Bonsoir tout le monde !
Je suis à l'heureeee ! *fière* J'ai respecté mon délai plus ou moins normal de publication ! \o/ D'ailleurs, j'ai écrit le tiers du chapitre 16, déjà, alors j'espère pouvoir le poster jeudi prochain, juste après mon examen de physique. =)
Car oui, pour moi, les examens vont commencer ! J'en ai dans toutes les branches, un part jour dès lundi et pendant deux semaines. ._.
Allez, pour commencer, petite réponse à Skyzophrne qui passait par l, ou plutôt je suppose Skyzophrène qui passait par là, anonyme dont FFnet a saccagé le pseudo : Je dois dire que ta review m'a... Surprise. J'ai bel et bien essayé d'instaurer une certaine poésie dans les premiers chapitres, un peu de douceur dans toute cette violence, mais ça m'étonne que tu aies trouvé que c'était trop o.o Enfin, c'est ton avis, et ça me fait plaisir de l'avoir =) De même, je suis contente que la suite t'ait plu et j'espère que, si tu repasses par là, ce que je poste(rai) ne te décevra pas. =) Pour le triangle amoureux, toutefois, je suis encore en train d'y réfléchir, je peux pas vraiment me prononcer tout de suite ! xP En tout cas, merci pour la review =)
Quant à ce chapitre, ma foi, pas grand-chose à dire... La suite des déboires de Roxas avec son portable, une entrée enfin un tantinet intéressante de sa mère (qui s'avérera plus importante par la suite, c'est promis) et une fin qui, j'espère, vous plaira. =) *croise les doigts*
Une dernière chose pour le moment : je tiens à vous prévenir que Mia Suzuki-sama postera certainement bientôt un petit OS qu'elle a écrit, basé sur Roxas et Vanitas dans cette fanfic =) Je l'ai déjà lu et il m'a plu, et pis je suis super fière =w= Lisez-le quand elle l'aura mis, ça vous donnera une autre vision de Roxas et de Vani *_*
(Ça me rappelle, j'avais lu une fois sur un profil qu'une auteur n'autorisait, heu... Ni les spin-off, ni les reprises, ni les textes annexes à ses fics, juste les traductions o.o Ça me fait sauter au plafond les trucs comme ça ! Pour moi, la plus belle récompense est que ma fanfic en inspire d'autres *_* Tant qu'on me plagie pas et qu'on me demande mon accord, je suis heureeuuse *bon okay ma gueule*)
Bonne lecture ! =D Et merci d'être là !
EDIT : Petit rajout. J'ai créé un sondage sur mon profil, parce que j'aimerais bien connaître votre avis quant aux personnages de la fanfic, pour savoir lesquels je dois plus développer, ou ceux qui ne méritent que de rester encore en retrait... Je compte sur vous pour y jeter un oeil, si vous avez le temps. =) Merci d'avance ! ^^
Chapitre 15 : Il paraît que l'oubli se réserve aux plus faibles
Chez lui, ça sentait le rat crevé.
D'accord, peut-être pas aussi fort ; juste fort comme si sa chère maman n'avait pas jugé bon d'ouvrir les fenêtres depuis un bon bout de temps, ou comme si un vieux fromage avait été abandonné dans le frigo. Mais bizarrement, ça lui donna même pas envie de se marrer – ça aurait dû, pourtant. Mais y'avait comme un truc au fond de sa gorge, qui la serrait un peu, l'empêchait de respirer par moments – c'était chiant. Il aurait dû s'énerver, tousser fort, jurer un coup. Roxas le fit pas mais préféra plutôt essayer de reprendre sa respiration, dont le rythme s'était accru, il savait même pas pourquoi.
« Hé, la mère ! Finit-il par hurler à travers tout l'appart', sitôt qu'il se sentit à nouveau à peu près capable d'aligner deux mots sans bafouiller ou tousser en plein milieu. J'suis rentré ! T'es là ? »
Pas de réponse, tout d'abord – puis il y eut du bruit au fond du couloir, et Roxas soupira avant de claquer la porte derrière lui. Sûrement que y'avait le copain, en plus ; et bordel, ce qu'il avait pas envie de le voir, ce raté-là, c'était pire encore que si on lui avait proposé de revoir Ax-
Putain. Cet enfoiré de rouquin allait-il finir par lui sortir de la tête, oui ou merde ? Tantôt ça le faisait sourire, tantôt ça l'emmerdait grave, tantôt il s'en foutait et tantôt ça lui foutait le moral en bas pour la journée – mais ces derniers temps, Roxas avait l'impression que ça venait tout à la fois et ça, il pouvait pas le supporter. Décidément non, son corps ne pouvait pas endurer un mélange d'émotions comme ça, si fort et tellement bordélique ; et lui, en le mec vachement fort et flippant qu'il était, il ne pouvait pas se laisser déstabiliser par un prénom, une chevelure quasi rouge, une image dans sa tête et toute la colère en lui.
