Camus venait de refermer la porte de la chambre et s'assit contre. Il ne put retenir plus longtemps ses émotions qu'il avait depuis ce que Milo lui avait dit. Pourquoi avait-il espéré que cela s'arrangerait entre le scorpion et lui ? Il avait mal et ne put empêcher quelques gémissements de sortir. Lui qui était sensé être le chevalier le plus froid du sanctuaire, se laissait submerger par une tristesse douloureuse qui lui donnait l'impression d'avoir été poignardé à plusieurs reprises dans le dos. Il finit par aller s'allonger mais ne parvint pas à s'endormir. Il resta prostré de longues heures sur le lit, les yeux dans le vague, laissant couler ses larmes.
Pendant ce temps, Milo se demandait toujours ce qui était arrivé à son ami pour qu'il soit soudainement devenu si froid et indifférent à son encontre. Il prit le paquet qui était posé sur la table de la cuisine et l'ouvrit. Il découvrit à l'intérieur une boîte contenant un magnifique pendentif de scorpion fait de glace et tellement réaliste qu'il faillit en avoir peur. En observant le bijou de plus près, il remarqua que les étoiles de sa constellation y étaient gravées et qu'à l'endroit où se trouvait normalement Antarès, se trouver un cœur avec une flèche plantée dedans. Alors tout, mais tout lui revient en mémoire. Le baiser de Camus, la gifle qu'il lui avait infligée, son indifférence et sa colère, la perte de son ami lors de la bataille des douze maisons, les dernières pensées du verseau, la colère de Hyôga, les paroles de ses amis et d'Athéna… . Il se souvenait absolument de tout et enfin, pour couronner le tout, de la discussion qu'ils avaient eus et les mots, la phrase qu'il avait sortie au moment du dessert « Pourquoi tu n'as pas montré tes talents de cuisinier avant ? Avec une telle qualité, t'aurais pu te trouver facilement quelqu'un ! Enfin je dis ça mais, je sais que MOI, j'ai ma fierté et je peux te dire qu'on ne m'attrape pas avec de la bouffe ». L'ampleur de ses paroles le cloua et il fut prit d'assaut par d'immenses vagues de remords. Lentement, il se dirigea vers la porte de la chambre où se trouvait Camus et frappa doucement mais assez fort pour que celui-ci l'entende. Il n'eût pas de réponse mais il ne pouvait qu'écouter les faibles reniflements du verseau. Il essaya, à travers la porte, d'obtenir du verseau que celui-ci l'invite à entrer pour qu'ils puissent discuter. Bien sûr, il n'obtint aucune réponse et lorsqu'il essaya de clencher la poignée de la porte, il se rétracta à cause du froid que Camus venait d'envoyer sur celle-ci. Le message était clair, le verseau ne voulait pas le voir. Tristement, il repartit dans le salon, se réinstalla sur le canapé et se mit à réfléchir à un moyen de se faire pardonner.
Dans la chambre, Camus continuait de pleurer. Il se demandait toujours pourquoi il avait espéré que tout s'arrange avec le scorpion. Il devait se faire une réalité, jamais il ne pourrait redevenir ami avec Milo. Quand celui-ci se tint derrière la porte, il eut du mal à ne pas lui dire de le laisser tranquille. Seulement, il ne voulait pas que le scorpion entende encore plus sa tristesse, c'est pourquoi, il utilisa son cosmos pour repousser l'arachnide. Il finit par s'endormir tout en se disant que le lendemain serait un autre jour bien difficile.
Le lendemain, très tôt, Milo se réveilla difficilement. La nuit lui avait légèrement porté conseil et, sachant que Camus était un lève-tôt, il prépara un petit déjeuner consistant et complet puis alla se recoucher. Il somnoler depuis un peu plus d'une heure lorsqu'il entendit vaguement du bruit autour de lui. Ouvrant à demi les paupières, il put s'apercevoir de la présence de Camus qui prenait son petit déjeuner. Ne voulant pas le déranger, le scorpion referma ses yeux et se rendormit vraiment.
Camus terminait de déjeuner tranquillement. Il avait été surprit de voir la table déjà prête et encore plus de voir le scorpion endormi sur le canapé. En buvant son café, qui avait été merveilleusement bien préparé, il ne pouvait s'empêcher de regarder Milo plongé dans le monde des songes. Qu'il était beau comme ça… ses cheveux en bataille, son visage détendu malgré un léger froncement de sourcils, les nuances de clair-obscur jouant sur sa peau halée… . Le verseau était en pleine contemplation, lorsqu'il vit des perles lumineuses apparaître au coin des yeux du dormeur. Milo cauchemardait et se calma peu après sous la présence de Camus à ses côtés. Passant sa main sur la joue puis les boucles du huitième gardien, le verseau lui murmurait des paroles apaisantes et se releva lorsqu'il sentit que le sommeil venait de retomber sur son ancien ami. Il sortit ensuite prendre l'air afin de réfléchir tranquillement à leur situation. Il trouva un coin magnifique, s'y installa et y resta toute la matinée.
Dans la maisonnée, le dormeur s'était réveillé et se rappela le cauchemar dont il avait été victime. Il avait rêvé qu'à cause de l'une de ses bêtises, que Camus et lui avaient été bannis du sanctuaire et qu'il avait un choix à faire. Soit, il restait aux côtés de l'ex-verseau, qui lui en voulait énormément, soit, s'il voulait revenir sur le domaine sacré, il devait tuer l'être le plus cher à ses yeux. Il hésitait et Camus ne l'aida pas en le laissant seul définitivement. Drôle de cauchemar, mais n'était-ce pas ce qui était similairement en train d'arriver bien que certains éléments ne soient pas les mêmes ?
Il se souvint aussi d'une voix rassurante et d'une main caressant sa joue et ses cheveux. Il était étonné que Camus le veille alors qu'il devait lui en vouloir pour sa connerie dite la veille. En regardant de plus près ce qu'il avait préparé pour le premier repas de la journée, le scorpion s'aperçu qu'il ne restait pratiquement rien. Il décida alors de s'occuper de la préparation du repas du midi et se mit aux fourneaux. Concentré comme il l'était, il sursauta lorsqu'il entendit : « Milo ? Mais qu'est-ce que tu fais ? » Il se retourna et découvrit Camus sur le seuil de la cuisine, le regardant, étonné. Le scorpion pouvait voir, aux yeux rouges et légèrement gonflés, que son ami n'avait pas très bien ou peu dormi. Un instant, un seul instant, leurs regards se croisèrent et Milo ajouta en baissant les yeux : « je prépare le repas de midi. J'espère qu'il te plaira » et il retourna à sa préparation sans un mot de plus.
