Hello tout le monde !

... Je sais, j'ai aucune excuse. T.T Enfin presque... C'est la rentrée, vous avez remarqué ? J'ai repris les cours y'a pas mal de temps, okay, j'avoue, sauf que... C'est très... Même pas difficile, juste long et chiant au point que j'ai quasiment plus de temps pour écrire, et ce même si je viens (en théorie) d'avoir une semaine de vacances. T_T J'en peux plus, j'avoue... xD Genre là, j'ai envoyé valser mes devoirs de français pour écrire un peu (tant pis, je les ferai pas, c'est pas si graave. xD)

Donc, pour faire le point sur l'avancée de la fic... Voici le chapitre 9. Non, je n'abandonne pas ce projet. Je le reprends, le continue, et y travaille, et je le continuerai jusqu'à la fin même si chaque chapitre doit me prendre six mois. XD Pour le moment, je vais finir la journée en travaillant sur le chapitre 10, et j'espère pouvoir vous offrir un truc plus ou moins potable en guise de dixième chapitre d'ici... Deux semaines ? J'espère. =/ J'ai décidé de prendre plus de temps pour mes fics et moins pour mes devoirs, en tout cas. xD

Au niveau de ce chapitre, apparition d'un nouveau personnage (j'espère) très attendu. Je l'aime moins que le précédent, mais suis assez contente de certains passages, et puis c'est une sorte de transition, quelque part, il sert à introduire une nouveauté. =)

Bref, je vous laisse à la lecture, avec toutefois un dernier petit mot : si musique vous voulez, je vous conseille celle-ci : www .youtube .com/watch?v=0GeDI2sllVM (Enlever juste les espaces =))
C'est une très jolie chanson que j'ai écoutée au long de l'écriture et, si les paroles ne correspondent pas du tout à l'ambiance, la mélodie s'en rapproche plutôt. xD

Bonne lecture. =D


Chapitre 09 : Il paraît que les amis sont là pour ça

It's raining again.

Ça avait commencé doucement, pourtant. L'affaire de quelques gouttes, les unes après les autres, errant sans but dans le ciel grisonnant d'un lundi matin quelconque, avant d'échouer sur le sol. Pauvre merde. Quelle pauvre merde que cette pluie complètement paumée dans une ville, dans un monde ou personne ne voulait d'elle.

Parfois, Roxas se disait que c'était pour ça qu'il aimait tant la pluie – parce que c'était une pauvre merde dont personne ne voulait. Et parce qu'il lui arrivait, au fond, de se sentir un peu comme elle. Quand ça faisait si mal dans sa poitrine, par exemple – quand il ne pouvait s'empêcher de penser et de repenser et de penser encore à des putains de trucs comme ceux qui s'étaient produits la veille, aussi.

It's raining again.

Tout comme l'anglais qui lui venait automatiquement à l'esprit, la pluie lui rappelait de mauvais souvenirs, cette fois. Pour l'anglais, c'était normal ; pour la pluie, ça l'était moins. Comment pouvait-il se détourner comme ça, d'un coup, d'une pluie qu'il avait tant aimée, et qu'il aimait tant depuis des années ? Comment pouvait-il la voir, la sentir sur sa peau, debout à l'arrêt de bus, tout seul en plein brouillard, et ne pas avoir envie de fermer les yeux, rien que pour l'écouter, ne pas avoir besoin de courir, de crier, de l'avoir contre lui, en lui, tout contre sa peau, tout le temps ?
Il aimait la pluie, passionnément, comme une maîtresse capricieuse et possessive, mais il semblait que depuis la veille, les charmes de cette dernière s'étaient plus qu'atténués.

It's raining again.