Fallait qu'il aille de l'avant et qu'il zappe ce détraqué une bonne fois pour toutes – mais à cette pensée, son cœur se serra comme sa gorge et il ne parvint plus à se résigner à faire quoi que ce soit.
Et c'est alors que « maman » entra en scène, débarquant du fin fond de sa chambre où elle avait fait on-savait-pas-trop-quoi pour arriver dans le couloir et y faire on-savait-pas-trop-quoi non plus. Qu'à cela ne tienne, malgré tout, ça restait bien la même vieille peau que d'habitude ; si ce n'est que cette fois-là, elle l'engueula pas, enfin, pas trop. De toute manière, son charmant fiston ne l'écoutait même pas ; les yeux rivés sur ses godasses dorées, il se disait qu'elle allait finir par bousiller tout le parquet avec des talons pareils, et il se demanda s'il avait déjà vu une-certaine-personne avec de pareilles armes de guerre nucléaire.
Au bout d'un moment, toutefois, il lui sembla que sa mère s'était tue – étrangement, c'était un peu plus tôt que d'habitude. Moins d'engueulade, en fait. Moins de cris, la voix moins haute, même s'il avait pas enregistré un mot de ce qu'elle avait dit – il savait seulement qu'elle l'avait réprimandé pour avoir fermé à clé la porte de sa chambre, mais c'était un peu tout, et ça lui allait très bien comme ça.
Il releva donc les yeux et jeta son regard bleu éperdument dans celui de maman, et il pensait bien que ses pupilles de glace suffiraient à lui faire piger que fallait qu'il lui parle d'un machin genre, méga important.
Au lieu de ça, ce fut lui qui finit par s'arrêter en plein élan ; parce que quand il mata le visage de sa mère, et quand il reconnut ses boucles aussi grosses que blondes et factices, pleines de gel où d'il-ne-savait-pas-trop-quel-produit-aux-origines-douteuses, quand il reconnut chaque petite ride qu'il avait l'habitude de voir et dont il avait toujours l'habitude de bien se marrer, eh bien, il reconnut aussi un truc qu'il n'avait plus vu sur sa mère depuis vachement, vachement, vachement longtemps.
Ça s'appelait un hématome, il lui semblait – là, sur la joue, à droite, au milieu, un peu violet et bleu, caché sous du fond de teint ou quelque chose comme ça, mais il était pas dupe, lui. C'était un garçon, okay, mais il avait sur les autres mecs l'avantage que le maquillage, lui, ça le connaissait ; et putain, ce truc, ça venait d'où ?
« Heu, m'man, commença-t-il soudain, sans répondre aux conneries qu'elle venait de lui balancer, et sans même réaliser qu'il l'avait appelée par une espèce de surnom plus ou moins affectueux, ta joue...
– C'est rien ! S'exclama-t-elle aussitôt, et elle ramena nerveusement une mèche derrière son oreille. Ecoute, Kév' est pas là pour le moment, mais il a promis qu'il trouverait du travail, okay ? Alors t'en fais pas, j'te jure qu'il prendra pas trop de place entre nous. »
Effectivement, songea Roxas en soupirant ; clair que dans le néant qui les séparait sa mère et lui, le copain pouvait bien prendre trente hectares que le blond ne le remarquerait même pas et, de toute manière, en aurait fichtrement rien à foutre. Il avait comme senti un micron d'inquiétude en remarquant le beau bleu qu'elle s'était fait – ou qu'on lui avait fait, peut-être – à la joue, mais maintenant qu'elle avait, encore une fois, fait genre qu'elle l'aimait fort, et que c'était son gamin chéri, alors que dans le fond elle s'en foutait, eh bien lui, il s'en foutait aussi.
