X-Factor

Note de l'auteur : Une fois n'est pas coutume, cet OS fera beaucoup plus intervenir Hank, un personnage que j'aime beaucoup dans tous les films, que ce soit pour ses insécurités ou pour sa force tranquille. De plus, ce chapitre entre de plein pied dans cette espèce d'obsession scientifique que j'ai développée presque malgré moi en écrivant pour ce défi... XD

Remerciements : Merci à fidjet et à Gentiane94 pour leur participation active à la relecture. ^^

Bonne lecture !


Chapitre 9 : Ébullition

Charles était au milieu d'un article extrêmement intéressant sur la possibilité d'un antécédent génétique à la schizophrénie lorsqu'il entendit frapper à la porte de son bureau. Relevant rapidement la tête, il demanda à la personne d'entrer et sourit au mutant qui s'inscrivit sur le seuil de la porte.

« Hank ! s'exclama-t-il en enlevant ses lunettes de lecture. Tout va bien ? demanda-t-il en fronçant légèrement les sourcils.

- Rien de grave, s'empressa de le rassurer l'autre qui entra en refermant la porte derrière lui. J'aurais juste voulu ton avis sur quelque chose. »

Depuis que sa mutation s'était pleinement révélée, le jeune homme avait beaucoup gagné en assurance et Charles était fier de pouvoir affirmer que leur relation s'était transformée peu à peu en une amitié véritable. Et il n'était désormais pas rare qu'il vienne lui demander conseil, que ce soit au sujet de ses recherches ou pour savoir quel restaurant était le plus susceptible de plaire à Raven.

« Je t'écoute, dit le plus âgé avec sérieux en posant son menton sur ses doigts croisés.

- Ce matin, je suis allé voir les nouveaux locaux du laboratoire de l'AnnasCorp, tu sais, la firme avec laquelle je suis en contact depuis plusieurs mois pour les pièces d'équipement, précisa-t-il devant l'air un peu perplexe de Charles, et j'ai eu l'impression que l'un des chercheurs que j'ai vu, Fred Bell, était également un mutant. Il n'a pas arrêté de me lancer des regards en coin pendant toute la visite et il a commencé une expérience quand je suis arrivé qui avait déjà fourni des résultats à mon départ, ce qui au vu des composants chimiques qu'il a utilisés me semble très étrange.

- Tu crois qu'il aurait pu les manipuler lui-même ? demanda Charles dont le regard s'était illuminé, comme à chaque fois qu'il entendait parler d'une nouvelle mutation.

- Ou influencer d'une certaine manière la réaction oui, confirma Hank. J'ai un peu discuté avec ses collègues, apparemment il n'est pas là depuis longtemps mais il a déjà fait pas mal d'avancées dans plusieurs domaines de recherches, à chaque fois beaucoup plus rapidement qu'on ne s'y attendait.

- Et tu as pu lui parler ? s'enquit l'autre sans parvenir totalement à contenir l'excitation dans sa voix.

- Malheureusement non, soupira le scientifique. J'ai bien essayé avant de partir, mais j'ai eu l'impression qu'il m'évitait. Ce pour quoi je ne peux pas vraiment le blâmer, à sa place j'aurais sans doute fait la même chose.

- Il est regrettable que la plupart d'entre nous ait encore peur de sortir au grand jour, souffla Charles en secouant la tête.

- Je suis persuadé qu'avec le temps ce sera de moins en moins le cas, affirma Hank d'un air décidé, mais en attendant je me disais que tu pourrais peut-être utiliser Cerebro pour vérifier tout d'abord s'il s'agit bien d'un mutant, même si je n'en doute guère, et ensuite pour savoir où il habite, peut-être qu'en dehors de son lieu de travail il acceptera davantage de me rencontrer.

- Ça ne devrait pas poser de problème, répondit le télépathe en se reculant dans sa chaise, mais il risque de ne pas apprécier nous voir débarquer sur le pas de sa porte. Peut-être serait-il plus sage de l'attendre à la sortie du laboratoire à la fin de la journée, avant qu'il ne rentre chez lui. Il pourrait mal prendre le fait que l'on se soit autant renseignés sur sa vie privée. Et avant que tu ne dises quoi que ce soit, ajouta-t-il soudain en se tournant vers la porte de son bureau, je sais que c'est généralement ce qui arrive quand on entre dans la tête des gens sans leur permission.

- J'allais juste dire que c'était bientôt l'heure du dîner mais effectivement, entrer dans la tête des gens, c'est mal, répliqua avec un sourire en coin Erik, qui venait juste d'entrer dans la pièce avec sa discrétion habituelle

- Je vais voir si je ne peux pas donner un coup de main en bas, dit Hank en se levant de sa chaise.

- Nous arrivons dans un instant, dit distraitement Charles en quittant enfin des yeux le manipulateur de métal. Je verrai après le repas pour monsieur Bell, ajouta-t-il avec un sourire, il vaut mieux ne pas laisser traîner ce genre de choses. »

Le scientifique acquiesça d'un signe de tête et Erik se décala légèrement pour le laisser passer. Une fois qu'il fut sorti du bureau, la porte se referma sans bruit derrière lui et il leva les yeux au ciel. « Après le repas », avait dit Charles, mais encore faudrait-il qu'il y fasse son apparition.

o0o

Le lendemain, Hank se posta en fin d'après-midi devant les laboratoires de l'AnnasCorp. Hésitant à aller s'asseoir dans le café du coin de la rue, il y renonça finalement, craignant de manquer la sortie du chercheur, et résolut à la place de s'installer sur un banc. Il se plongea dans le livre qu'il avait commencé, un thriller psychologique conseillé par Raven et qu'il avait bien du mal à reposer, ignorant les regards curieux, effrayés ou dégoutés que lui jetaient les passants. Une demi-heure plus tard, un groupe d'hommes parmi lesquels Hank aperçut Fred Bell, sortit du bâtiment et discuta un temps sur le trottoir. Après quelques minutes ils se séparèrent et le mutant bleu suivit l'autre mutant, qui s'éloignait d'un pas vif.

