Bonsoir, tout le monde ! ^^

Glou, glou, glou. Je me noiiie sous une masse de travail. T.T Cependant, je vous annonce que le NaNoWriMo, c'est fini ! Et pour fêter ça... Un petit chapitre 14, ça vous dit ? =)

Pour cette fois, donc : la fin de la petite histoire avec Vani, un Roxas qui passe d'un-peu-plus-mature (j'espère, Edlweis, que même si ce n'est sûrement pas assez, cela saura te consoler un peu... ? =/) à je-suis-toujours-aussi-gamin-qu'avant, et en bref, vous verrez bien. xD J'avance doucement dans mon scénario et j'ai déjà écrit les deux tiers (à peu près) du chapitre 15 que je pense terminer et poster d'ici... Une semaine, comme d'habitude. xD

Sur ce, chers gens, bonne lecture, et merci d'être là ! =)

N'oubliez pas d'ouvrir la première porte de votre calendrier de l'Avent :)

Et un dernier truc, pendant que j'y suis ! Parce que le Nano, c'est bien mais c'est dur, je dédie ce chapitre à cette chère Plume Sombre. =) Tu peux te dire que si on l'a eu, ce Nano, c'est ensemble, yaaah ! \o/


Chapitre 14 : Il paraît que la maturité s'acquiert avec le temps

Lorsque Vani, qui s'était comporté plus ou moins normalement toute la journée – c'est-à-dire qu'il l'avait juste un peu évité, mais pas trop – et lui-même arrivèrent enfin chez son meilleur pote, il balança son sac, sa veste et ses godasses dans l'entrée, puis il se grouilla d'aller s'asseoir sur le canapé, où son ami finit par le rejoindre. D'un mouvement rapide, la télécommande en main, d'une pression du pouce, la télé allumée – et enfin là il se sentait avoir une atmosphère plus ou moins propice à ce qu'il raconte ce qui lui était arrivé depuis sa première rencontre avec le travelo.

Il n'osa pas tout de suite, à vrai dire ; son regard allait du poste de télévision à Vani, qui lui racontait de temps à autres une connerie ou deux, et de Vani au poste de télévision, sans qu'il fasse vraiment le premier pas – pas cette fois-ci, non.

« Toi, t'as un truc à me dire, finit par lâcher son pote en un soupir. Allez, vas-y, je t'écoute. »

Roxas soupira et croisa les bras – Vanitas s'était complètement affalé sur le canapé, les yeux toujours rivés sur la télé, et ça lui faisait chier de parler à quelqu'un qui l'écoutait qu'à moitié, en fait. Il avait pensé que la télé ça pourrait l'aider mais sur le coup, il en était plus vraiment très sûr.

« Bah..., hésita l'adolescent, un peu embêté, parce qu'il savait pas trop comment formuler tout ça. En fait, c'est à propos de l'autre con de travelo. »

Vani leva un sourcil, visiblement intéressé, mais à coup sûr moins stressé que la veille ou que dans la matinée – à vrai dire, sûrement qu'il se demandait pourquoi son blond de meilleur pote revenait sur ce sujet-là, alors qu'il le pensait bouclé depuis le matin-même. Mais quoiqu'il en soit, il ne dit rien de tout ça – et quelque part, Roxas, ça l'arrangea, parce que ce qu'il allait dire, il pensait vraiment que c'était important de le dire.

« J'l'ai rencontré un jour au parc, en fait... J'l'ai vu pas mal de fois, mais il est surchiant. J'crois pas que je l'apprécie maintenant, enfin, plus depuis qu'il a voulu toucher enfin à mon maquillage, et t'as pas intérêt à me poser d'questions là-dessus. Retiens juste que j'ai plus rien à faire avec ce type et que c'est à moi de décider si j'veux le revoir ou non. »

Sans un mot, le propriétaire des lieux acquiesça, d'un simple mouvement de tête – puis il sourit, de son bon vieux sourire narquois qu'il n'avait plus eu depuis un sacré bout de temps, et il balança soudain un poing dans l'épaule de Roxas. Ça lui fit pas mal, bien sûr ; c'était juste le genre de poing amical qui voulait dire « okay, mec, tout est réglé » et qui faisait toujours broncher le blond, justement parce que ça lui donnait une bonne raison de broncher.