Troisième fois que cette phrase lui venait à l'esprit – troisième fois, en anglais, peut-être parce que les écouteurs sur ses oreilles diffusaient de l'anglais, ou peut-être parce qu'il avait tendance à trouver la formulation de cette langue un peu plus jolie. Ou peut-être simplement parce que ça lui parlait plus, comme ça. Il n'en savait rien et ne voulait pas savoir – sur la route face à lui, le bus qu'il attendait se profila peu à peu au travers de l'épais brouillard, et s'arrêta sous ses yeux, en un léger grincement.
Calmement, d'un pas ni assuré ni pourtant angoissé, il s'approcha du véhicule et s'y engouffra. Les portes, dans son dos, se refermèrent dans ce mouvement disgracieux qui leur était si propre ; clac-clac, et c'était tout. L'air conditionné à l'intérieur frôla son corps, refroidit un peu ses mains mouillées – le reste de son corps, intact, sinon protégé de son manteau, resta sec, et il ne s'en soucia pas.

Sans regarder vraiment qui se trouvait dans ce foutu bus, sans non plus pester contre ce foutu lycée où il avait pourtant pas foncièrement envie d'aller, il balança son sac sur un siège et prit celui d'à-côté – d'ici trois arrêts, le véhicule serait bondé, et lui, ça lui ferait bien plaisir d'emmerder les gens trempés en squattant deux places. Par ailleurs, maintenant, c'était peut-être tout ce qu'il lui restait, en fin de compte.
Tremblant un peu, ses doigts gelés cherchèrent un instant son iPhone dans sa poche, puis ils glissèrent sur l'écran de l'appareil, ordonnèrent quelques actions, jouèrent à s'y promener – Roxas, lui, ne pouvait s'empêcher de regarder par la fenêtre. La pluie – de l'eau. De l'eau, tombant, échouant, rapide – rapide et douloureuse mais pas brûlante, non.

Cette pluie-là était glacée en comparaison de la douche qu'il avait prise la veille.
Se renfrognant un peu, il pesta – de toute façon, c'était sa faute. A lui – à Axel. Il détestait ce mec ; à la fois il s'interdisait de penser à la veille, et de penser à lui, mais plus il se l'interdisait plus il y pensait, et cet espèce de bordel dans son esprit lui était plus que pas bon, parce que ça lui foutait mal au cœur et parfois, même que ça lui donnait presque envie de pleurer. Agacé, il secoua violemment la tête, et ébouriffa ses cheveux blonds d'un geste nerveux ; une fois encore, il râla, à mi-voix cette fois-ci, et augmenta le volume de son baladeur.

Il ne fallut qu'une vingtaine de minutes au bus pour s'arrêter juste au bon endroit, devant le lycée ; un grincement, l'horrible clac-clac des portes, il descendit, nouveau clac-clac, le brouillard s'était un peu dissipé – à croire que l'heure, dans la ronde folle et inexorable de ses secondes et de ses minutes, l'avait sauvagement emporté, et c'était quand même dingue, à y penser comme ça.

L'air blasé, l'adolescent laissa l'habitude guider ses pas jusqu'au bâtiment ; il leva les yeux, un instant, le toisa, un sourcil relevé, le provoqua de cette expression aussi dédaigneuse qu'indécente qui lui était si propre – pas qu'il s'attendait à un truc en particulier, simplement qu'il emmerdait fort cette baraque et tous ceux qui l'occupaient, et qu'il avait besoin de le montrer un peu. Un regard balancé à l'arrache tout autour de lui, dans la cour du bahut, lui apprit qu'aucun prétendu pote – bon, autant l'avouer de suite, que Vanitas – n'était présent, et ça laissait présager qu'il allait se faire chier pendant un bon moment encore.

Pour dire vrai, il aurait bien aimé croiser Vanitas – ça devait faire des semaines qu'il l'avait pas revu, après tout, mais fallait dire qu'avec le caractère dudit Vanitas, c'était normal. Présent, parfois pas, souvent pas même, plus vieux de deux ans aussi, il avait à la fois le rôle du fauteur de troubles et celui du cancre au fond de la classe – à noter que généralement Roxas était assis à côté, mais dérangeait moins, il préférait écouter de la musique –, vivait seul en appartement depuis qu'il en avait eu l'âge et se faisait un peu trop souvent porter absent sans raison valable pour être crédible lorsqu'il se prétendait malade.

