Salut à tous et à toutes !

Aah, ce chapitre ce sera fait attendre. D: Désoléée. D: C'est à cause de mon autre projet AkuRoku, "L'étrange sourire de la reine des citrouilles" ... Texte de l'AkuRoku day sur lequel j'ai bossé jusqu'à aujourd'hui, en fait. x_x

Enfin bref, dans ce chapitre... Introduction d'un nouveau personnage, apparition rapide d'un autre, et pas mal de psychologie, de développement, toussa... xD Quoiqu'il en soit, j'ai beaucoup aimé écrire ce chapitre (ne me demandez pas pourquoi ; peut-être parce que Roxas y réalise certaines choses ?) et j'ai hâte d'écrire la suite... J'espère que ce chapitre vous plaira. =D

Bonne lecture ! ^^


Chapitre 7 : Il paraît que les rêves oubliés ne conduisent qu'à la nostalgie

En fait, quand on lui parlait de ses « potes », y'avait automatiquement qu'un seul nom qui venait à l'esprit de Roxas ; Vanitas. Vani pour les intimes – Vani juste pour Roxas, quoi. C'était un bon pote, Vani, et ça avait toujours été un bon pote ; quoique ça dépendait des jours, de l'envie. Des fois c'était son meilleur pote et d'autres fois c'était le pire connard de toute la Terre – mais au fond, c'était ça qui faisait que le blond l'appréciait autant. Par l'emploi du verbe « apprécier », fallait cependant comprendre qu'il n s'agissait pas vraiment d'une amitié au sens auquel l'entendaient la plupart des gens ; certes, chacun des deux garçons savait soutenir l'autre lorsque le besoin s'en faisait sentir, mais jamais l'un ou l'autre n'avouerait la moindre parcelle de l'affection qu'il pouvait avoir pour son prochain – y'avait les gestes, pour ça, les taquineries, et ça suffisait amplement.
Car quiconque connaissait un tant soit peu Roxas savait qu'il était pas du genre à laisser n'importe qui le surnommer « ma poule », « mon cœur » ou « Roxy », même pour se marrer – vraiment pas.

L'adolescent aurait volontiers continué encore un peu ses réflexions au sujet de son pseudo mais probablement unique pote, mais son frère se pointa dans le salon, le coupant par la même occasion. Il se laissa tomber à ses côtés sur le sofa et, l'air de rien, lui adressa un banal sourire, un peu sympa, un peu protecteur ; la dispute d'avant devait déjà avoir été oubliée.

« Pizzas commandées, annonça nonchalamment le propriétaire des lieux, le tout en s'emparant vite fait de la télécommande de la télévision. Je pense pas que y'ait grand-chose à c't'heure-ci, tu veux voir un DVD ? »

Le cadet des deux frères acquiesça brièvement, mais aucun son ne s'échappa de sa bouche et pour cause ; si Cloud avait visiblement tourné la page sur leur engueulade, il n'était pas sûr d'en avoir fait de même, lui. Il n'avait pas l'habitude de pardonner, d'oublier si facilement – il n'était pas Axel, lui. Sur le moment il aurait été prêt à reconnaître mentalement ses éventuelles erreurs, c'était vrai ; mais maintenant il se persuadait tout seul que l'unique fautif, ça avait été son aîné, et que ce dernier, en agissant comme ça, se prenait quelque part pour l'espèce de grand attardé rouquin qui l'avait fait plus que chier ce soir-là.

Et puis, soudain, Roxas réalisa qu'il pensait vraiment de la merde.

Stop, enfin, pensa-t-il. Depuis qu'il avait foutu les pieds dans cette baraque, tout et n'importe quoi – et surtout n'importe quoi, même – avait trop tendance, bien trop tendance à lui rappeler Axel. C'était pas bon. Ni pour lui, ni pour l'estime qu'il avait de lui-même, ni pour l'image qu'il donnait alors, ni pour son entourage. Fallait sérieusement qu'il se souvienne de la raison pour laquelle il était venu ici ; était-ce pour éviter sa mère ? Pour oublier l'autre travelo débile ? Pour passer le temps, pour penser à autre chose ? Ou bien était-ce pour tout ça à la fois ? Il savait pas – eh bien, tant pis. Y'avait que deux valeurs sûres dans tout ce à quoi il avait réfléchi, jusqu'ici et si on comptait pas ses chaussures : Vanitas et la possibilité de mater un film en compagnie de Cloud.