« T'inquiète, finit par conclure Vanitas, j'reviendrai plus là-dessus. C'est ta vie, mec, mais parle-moi si un truc déconne, d'accord ? »

Tout à coup plus calme, et aussi beaucoup plus content – carrément moins du pied gauche, en fait –, Roxas acquiesça avec un semblant de sourire ; et puis il balança que ouais, y'avait bien un truc qui déconnait, et qu'il était pas des moindres. Vani eut l'air d'un gros touriste débarqué dans une ville inconnue, jusqu'à ce que le blond lui explique que ça devait bien faire une paille qu'ils avaient plus joué à des jeux de baston ensemble – ni une, ni deux, Vani sauta du canapé et lui dit qu'il allait brancher la console à la télé, et surtout, il lui promit de le battre au moins trois fois de suite, un truc qu'il avait jamais réussi et que visiblement il réussirait jamais à faire. C'est alors que le blond remarqua qu'il avait pas sur lui le jeu de baston en question.

Et merde, c'était encore un truc qui le faisait chier. Pas de jeu dans son sac, ça voulait dire tu prends ta veste, ton gros casque, tes clés, et tu retournes chez toi, au risque de croiser ta débile de mère et son chômeur de copain tout aussi crétin. Ça l'énervait, ça l'énervait trop – mais il le fallait, et il allait le faire, et il en profiterait pour balancer à sa chère maman indigne que non, il s'était pas barré chez Cloud, et que non, il était pas devenu clodo, mais qu'il avait simplement décidé de s'installer chez Vani pour un moment. Après, ce qu'elle en penserait, il s'en foutait pas mal ; de tous les gens du monde, s'il y avait bien une personne dont il se fichait éperdument de l'opinion, alors sans aucun doute c'était sa mère.

« Je file vite fait chez moi, lança-t-il finalement à son pote en enfilant sa grosse veste, et en installant son casque sur ses oreilles. Ca m'saoule à mort, mais j'en profite pour ramasser mon bordel.
– 'kay, approuva le plus âgés des deux mecs. J't'accompagne où t'y arrives tout seul ? »

Roxas, exaspéré, soupira. Ça le faisait déjà assez chier de retrouver sa mère, sans qu'il ait forcément besoin que sa mère numéro deux, alias normalement son meilleur pote, limite plus chiante que la première, décide de gentiment se foutre de sa gueule. Alors, il gueula un peu méchamment qu'il avait pas besoin d'un débile dans ses pattes – Vani répondit pas, il avait un peu l'habitude que le blond réagisse mal à ses blagues, à force – et il se cassa rapidos de l'appartement, sans dire au revoir ni même à tout'. Et décidément, c'était bien ça l'avantage de Vanitas ; peut-être que des fois il faisait chier avec ses gags de débile mental, peut-être qu'il se la pétait grave par moments, peut-être que de temps à autres ses nerfs lâchaient parce que soudain y'avait eu une embrouille avec Zack, et peut-être que parfois il s'occupait un peu trop de ses jolies mèches blondes en bordel, mais au moins, jamais il l'emmerdait pour des trucs aussi stupides que la politesse ou les bonnes manières.

