X-Factor
Note de l'auteur : Bonjour à tous ! Ce chapitre est centré sur le fils de celle qui a rendu ses jambes à Charles. J'avais mentionné sa mutation dans mon OS d'il y a deux ans, mais sans entrer dans les détails. J'espère que le personnage vous plaira, j'ai une petite faiblesse pour lui. ;-)
Remerciements : Merci à fidjet et Gentiane94, parce qu'elles le valent bien.
Bonne lecture !
Chapitre 5 : Alerte à l'Institut
Encore à moitié endormie, Raven pénétra dans la cuisine en baillant, prit une tasse dans un des placards qui surplombaient le plan de travail et s'approcha de la cafetière. Elle se servit en café et s'assit à sa place habituelle autour de la grande table en chêne. Regardant autour d'elle, les yeux gonflés par le manque de sommeil, elle se rendit compte qu'elle était seule dans la pièce, ce qui ne l'étonnait guère au vu de l'heure matinale. Par la fenêtre, on pouvait voir le ciel s'éclaircir très légèrement à l'est, mais les étoiles brillaient encore faiblement dans le ciel printanier. Raven porta la tasse à ses lèvres après avoir soufflé sur le café pour le refroidir, mais de café dans la tasse, il n'y avait point. Fronçant les sourcils la jeune femme, un peu plus réveillée par cette mauvaise surprise se leva pour aller remplir la cafetière, qui visiblement ne contenait pour l'instant pas grand chose.
En cherchant la boîte de café et le filtre, elle se dit que cela semblait après tout normal, puisqu'elle était la première levée. D'habitude, c'était Erik qui en partant pour son jogging matinal lançait la machine pour avoir du café chaud en rentrant mais ce matin, il semblait avoir décidé de traîner dans son lit un peu plus longtemps que d'habitude. Enfin, pensait Raven avec un sourire en coin, dans son lit ou dans celui d'un certain télépathe qui n'avait pas l'air d'y trouver à redire.
Le pas lourd de quelqu'un, guère plus réveillé qu'elle, la tira de sa rêverie, et elle se remit à chercher plus activement.
« Bien dormi Raven ? demanda Hank avec un bâillement sonore.
- Très bien, même si je déplore toujours autant que les nuits soient aussi courtes. Et toi ?
- Pas terrible, grimaça le jeune homme, je me suis réveillé vers trois heures en me disant qu'il fallait absolument que je note une idée pour le projet sur lequel je travaille depuis des mois. Mais le temps d'arriver au labo j'avais déjà oublié et comme je ne voulais pas m'être levé pour rien, je me suis dit que j'allais en profiter pour bosser sur nos combinaisons. J'ai trouvé plusieurs moyens de les rendre pare-balle assez efficacement, il faudra que je fasses des simulations sur mannequins d'ailleurs... Enfin bref, je ne me suis recouché que vers cinq heures et maintenant je suis complètement naze.
- Tu travailles trop Hank, tu sais, même les génies ont besoin de dormir... Quand bien même ce serait pour rêver qu'ils ont oublié de noter quelque chose. »
Raven avait terminé sa phrase en riant légèrement, surtout de voir que son ami rougissait allègrement. Elle reprit, sur le ton de la conversation :
« Au fait, t'aurais pas vu le café ? J'arrive pas à remettre la main dessus... »
Hank leva la tête de l'assiette où il était en train de noyer un malheureux pancake de sirop d'érable et la regarda, en fronçant les sourcils :
« Il n'est pas dans le placard ? C'est bizarre, j'étais sûr de l'avoir rangé là pourtant hier après-midi quand j'en ai fait pour le labo...
- Tu ne trouveras pas de café là-dedans, s'exclama Alex en entrant d'un pas dynamique dans la cuisine. Sean et moi on a fini la boîte hier soir, on avait un boulot à terminer et on était un peu crevés du coup il nous a fallu un petit remontant. Et bonjour au fait !
- Salut Alex. Sean n'est pas descendu avec toi ? salua Raven en se dirigeant vers la réserve pour prendre une nouvelle boîte.