Il savait comment elle fonctionnait, sa mère, après tout ; elle l'aimait quand ça l'arrangeait, quand elle se sentait un peu seule, qu'il lui fallait quelqu'un à qui se plaindre, ce genre de trucs. Et après l'avoir souffert pendant des années, le blond était bien décidé à ne plus jamais être cette personne-là ; alors, il la laissa pas poursuivre ses délires de mère attentionnée, et aussitôt il lui parla du concert – bizarrement, elle approuva, mais ça l'étonnait plus, tout ça. Tantôt elle hurlait parce qu'il rentrait pas le soir, tantôt elle l'encourageait à se barrer un week-end de la maison, et même que maintenant elle lui filait l'argent cash ; et bien sûr, tout ça ne dépendait que de la présence ou non de son mec dans les parages.
Exaspéré, Roxas soupira en empoignant les billets épars que sa mère lui tendait tandis qu'elle cherchait de quoi payer, visiblement, l'hôtel ou le train, ou juste la place au concert – elle avait pas trop l'air de savoir, mais l'adolescent n'avait pas envie de s'emmerder à essayer de comprendre. De toute manière, c'était pas demain la veille qu'elle déciderait de s'organiser, et surtout pas en commençant par s'acheter un portefeuille et par ranger ses tiroirs de bordel ; alors qu'elle se démerde, qu'elle lui file ce qu'il voulait, qu'il dise rien et qu'il s'en aille, une bonne fois pour toutes – c'était ce qu'il y avait de plus simple.
Et une fois que cela fut fait, il ne la remercia pas – à peine, tout juste, d'un petit signe de la main, parce que ça suffisait. « Maman » lui donnait toujours ce qu'il voulait pour que si possible il l'appelle comme ça et surtout, qu'il ait pas l'air d'un gamin malheureux, qu'on dise pas d'elle que c'était une mauvaise mère. Après, les profs qui se plaignaient, la direction du collège puis celle du lycée qui appelait, rien à battre ; et pour un peu, le blond était même quasiment certain que s'il lui avait téléphoné en pleine nuit parce qu'il était en train de crever quelque part, bah, elle serait pas venue le chercher.
C'était pour ça qu'en cas de souci, il faisait toujours comme il avait toujours fait : il ne s'adressait qu'à Cloud, ou bien à Vanitas. Et il laissait ces deux mecs-là, son frère et son meilleur pote, veiller sur lui mieux que toutes les mères du monde ; ou du moins, mieux que la sienne. Oh, pas pour l'affection, bien sûr – il détestait les câlins, les bisous, les papouilles de mère poule, et même Vani quand il se la jouait la maman inquiète pour son rejeton. Juste pour le concret et le matériel : venir le chercher ici ou là, l'emmener plus loin, signer les papiers officiels en début d'année, et lui fournir une piaule où dormir quand il était pas chez lui.
A bien y réfléchir, maintenant qu'il vivait chez Vanitas, il aurait même pu carrément oublier sa mère – mais ça lui faisait un peu bizarre d'y penser comme ça. Plus la voir, jamais de sa vie, comme avait décidé de faire Cloud ; c'était un rêve ou un cauchemar, ça, au juste ? Il savait pas.
Mais de toute manière, il avait bien assez d'autres trucs pour lui prendre la tête – comme le parc, par exemple. Il devait repasser devant pour rentrer chez Vani – il avait pas envie. Pas envie et c'était tout. Parce qu'il avait pas répondu au SMS de l'autre crétin et qu'il y répondrait et qu'il était pas sûr d'avoir envie de le recontacter un jour, tout comme il était pas sûr d'avoir envie de plus jamais le revoir ; intérieurement, il se maudissait pour ces sentiments contradictoires, aujourd'hui plus que jamais encore auparavant. Ne pas réussir à décider – ça lui arrivait rarement, voire jamais. Il avait toujours une idée, une décision qui collait plus à ce qu'il était où à ce qu'il voulait être ; et puis soudain, un travelo roux, un parapluie rose, un parc, un peu de pluie, et il fonçait la tête droit dans le mur.