Remarque, sa mère par défaut le faisait plus tant que ça non plus, depuis qu'il s'était barré en plein repas, renversant son assiette de bouffe dégueulasse, pour aller s'enfermer dans sa chambre. C'était quand, déjà, ça ? Juste après que papa se soit barré, il lui semblait, quand y'avait déjà plus Cloud, quand y'avait à peine plus que la vieille folle et lui ; et maintenant qu'il y réfléchissait, il se souvenait bien de tout ce qu'elle avait pu lui balancer comme conneries, cette peau de vache. « Nan mais franchement, pourquoi tu t'habilles comme ça ? T'es dépressif ? J'peux t'envoyer chez la psy si tu veux tu sais, et puis je peux savoir pourquoi tu t'es fait un trou à l'oreille ? Ça fait fille, les boucles ! Tu ferais mieux de changer ton attitude, de remettre tes lunettes, tu ressembles vraiment trop à ton père ! » – et patati, et patata, mais ta gueule, chose qui lui servait de mère, il en pouvait plus qu'elle le compare au vieux sans arrêt.

Parce qu'il savait que dans son esprit, le vieux, c'était un connard – et être comparé au vieux, par conséquent, ça voulait dire qu'il en devenait un aussi. Mais maintenant, des années après, il avait fini par accepter ; quiconque le traitait se prenait trois baffes, mais quand sa mère lui causait il écoutait juste plus. Elle lui tapait trop sur le système, de toute manière – il la supportait plus, c'était le cas de la dire. Et après les jours qu'il avait vécu avec Vanitas, même si ça avait été bourré de problèmes et de rebondissements en tout genre, il aurait préféré mille fois ne pas avoir à remettre les pieds chez lui.

Il le fit, pourtant.
En se disant que c'était pour le jeu, pour une soirée sympa avec son meilleur pote, tout ça.
Alors il déverrouilla la porte toujours fermée de l'appart et il la poussa violemment avant d'entrer – quitte à ce qu'il croise sa mère, autant qu'elle le remarque et qu'elle voie que non, malheureusement pour elle, il avait pas crevé dans un coin.

A sa grande surprise, aucune voix criarde ne lui fit écho – pas de remarque déconcertante, pas de « roh, ça va » désobligeant, pas de réponse tout court, ni du copain ni de sa mère. Pas là, peut-être ? A vrai dire, il s'en foutait un peu ; ça l'arrangeait, même. Pas de petite maman bien détestable pour lui pourrir la vie et pas de copain crado et attardé pour lui faire remarquer, une fois qu'il l'aurait dit, qu'il s'était cassé – non, sérieux ? – et que maintenant, il vivait avec un autre mec – mais que les gens qui voyaient un sous-entendu là-dedans aillent se faire foutre, enfin !

Plutôt content, donc, que sa mère soit pas là – elle rentrait toujours tard, mais pas aussi tard que ça, enfin, elle avait dû faire des heures sup', et de toute manière, qu'est-ce qu'il en avait à foutre ? –, il n'enleva ni bottes, ni veste, ni casque, et fonça dans sa chambre récupérer le jeu qu'il désirait tant. Là-bas, c'était toujours autant le bordel ; mais il rangerait pas, et même qu'il était assez tenté de fermer derrière lui et d'emmener la clé, pour être sûr et certain que le copain crétin n'y aurait pas foutu les pieds pendant son absence.

Ouais, tout compte fait, il allait faire comme ça.
Vite fait, il ramassa son jeu, plus un ou deux autres qui comptaient parmi ses préférés, ne laissant sur place que ceux dont il avait le moins à foutre ; toutefois, il se promit de revenir le lendemain, ou le week-end, avant que sa mère rentre, histoire de récupérer les trucs de valeur comme ses consoles de jeu. Mais pour le moment, il se contenterait de ce qu'il pouvait porter ; il se fit seulement chier à chercher le chargeur de sa playstation portable pendant dix bonnes minutes, et puis il décida qu'il fallait qu'il se barre, et il se barra. Tout simplement. Ses deux, trois jeux en main, le chargeur au fil emmêlé dans une poche de sa veste épaisse, le casque qui diffusait toujours sa musique super fort.