Pas de Vanitas, donc – une fois de plus, Roxas commençait à y être habitué, mais quand même, ça le faisait bien chier. Il avait envie de se plaindre. Il aimait bien se plaindre, Roxas. C'était cool. Ça affirmait encore plus son caractère de merde – et quoique le peuple en dise, lui, il l'aimait vachement, son caractère de merde.
L'espace d'une seconde, la veille lui revint soudain en mémoire – mais il s'empara d'un balai mental et chassa vite fait ses putain de souvenirs qui avaient intérêt à plutôt rester enfoui assez profondément dans son esprit. Il croyait pas ceux qui balançaient à tort et à travers que tout le monde pouvait changer ; et puis il voulait pas changer, lui, de toute façon. Il croyait pas qu'on pouvait se laisser influencer contre son gré par une présence, par contre, ou par un événement, ou par il savait pas trop quoi – alors il avait décidé que les conneries d'après-la-douche, c'était fini, qu'on allait oublier, qu'il s'en souviendrait bientôt plus et que ça l'emmerderait plus jamais de toute sa vie.

Et généralement, quand Roxas avait décidé de quelque chose, il s'y tenait dur comme fer – généralement. Mais peut-être qu'en fait, il savait juste pas que tirer une croix sur certains trucs, c'était pas toujours aussi facile que ça en avait l'air.

En entrant dans la classe, il était calme, pourtant. Un pas, deux, trois le menèrent à sa place, tout au fond de la classe ; regard mauvais pour les intellos du premier rang, mouvement dédaigneux de la tête pour les racailles de l'avant-dernier – le genre de types qui se la pétaient un max et croyaient tout comprendre à tout alors qu'ils avaient pas une expérience de vie digne de ce nom – et il s'assit, jetant sur le pupitre son sac à dos.

Autour de son cou, les écouteurs diffusaient toujours de la musique, mais un peu moins fort – juste pas assez fort pour que la prof entende, en fait, mais juste assez fort pour que l'adolescent en profite pleinement. C'était le pied, qu'il se dit. Musique, cours chiant – français – mais pas besoin d'écouter, et il pouvait même prendre toute la place sur le bureau parce que Vanitas s'étalait pas à côté. Le pied. C'était le pied, vraiment, si on oubliait le petit mal à son cœur et la légère douleur dans les poumons, les oreilles qui grésillent un peu.

Deux-trois minutes plus tard, ça sonna et le blond pesta en silence ; ce matin était l'un de ceux, particulièrement chiants, où il n'avait clairement rien envie de faire. D'autant plus que Vanitas n'était pas là pour discuter, faire de l'origami, dessiner des conneries – ceci n'empêchant pas que Vanitas dessinât très bien – sur les feuilles de cours ou simplement balancer des bouts de gomme sur ceux du premier rang.

Roxas soupira. C'était gamin, comme comportement, mais fallait dire que, depuis des semaines qu'il n'y avait pas eu droit, ça commençait à lui manquer.

Le cours avait commencé depuis même pas un quart d'heure et déjà, coudes contre table et menton contre paumes, le jeune homme bâilla sans chercher à se retenir ; mais à cet instant-là, soudain, sans prévenir, la porte de la classe s'ouvrit à la volée et aussitôt, tous les élèves comme leur enseignante tournèrent la tête en sa direction. Le blond, lui, ne put effacer un léger sourire de son visage ; il hésita seulement à regarder là-bas, vers cette putain de porte, parce que de toute manière il savait qui c'était. C'était quand même dingue, quand il y pensait, de pouvoir reconnaître son meilleur pote à la manière dont il ouvrait une porte – mais c'était vrai.

« Bonjour, Madame, j'me suis perdu, désolé ! »

C'était dingue aussi, mais dès cette intervention, Roxas eut l'impression que la journée au complet se passerait mieux que prévu – et c'était pas un pressentiment à la con, cette fois-ci. Juste une putain de conviction impossible à extraire de son cœur et de son esprit.