Finalement, il fit un petit détour pour aller prendre le bus ; et tant pis si ça prenait plus de temps. Vani était pas censé savoir pour combien de temps il en avait eu chez sa mère. Et puis de toute façon, Vani était même pas censé s'intéresser à ce temps tout court. Vani était juste censé accepter les choses comme elles étaient et se la coincer – ainsi, c'est plutôt confiant que Roxas passa finalement le seuil de l'immeuble, et atteignit en un rien de temps la porte de l'appartement de son meilleur ami, qui vint aussitôt lui ouvrir la porte en grand.
« Houlà, s'exclama Vanitas sitôt qu'il l'eut aperçu, comment t'as une tête de déterré ! T'as bouffé du zombie, mec ? »
Ah, ah, ah.
Roxas ne trouvait pas ça marrant du tout et toutes ses tentatives de garder une tronche normale s'effondrèrent d'un seul coup – et puis merde, à la fin. Il était fatigué, il avait faim, Axel l'avait fait chier, sa mère l'avait fait chier, il savait pas quoi faire ni avec l'un ni avec l'autre, et il voulait seulement qu'on lui foute la paix ; alors il entra, balança son bordel dans l'entrée et ne répondit pas tout de suite à son meilleur ami.
« J'en ai marre de la gueule de ma vieille, finit-il par dire. Elle s'est fait taper par j'sais pas quoi, ou j'sais pas qui, mais elle m'a filé le fric et j'crois qu'elle veut plus m'revoir un moment, mais j'suis pas sûr ! »
Excédé, il avait balancé tout ça sur un ton le plus ironique possible ; après tout, c'était même pas certain que sa mère voulait plus le voir, mais lui, de toute façon, il foutrait plus les pieds chez elle, et puis il en avait marre, il la supportait plus, et même s'il voulait pas se l'avouer, le message d'Axel devait bien y être pour quelque chose. Il savait pas trop comment, il savait pas trop pourquoi ; mais y'avait en lui cette conviction stupide qu'au final, il aurait pas dû effacer ce message, parce que maintenant, ça lui mettait la tête en bordel, et il savait plus ni que faire, ni que penser.
Et puis, soudain, Vanitas posa la main sur son épaule – ça le calma aussitôt, un temps.
« Ecoute, mon pote, dit-il doucement, viens manger, et après va dormir, j'pense que c'est mieux. »
Sans vraiment qu'il comprenne trop pourquoi, ça le calma un peu – et, l'espace d'un instant, juste un petit instant hors d'ici, hors de là et hors du temps, il ferma les yeux. Un long soupir lui échappa ; il les rouvrit aussitôt, et chassa super vite la main de Vani lorsqu'il réalisa que ce débile avait – encore – décidé de jouer les grands frères aimants – au sens du participe comme à celui de l'adjectif, malheureusement – alors que non, bordel, c'était pas son rôle.
Toutefois, fallait avouer que son idée, au contraire de son comportement, n'était pas si merdique que ça. A bien y réfléchir, c'était même plutôt pas mal ; aller manger un morceau, histoire de balancer un bon « ta gueule » à son bide qui hurlait depuis tout à l'heure, et puis dormir. Dormir. C'était quoi dormir, dans le fond ? Oublier, partir, s'en aller, et ne revenir qu'au réveil, pour retrouver exactement ce qu'on avait laissé derrière soi. Dans le concret ça servait à rien – mais un moment pris à ses problèmes, c'était toujours un moment pris à ses problèmes, et même l'évasion éphémère lui semblait préférable à cette putain de fatigue qui l'envahissait peu à peu.
Ouais, c'était ça – fatigué, il était fatigué. Éreinté. Épuisé. A bout – absolument crevé. Par sa mère, par Axel, par Vani, par les gens qu'il croisait dans la rue, par la télé allumée, par la musique dans ses écouteurs, par tout le bruit environnant, toute l'agitation partout, toute l'attention qu'on lui demandait tout le temps ; alors, il soupira encore une fois, et accepta la proposition de Vanitas sans trop y réfléchir plus que ça.
De toute manière, il risquait plus rien, maintenant – il avait fait ce qu'il avait à faire, pour aujourd'hui du moins. Il était allé chez sa débile de mère, il avait pris le fric, il était revenu, il avait tout raconté à son meilleur pote, bientôt il aurait mangé et il irait dormir. Et c'était tout. Plus rien d'autre à faire.
A part peut-être essayer d'oublier le message d'Axel – mais celui-là semblait décidé à rester ancré en lui encore un bon moment.