Il claqua la porte derrière lui, puis ferma à clé, et vérifia qu'il avait bien sur son trousseau la clé de sa chambre, qu'il avait verrouillée avant de sortir. C'était tout bon - putain, comment il avait la classe, quand même. Dans son dos, il entendit la porte des voisins s'ouvrir, et il pouvait quasiment être sûre que la mamie d'à-côté lui jetait un énième regard mauvais style « encore cet adolescent, j'vous dis, de mon temps, ça se serait pas passé comme ça ! » – mais il en avait rien à foutre.

Quelques minutes de marche solitaire, dans la nuit qui commençait déjà à tomber dehors, et il revint à l'appart' de Vanitas, qui lui ouvrit avec un sourire aussi large que malsain, le genre de trucs qui promettait une nouvelle à en tomber par terre.
Heureusement pour sa peau, Vani le laissa quand même entrer, balancer ses godasses et sa veste dans l'entrée, puis poser ses jeux sur la table du salon avant de venir lui parler du truc absolument terrible de sa race qui devait s'être passé pendant que Roxas était chez sa mère.

« J'ai une méga nouvelle pour toi, mec, annonça fièrement le proprio du coin, sourire diabolique au visage.
– Tiens, j'm'en doutais tellement pas... Allez, accouche. »

Vanitas ne releva pas le sarcasme et se laissa tomber sur le canapé tandis que le blond, qui pour rien au monde n'aurait laissé paraître qu'au fond, ça le branchait quand même un peu, de savoir ce qui se passait, allumait la console fraîchement installée par son meilleur pote pour y glisser son jeu.

« Papa a appelé, finit-il par dire, visiblement content. Deuxième appel du mois. »

Houlà, se dit aussitôt l'adolescent – clair, y'avait un truc de pas normal. Parce que de un, Vani n'appelait jamais son père « papa» – c'était toujours « le vieux », ou « mon vieux » quand il était de bonne humeur, ou même « ce connard de vieux » quand il était de mauvaise humeur, mais jamais « papa » ni même « mon père ». Et parce que de deux, ledit père de Vanitas n'appelait jamais ses fils plus d'une fois par mois, voire une fois tous les deux mois s'il avait pas trop le temps ou l'envie de les entendre – et ce, encore plus vis-à-vis de son cadet que vis-à-vis de son aîné, parce qu'au moins son aîné était « raisonnable », qu'il disait.

« Papa » avait toujours préféré Zack et quelque fois, une certaine déception se ressentait dans le regard de Vanitas lorsqu'il en parlait ; mais ça le rendait pas jaloux de son frère, loin de là. Ça faisait juste que c'était assez vachement exceptionnel, le fait qu'il soit content que son vieux l'appelle.

« Non seulement Zack sera libéré en fin de semaine prochaine, commença doucement le jeune homme, mais en plus... »

Il ne termina pas sa phrase, comme pour faire durer le suspense – et Roxas, agacé, se retourna pour le foudroyer du regard tandis que le jeu, à l'écran, se lançait doucement. Il aimait pas attendre et ça le faisait légèrement chier que Vanitas ait envie de l'intéresser plus que de raison à ce qu'il lui racontait – même si en soi c'était un vachement bon truc de savoir à l'avance que Zack en aurait pas pour six mois de taule et qu'il sortirait tout bientôt.

« Bordel, accouche, répéta le blond, un peu excédé. Tu vas m'dire, oui ou non ? »

Vani afficha un grand sourire, et il glissa les mains dans ses poches, vraiment vachement super content.

