pas.
-Mais… Fit la voix suppliante du violet.
-…
-Bon… je te passe Mido-menton."
Après quelques instants, Daniel entendit la voix grave du vert.
-"Mais ils vont tous y passer ?!
-Bonjour Kei.
-Ah, tu m'appelles par mon prénom maintenant ?
-… pourrais-tu venir à l'hôpital, s'il te plaît ?
-Désolé, mais j'ai répondu "non" aux autres, je ne vais pas soudainement changer d'avis et dire "oui".
-Bon… je m'y attendais…
-Midorimacchi ! Fais un effort bon sang ! Entendit Daniel.
-Je te passe Kuroko."
Daniel en avait un peu marre de trimbaler la même réponse à tout le monde, elle espérait intérieurement que le dernier membre n'arriverai pas à l'appâter. Car oui, le plus malin d'entre eux allait maintenant prendre la parole...
Soufflant une dernière fois sans que personne ne puisse entendre, le bleuté se fit entendre à travers le téléphone d'une voix calme, comme d'habitude.
-"Bonjour Kei-kun.
-Hmm… salut Tetsuya. Je te préviens tout de suite, je ne viendrai pas.
-… les autres m'ont demandé de te convaincre et de prendre en main les négociations.
-J'ai envie de rien à part de silence et de tranquillité.
-Je ne crois pas. Tout être humain veut quelque chose en particulier.
-Alors dans ce cas, convainc Akashi de choisir quelqu'un d'autre pour être capitaine.
-…
-…
-Il dit : "Jamais de la vie".
-Alors moi non plus.
-Tu sais bien que cette situation ne peut pas durer…
-Elle durera le temps qu'il faudra, Tetsuya. Cependant, je doute qu'Akashi en ait beaucoup.
-Nous le savons, mais en refusant, c'est toute l'équipe que tu mets en péril.
-Peut-être, mais en acceptant, je risque beaucoup plus. Il n'a qu'a abandonner.
-Que risques-tu ? Fit le bleuté, en ignorant la dernière phrase.
-Rien qui te concerne. Mais pourquoi Akashi ne prend pas quelqu'un d'autre ? Il y a masse de cerveau et de muscle dans le collège.
-D'un côté parce que tu lui as dit "non" et de l'autre côté parce qu'il pense que tu caches une grande force en toi.
-Aaah… l'orgueil.
-Oui.
-Désolé, mais tu ne pourras pas me convaincre Tetsuya, donc je raccroche. Annonça la jeune fille en amorçant un mouvement pour déplacer le téléphone de son oreille.
-Attend.
-Hmm ? Quoi encore ?
-As-tu trouvé des informations que je t'avais demandées ?
-…non. Comme tu t'y attendais, il n'y a aucune fille portant le nom ou diminutif de "Dai". Tu es bien sûr qu'elle est à Teiko ? Peut-être que tu as mal vu ou entendu…?
-…non. J'ai bien entendu qu'elle était à Teiko. Nous sommes trois à l'avoir entendu.
-Bien. Désolé.
-Ce n'est pas grave, mais Kei-kun, veux-tu bien venir à l'hôpital, s'il te plaît ? Finalement, je vais essayer de convaincre Akashi-kun, mais ça risque de prendre du temps.
-Pourquoi maintenant ?
-...
-Bon... et pourquoi je te répondrai "oui" à toi alors que j'ai refusé pour les autres ?
-Parce que je suis "moi" ?
-…
-…
-Bon… admettons que tu arrives à le dissuader, il demandera forcement une contrepartie, non…?
-Je le crois, oui. Mais ce sera mieux que rien.
-…
-S'il te plaît.
-Ok, mais je veux un service-frite payé à vie.
-…
-…
-Kise-kun se sacrifiera.
-Tu ne lui demandes pas ?
-Je suis dans le couloir, et si tu viens quand je lui dirais, il ne pourra pas dire non.
-T'es vraiment diabolique, en fait.
-Je ne fais que ce qui est bien pour l'équipe.
-…
-A tout à l'heure, Kei-kun.
-Oui. Mais encore une chose…
-Oui ?
-Ne t'avise pas de penser que tu peux me convaincre de tout faire juste parce que tu m'as fait venir à l'hôpital, compris ?
-Ça ne m'a jamais traversé l'esprit, Kei-kun.
-Ouais, ouais…"
Daniel raccrocha par la suite en soupirant. Malgré le fait qu'elle ait dit qu'elle irait, elle n'en avait pas la moindre envie dans tout son organisme. La jeune fille resta pendant quinze minutes couchée, un bras sur les yeux en essayant de ne pas trop appuyer à cause de son œil, avec sa couverture sur le reste de son corps.
