Salut tout le monde !

Je suis pas régulière dans ma publicatiooon. ._. Mais bon, explications... Ce mois-ci, c'est le NaNoWriMo : et le challenge, c'est de faire 50'000 mots en un mois. Par conséquent, j'avance cette fic, ainsi qu'un original, et je change quand l'inspiration me fait défaut pour un texte ou l'autre.

Attendez-vous par conséquent à un peu plus de chapitres ce mois-ci. ^^ Soit dit en passant, je suis bien contente, je vous présente aujourd'hui mon premier chapitre à deux chiffres sur cette fanfic ! XD Au niveau du nombre de mots, ça fait de cette fanfic la plus longue que j'ai publiée sur ce site.

Bref. Niveau programme, c'est encore du Vanitas cette fois-ci, désoléée. é_è Confessions et racontage de life, apparition d'un nouveau personnage, et toujours de l'Axel en toile de fond. Il est jamais là en chair et en os, mais en pensée il reste présent ! XD

Bonne lecture. ^^


Chapitre 10 : Il paraît que le problème, c'est la fierté

Kév' et Lili.
Un trou du cul et une pétasse en puissance – eux aussi, ils en avaient fait de belles, et parfois c'était à se demander qui d'eux ou d'Axel le faisait le plus chier. Mais quoiqu'il en soit, si le travelo devait rester loin – très loin, même – de ses pensées pour le moment et pour encore pas mal de temps si possible, Roxas pouvait bien se plaindre de sa mère auprès de son meilleur pote, surtout si celui, maso dans son genre, ne demandait que ça.

« La mère, finit-il par balancer, et il soupira. Nouveau copain, elle est encore plus conne qu'avec le précédent, t'imagines la galère ? Et en plus j'te parie grave qu'il va squatter à la maison. »

Il choppa un nouveau biscuit dans l'assiette et le bouffa aussitôt, histoire de passer ses nerfs sur quelque chose ; Vani, quant à lui, lui jeta un regard en coin, accompagné d'un petit sourire, dans le genre qui voulait dire "tiens-toi tranquille deux secondes, mec, j'viens d'avoir une idée du tonnerre". Alors, le blond, un peu intéressé, fallait l'avouer, tourna la tête vers son pote et l'interrogea rapidement du regard.

« J'ai une idée, mec, fit effectivement Vanitas, mains jointes et avant-bras sur les cuisses.
– C'est bizarre, répondit l'autre, comment j'm'en doutais pas...
– Roh, ta gueule. Tu d'vrais être content en plus ! Ça te dit de venir vivre avec moi ? »

Quoi ?
Roxas s'étrangla à moitié avec son biscuit – pas possible, il avait dû mal piger, là. Vivre avec lui. Vivre avec Vanitas. Supporter cet espèce de connard aussi chiant que drôle, autant son pote que son pire ennemi, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, tout le temps, manger-jouer-bosser avec lui, tout le temps, tout ça, tout le temps.
A peine croyable.

C'était quelque part entre son plus beau rêve et son pire cauchemar.
Sitôt la première surprise passée il se prit à s'imaginer ainsi, le lendemain, le surlendemain, ou quelques jours après ; ramasser tout le bordel dans sa chambre, la fermer à clé, emporter la clé, dire à sa mère « J'me casse, la vieille », la laisser avec son mec, abandonner tout ça, et puis se casser, se casser, partir enfin, en-fin, comme il s'était promis de le faire sitôt qu'il aurait l'âge de le faire.

Il avait pas l'âge de le faire – il s'en foutait, mais alors com-plè-te-ment. Rien à battre de l'âge, il avait le pote parfait pour refaire son quotidien de A à Z, et rien à battre de ce que la vieille peau lui balancerait à la face lorsqu'il lui annoncerait, plus radieux que jamais, qu'il se barrait. Un truc de malade, cette histoire – « hé la mère, à plus, j'me barre ! »

Et puis soudain, tout à coup, il réalisa un truc – et pas des moindres, le truc en question. Vanitas. Son pote. Son seul pote ; son meilleur pote, donc, forcément. Un mec. Et s'il disait oui c'était avec ce mec-là qu'il allait vivre ; mais vivre, bordel, en coloc' avec un autre gars alors qu'il était habitué à ne supporter que sa vieille salope de mère et ses fringues, son comportement, sa tronche et ses habitudes et tous ses trucs de fille.
Ça faisait encore moins de nanas dans sa vie, mais surtout ça lui faisait encore plus penser à l'autre enfoiré auquel il s'était pourtant promis de ne pas penser – et merde, à la fin, mais qu'est-ce qu'il pouvait faire contre tout ça ? Qu'est-ce qu'il devait faire ? Accepter ou refuser ? Refuser ou accepter ?