« Mon super petit papa adoré d'amour, poursuivit-il lentement, et Roxas devina alors que ça devait vraiment un truc super géant, eh bien, de sa position haut placée sur l'échelle des cons industriels, a réussi à nous obtenir deux places pour le concert de ta chère Avril Lavigne, pas ce samedi qui vient, mais l'suivant ! »

Roxas en resta quasiment, nan, littéralement sur le cul – alors ça, pour une nouvelle, c'était une nouvelle. Bonne, en plus. Carrément bonne et géniale, même. A vrai dire, ça déchirait tellement sa race qu'il aurait pu aller jusqu'à en hurler de joie, s'il n'avait pas eu un minimum de contenance et une image à protéger quand même ; mais malgré tous ses efforts, il sentit un petit sourire s'étaler sur ses lèvres, et même que ça devait lui donner sacrément l'air d'un imbécile heureux.

« J'suis trop fort, j'ai fait sourire Roxas, se vanta alors Vani qui bien évidemment l'avait remarqué. A part ça, c'est un peu loin, donc il nous faut un hôtel et des billets d'train, mais ça, j'm'en occupe, okay ? Et puis, papa paiera une partie. J'crois qu'il veut se débarrasser de moi pour pouvoir aller chercher lui-même Zack à sa libération en fait. »

Il avait prononcé cette dernière phrase avec humour, quasiment en se marrant, mais Roxas n'écoutait plus vraiment ce que son meilleur pote racontait ; y'avait comme un petit feu d'artifice en lui, dans sa poitrine, là où y'avait normalement que dalle d'important, et ça le rendait juste super heureux. C'était quand la dernière fois qu'il était allé à un concert, déjà ? Quelque chose comme jamais, non ? Et en plus, Avril Lavigne ! Sérieux, il regrettait tout ce qu'il avait jusque là pu penser de son meilleur pote et de son comportement de merde ces derniers jours – en vingt secondes, deux déclarations et une promesse, il venait de tout balayer et de le rendre vachement, vachement, vachement content.

C'était quelque chose de bizarre, le bonheur, quand on y réfléchissait. Roxas n'en avait jamais vraiment eu l'expérience, à vrai dire - du moins, pas à long terme, plus depuis un certain temps. Maintenant, pour lui, ça venait à petites doses, pour un événement précis, des fois plus fort que d'autres ; c'était venu un peu quand il avait emménagé avec Vani, ça l'avait frappé de plein fouet pour cette histoire de concert, et durant la soirée, tandis qu'il jouait de toutes ses forces contre son meilleur pote certainement aussi doué que lui – comme toujours. C'était à l'apogée d'abord, puis ça redescendait doucement, parfois plus vite, parfois moins vite, pour ne laisser, finalement, qu'une drôle de sensation, une espèce de douce quiétude.

Et généralement, c'était au moment de cette douce quiétude qu'il réfléchissait enfin – qu'il se demandait enfin où est-ce qu'il allait bien trouver l'argent, quand bien même le père de Vani leur paierait une partie, comme disait son pote. Qu'il songeait enfin à se barrer de sa ville pour au moins deux jours ; à dormir dans un hôtel, probablement dans la même chambre que Vani ; à vivre les instants magiques du concert et puis à rentrer ; à tout quitter, tout changer, soudain tout reprendre, tout recommencer comme avant.

Et puis, parmi tout ça, y'avait toujours un prénom qui lui revenait parmi les autres - ça commençait par A, c'était suivi d'un X, et ce qu'il y avait après correspondait assez bien au personnage. Allongé dans son lit, écoutant encore un peu de bonne musique – Avril Lavigne, justement – avant de dormir pour de bon, Roxas se demanda pourquoi les trucs les plus dérangeants revenaient toujours à son esprit quand il était seul, le soir ; c'était vachement mal foutu, quand même. Parce qu'il repensait à ce qu'il s'était passé, en fait – mais genre, ce qu'il s'était passé depuis le début. Depuis sa rencontre avec cet imbécile de travelo qui voulait pas lui sortir de la tête. Et tous les épisodes s'infiltraient en masse dans sa tête, surtout les plus chiants ; les mignons petits hamsters du rouquin, sa tentative de le démaquiller, pis la fois sous la douche, quand il avait enfilé la... – le, le, le vêtement de maman, bordel. Tous ces trucs dont il avait parlé à personne alors qu'il crevait du besoin de le dire à quelqu'un.