- J'ai bien essayé de le réveiller mais il m'a dit « Non maman, encore cinq minutes » alors je me suis dit qu'il avait bien le droit de dormir encore un peu. D'autant plus qu'on ne s'est pas couchés très tôt hier, ou plutôt ce matin. »
Alex s'approcha du grille-pain pour lancer des toasts et Hank, après avoir pris une boîte d'oeufs et du bacon dans le frigidaire, se saisit d'une poêle dans le tiroir sous l'évier et la posa sur les plaques chauffantes. Tous deux échangèrent les projets qu'ils avaient pour la journée tandis que le blond mettait la table, le grésillement de l'huile sur le feu en fond sonore. Le claquement brusque de la porte de la réserve les fit sursauter brusquement.
« Les gars, on est en alerte maximale, dit Raven l'air paniqué.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu vas bien ? demanda Hank, inquiet, en s'approchant de son amie.
- Y'a plus de café, conclut la mutante la voix blanche.
- Quoi ? Tu es sûre que t'as bien vérifié ? s'inquiéta le scientifique à son tour.
- Dans les coins et tout ? rajouta Alex, plutôt inutilement.
- Il. N'y. A. Plus. De. Café », articula soigneusement la jeune femme.
Un grand silence tomba sur la pièce et les trois mutants s'entre-regardèrent, Hank l'air affolé, Alex l'air résigné et Raven l'air concentré. Il était de notoriété publique qu'à l'Institut Xavier, le café était sur la liste des trois choses les plus importantes à toujours avoir à portée de main avec l'aspirine et les pansements adhésifs et ce pour une bonne raison : il était totalement inutile d'espérer parler ou même simplement de communiquer avec Erik Lehnsherr tant que celui-ci n'avait pas bu son café du matin. Le seul qui parvenait globalement à le supporter était Charles, mais Raven soupçonnait fortement qu'ils avaient signé un contrat pour qu'en retour le manipulateur de métal accepte de l'écouter parler des dernières avancées scientifiques dans le domaine du génome tous les soirs. En tout cas, à ses yeux, c'était la seule explication possible au fait qu'Erik supporte son moulin à paroles de frère.
Mais ceci ne changeait rien au problème actuel, même Charles ne pourrait pas supporter Erik longtemps s'il n'avait pas bu son café dans l'heure qui suivait son réveil. Or, l'école avait pour avantage et pour inconvénient majeurs d'être situé à des kilomètres de la ville et donc, des plus proches commerces. De surcroît, on était dimanche, ce qui n'arrangeait rien. En prenant une voiture, elle mettrait au moins une heure à faire l'aller-retour et Dieu seul savait ce qui pouvait être arrivé entre temps. Elle regrettait amèrement de ne plus avoir Azazel sous la main, ç'aurait tout de même été bien pratique.
Aucun étudiant n'avait de cafetière ou même une bouilloire dans sa chambre, ce qui excluait la possibilité que l'un d'entre eux puissent avoir dans le même temps du café et le bureau de Charles ne contenait que des dizaines de variétés différentes de thé. Dans son désespoir, elle en vint à regretter que personne n'ait pensé à faire pousser des caféiers aux côtés des pommiers et des poiriers du verger de la propriété.
Soudain, le regard de la polymorphe s'éclaira et croisa au même moment celui de Hank, comme s'ils avaient été exactement sur la même longueur d'onde.
« Henry », soufflèrent-ils ensemble, tandis qu'Alex croquait bruyamment dans sa tartine de pain beurré.
o0o
Henry aimait beaucoup l'école du gentil monsieur Xavier. Il avait le droit de faire pousser toutes les plantes qu'il voulait dans le jardin et même parfois dans des pots à l'intérieur et personne ne disait qu'il était bizarre. Il dormait dans une grande chambre avec son meilleur ami Tom qui avait une langue fourchue comme les serpents, ce qui était vraiment génial. Et sa maman avait aussi le droit à une grande chambre juste en face de la sienne parce qu'elle était infirmière et elle venait lui faire un bisou pour lui dire bonne nuit tous les soirs. Même Tom ne disait plus qu'il était un bébé depuis que sa maman venait aussi lui faire un bisou parce la maman de Tom ne venait jamais le voir. Elle était très forte en bisous du soir qui font du bien sa maman. Et en bisous magiques qui réparent les bobos aussi.