Sa mère ou Vanitas, Vanitas ou sa mère ? Le copain, la mère, et Vani qui lui semblait tellement parfait à côté de ces deux abominations d'une nature à moitié déformée ; une fois de plus c'était le bordel entre ses pensées emmêlées et dans sa tête ça devait être encore pire que dans sa chambre, mais il se dit qu'au moins Vanitas savait le faire rire et que, de toute façon, fallait bien qu'il se barre un jour.
Alors il allait se casser et simplement dire ouais à son meilleur pote – et tant pis pour le reste. T'façon, il avait un grand appartement, le pote ; suffirait qu'ils soient dans une chambre séparée, et tout irait pour le mieux. Ouais, c'était ça ; y'avait pas raison de s'en faire. Vraiment pas. Vraiment pas, hein ?

« Roxaaas, ça va ? L'appela soudain son ami, et il posa une main sur son épaule pour le secouer mollement. Tu fais des têtes bizarres, là, tu sais ? Et ça te va pas de sourire. »

Ni une, ni deux, le blond s'écrasa aussitôt la gueule en plein dans la réalité et il aurait pu s'y péter le nez s'il n'avait pas effacé si rapidement de son visage l'expression hébétée qui s'y était installée.

« Ah, heu, bafouilla-t-il, nan, mais, en fait, j'réfléchissais, et j'me disais-
– Que tu acceptais avec joie, coupa Vani, tout sourire, quoiqu'un peu moqueur. J'ai pas raison ?
– Bah... Ouais, on va dire ça comme ça. »

En guise de réponse, Vanitas sourit – sûrement qu'il était content, quelque part. Peut-être que finalement ça lui plaisait pas tant que ça de vivre tout seul ; et en même c'était vrai que, si Roxas ne rêvait depuis toujours que de ça, habiter avec un pote comme Vani lui semblait limite plus attrayant. Alors, il fit un truc juste incroyable – il sourit en retour.
Et son meilleur pote n'avait qu'à aller se faire foutre s'il comptait lui répéter que le sourire, ça lui allait pas bien.

D'ailleurs, le propriétaire des lieux ouvrit la bouche, un sourire au coin des lèvres, comme pour lancer au blond quelque réplique acerbe ; mais soudain, le téléphone sonna.
Mais ouais, c'était vrai qu'il avait carrément un téléphone fixe, le Vanitas – Roxas se rappelait même que le père ou la mère de son pote l'appelaient toujours sur le fixe, et jamais sur son portable, on savait pas trop pourquoi. Cependant, ça devait pas être trop dans leurs habitudes de téléphoner si tard – quoique, peut-être...

« Vais répondre, lança Vani en se levant, nonchalamment. Ça doit être mon vieux. »

Roxas le suivit des yeux lorsqu'il contourna le canapé, choppant un énième biscuit au passage pour le glisser rapidos entre ses lèvres, et quand il décrocha d'un geste las le combiné pour le porter à son oreille.

« Allô ? »

Il avait dit ça d'un ton qui lui donnait l'air d'en avoir tellement rien à foutre que l'adolescent toujours assis ne put s'empêcher de se marrer un coup ; c'était bien du Vanitas, ça, mais clair. Il avait calé le combiné noir entre son épaule et son oreille, glissé une main dans sa poche, et surtout il bouffait en téléphonant, alors qu'il était même pas sûr d'avoir un parent au bout du fil – ouais, sans aucun doute possible, Vanitas tout craché.
Le Vanitas qui était le meilleur pote de Roxas, le Vanitas avec qui il allait vivre, et putain, c'que c'était cool de se dire qu'il allait larguer sa vieille mère pour un type aussi marrant – fini la relation maman-gamin, et bonjour les fous rires entre potes.