Mais finalement, cédant à ses responsabilités, Kei se leva lentement, s'arrachant la chaleur des draps et pour aller s'habiller d'un jean, d'un t-shirt noir en V et d'une chemise à carreau rouge et noir… sans oublier son casque. Habillée comme ça, personne ne pourrait dire que c'est une fille, mais qu'est-ce qu'elle pouvait être classe habillée dans cette tenue !
Il était seize heures quand elle partit de chez elle, et Kana dormait toujours à point fermé. Elle prit son temps en marchant lentement et même en prenant une crêpe en chemin… Finalement, quand elle arriva enfin à l'hôpital où résidait son capitaine, il était dix-sept heures moins le quart… Kei cherchait vraiment la bagarre en se ramenant à plus d'une demi-heure de retard.
-"Bon, j'espère avoir laissé à Tetsuya le temps de convaincre Akashi"
Cette simple phrase était l'excuse qu'elle s'était trouvé pour arriver à cette heure-ci… en plus du fait qu'elle voulait faire un peu enrager son capitaine et faire souffrir Daiki et Ryouta qui l'avaient écouté en douce quand elle était avec Haizaki… pour le cas de Kuroko, elle s'en occuperait une autre fois.
Kei poussa la porte de la pièce et s'avança un peu jusqu'à pouvoir voir le lit de Seijuro… et immédiatement, elle se baissa pour éviter une paire de ciseaux.
-"A croire que ça va devenir un rituel…" Pensa la brune avec un visage neutre.
Daniel attarda son regard sur la pièce et vit qu'effectivement, il y avait un grand bazar… les meubles étaient tous de travers, pareilles pour les machines médicales et il y avait des ratures dans tous les coins. Quant aux habitants de la pièce, Kuroko, Midorima et Murasakibara était dans un coin en train de soit lire, soit regarder par la fenêtre. Et pour Aomine et Kise…
-"Pourquoi est-ce que vous faîtes le poirier ?
-C'est à cause de toi ! Cria le bronzé en grimaçant de douleur.
-Hein ?
-Ils sont comme ça depuis que Kuro-menton t'as appelé. Aka-menton s'amuse à leur lancer des ciseaux depuis tout à l'heure et ils doivent les éviter…
-Ah… ben, désolé…?
-Quand on s'excuse, soit doit au moins être sincère ! Cria Aomine.
-Mais enfin, je suis sincère… Affirma Kei en mettant une main sur l'endroit où son cœur battait.
-Menteur !" Crièrent les deux martyrs à l'unisson.
La concernée se contenta de sourire innocemment, ce qui les rendit encore plus furieux. Ensuite, elle se tourna vers le passeur qui regardait la scène en souriant. Demandant silencieusement s'il avait réussi à convaincre leur capitaine tout en ignorant celui-ci… à sa plus grande colère. Mais lui-même boudait à moitié et regardait le paysage que lui offrait la fenêtre.
-"J'ai réussi à convaincre Akashi-kun de ne pas te nommer capitaine.
-Impressionnant.
-Merci.
-En échange de…?
-Pas "en échange de", c'est plutôt un défi en fait.
-Explique ?
-Eh bien… Akashi-kun te défi de lui dire quelque chose qu'il ne sait pas.
-…
-…
-C'est plutôt arrogant de sa part.
-C'est son caractère. Si tu arrives à lui dire quelque chose qu'il ne sait pas, il ne t'obligera pas à prendre son poste…
-"Si". Commenta le roux.
-Par contre, si tu n'y arrive pas, tu devras t'y conformer.
-Je vois… eh bien, je suppose que je vais essayer, ce n'est pas comme si c'était impossible.
-…
-Mais je suppose qu'il… Soupira Daniel en baissant la tête d'un coup pour montrer son agacement.
-Il est le meilleur élève de Teiko, à égalité avec toi… d'après ce que Momoi-kun m'a dit.
-J'ai quand même deux ans de plus que lui, je devrais savoir quelque chose que lui ne sait pas.
-Eh bien, en fait…
-Tu ne vas pas me dire qu'il est d'un niveau universitaire, n'est-ce pas ?
-Non, juste que petit, il a eu des cours pour lycéens.
-Parce que sa famille est riche ?
-Non, parce qu'il l'a lui-même demandé.
-Ooook…
-Je te souhaite bonne chance, Kei-kun.
-Ça ne peut pas être si ardu que ça…"
Tout le monde garda le silence. Et tous la regardait avec un sentiment qui semblait être de la pitié dans leur yeux. Daniel fronça les sourcils et parla d'une voix froide :
-"Ne me regardez pas comme ça vous autres. Je suis sûre que je peux apprendre un truc ou deux à ce microbe." Affirma avec conviction la jeune fille en désignant Akashi, oubliant instantanément à qui elle parlait.