Bref, Henry aimait beaucoup l'école et surtout, il aimait beaucoup Raven. Avec sa peau bleue et ses yeux dorés, il trouvait qu'elle était presque plus belle que sa maman, surtout quand elle souriait. Alors quand la jeune mutante était venue le réveiller gentiment ce matin là, en lui demandant de se lever discrètement pour ne pas réveiller Tom, il l'avait fait sans discuter, repoussant lentement ses draps et veillant à marcher sur la pointe des pieds jusqu'à la porte. Une fois dans le couloir, Raven s'était agenouillée en face de lui et lui avait demandé s'il accepterait de faire quelque chose qui puisse l'aider. Henry avait acquiescé d'un mouvement rapide de la tête et il avait eu le plaisir de voir le sourire qu'il aimait tant orner le visage de son interlocutrice. Celle-ci le prit par la main et l'emmena à l'extérieur après avoir récupéré furtivement dans sa chambre ses bottes et son manteau.
Une fois dehors, elle le conduisit dans la serre, où le grand monsieur couvert de fourrure bleue les attendait. Henry l'aimait bien aussi, parce qu'ils avaient le même prénom et qu'il trouvait qu'il ressemblait à un nounours. Celui-ci lui montra la photo d'un arbre dans le livre qu'il avait à la main et lui demanda s'il se sentait capable d'en faire pousser un identique. L'enfant accepta d'essayer et fronça les sourcils en fixant le pot empli de terre qui se trouvait en face de lui. Il avait encore du mal à faire pousser ce qu'il voulait, mais il était sûr que s'il se concentrait suffisamment il y parviendrait. C'était l'occasion idéale de faire en sorte que Raven soit fière de lui, alors cette fois, il allait y arriver. C'était certain.
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À la fois fascinés et impatients, Hank et Raven observaient le petit garçon de six ans faire germer une pousse dans le grand pot de terreau que le scientifique avait préparé. Il n'était arrivé que quelques mois auparavant à l'Institut, mais il avait déjà fait des progrès considérables et ce qui se produisait sous leurs yeux n'en était que l'une des nombreuses preuves. À l'origine, il ne parvenait à faire pousser que des plantes dont il possédait la graine et dont il accélérait la croissance, mais il arrivait désormais à obtenir toutes sortes d'arbustes et d'arbres de taille relativement réduite.
Charles avait mené des recherches sur sa mutation et sur celle de sa mère, Elisabeth, qui possédait la capacité de modifier les cellules humaines à sa guise. Il en avait déduit qu'Henry était sans doute capable, sur le même principe, de manipuler les cellules végétales et même d'en créer. À force d'essai, l'enfant était parvenu, d'abord à faire pousser sans graine de simples brins d'herbes, puis des fleurs, puis des plantes de plus en plus complexes. Ravi, Charles en avait tiré un sujet d'études sur la transmission génétique des mutations et sur leurs similitudes inter-générationnelles, mais c'était une autre histoire.
Toujours était-il que sous leurs yeux ébahis, Henry venait d'amener à maturité un caféier qui, après une magnifique floraison qui avait duré quelques secondes, arborait désormais des dizaines de cerises rouges, enveloppes des grains de café. D'habitude, il fallait à l'enfant au moins une ou deux tentatives pour qu'il obtienne le bon arbre, mais il avait cette fois réussi à atteindre son objectif en une seule fois, ce qui faisait montre à la fois de ses progrès et de la grande motivation qui devait être la sienne. Raven le prit dans ses bras et lui planta sur la joue un baiser sonore pour le remercier, qui lui fit tellement plaisir qu'aussitôt des dizaines de fleurs multicolores. commencèrent à pousser dans tous les pots de la serre.
De son côté, Hank commença à cueillir les baies rouges et à les étendre sur un drap qu'il avait disposé au sol. Ils allaient encore devoir traverser tout le processus de traitement des grains de café et ils n'avaient pas de temps à perdre. Se souvenant soudain de quelque chose, il se tourna vers la mutante qui s'était dirigée vers la porte pour raccompagner Henry dans sa chambre, il était encore tôt.
« Tu pourrais demander à Julian de descendre s'il te plaît ? demanda-t-il. On va avoir besoin de lui pour sécher les grains. Et profites-en pour ramener Alex et une boîte en métal, pour la torréfaction, ajouta-t-il un instant plus tard.
- Ça marche ! » s'exclama l'autre avant de secouer la tête.
Qui aurait cru que se faire un café pouvait être si compliqué ?