« Hein ? »

Roxas tressaillit lorsqu'il entendit son meilleur ami prononcer cet unique mot – ça, par contre, ce n'était pas normal. Il y avait comme quelque chose de faux dans son intonation, dans sa voix qui déconnait un peu, et tout à coup le blond se demanda si y'avait pas un problème avec cet appel à la con.

« Hm, finit par acquiescer Vanitas après quelques minutes de silence. Je passerai demain. Merci. Au revoir. »

Vanitas qui parle calmement.
Vanitas qui promet un truc – et pas une promesse en l'air, hein, un vrai truc, sur un ton sérieux.
Vanitas qui a l'air inquiet alors que c'est visiblement pas pour Roxas.
Vanitas qui dit merci.
Vanitas qui dit au revoir.
Mais bordel, c'était quoi le problème avec ce type ? Et puis c'était qui à l'autre bout du fil ? Quel connard avait bien pu téléphoner aussi tard, juste pour pourrir la soirée qu'avait pourtant si bien commencé ? Le blond savait pas qui c'était, mais s'il l'apprenait, clair qu'il lui ferait la peau – parce qu'à cause de lui, sitôt qu'il tourna la tête en direction de son pote, il put le voir trembler un peu, et il comprit que maintenant c'était un peu beaucoup la merde.

« Heu... Vani ? »

L'interpellé ne répondit pas – il reposa le combiné, doucement, la tête un peu baissée, et sûrement qu'il avait l'air triste, sur ce visage qu'il cherchait visiblement à lui cacher. Et puis tout à coup, sans prévenir, Vanitas pivota sur ses talons, la tête aussi normale que d'habitude. Roxas, sourcil levé, l'examina d'un bref coup d'œil ; mais un sourire mesquin naquit au coin de ses lèvres et c'était tellement plus facile de ne pas noter ce petit truc qui allait pas dans ses yeux.

« C'était que dalle, lança le jeune homme, même si ça sonnait faux, et même si c'était juste complètement évident qu'il essayait de cacher un truc dont il avait pas envie de parler. Allez, mec, debout, on va chercher tes affaires !
– Mes affaires ? S'étonna le blond sans relever l'histoire du coup de fil.
– Tu dors ici ce soir, alors te faut bien deux-trois trucs, et on déménagera le tout demain. »

En silence, Roxas acquiesça, et s'apprêta à enfiler sa veste ; Vanitas, quant à lui, passa d'abord faire un tour dans sa chambre, et c'était pas tout à fait normal pour ce type qui ne le lâchait d'habitude pas une seconde. Quelque part, l'adolescent lui en voulut pour ça – quelle connerie de rien lui dire, et surtout quelle connerie de se concentrer sur un truc qui n'était « rien » alors que, tous deux, ils allaient avoir plein de bordel à régler !
Son pote reparut quelques minutes après ; l'air un peu plus sombre, peut-être, mais Roxas fit pas attention, et ils sortirent tous les deux de l'appart pour aller prendre le scooter de Vani et se casser vite fait.

Dehors, il faisait déjà vachement sombre, même si en soi c'était pas si tard ; par chance, cependant, il pleuvait pas, et Roxas sortit le premier de l'immeuble, son meilleur ami traînant un peu le pas juste derrière lui. Tout était normal. Absolument normal. Et Vanitas n'avait pas l'air triste. Et Roxas ne pensait déjà plus au coup de téléphone reçu quelques minutes plus tôt. Et ils allaient aller chez Roxas, prendre ses affaires, revenir, et passer la meilleur soirée du monde à jouer à des jeux vidéo, mater la télé et se coucher super tard.
Et puis surtout, ni l'un ni l'autre n'essayait de se persuader que tout ça, c'était vrai. Parce que ça l'était. Peut-être. Ou peut-être pas. C'était bizarre, en fait. Dis, Vanitas, pourquoi tu te caches quand ça fait mal ? Dis, Roxas, pourquoi tu poses pas les questions quand t'es pas sûr de la réponse ? Dis, Vanitas, pourquoi tu parles pas à ton meilleur ami de tes problèmes ? Dis, Roxas, pourquoi tu n'écoutes pas ton meilleur ami quand il en a besoin ?