Et ça suffisait. Pas besoin de se creuser la tête, de penser encore et encore au risque de perdre le fil de la raison et d'emmêler ceux de la logique ; comme la première option s'avérait inatteignable – même si Roxas adorait emmerder son vieux pote, et même si Vanitas ne dormait certainement pas encore, le blond n'était pas du genre à déranger les gens si tard, surtout que son ami n'était pas au courant pour Axel et se foutrait bien de sa gueule –, il ne restait plus qu'à simplement accepter la proposition de l'adulte.

« J'ai des vieux Harry Potter qui traînent, informa alors ce dernier. Une préférence ? J'ai jusqu'au trois…
– Y'a qu'à partir du quatre que j'ai bien aimé, répondit l'autre. T'as quoi d'autre ?
– Attends, je vais voir… Mais je prends ça pour un oui à ma première question. »

Il esquissa un sourire et son cadet le lui rendit rapidement ; puis ses mèches blondes en bataille disparurent un instant de la circulation, le temps qu'il plonge au plus bas niveau de l'étagère et y fouille les films entreposés à la va-vite. Il en extirpa quelques-uns, les présenta à Roxas, attendit son verdict ; mais au moment où – enfin, parce que c'était pas qu'il était difficile et chiant, mais quand même un peu – l'adolescent eut fait son choix, le léger tintement de la sonnette interrompit les deux frères dans leur discussion. Dès lors, il ne leur fallut pas moins de trois minutes pour récupérer leurs pizzas et s'installer confortablement devant la télé ; et puis c'était parti pour une super soirée tous les deux, en somme.

Ils ne terminèrent que sur le coup des une ou deux heures du matin ; mais comme l'avait si bien dit Cloud, demain, c'était samedi, et ils pourraient pioncer jusqu'à l'après-midi si le cœur leur en disait. L'aîné, en grand frère attentionné qu'il était – c'était un chic type, ce Cloud, vraiment –, se dévoua pour changer rapidement les draps du lit qu'il avait coutume de prêter à son cadet lorsque celui-ci s'invitait ou, plus rarement mais comme ce jour-là, se faisait inviter pour la nuit ; et ce n'est qu'en allant chiper une brosse à dents à la salle de bain que Roxas réalisa qu'envers et contre tout, que malgré le film et les pizzas, y'avait quand même un léger problème.

Oh, certes, c'était pas un problème très grave, d'un point de vue extérieur du moins ; mais c'en était quand même un et, aux yeux du jeune homme, mieux valait trouver un moyen de le résoudre. L'origine de sa découverte remontait à un bref récapitulatif mental – encore un – qu'avait effectué ce dernier, en fait. S'il avait bien calculé son truc, en effet, il allait maintenant aller se coucher, et le lendemain, il rentrerait chez lui à pied parce qu'il faisait toujours comme ça ; mais cette fois, c'était pas un départ planifié, bien au contraire. Et ça signifiait qu'il avait pas emmené la moindre valise, le moindre sac, la moindre affaire. Pas de pyjama, pas de lunettes ni même d'emplacement où ranger ses verres de contact – et surtout, pas de maquillage.

Par extension du raisonnement, il était dès lors facile de déduire qu'il rentrerait démaquillé – et ça, c'était un Drame. Avec un D majuscule, même. Parce qu'on risquait de le voir sous son « véritable » jour, comme on disait ; et on, ce serait à tour de rôle Cloud, d'abord – mais en soi Cloud ne dérangeait pas tant que ça –, puis un passant dans la rue, la boulangère peut-être, et puis s'il croisait un pote, sans oublier sa mère – et qu'est-ce qu'elle pouvait donner de l'importance à l'apparence, sa vieille folle de mère !
Mais le pire dans tout ça, c'était que tous ces on, c'était rien, mais alors vraiment rien, en comparaison du copain de sa mère. Il serait sûrement là, ce con – Roxas connaissait la vioque et il savait que ses mecs squattaient généralement un bon bout de temps à la maison. Alors ça allait recommencer, simplement. En plus douloureux, peut-être – et c'était tout.