Est-ce que s'éloigner pour deux jours de cette ville pourrie, ce serait s'éloigner de toutes ces emmerdes pour se les prendre à nouveau en pleine gueule sitôt qu'il reviendrait ?

Il savait pas. Il avait pas envie de savoir. Axel le faisait chier et Vanitas aussi, même si tous deux ils avaient su le faire sourire – parce que, de toute manière, sourire, ça le faisait chier. Et dès lors, il ne souhaita plus qu'un seul truc ; dormir, le plus vite possible.


Au matin, bizarrement, ça s'était envolé.
Il s'habilla normalement, mangea normalement, papota normalement avec son meilleur pote, ne revint pas trop sur l'histoire du concert ; partit à l'école normalement, suivi ses cours bien chiants normalement, et quitta le lycée normalement sitôt que la dernière cloche de la journée sonna. Journée normale, en somme. Encore un putain de jour et ce serait le week-end – il en avait bien besoin, à vrai dire, comme à chaque fois, pour enfin prendre un peu de bon temps, faire la grasse matinée, et se dire qu'il lui resterait plus qu'une semaine avant le concert, et stresser parce qu'ils avaient encore ni hôtel ni billets de train, mais bon.

Il quitta le bahut aussi vite qu'il le put, un Vani souriant sur les talons, et émit l'idée qu'il passe vite fait chez lui rafler à sa mère un peu d'argent pour leur sortie de la semaine suivante ; à en juger par son regard, Vanitas fut un peu surpris, mais il eut pas vraiment l'air contre, et l'encouragea au contraire à le faire. C'était plus pratique, après tout, si c'était déjà fait. Et même que son meilleur pote décida de faire un bout de chemin avec lui, du coup, petit détour obligatoire afin qu'ils puissent terminer leur passionnante conversation au sujet de ce concert qui occupait maintenant toutes leurs pensées ; et comme il en avait été convenu, ils se sépareraient après le parc.

Le parc.
Ça mit du temps à tilter mais ça finit par le faire – et aussitôt, Roxas se détesta pour son esprit lent comme un escargot et sa finesse d'éléphant. Le parc – ouais, le parc, genre, le parc, le seul, l'unique, quoi. Ce même parc auquel il était venu quasiment tous les jours pendant une certaine période – ce même parc où il avait rencontré un certain rouquin, abomination des jours pluvieux, enfoiré qui osait l'empêcher de dormir le soir, et bordel, le blond ne pouvait pas, n'arrivait simplement pas à s'empêcher de vouloir tourner les yeux dans sa direction.

Dans la direction de l'endroit où il aurait dû être, plutôt – mais c'était aussi l'endroit où il était, Roxas en était juste sûr et certain, à cent pour cent. Il aurait pas su dire pourquoi ; il l'était, c'était tout. Et curiosité, et impulsivité oblige, il ne put s'empêcher de tourner la tête, profitant d'un instant d'inattention de Vanitas pour-

Il était là.
Juste comme Roxas l'avait pensé et peut-être espéré ; parce que quelque part, c'était flatteur, d'apprendre que ce mec-là restait planté là, comme un con, encore une fois, encore un jour, à l'attendre, peut-être toujours. C'était flatteur et c'était chiant à la fois, en fait – à un tel point que Roxas savait plus trop où il en était. Mais soudain, Axel sembla le remarquer ; alors tout de suite il détourna les yeux, baissa la tête, évita le regard vert et perçant de cet imbécile de travelo ; et le regard mauvais de Vanitas le dissuada définitivement de regarder à nouveau son – éventuel ? Ancien ? Les deux ? – ami.