Hé, Vanitas, pourquoi tu es si fier ? Tu crois que tu peux tout gérer tout seul ?
Hé, Roxas, pourquoi tu es si égoïste ? Tu crois qu'il n'y a que toi qui compte ?

Dites, les garçons, vous savez pourquoi ça fait si mal ? Peut-être parce que vous êtes très loin d'avoir la bonne méthode.

Y'avait peut-être bien un truc qui déconnait, en fin de compte.


Lentement, Vanitas se gara devant l'immeuble qu'habitait Roxas et le blond descendit du véhicule, lâchant par la même occasion son meilleur ami dont il avait jusqu'alors serré la taille. Pas un mot de tout le trajet – et pourtant ils auraient pu, y'avait pas eu tant de bruit que ça sur la route, et surtout ils s'étaient tapés pas mal de feux rouges avant d'arriver enfin à destination.
Quelque part, sûrement que quelque chose s'était pris une sacrée baffe dans la gueule, et ça se voyait dans leur comportement l'un envers l'autre. Mais l'un n'était pas décidé à parler, l'autre n'était pas décidé à demander – alors ça devenait clair qu'ils fonçaient droit dans le mur.

Arrivant devant la porte de son appart', Roxas extirpa sa clé de sa poche et en ouvrit la porte ; même pas besoin d'essayer de sonner, il savait pas quelle heure c'était mais il savait que sa mère était pas là et qu'elle rentrerait pas avant longtemps. Alors, il se grouilla d'attraper un sac de sport dans son armoire, et y fourra vite fait le strict minimum vital – ce qui comprenait entre quelques vêtements sa playstation portable, deux-trois jeux, ses lunettes, un tas de bordel pour ses lentilles de contact et un peu de nourriture. Une fois que cela fut fait, il songea à laisser un mot pour sa mère – mais finalement il se dit que c'était pas la peine, et il décida de simplement pas le faire, on verrait bien si elle s'inquiétait ou pas.

Vanitas l'avait attendu dans l'entrée, et s'était, tandis que Roxas ramassait son bordel, servi un verre d'ice tea ; en voyant son pote se ramener, le strict minimum quand même relativement conséquent dans son sac de sport, le jeune homme avala une dernière gorgée de boisson et lança sans ménagement le verre en plastique dans l'évier. Pas un mot de l'un à l'autre ; un regard, un seul, un peu différent de ceux qu'ils échangeaient d'habitude, de ceux qu'ils avaient échangé auparavant. Il y avait quelque chose de fuyant dans ce regard-là – comme si l'autre était flippant, comme si la perspective que leurs yeux se croisent était vraiment flippante.

Ils ne parlèrent pas tout de suite ; au lieu de ça ils sortirent, se cassèrent vite fait de ce trou à rat, vite, rapidos, avant que la mère se ramène – et en un rien de temps, ils furent dehors, et là ce fut encore pire. Y'avait Vanitas qui attendait un truc et Roxas qu'en attendait un autre – le premier dont l'air froid disait « mais demande-moi, bordel », le second dont les yeux bleus vexés disaient « mais raconte-moi, bordel », et personne pour faire le premier pas.

C'était ça qui déconnait entre eux ; l'en fallait toujours un pour ravaler sa fierté, faire le premier pas, et accepter d'aider ou d'être aidé. Comme si c'était être un gros faible, un putain de lâche à la con, que de demander à son meilleur pote un peu d'aide, ou de demander à ce même meilleur pote de se laisser aider – et pourtant il aurait suffi d'une phrase, deux mots, voire un seul, juste pour engager la conversation.

A ce train-là ça n'arriverait jamais.
A moins que y'ait un truc qui change par rapport aux autres fois – et en ce moment-là, en cette nuit noire d'un jour froid où il avait plu, fait beau, plu et fait beau, constamment, pour se finir aux abords du déluge, Roxas leva les yeux au ciel et se rappela un truc qu'on lui avait dit si longtemps qu'il s'était jusque là persuadé de l'avoir oublié.