Oublier le message d'Axel.
C'était ce qu'il lui restait à faire, hein ? Bah, c'était raté. Complètement. Plus que ça. Il en avait presque rêvé, il se le rappelait encore au mot près le lendemain, et au réveil il y pensa en tout premier – la couverture rejetée, un peu sur le côté, l'air froid sur la peau de son épaule, son bras qui plonge au pied du lit et qui cherche à tâtons et qui ne trouve pas et qui finit par atteindre le téléphone et qui s'en empare et-
Merde.
Il l'avait supprimé, ce message – et bordel, comment il avait pu oublier ça en une petite, misérable, médiocre nuit de mauvais rêves ? C'était pas compliqué, pourtant, enfin ! Supprimé, viré, bousillé, effacé, à la poubelle, la corbeille, foutu loin, Control-A-Delete ; ou Control-Alt-Delete. Supprimer et redémarrer.
Il se sentait pas bien, ce matin – un peu ballonné, peut-être, ou juste encore bien crevé, même s'il était censé avoir dormi. Heureusement, les souvenirs de la veille revenaient – mais pas doucement, fallait pas rêver, justement. Fort comme une claque en pleine gueule. La visite chez maman, le retour chez Vani, le message d'Axel, la joue de sa mère, la suppression – et ce sentiment d'oppression puissante en son cœur-même, comme s'il avait vraiment fait la plus grosse connerie de sa vie.
Foutaises.
A la limite, il était inquiet pour sa mère – peut-être. Parce qu'il était beaucoup trop gentil avec cette vieille traînée. Parce qu'il lui arrivait encore de se soucier un peu d'elle, ou au moins de s'intriguer de ce qui tournait pas rond, et de se demander de temps en temps si elle était encore vivante. Peut-être. Mais quoiqu'il en soit, le rouquin, qu'est-ce qu'il avait à foutre là ? Absolument que dalle.
Alors, le blond bâilla, repoussa tant bien que mal les putain de mèches blondes dans sa figure, et décida d'envoyer un message à Cloud, pour le prévenir – histoire d'avoir quand même eu l'impression de faire quelque chose. Il dut s'y reprendre à deux ou trois fois tellement ses doigts engourdis, sa conscience embrumée lui faisaient parfois écrire des conneries, mais ça fut vite tapé quand même ; et en moins de deux, Cloud fut prévenu de ce qui se tramait du côté maman-et-son-mec de leur vie.
Et maintenant, c'était l'heure d'aller à l'école ; se lever, d'abord, s'arracher à ses foutus draps trop confortables pour qu'il ait envie de les quitter, bouffer un truc vite fait, papoter un peu avec Vani, peut-être, s'ils étaient tous deux d'assez bonne humeur pour ça, et se casser. Huit heures de cours à supporter – journée complète, et ça le faisait chier d'avance. Pas une seule heure de libre. Arrivée à huit heures, déjeuner entre onze heures trente et treize heures vingt – heureusement que y'avait Vanitas avec lui parce que sinon il aurait vraiment pas supporté, à vrai dire.
Et heureusement que Vani était d'une humeur sacrément meilleure que la sienne, aussi ; parce que Vani, quand il était de bonne humeur, il trouvait toujours le moyen de le faire marrer – à condition seulement que Roxas soit pas d'humeur trop massacrante. Aujourd'hui, bizarrement, malgré un réveil plein de pensées qu'il aurait préféré ne jamais avoir, ça allait plutôt bien. A midi, Vanitas insista même pour qu'ils se cassent du lycée et qu'ils aillent manger au fast-food, un peu plus loin – et comme c'était le plus âgé des deux garçons qui avait proposé de tout payer, eh bah, le blond ne dit pas non.
Il ne disait jamais non quand on l'invitait à faire un truc sympa – et pour cause, on l'invitait pas souvent. A vrai dire, y'avait même que Cloud et Vani qui l'invitaient – sauf que là, en deux jours, son meilleur pote avait réussi à l'inviter à faire deux trucs particulièrement sympa et ça le rendait presque content. D'une part, parce que la perspective du concert lui revenait doucement à l'esprit et, force était de l'avouer, non seulement il avait super hâte, mais en plus plus rien ne se dressait normalement en travers de leur projet, maintenant ; et d'une autre, parce que bordel, le fast-food, c'était quand même vachement bon, et ça changeait des dîners de la cafétéria du bahut où il aimait pas rester enfermé.