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Une demi-heure et un Goldeneye irrité d'avoir été tiré du lit plus tard, Hank, Raven et Alex achevaient avec difficulté de décortiquer les grains. Exposées à la mutation de Julian, les cerises auparavant rouges avaient bruni puis s'étaient désagrégées, ne laissant à ceux-ci qu'une fine coque pour toute protection. Coque qui n'était pas facile à enlever et qui occasionna quelques jurons de la part du blond qui aurait bien apprécié ne pas être mêlé à cette histoire.
Une fois épluchés, les grains encore verts furent placés dans la boîte qu'avait rapportée Raven et bientôt, tous reculèrent pour laisser Alex la bombarder de rayons. Régulièrement, le jeune homme s'interrompait pour laisser Hank remuer la boîte, afin que tous les grains soient exposés à la chaleur et pas seulement quelques uns. Apparemment, le scientifique avait potassé son sujet pendant que la mutante bleue allait chercher Henry.
Au bout de dix minutes de ce traitement, ils estimèrent à la couleur brun foncé des grains et à l'odeur agréable qui se dégageait de la boîte que le café était prêt à être moulu. Hank se saisit du pilon qu'il avait apporté de son labo et entreprit de le broyer méthodiquement. Ils récoltèrent la poudre obtenue dans un sachet et rangèrent rapidement la serre avant de la refermer derrière eux. Finalement, ils y avaient passé autant de temps que si Raven avait pris la voiture et mis le pied au plancher pour se rendre en ville, mais du fait de leur efficace collaboration, ce résultat était pour eux beaucoup plus satisfaisant.
Mais quand ils arrivèrent à la cuisine, ils eurent la mauvaise surprise de voir que Charles et Erik étaient déjà descendus pour le petit-déjeuner ainsi que Sean qui arborait une magnifique moustache de chocolat. Une odeur facilement identifiable flottait dans la pièce et la cafetière pleine était posée sur la table, mais l'attitude décontractée de Magneto qui avait une tasse fumante à la main aurait seule suffit à leur faire comprendre qu'ils venaient de se décarcasser pendant une heure pour rien.
« Où est-ce que vous avez trouvé du café ? demanda Raven sans ambages.
- Bonjour à toi aussi chère sœur, répondit le télépathe avec un sourire, j'espère également que tu as passé une bonne nuit.
- On a pourtant cherché dans tous les placards, marmonna Hank pour lui-même en posant le sachet qu'il avait à la main sur le comptoir.
- Comme Alex et moi avions fini le paquet hier, j'ai été chercher celui que le professeur garde dans son bureau pour les parents d'élève, répondit Sean en attrapant un toast. Il faudra que j'aille en racheter demain. »
Un ange passa dans la cuisine. Raven semblait mortifiée de n'avoir pas pensé à cette possibilité, Hank regardait avec une sorte de tristesse le fruit de leur travail, désormais inutile, et Alex finit par éclater d'un rire sonore en tapant sur l'épaule du roux à côté de qui il s'assit.
« Je peux connaître la raison de cette cavalière question ? s'enquit Charles tandis que le manipulateur de métal levait les yeux au ciel devant la formulation.
- Ce serait un peu compliqué à expliquer », commença Hank en jetant un rapide coup d'oeil à Erik qui haussa un sourcil dubitatif.
Comment lui dire qu'ils avaient tellement peur des humeurs matinales de l'homme avec qui il couchait qu'ils avaient réveillé la moitié du manoir pour lui faire du café ? Le plus simple était sans doute d'enterrer discrètement l'évènement.
« Mais non, répliqua Alex en haussant les épaules. Raven a juste demandé à Henry de faire pousser un caféier pour récupérer les grains, à Julian de les sécher, à moi de les torréfier et à Boso de les broyer afin d'éviter qu'Erik ne vire berserk parce qu'il n'avait pas eu sa dose de caféine. C'est pas compliqué, c'est juste débile. »
Et tandis que le professeur leur jetait un regard ahuri et qu'Erik hésitait entre l'amusement et la consternation d'être toujours, malgré lui, pris pour un psychopathe, Raven et Hank poussèrent un long soupir.
Vous ne voulez pas savoir le temps que j'ai passé sur la page wikipédia du caféier pour écrire cet OS. Je vous assure que vous ne le voulez pas. Mais j'espère que mes efforts auront payé et que ça vous à plu. ;-)
Merci d'avoir lu, n'hésitez pas à laisser un message et à demain !