Il s'apprêtait à l'accoster quand celui-ci se retourna brusquement.

« Je peux savoir ce que vous me voulez ? s'exclama-t-il sur un ton irrité.

- Excusez-moi, répondit Hank l'air gêné en rajustant ses lunettes par automatisme. Je suis désolé de vous aborder de la sorte, mais je voulais vous parler, de scientifique à scientifique et surtout, de mutant à mutant, souffla-t-il avec un regard entendu.

- Et qu'est-ce qui vous fait dire que je suis concerné par cette seconde affirmation ? demanda le chimiste d'un ton neutre.

- Disons qu'il est assez rare d'arriver à faire bouillir une solution d'acétone et de cyanure d'hydrogène en moins de quinze secondes, répliqua l'autre avec un sourire en coin. Je suis Henry McCoy, ajouta-t-il en tendant la main après quelques minutes de silence, voyant que son homologue restait immobile.

- Henry McCoy ? répéta vivement Bell. L'auteur de Mutants et Humains : Résurgence de l'opposition entre Homo Sapiens et Homme de Neandertal ?

- Lui-même, confirma Hank avec un sourire.

- J'ai lu tous vos écrits sur l'évolution de la biologie humaine, dit l'autre rapidement en saisissant la main tendue. Vos développements sur les particularités des mutations sont tout simplement brillants, c'est un véritable honneur de vous rencontrer. Je ne savais pas que vous étiez aussi un...conclut Bell avec un vague signe de la main en direction de l'apparence particulière de son interlocuteur.

- Les revues scientifiques étaient déjà peu enclines à publier des photos de moi avant ma transformation alors vous imaginez bien que désormais elles le sont encore moins, plaisanta-t-il, les faisant rire tout deux.

- Veuillez pardonner ma méfiance, reprit Bell en se remettant lentement à marcher, mais je suis d'un naturel discret et j'aimerais vraiment éviter que l'on découvre ma nature sur mon lieu de travail et qu'ensuite on me harcèle d'expériences. J'avais peur qu'en me voyant discuter avec vous certains fassent le lien et comprennent pourquoi j'obtiens des résultats aussi rapidement.

- Je comprends tout à fait acquiesça Hank en marchant à côté de lui. Je suis désolé si mon insistance vous semble déplacée mais comme votre mutation m'a paru toucher directement le monde scientifique, j'avais particulièrement envie de discuter avec vous.

- Je ne peux qu'approuver cette curiosité, sourit le chercheur. En tout cas vous avez l'œil parce que j'essaye toujours de faire très attention de ne pas trop utiliser ma mutation au laboratoire. Je ne devais pas être assez concentré, rit-il légèrement en se passant une main dans les cheveux.

- Disons que je commence à être capable de repérer rapidement certains signes qui ne trompent pas. Par contre, j'ignore quelles sont vos capacités exactes, alors si vous pouviez m'éclairer...

- J'ai tout simplement la capacité d'influer sur la durée des réactions chimiques. Rien de bien impressionnant mais je peux accélérer une ébullition, un phénomène de rouille, ou ralentir une dissolution, ce genre de chose. C'est assez commode dans notre branche d'études.

- Je ne vous le fais pas dire, murmura Hank dont l'esprit embrassait déjà toutes les possibilités offertes par la mutation. Mais je ne suis pas d'accord avec vous pour dire qu'elle n'est pas spectaculaire, je suis certain qu'avec un peu d'entraînement, vous pourriez parvenir à faire des choses remarquables.

- Peut-être, éluda l'homme, mais j'ai toujours peur de provoquer par mégarde un accident. Et puis, reprit-il, je m'en sors assez bien avec ce dont je suis capable, je n'ai jamais vraiment ressenti le besoin d'aller plus loin.

- Écoutez, dit l'autre en lui tendant la carte de l'Institut Xavier, si jamais vous désirez un jour exceptionnellement repousser vos limites, venez à cette adresse, vous serez toujours le bienvenu.

- Je n'y manquerai pas, répondit Bell en rangeant soigneusement la carte dans une poche intérieure de sa veste. En attendant, dit-il en s'arrêtant devant un immeuble, je vous invite à être le bienvenu chez moi pour dîner. Ma femme travaille en ce moment sur les possibilités génétiques de mutations semblables à celles des hommes chez les grands singes et elle serait ravie de pouvoir échanger avec vous.

- Si vous êtes sûr que je ne dérangerai pas, j'accepte avec plaisir.

- En ce cas, c'est entendu », conclut le chimiste en souriant et en s'effaçant pour laisser l'autre passer la porte.

Hank le remercia d'un signe de tête et le suivit dans la cage d'escalier. Une fois dans l'appartement, il téléphona à Charles pour l'informer du fait qu'il ne faudrait pas l'attendre dans la soirée. Après tout, celui-ci savait mieux que personne que rien ou presque n'arrêtait des scientifiques lancés sur leur sujet.


Un petit OS léger et pour une fois pas prise de tête. Profitez-en. ;-)

Merci d'avoir lu, n'hésitez pas à vous manifester dans les commentaires et à demain !