« J'pense que t'es pas c'que t'as l'air d'être ! »

Ça venait d'où, ça, déjà ? Il ne savait plus – c'était désagréable. Désagréable de plus savoir, mais encore plus désagréable parce que la citation était en soi rattachée à une ombre de souvenir vachement désagréable. Chiant. Mais tellement vrai – ou tellement faux, tout dépendait de la manière dont on voyait les choses. En ce moment, et comme depuis super ultra longtemps, Roxas avait l'air d'être un sale enfoiré de fils de pute, le genre de mec qui envoie chier tout le monde, même ses meilleurs potes ou sa famille – surtout sa famille –, et qui se prend pour le meilleur du monde, hautain, froid, cassant, vulgaire, gothique aussi, pas agréable pour deux sous, un vrai monstre d'égoïsme infâme ; mais il savait par expérience qu'il lui arrivait, lui-même, aussi, parfois, d'être plus gentil, de sourire, de rire, de penser aux autres.

Tout comme il savait qu'il arrivait à Vanitas, en apparence toujours moqueur, cassant comme lui, froid mais d'une autre manière, d'être inquiet, ou bien triste, ou bien déprimé, et d'avoir besoin d'aide – exactement comme maintenant.

Alors bordel, Roxas, ravale ta saloperie de fierté et va lui parler, avant qu'il se casse pour de bon.

Sans même s'en rendre compte, les doigts fins du blond avaient effleuré l'épaule d'un Vanitas trop perdu dans ses pensées pour s'en rendre compte ; l'adolescent aussitôt songea à s'écarter, mais se ravisa lorsqu'il réalisa que, de toute manière, c'était trop tard. Fini d'avoir l'air d'un empaffé sans cœur, même pour son meilleur pote – il préférait l'empaffé sans cœur, sauf pour son meilleur pote, parce que Vanitas avait tellement fait de trucs pour lui et son égoïsme de merde qu'il pouvait bien lui rendra la pareille, ne serait-ce qu'une fois. Sa fierté et son honneur y survivraient – enfin, il espérait.

Alors, doucement, presque tendrement, sa main se plaqua contre l'épaule mince du jeune adulte, et sa paume, rassurante, épousa gracieusement la forme du lieu qu'elle enserra sans force réelle.

« V-Vanitas ? »

Merde.
Il avait bégayé, un peu – comme s'il était pas tout à fait sûr de ce qu'il était en train de faire. Et la vérité, d'ailleurs, c'était qu'il était pas très sûr de ce qu'il était en train de faire ; mais bordel, ça, il avait pas le droit de le montrer, vraiment pas. Quitte à sacrifier son image de gars froid ne jurant que par le célèbre « moi d'abord, les autres ensuite », autant garder quand même un peu de constance, et autant éviter de foirer tout le reste. Il se montrait sympa et rassurant, okay ; alors mieux valait qu'il ait l'air un peu sûr de lui, et pas qu'il tire cette tronche de minette apeurée, parce que ça servirait juste à rien pour gagner la confiance de Vani.
Cette pensée le fit tressaillir – gagner la confiance de Vani. Alors il ne l'avait pas ? Il ne savait pas, à vrai dire. Et il n'était pas sûr d'avoir envie de savoir – encore un truc dont il n'était pas sûr, encore un.

« Heu, s'étonna son pote, Roxas, tu... »

Extirpé aussitôt de sa semi-torpeur, l'adolescent relâcha d'un seul coup l'épaule de son ami et eut comme un mouvement de recul – dans son esprit, ça fonçait à toute vitesse, et dans tous les sens. Comme une autoroute dans un rond-point, à vrai dire. Comme si toutes les bagnoles de ses pensées pouvaient aller dans toutes les directions, comme si les limitations de vitesse c'était pour les tapettes, comme si tout ça prenait un malin plaisir à foutre le bordel dans sa tête.
Trouver quelque chose à dire – là, vite, maintenant. Tout de suite. Tout de suite pour ne pas perdre – la confiance, l'amitié, l'affection.