Il en avait l'habitude, des copains de sa chère maman – au point tel qu'il aurait pu faire une esquisse d'un portrait robot correspondant à chacun d'eux. Presque toujours la même carrure, la même tronche de violeur-drogué-pédophile-tueur en série – barrez ici la ou les mentions inutiles –, à la limite les mêmes piercings, et surtout les mêmes caractéristiques sociales. Pas de boulot, pas de famille, un casier bien rempli et des expressions à coucher dehors – une vulgarité dépassant parfois même celle du jeune homme. De quoi faire faire flipper dans les règles de l'art, en somme.

Et pour flipper, il flippait – en vrai, là, maintenant, tout de suite. En retirant ses foutus verres de contact, en écoutant Cloud se foutre de sa gueule alors qu'il le guidait jusqu'à la chambre parce qu'il voyait que dalle ou presque, en souhaitant une bonne nuit à son frère ; mais finalement, il réussit quand même à s'endormir et à passer la nuit sans faire de cauchemar ni se réveiller au moindre bruit – au jugement de Morphée, il avait sûrement dû en faire un peu trop.


Au lendemain de cette nuit qu'il avait passée chez son frère, Roxas se réveilla tôt – dans le sens, plus tôt qu'à son habitude, bien plus tôt. Le week-end, il lui arrivait parfois – si ce n'était pas souvent ou carrément tout le temps – de flemmarder, de rester au pieu jusqu'à midi passé ; mais en ce samedi matin, il n'avait tout simplement pas envie de jouer les grosses larves. Il aurait pas su dire pourquoi – mais c'était pas si important, du moins en jugea-t-il.

Il n'avait pas fait de cauchemar. Pas de rêve non plus. Enfin, il paraissait qu'à chaque fois qu'on pionçait toute la nuit, on rêvait forcément, mais qu'on s'en souvenait quasiment jamais, de nos rêves ; et de ça, le jeune homme ne savait pas quoi penser. Il s'en foutait – il aurait bien aimé s'en foutre. Mais il lui était déjà arrivé et il lui arrivait encore de temps en temps de se réveiller avec la putain d'impression d'avoir fait un putain de rêve mais de pas s'en souvenir – et du coup, il pouvait plus s'en foutre de ce qu'il paraissait, parce que c'est ce qui lui arriva cette nuit-là.

Une drôle d'impression, en somme. Des bribes de souvenirs d'un truc qu'il avait jamais vu. Une espèce de chansonnette en tête – trois foutues notes qu'il n'arrivait plus à oublier. Des mots qu'il pigeait pas mais qui tournaient dans son esprit, tout au fond de lui, et un film qui marchait en accéléré dans sa mémoire. Tout ce putain de prétendu rêve en était réduit à ses sens : juste des impressions. C'était plus que des impressions, ce rêve.

Assis sur son lit, le front un peu mouillé. Il faisait à peine jour dehors - Roxas pouvait le voir au travers des rideaux, parce que les volets n'étaient pas complètement fermés. Ça l'énervait – ouais, ça le faisait vraiment chier de pas réussir à se souvenir. C'était comme son père – mais putain, Roxas, pense pas à ton vieux maintenant, qu'il se disait, il faut pas, il faut vraiment pas – ; tout oublié sinon des flash, des images gravées à tout jamais, des sons. Des couleurs. Ça faisait pas si longtemps, pourtant – enfin, pour être juste, y'aurait fallu dire que la séparation de ses vieux ne remontait pas à si longtemps. Les belles années, par contre, elles, les années bénies de l'enfance avec les sourires, les promenades, les pique-niques, et Cloud encore à la maison, ça, ça remontait à très, très, très longtemps.

Soudain, la porte s'ouvrit. C'était Cloud – mais de toute façon, qui ç'aurait pu être d'autre ? Y'avait que Cloud et lui dans cette foutue baraque. Que les deux frères de la famille, les deux seuls qui se supportaient encore assez pour vivre dans une même pièce plus d'une demi-heure.
N'empêche que Cloud sourit, en entrant dans la chambre, ce matin-là. Il avait l'air un peu surpris – et y'avait de quoi.