Par définition, les cours avec Vanitas se passaient toujours super bien.
C'est donc avec un léger sourire que Roxas sortit de la classe quand, au son de cette cloche répétitive et assourdissante, démarra la première pause de la journée ; empoignant son sac d'une main, il en extirpa quelques pièces argentées et fit genre qu'il avait pas remarqué son pote – auquel il avait pourtant plus que parlé en cours – et se faufila dans l'escalier bondé pour arriver au distributeur, près de l'entrée. Une, deux rondelles de métal dans ce truc, et voilà qu'il recevait un berlingot de délicieux jus de pomme ; que demandait le peuple ?

« Hé, gamin, entendit-il prononcer une voix bien connue dans son dos, allez, file le jus, s'tu veux pas avoir des emmerdes. »

Réflexion faite, le peuple ne demandait que Vanitas – et le truc absolument magique c'est qu'il était là. D'ailleurs, en ado mal dégrossi qu'il était, il prit d'une main l'achat du blond – celui-ci protesta tout de même, pour la forme – et, sans se soucier des microbes ou des baisers indirects, en but une ou deux gorgées.

« Parle pour toi, connard, répondit Roxas non sans un léger sourire. Ça va bien, de te prendre deux semaines de vacances gratos ?
– Deux semaines et demi, rectifia l'aîné des deux en entraînant son camarade vers une table sur laquelle il s'assit, tandis que l'autre prenait une chaise. Et c'était méga cool, t'imagines même pas. »

Le blondinet récupéra son berlingot de jus de pomme d'un geste expert et en porta la paille à ses lèvres, se laissant à moitié tomber sur la petite table où il appuyait ses coudes. Décidément, il avait pas changé, Vanitas – rien à foutre de l'école, du boulot ou du reste, suffisait que ses parents paient encore son loyer et deux trois trucs du style pour qu'il soit content.
Et visiblement, au moins, c'était pas papa-le-chef-d'entreprise que ça dérangeait.

« Tu vas avoir des emmerdes avec la direction, fit nonchalamment Roxas, tout en sachant que l'autre ne l'écouterait pas.
– Rien à battre ! Répondit effectivement Vanitas. Ils ont l'habitude, t'façon. »

Il marqua une pause dans son discours et le blond termina son jus de fruits en faisant un max de bruit, avant de tordre la paille pour la foutre dans le berlingot et compresser le tout entre ses deux petites mains. Depuis gosse qu'il faisait ça et ça l'éclatait toujours autant – l'était pas belle, la vie ?

« Au fait, à propos d'habitude, tu te ramènes à la maison, après les cours ? »

La vie était belle, mais clair. Roxas acquiesça et balança son berlingot compressé vers la poubelle, dans laquelle il atterrit juste pas – mais c'était pas grave, le concierge aurait qu'à ramasser. Pour sa part, fallait qu'il retourne en cours, et qu'il expédie rapidos cette longue journée chiante ; parce qu'il avait déjà hâte d'être à ce soir, et de zapper tous ses problèmes pour une soirée avec son meilleur pote.


Plic, ploc.
Mais en beaucoup, beaucoup, beaucoup plus rapide.
Ça lui rappelait de mauvais souvenirs. Il aimait la pluie, pourtant – mais pas aussi fort, pas alors qu'à l'intérieur de l'appartement il avait aussi chaud, pas alors que son esprit laissé seul un quart d'heure aimait à se perdre on-ne-savait-trop-où.

Lentement, Roxas ferma les yeux, et appuya son front tout juste séché contre la vitre humide, pleine de buée, unique frontière entre dedans et dehors, à mi-chemin entre le chaud et le froid, autant d'un côté que de l'autre – parfait exemple d'égalité, peut-être. Ça mouillait un peu sa peau, en tout cas ; ça faisait froid, aussi, mais fallait avouer que c'était pas si désagréable que ça. Sur ses joues, il sentait tomber la masse mi-raide mi-bouclée de ses cheveux mouillés par la pluie, à peine épongés par la serviette sur ses épaules. Pourquoi, bordel, pourquoi fallait-il que la pluie, le froid, son visage mouillé et sa solitude le temps que Vanitas trafique on-savait-pas-trop-quoi dans la cuisine, lui fassent forcément penser au passé, à un certain enfoiré, à un moment hyper désagréable de son existence, à un connard sans nom ?