« Le téléphone de tout à l'heure, dit-il alors franchement, butant toutefois un peu sur certains mots, c'était à quel sujet ? »

Le visage étonné de Vanitas s'assombrit, et le jeune homme détourna la tête, le visage, les yeux, le regard. Un regard bleu moins le regard doré qui le traversait était égal au suspense général, intenable – qu'allait-il dire, après tout, ce grand garçon, attristé par une conversation téléphonique au sujet encore inconnu de Roxas, là, debout devant lui, ses poings serrés et ses pupilles tournées vers le sol, au loin ?
Personne ne le savait vraiment. Et sûrement Vanitas ne le savait-il pas lui-même. Vive l'improvisation, se dit le blond – et soudain il sentit la main de son meilleur ami rechercher la sienne, s'en emparer, leurs doigts s'effleurer ; un regard bleu surpris plus le regard doré qui s'insinuait à nouveau en lui était égal à un sentiment tout nouveau qui fit brusquement chauffer la partie supérieure de ses joues, juste sous ses yeux.

« Je peux te parler une minute ? Demanda Vanitas, plus sérieux que jamais.
– O-Oui. »

A ce mot, cet unique mot bredouillé plus ou moins clairement, le plus âgé des deux garçons tira un peu la main de l'autre ; et bordel, pensa Roxas, mais bordel, ça le gênait, tout ça, ce manège, cette drôle de manigance, et surtout, surtout, surtout, ce putain de contact physique, cette peau contre sa peau, ces doigts chauds contre ses doigts chauds à lui.
A n'importe qui ça paraissait plus que méga normal ; à Roxas ça faisait surtout vachement du mal, et ça le chamboulait des pieds à la tête, parce que décidément non, il n'y était pas du tout, du tout habitué.

D'un geste lent mais décidé, Vanitas l'entraîna un peu en arrière, loin des lampadaires de la rue ; puis, à mi chemin entre les ténèbres d'une ruelle que Roxas savait plus que mal fréquentée et la lumière qui s'échappait des portes vitrées de l'immeuble à leurs côtés, le jeune adulte plaça deux mains à la forte poigne sur les épaules fragiles du blond, qui tressaillit sous cette emprise soudaine et inattendue, surtout de la part d'un garçon habituellement si calme.

« Euh, écoute, Roxas, bredouilla-t-il, cherchant ses mots au fur et à mesure qu'il construisait sa phrase, le téléphone de tout à l'heure, c'était au sujet de mon frère.
– Zack ? »

Aussitôt, la surprise de l'adolescent se mua en l'ébahissement le plus total.
Zack ? Il connaissait Zack, enfin, plus ou moins. Le grand frère de Vani, qu'il était, ce Zack. Un garçon sympathique, assez grand, et si le jeune homme se rappelait bien, il devait avoir à peu près l'âge de Cloud ; peut-être qu'il connaissait Cloud, d'ailleurs, mais leur dernière rencontre remontait à assez loin et c'était difficile de se souvenir exactement de qui Zack, frère de son meilleur ami, était ou non l'ami. Quoiqu'il en soit, Roxas le voyait encore, dans sa mémoire, comme un gars profondément sympa ; assez loin de son frère niveau caractère, d'ailleurs, plutôt souriant, d'habitude, même s'il avait ses côtés sombres, et dégageant une impression générale de bonne humeur omniprésente.

Le blond n'arrivait pas à croire que quelque chose à propos de Zack puisse inquiéter Vanitas, en fait. Parce que c'était un type bien, Zack – du moins, il croyait pas. Pas le genre de Vani, prêt à se casser de la maison familiale plus tôt que permis ; pas non plus le genre de Cloud qui traînait toujours dans des affaires louches, on savait trop ni comment ni pourquoi ni où ni quand. Et puis surtout, le coup de fil était au sujet de Zack ; mais alors bordel, il s'était passé quoi, enfin ? S'il était au sujet de Zack, alors clair, c'était pas Zack qui avait appelé, mais ça devenait une énigme sans fin, pour Roxas qui n'avait en main que bien trop peu d'éléments, merde !

Alors, son meilleur pote lui apporta la réponse – direct après, en resserrant un peu ses doigts sur ses épaules.

« Ouais, eh bah, fit-il, détournant les yeux, bah il est en taule.
– Quoi ? »


Désolée de cette fin un peu abrupte, je savais pas du tout ou couper ce chapitre pour qu'il fasse pas 5'000 mots. T.T

Je vous promets qu'Axel reviendra, si si... Plus tard... Remarquez qu'il est quand même là, parce que Roxas pense à lui. xD Allez, encore un-deux chapitres comme ça et il reparaîtra... xD

Merci d'avoir lu =)