« Déjà réveillé, Roxas ? Lança-t-il sur le ton de la plaisanterie. Mais ma parole, j'étais sûr d'avoir une marmotte pour frère, moi... »

L'interpellé esquissa un bref sourire mais ne répondit pas. Il voyait que dalle, sans lunettes ni verres de contact ; les contours flous du corps de son aîné se découpaient difficilement dans la lumière, allumée dans le couloir, juste derrière lui. Et comme justement, il y voyait vraiment que dalle, le cadet des deux ne vit pas, ne se douta même pas de l'expression franchement étonnée qu'avait prise son frère. Un peu surpris, oui, ça se voyait ; mais de là à faire la différence avec vraiment surpris, fallait pas trop lui en demander, non plus.

« Roxas ? S'étonna donc Cloud en s'approchant du lit. T'es sûr que tu vas bien ? A quoi tu penses ? »

Le blond soupira, et secoua la tête. Il était pas sûr d'avoir envie d'en parler à Cloud, de ça – d'autant plus que leur père, bah, Cloud, il l'avait oublié depuis super longtemps déjà. Ou du moins, il donnait l'impression qu'il l'avait zappé de sa vie – et Roxas, est-ce qu'il l'avait vraiment zappé, lui ? Est-ce qu'il donnait l'impression de l'avoir fait ?
Il savait pas. Parce qu'on peut jamais savoir ce que les autres pensent de nous – parce que malgré le fait qu'il y mette du sien pour avoir l'air froid et classe en toute circonstance, il lui arriverait certainement un jour d'avoir une faiblesse. Il aurait jamais osé penser ça la veille ; mais son rêve, son putain de rêve de merde, ça l'embrouillait. Ça lui bousillait à moitié le cerveau, fallait croire.

« Ça va, frère, t'inquiète, finit-il par lâcher. J'm'en sors, et j'vais rentrer.
– Tu restes pas déjeuner ?
– Nan, c'est bon. Merci. »

Roxas n'avait pas l'habitude de remercier les gens – lorsqu'il y pensait, très peu de ses connaissances avaient le droit à un merci de temps à autres. Sauf Cloud. Et Vanitas. Son frère et son meilleur pote – et c'était tout. Les autres pouvaient aller crever s'ils espéraient toujours recevoir une marque de reconnaissance de sa part, et ce, en particulier si l'autre en question était sa mère.

A cet instant, Roxas réalisa qu'au fond, il était principalement entouré de mecs.
Cloud, son frère. Vanitas, son vieux pote. Et Axel, cet espèce de gros travelo de merde qu'il savait pas comment classer.
Aucune fille – et putain, pour un gamin de son âge, c'était pas normal, mais alors vraiment pas.


Emmitouflé dans son bordel de fringues, d'écouteurs et d'accessoires multiples et divers, Roxas avançait à pas rapides dans la rue encore presque déserte. C'était huit heures et demie quand il avait quitté l'appartement de Cloud, sans l'avoir embrassé ou enlacé – fallait dire qu'ils étaient pas très câlins, entre eux. Normalement, et s'il était rentré chez lui tranquillement en bus, il en aurait eu pour au maximum une demi-heure de route ; mais il avait pas eu envie de prendre le bus. Ça l'avait fait chier, c'était tout. Se coller contre les gens – même si à cette heure-ci y'avait sûrement personne –, se laisser transporter, écouter d'une oreille distraite les conversations du peuple, très peu pour lui ; ce matin-là, il avait besoin de marcher, d'avancer, de bien réveiller tous ses membres, d'écouter de la bonne musique à fond et de sentir le vent lui fouetter violemment la gueule.
Et puis, surtout, mais alors surtout, ç'aurait été la méga honte si quelqu'un qu'il connaissait l'avait vu sans son maquillage habituel.

En veillant à bien passer par les plus petites ruelles, les plus abandonnées, et celles où il était sûr et certain de croiser personne sinon des chiens errants et des chats de gouttière, il lui fallut près d'une heure et demie de marche pour revenir, finalement, chez lui – si tant était qu'on pouvait appeler cet appart' « chez lui ». Il se sentait tellement mieux chez Cloud, quand il y réfléchissait. C'était même à se demander ce qu'il foutait encore ici, pourquoi lui, il était pas encore loin, dans son propre appart', et pourquoi il revenait quand même ici, pourquoi il s'accrochait comme un con à cette baraque où seule sa chambre et la salle de bain avaient, pour lui, un quelconque intérêt.

