X-Factor
Note de l'auteur : Parce que quand il pleut, je rêverai d'avoir la mutation d'aujourd'hui. Enjoy.
Remerciements : Merci à fidjet et à Gentiane94 pour leur relecture sympathique et attentive !
Bonne lecture !
Microclimat
Lorsque Charles avait ouvert l'Institut, il avait insisté pour recevoir tous ses futurs élèves en entretien particulier avant leur entrée à l'école. Dans un premier temps, il s'était dit que ce serait pour lui un moyen de voir quels étaient les enfants et les adolescents qui avaient vraiment besoin d'aide, par rapport à ceux qui réussissaient à contrôler leur mutation et à vivre avec, de façon à inscrire en priorité les premiers. Mais au fil des années, il s'était rendu compte que les mutants qui désiraient intégrer son école n'étaient pas si nombreux que cela et qu'il aurait de la place pour tout le monde, et les entretiens étaient seulement restés une occasion de rencontrer pour la première fois ses élèves, de voir de quoi ils étaient capables et surtout de savoir quelles étaient leurs attentes en venant à l'Institut.
La plupart du temps, Charles demandait ainsi aux élèves de lui faire une démonstration, quand l'explication de la nature de leurs capacités lui semblait le permettre. Il avait compris assez rapidement que demander ne serait-ce qu'un échantillon à Scott Summers n'aurait peut-être pas été la meilleure des idées. Et il était de moins en moins sûr qu'accepter qu'Aleksander Münde lui montre de quoi il était capable en ait été une.
Le jeune homme, d'origine hollandaise et dont la famille s'était récemment installée à New-York, avait su très tôt qu'il possédait une mutation, mais celle-ci n'étant guère contraignante, ses parents n'avaient jamais jugé bon de contacter l'établissement du professeur Xavier. Et s'il était aujourd'hui venu avec sa mère, c'est parce que c'était lui, désormais âgé de quatorze ans, qui souhaitait de lui-même intégrer l'Institut, dans l'espoir d'apprendre à contrôler au mieux sa capacité et de pouvoir en voir, sinon les dépasser, les limites. Car si à l'instar de la très jeune Ororo Munroe, récemment arrivée à l'école et renommée Tornade, il pouvait influencer le temps qu'il faisait et le climat, lui ne parvenait qu'à agir sur un rayon d'un mètre, c'est-à-dire autour de lui.
Quand il pleuvait il pouvait ne pas être mouillé, comme protégé par un parapluie, en plein hiver il pouvait bénéficier d'une chaleur estivale, et il pouvait s'entourer d'un brouillard qui s'arrêtait abruptement, comme contenu dans une colonne vitrée. C'était d'ailleurs comme ça qu'il avait découvert sa mutation, à l'âge de cinq ans, en jouant à cache-cache avec ses amis lors de sa fête d'anniversaire. Il avait souhaité trouvé une très bonne cachette et c'était soudain vu entouré d'une brume tellement épaisse qu'il ne distinguait plus sa main en tendant le bras. D'abord inquiets, ses parents avaient fini par comprendre de quoi il retournait, d'autant que la grand-mère maternelle de l'enfant avait toujours eu cette capacité étrange de pouvoir prédire le temps exact qu'il ferait des jours à l'avance. Les limites de la mutation de l'enfant avaient toutefois été claires, elle ne pouvait affecter que lui, à moins qu'une autre personne soit littéralement pendue à son cou, et le reste du monde n'était absolument pas perturbé par le phénomène météorologique qu'il choisissait de provoquer.
C'est ainsi que Charles Xavier se retrouva face à une tornade qui occupait la moitié de son bureau. Le jeune mutant était apparemment très fier de son petit effet car il ne savait produire un tel phénomène que depuis peu. Sa mère, que plus rien ne surprenait vraiment venant de sa part, avait croisé les jambes nonchalamment après avoir levé les yeux au ciel devant la bouffonnerie de son fils. Le télépathe resta lui relativement stupéfait, impressionné par le fait que rien, pas même les feuilles volantes de sa table de travail, ne soit déplacé du moindre millimètre alors qu'un véritable tourbillon de vent se tenait à un mètre de là. La tornade faisait un peu moins de deux mètres de large et s'arrêtait à un mètre du plafond, sortant de nulle part. Soudain, elle cessa aussi brutalement qu'elle avait commencé et Aleksander, un grand sourire aux lèvres, se rassit sur la chaise qui faisait face au professeur. Ses cheveux blonds étaient ébouriffés et ses grands yeux bleus pétillaient d'une joie que le professeur n'avait aucune envie de diminuer. Madame Münde prit gentiment la main de son fils et la lui serra avec un air de fierté qu'elle ne cherchait pas à dissimuler.