De la fenêtre, le blond pouvait apercevoir une rue bondée de gens, et ouvrir les yeux le calma – heureusement. Ses pupilles, fatiguées de la journée peut-être, coururent un instant sur ces passants, certains sous leur parapluie et d'autre la tête nue à la pluie, en suivirent un ou deux, brièvement ; mais sous le ciel gris les gens semblaient tous les mêmes. Tous vêtus de noir, de gris ou de brun, ils se hâtaient dans la rue, traversaient en hâte devant les voitures grises ou noires qui s'arrêtaient de justesse là où il n'y avait pas de passage piéton, et tout ça, ça formait un peu comme une grosse masse grise.

Ça faisait presque du sur-place, à vrai dire. Ça bougeait, mais ça avançait pas. Soudain, une gamine en anorak rose pâle traversa la route sans regarder à droite ou à gauche – rien à battre de sa vie, visiblement. Le fait est que ça forma quand même un petit bol d'air dans la grosse masse, et Roxas retint – facilement – un sourire un peu moqueur. Et puis après, elle disparut, et c'était revenu, la monotonie, cette vie morne des habitants d'une cité tout aussi morne. Pas de couleurs, pas de couleurs dans leur existence – et au fond, peut-être que c'était mieux comme ça.

Il en avait vu, de la couleur, lui. Du rose, du rouge, du bleu – bleu-jeans, rouge-cheveux et rose-parapluie.
Autant de couleurs qu'il aurait préféré ne jamais voir de sa vie – enfin, il croyait. Il croyait. Et tout comme c'était le bordel dehors, c'était le bordel dans sa tête. Mais bordel, qu'est-ce qu'il lui avait fait, à ce con ? Et puis surtout, qu'est-ce qu'il lui avait fait, ce con ? Comment il avait réussi à changer Roxas, le Roxas, l'indomptable Roxas d'avant qu'était si bien et qu'avait tellement besoin de personne ?

D'un air rageur, le jeune homme détourna le regard de cette foutue fenêtre. L'enfoiré-dont-il-ne-voulait-pas-prononcer-le-nom avait qu'à être dehors, à traverser comme la gosse, et à se faire renverser, lui, il en avait rien à battre, et même qu'il voulait croire qu'il l'espérait. Un dernier regard à la vitre lui permit de s'en servir comme d'un miroir ; cool, c'était l'heure de se remaquiller, maintenant, et surtout, ne pas chercher à comprendre pourquoi y'avait de la flotte sur ses joues, valait mieux pas.

J'crois y'a tout qui se casse la gueule.

Vanitas entra dans le salon, une large assiette de biscuits entre les mains, et la déposa sur la table. Roxas, s'emparant dans son sac de la trousse de maquillage qu'il emmenait toujours partout avec lui, passa à côté de lui sans même le regarder ; et le propriétaire des lieux, étonné, ne put rien faire sinon remarquer les rougeurs à ses yeux, la tristesse dissimulée dans son regard – y'avait un truc qui allait pas, décidément.

Le blond poussa avec force la porte de la salle de bain avant de s'y engouffrer, et il jeta sans ménagement sa serviette sur le rebord de la baignoire encore inutilisée. Il prendrait peut-être un bain, après, ça pourrait être une idée – peut-être qu'il le ferait chez son pote, ou peut-être qu'il le ferait chez lui, et peut-être même qu'il le ferait pas, mais c'était pas trop sa préoccupation du moment. Il avait sa trousse qu'il posa sur le rebord du lavabo, du démaquillant et des mignonnes petites rondelles de coton dans l'armoire à pharmacie de Vanitas, et ça suffisait pour le moment – il avait besoin de rien d'autre sinon de se sortir quelques pensées à la con de la tête.