Il soupira en s'engageant dans l'escalier de l'immeuble, grimpa les marches, une après une, se prit même à les escalader deux à deux – et putain, ce qu'il aurait donné pour redevenir un gosse, parfois, retrouver papa et maman comme ils étaient avant, jouer à nouveau avec Cloud dans les bois ou dans les prés. C'était stupide, comme souhait, et complètement irréalisable ; mais c'était un souhait quand même. Un vœu de gamin stupide et nostalgique, mais un vœu quand même.

Lorsqu'il arriva devant la porte de son appartement, il plongea sa main dans la poche de son pantalon, en extirpa son trousseau de clés, chercha la bonne, l'introduisit dans la serrure, ouvrit et entra. C'était aussi simple que ça, de rentrer chez soi – ça aurait pu l'être, néanmoins, si seulement y'avait pas eu sa mère juste derrière cette foutue porte. Il avait pas envie de la voir, cette vieille folle. Pas envie de l'écouter déclamer ses conneries, pas envie d'entendre un seul mot au sujet de son enfoiré de nouveau mec que le blond ne connaissait même pas, et pas envie de croiser ledit copain tout court.

« J'suis rentré ! Beugla-t-il sitôt qu'il fut dans l'entrée, avant de claquer la porte. T'es là ? »

Il avait pas besoin de crier, pourtant, mais il l'avait fait quand même – rien que pour emmerder cette vieille peau de vache qui lui servait de mère. Il détestait sa mère, il détestait ses mecs qui changeaient tous les mois, et il détestait cette vie plus que tout au monde. Il voulait voir Cloud, envoyer un SMS à Vanitas, retrouver son père et les pique-niques – parler à Axel.

« Roxas ! Entendit-il soudain hurler la voix de sa mère. Tu peux pas t'empêcher d'hurler, hein ? Heureusement que Kévin est parti ! »

Kévin. Ah, c'était donc ça, le super prénom du super nouveau mec de sa traînée de mère. Cool. Ou pas. Ça devait être un sacré connard – et pas qu'à cause de son prénom, mais simplement parce que c'était un copain à sa chère maman. C'était dingue, mais à force, Roxas pouvait classer les gens en catégorie suivant les liens qu'ils entretenaient avec la vieille folle. Celle-ci s'énervait toute seule, d'ailleurs ; mais ça changeait pas de d'habitude.

« Au fait, Kév' s'installe chez nous demain, hein ! Ajouta alors l'adulte, visiblement du fin fond de sa chambre. Alors évite de le traiter de clochard, s'te plaît ! »

L'adolescent ne répondit pas et alla directement s'enfermer dans la salle de bain. Sa trousse de maquillage, ses lunettes, des tas de trucs à lui traînaient là – et y'en avait mille fois plus que tout le bordel qu'il avait bien pu, un jour ou l'autre, abandonner chez son frère. Il allait se maquiller – ça le détendrait, et puis peut-être qu'il se sentirait un peu mieux, comme ça. Peut-être que sous ses six tonnes de maquillage habituelles, il se sentirait plus comme le nouveau Roxas, et qu'il oublierait d'avoir envie de redevenir un gamin.

Mais avant tout cela, il ferma la porte à clé – à double tours. Et il se laissa tomber tout contre. Pas de message sur son téléphone – ni de Cloud, ni de Vanitas, ni d'Axel. Personne n'avait cherché à le contacter – tout comme il n'avait cherché à contacter personne. Ça lui donnait envie de pleurer ; il aimait la solitude, certes, mais pas tant que ça, au fond. Juste quand ça l'arrangeait. Et même si Axel le faisait chier, même si ce fils de pute de sale travelo l'avait carrément insulté la veille, le blond ne pouvait s'empêcher d'avoir envie de lui parler – à lui plutôt qu'à Vanitas ou à Cloud.
Parce qu'il était différent.

Mais il n'enverrait rien à Axel. Tout comme il n'irait pas au parc cette après-midi-là. Il avait pris sa décision – et il emmerdait grave ceux qui pensaient différent. Il resterait cohérent, quitte à devoir faire la gueule pendant des plombes.
Et toute cette foutue nostalgie, tout ce besoin de compassion et de présence humain, ça finirait bien par lui passer, de toute façon.


Et voilà pour ce chapitre, un peu plus long que les autres. =)

J'espère que ça vous a plu ! ^^ J'essaie de boucler le chapitre 8 pour la semaine prochaine. =)