Charles accepta bien entendu le jeune homme dans son école, en lui conseillant toutefois d'éviter les tourbillons mortels à l'avenir, au cas où sa mutation se développerait subitement. Il n'avait que moyennement envie d'avoir encore à faire refaire la toiture.
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Aleksander s'intégra sans aucun problème à la vie du manoir. La rumeur de ce qu'il avait réussi à faire dans le bureau de Xavier se répandit comme une traînée de poudre et il fut bientôt classé dans la catégorie des mutants les plus « cools » de l'école avec Scott et Alex Summers, lequel détenait la palme depuis près de dix années consécutives. Et comme une tornade semblait l'avoir amené dans le monde magique de l'Institut, il fut renommé Oz par une Ororo complètement béate d'admiration devant celui qu'elle avait rapidement pris pour modèle. Même si ce qu'elle parvenait déjà à faire à sept ans laissait présager l'étendue immense de son pouvoir, elle était fascinée par la précision d'Aleksander et par la diversité de ce qu'il pouvait accomplir.
Lorsqu'il commença à faire froid et que le mutant sortait dans le jardin entouré de sa colonne de chaleur, elle s'amusait à se coller contre lui avant de s'en éloigner le plus rapidement possible, s'émerveillant de la différence de température. Le jeune homme, qui l'aimait beaucoup parce qu'elle lui rappelait entre autres sa petite sœur, tâchait de la distraire en produisant divers phénomènes quand elle était avec lui. Il provoqua ainsi une chute de neige dans le salon et s'amusa à entourer sa silhouette de mirages, ce qui la ravit au plus haut point.
De son côté, il essayait désespérément d'agrandir son rayon d'action pour pouvoir toucher plus de personnes avec sa mutation. Après plusieurs mois d'efforts intense, il réussit à atteindre un diamètre d'environ cinq mètres, ce qui lui permettait de couvrir l'intégralité d'une petite pièce. Il pouvait désormais toucher plusieurs personnes, ce qui était assez pratique lorsqu'ils devaient sortir sous la pluie. Il apprit également à utiliser certains phénomènes dans des buts précis, comme se servir d'une tornade comme d'un bouclier ou d'utiliser un petit éclair en guise de briquet. Et de son point de vue, la variété de ce qu'il faisait compensait largement le fait de ne pas pouvoir s'étendre davantage.
Finalement, par rapport à d'autres élèves, il ne resta pas très longtemps à l'Institut, puisqu'il dut partir quatre ans plus tard pour l'université, mais il garda contact avec nombre de ses camarades et revint souvent pour voir Ororo. À la fin de ses études de climatologie, il fut même contacté par le professeur Xavier qui lui proposa de prendre le poste de professeur de physique à l'Institut, Hank McCoy ayant décidé de se lancer dans le monde politique, mais il déclina poliment. Il avait toujours eu envie de voyager et on venait de lui proposer un sujet de recherche qui lui permettrait de se rendre dans plusieurs pays différents d'Europe et d'Asie, ce qui ne se refusait pas. Ravi de son succès, Charles lui exprima toutes ses félicitations et afficha dans les mois qui suivirent toutes les cartes postales qu'il reçut de lui sur un des murs du hall.
Hall qui, entre les cartes adressées au Professeur et celles envoyées à Ororo, fut en quelques mois presque entièrement retapissé.
D'un point de vue personnalité, je crois que c'est un des mutants que je préfère, j'aurais vraiment eu envie d'être son amie. ^^ (est-ce parce que je le conçois comme une sorte de mélange entre Anex Rider et Finnick Odair ? Possible. XD)
Merci d'avoir lu, n'hésitez pas à laisser un message et à demain !