Finalement, il reparut une vingtaine de minutes plus tard ; à nouveau présentable, comme il disait. Comme sa grosse veste pleine de badges et autres pin's en tous genres gisait quelque part dans l'entrée, c'était pantalon noir et large au niveau des mollets qui finissait dans ses bottes, super t-shirt avec une tête de mort, des chaînes autant en bas qu'en haut et une paire de mitaines noires – mais surtout il était à nouveau bien maquillé, les cheveux secs qui bouclaient un peu dans sa gueule, et c'était parfait comme ça. Vanitas, lui, s'était assis sur le canapé du salon et avalait les cookies de l'assiette un à un, visiblement pas décidé à attendre Roxas pour bouffer. Haussant les épaules, le blond s'approcha de lui ; mais sitôt qu'il se laissa tomber sur le sofa, il sentit la main de son meilleur pote agripper son poignet.

« J'crois qu'on a plein de trucs à se dire ! Lança-t-il directement, l'air un peu inquiet, un peu surpris, comme si un truc louche venait de se passer. Alors Roxy, quoi de neuf dans ta life ? Ça va l'amour, le sexe, la drogue ? »

« Roxy » s'était un peu crispé à la première phrase de son camarade mais dès la seconde il se détendit – bon sang, pensa-t-il, fallait pas qu'il soit si tendu, il connaissait Vanitas et savait qu'il savait pas être trop sérieux, ce crétin. Alors, il piocha un biscuit dans l'assiette et le porta à ses lèvres, tandis que son pote esquissait un sourire moqueur.
Comme d'hab', pensa le blond lorsqu'il mordit dans la pâte molle du cookie. Tout était absolument normal. Et fallait qu'il cesse de se laisser convaincre du contraire.

« Ma vie est parfaite, répondit nonchalamment Roxas, et il se saisit de la télécommande abandonnée sur l'accoudoir pour allumer la télé, juste devant eux. Rien de neuf, tout va bien.
– T'es sûr ? »

Quelque chose dans la voix de Vani laissait croire qu'il ne plaisantait plus – et ça, ça craignait un max. Roxas zappa sur une chaîne de dessins animés mais son pote ne le lâcha pas du regard – clair, ça craignait un max.

« T'étais bizarre, tout à l'heure, finit par lâcher le propriétaire de l'appart'. Me mens pas, j'te connais depuis six plombes, je sais que y'a un truc qui foire...
– Bah, je... »

C'était bizarre que Vanitas s'inquiète pour lui, en fait. Vanitas, il s'inquiétait jamais pour personne. Parce qu'il aimait personne et que personne l'aimait, en fait. Sauf que là, c'était différent – là Roxas était chez lui, en train de bouffer des biscuits devant la télé avec lui, après avoir squatté sa fenêtre et sa salle de bain, et le Vani que tout le monde considérait comme un connard en puissance s'inquiétait pour lui. C'était bizarre - mais bizarrement c'était pas désagréable.

Roxas pouvait seulement pas lui dire. C'était pas possible. Il pouvait juste pas lui parler de l'autre tarlouse ; et puis Vanitas comprendrait pas, c'était pas son truc, clair qu'il pigerait pas, et il se foutrait de sa gueule, forcément, et c'était le dernier truc que le blond voulait, alors il lui dirait pas, fin de l'histoire. Restait que son meilleur pote attendait une réponse – et que peut-être qu'au fond, il avait besoin de parler de quelque chose avec lui, d'un truc de sa vie qu'il partagerait avec ce pauvre type prêt à l'accueillir chez lui, à lui filer une serviette pour ses cheveux et quelques cookies pour son bide, juste parce qu'au fond ils étaient amis.

Amis. Ça aussi, ça sonnait bizarre.

C'est alors qu'il pensa à sa mère – à sa mère, et à son connard de petit copain.


Et voilà ! ...

Pitié me tuez paaaas. é_è Je promets que je vais faire revenir Axel très bientôt. Promiiis. é.è

En attendant, j'espère que vous n'êtes pas trop déçus, malgré la longue attente... Et que vous ne me détestez pas pour ça... Et que je vous ai pas tous faits fuir... Désoléée. T-T