Les yeux bleus du blond n'avaient pas croisé ceux du roux - mais Roxas savait que le travelo l'avait vu, et il devinait bien que ce même enfoiré de pédé avait vu qu'il l'avait vu, et que Vanitas avait vu qu'il l'avait vu le voir et- Bordel, c'était vraiment le bordel, dans ses pensées, toutes emmêlées, tant et si bien qu'il ne parla plus vraiment à Vani jusqu'à ce qu'ils doivent se séparer. Et là, encore une fois, ce furent deux, trois mots ; et c'était tout. « A tout à l'heure » et déjà son meilleur pote tournait les talons pour aller l'attendre chez lui, là où ils vivaient tous les deux.

C'est alors que l'adolescent sentit qu'il tremblait – un peu, pas beaucoup. De rage, de tristesse, de joie - d'incompréhension surtout. Son cœur battait mais il se sentait mourir intérieurement, déchirer entre l'envie de retourner au parc et celle de s'en éloigner au plus vite ; une partie de lui le tirait d'un côté en lui criant qu'il aurait jamais dû se comporter comme ça, que c'était un connard fini, et qu'il fallait qu'il arrange tout en arrêtant de se prendre la tête avec Axel, et puis l'autre l'attirait évidemment de l'autre, hurlant dans sa tête que non, il devait se barrer au plus vite, parce que tout était de la faute de ce sale travelo, et que lui, Roxas, n'avait rien à foutre avec lui.

D'un côté c'était blanc et de l'autre c'était noir mais comme toujours, y'en avait un plus facile à choisir que l'autre.
Alors, le jeune homme tourna les talons et se hâta de se diriger en direction de l'appartement qu'il avait habité, y'avait pas si longtemps que ça.

En escaladant les marches déjà, il s'empara de son trousseau de clés dans la poche de sa veste.
En arrivant devant le palier, il sentit dans celle de son pantalon son iPhone vibrer, sonner aussi, et il s'en empara machinalement.

Sûrement en temps normal aurait-ce été Vanitas ou Cloud pour lui raconter une connerie – mais on n'était pas en temps normal et il aurait dû le savoir, parce que s'il l'avait su, jamais il aurait posé les yeux sur cette saloperie d'appareil avant d'entrer sa clé dans la serrure de la porte.

Parce que cette fois-ci, ce fut un tout autre nom que celui escompté qui s'afficha ; et putain, putain, putain, Roxas se souvenait même plus ce numéro enregistré dans son répertoire, et ça lui fit un choc – peut-être le plus grand depuis l'épisode de la douche.

Un prénom véritable et un nom parodié, pour le fun. Un numéro qui n'avait jamais servi et qu'il avait oublié depuis longtemps déjà.

C'était marqué Axel Travelo sur son écran.
Et quand il ouvrit le message, il lut des mots qu'il aurait préféré ne jamais lire.

« Peu importe le nombre de fois où tu me gueuleras dessus, je t'en voudrai pas. J'suis pas un gars comme ça, tu sais. »

Roxas ne savait pas s'il fallait rire, pleurer, s'énerver, être heureux – ça lui paraissait à la fois incroyablement effronté et incroyablement gentil, plus que touchant et plus que chiant, et il savait plus quoi faire. Ses doigts tremblaient un peu sur l'écran tactile de son portable, mais il avait d'ores et déjà inséré sa clé dans la serrure, déverrouillé la porte ; et puis, soudain, il sentit une drôle de chaleur s'emparer de ses deux joues.
Et c'était un truc qu'il détestait plus que tout au monde.

Alors, il secoua la tête, respira un grand coup, effaça le message sans y répondre et pénétra dans l'appartement.


=)

Je dois avouer être plutôt contente de cette fin... Mais je vous pose une question : vous souveniez-vous qu'Axel et Roxas avaient échangé leur numéro de portable, au juste ? =)

(Pour plus d'infos : chapitre 6, deuxième paragraphe xD)

En tout cas, merci pour votre lecture =) Et à la prochaine fois, j'espère ! x3