Camus était plus qu'étonné de voir Milo derrière les fourneaux. Jamais, depuis qu'il le connaissait, il n'avait vu le huitième gardien se mettre autant à cuisiner. Il se doutait bien de la raison pour laquelle il faisait ça mais…à quoi bon faire semblant ?
Las, déçut et triste, le verseau prit la parole :
Milo… ne crois-tu pas qu'il faut arrêter ?
Arrêter quoi ? demanda le scorpion toujours en préparant le repas.
De faire semblant. On sait tous les deux que quoique nous fassions, rien ne redeviendra comme avant.
Camus, ne dit-on pas que…qui ne tente rien… n'a rien ?
…
Je sais que j'ai des tords, beaucoup de tords même mais depuis… depuis la bataille du sanctuaire, j'ai…j'ai ouvert les yeux sur beaucoup de choses dont une plus particulièrement : mes sentiments pour toi.
Cette annonce laissa sans voix le verseau. Qu'entendait son ancien ami par là ? Il ne dit rien et préféra aller mettre la table dans le salon tellement il était perturbé par les paroles du scorpion. Celui-ci continuait ce qu'il faisait mais il n'était plus vraiment concentré. Il se coupait régulièrement et commençait à perdre patience. Enfin, après de longues minutes, le repas fut prêt. Il apporta les récipients sur la table, invita Camus et le servit comme un roi. Ils déjeunèrent dans un silence lourd. Arrivés au dessert, une fois que Milo l'eût servit, le verseau décida de renvoyer la bourde de Milo à celui-ci. Il fit semblant de s'extasier avant de dire, en regardant la réaction du grec : « Pourquoi tu n'as pas montré tes talents de cuisinier avant ? Avec une telle qualité, t'aurais pu te trouver facilement quelqu'un ! Enfin je dis ça mais, je sais que MOI, j'ai ma fierté et je peux te dire qu'on ne m'attrape pas avec de la bouffe ».
L'ambiance, qui n'était déjà pas légère, s'alourdit encore plus après ces paroles. Ils continuèrent de manger en silence. Enfin, ce fut plutôt le verseau qui continua, car Milo venait de poser ses couverts et de repousser son assiette. Il ne savait pas quoi dire et comprenait la réaction de Camus la veille. Pour renouer un semblant de dialogue, le onzième chevalier félicita néanmoins son confrère de l'effort qu'il avait fait et que c'était très bon. Milo le remercia et amorça le dialogue, qui espérait-il, se passerait bien :
Camus…, je suis désolé pour ce que je t'ai dit hier. Je ne le pensais pas et c'est sortit tout seul.
Sortit tout seul ? Ne me fait pas rire Milo ! Tes paroles me laissent de glace. Tu dis ne pas avoir réfléchis en sortant ces mots mais dans le fond, tu y as réfléchis. Tu te venges encore du baiser que je t'ai donné.
Ce n'est pas vrai ! Si j'avais vraiment encore l'envie de me venger de ça, je l'aurais fait d'une autre manière. Et en parlant de ça, sache que je m'en veux de la réaction que j'ai eu.
Ah, oui ?! demanda le verseau commençant à s'énerver, et pourquoi t'en veux-tu alors que tu n'en as rien à faire ce que je peux ressentir ?
J'en avais rien à faire, c'est vrai mais depuis que…depuis que tu n'es plus au sanctuaire, j'ai ouvert les yeux et j'ai pris conscience de ce que je ressentais pour toi. Si tu ne me crois pas, demande à Athéna de te dire comment j'ai réagis lorsqu'on est passé dans ton temple ! Et demande-lui aussi de te passer mon journal intime et tu verras que je dis la vérité.
Sur ce, Milo se leva, et sortit, des larmes coulant sur ses joues. Il maudissait son ami mais en même temps, il se disait qu'il ne récoltait que ce qu'il avait semé auparavant. Il avait mal, tellement mal mais il savait qu'il le méritait. Des larmes coulaient le long de ses joues en partie à cause des paroles du verseau mais également à cause de sa propre attitude. Il posa ses mains contre la rambarde de la maisonnée, baissa la tête et resta un long moment ainsi jusqu'à ce qu'il sente quelque chose ou plutôt quelqu'un venir se coller à lui et l'enlacer. Il se tendit mais savoura la présence de Camus contre son corps. Ses pleurs redoublèrent lorsque Camus lui fit un baiser dans le cou.
Celui-ci avait réfléchit aux paroles du scorpion et avait énormément de mal à le croire. Se disant qu'il faudrait qu'il lise le journal du huitième gardien, il se leva et alla se mettre contre le dos de celui qu'il aimait. Il resserra son étreinte avant de lui faire un bisou dans son cou et de murmurer :
Excuses-moi Milo, je ne voulais pas remettre en cause tes paroles mais, je dois avouer que j'ai du mal à te croire.
Pourquoi ? C'est si difficile à imaginer que je puisse changer d'avis ?
Disons que…c'est vraiment très rare de te voir revenir sur tes décisions.
C'est vrai que c'est rare mais, je ne suis pas un sans-cœur quand même.
Je n'ai pas dit ça.
Je sais. Excuse-moi de m'être emporté. Camus…, mes sentiments pour toi sont vrai, je t'aime, avoua le scorpion en se retournant et en regardant le verseau dans les yeux.
Il allait poser une question lorsqu'il sentit les lèvres de Camus sur les siennes. Il resta quelques minutes sans bouger, surprit puis approfondit le baiser, des larmes de bonheur roulant sur ses joues. Bien vite, il sentit des mains fraîches qui essayaient d'essuyer ses joues. Il ouvrit les yeux et rencontra ceux pleins d'amours du verseau. Ils restèrent un moment à se regarder avant recoller leurs lèvres l'une contre l'autre. Bientôt, leurs mains partirent à la rencontre du corps de l'autre, ils resserrèrent leur étreinte et chacun dévêtit l'autre. Milo porta Camus dans sa chambre et ils passèrent une merveilleuse première nuit ensemble. La fatigue les emportas tôt le matin, enlacés et heureux.