Mais seulement presque content parce que, mine de rien, y'avait quand même une histoire qui lui squattait les pensées en arrière-plan, et ça avait le don de l'énerver plus que tout. Axel avait son numéro et il avait le numéro de cet imbécile de roux – mais le pire, c'était que le travelo n'hésitait pas à établir le contact. Un message, la veille. Un autre SMS, bientôt, peut-être ? Ou bien un appel ? Comment savoir ? Et si Roxas effaçait, et si Roxas ignorait sans cesse, serait-il vraiment capable de tout oublier, au final ?
Aïe. Oublier.
Sitôt qu'il y pensa, et il marchait alors derrière Vani jusqu'en direction de l'école, ça lui fit mal au cœur. Oublier. Ça semblait facile en apparence – mais quelque chose, au fond, lui disait qu'il venait de mettre le point sur un truc important. Il savait pas pourquoi, pourtant ; mais c'était toujours comme ça, depuis un certain temps, toujours. Des emmerdes arrivaient de tous les côtés et lui tombaient dessus, et il lui, il faisait comme d'habitude – je m'en fous, je tourne la tête, je me sors du pétrin, ou je laisse les autres m'en tirer, je me casse, et j'oublie, j'oublie.
Sauf que, cette fois-ci, il arrivait pas à oublier. Il arrivait pas à juste passer à côté et à s'en foutre, et ce, même si d'habitude, il y arrivait toujours. Y'avait un truc qui clochait et putain, malgré tous ses efforts, il arrivait pas à trouver ce que c'était.
Ça lui trotta en tête toute l'après-midi durant – à un point tel que même les caricatures de Vanitas, sur une feuille volante ou à même le pupitre, ne parvenaient plus à le faire marrer.
Il s'était encore foutu dans sa bulle, tout seul avec ses pensées, et même son meilleur pote ne réussirait pas à l'en tirer ; parce qu'il avait bien l'intention d'y rester jusqu'à ce qu'enfin il ait trouvé une réponse digne de ce nom. A savoir, une réponse autre qu'un prénom, autre qu'une image, autre qu'une silhouette sous la pluie battante.
Quelles que soient les preuves, quelles que soient ses conclusions, il ne pouvait pas et ne voulait pas admettre que le dénommé Axel puisse être la cause première de toutes ces emmerdes, et du fait qu'il arrive juste pas à les oublier.
Finalement, sans qu'il comprenne vraiment trop comment, la fin des cours arriva et enfin il put se barrer du bahut, toujours avec Vanitas qui traînait pas loin. Il avait toujours pas de réponse, mais il savait même plus si après la deuxième heure de cours il avait continué à chercher – ça l'emmerdait, et c'était tout. Trop de trucs qui le faisaient chier dans cette vie. Son cœur battait et physiquement ça suffisait ; mais en l'esprit il pensait, pensait et repensait encore, à tout, à rien, à plein de trucs, à ce qui s'était passé ces derniers jours, et ça lui faisait mal.
« Hé, mec, on peut savoir pourquoi tu fais la gueule comme ça ? »
La main de Vani sur son épaule le fit sursauter et il se retourna violemment, un brin de colère dans les yeux – et puis, soudain, il réalisa que putain, il était vraiment, vraiment, vraiment sur les nerfs. Son meilleur pote, lui, secoua simplement la tête et lui balança un autre de ces airs amusés, moqueurs sur les bords, qu'avaient vachement tendance à énerver le blond – aujourd'hui en particulier.
« Quoi ? Cracha-t-il, brutal. T'as un problème ?
– Pas moi, répondit calmement l'autre garçon. Mais toi ? »
Il le dévisagea des pieds à la tête, puis glissa les mains dans ses poches et soupira. A la fois, il avait l'air d'en avoir rien à foutre des problèmes de Roxas ; et à la fois, il semblait plus que concerné par toutes ces histoires auxquelles il ne devait pourtant pas comprendre grand-chose – après tout, il était pas dans la tête du blond, et il pouvait pas deviner toutes les questions, toutes les réponses qui manquaient, et ranger d'un claquement de doigts tout le bordel ambiant.
C'était contradictoire, en fait. Concerné ou pas ? On savait pas. Intéressé ou pas ? On savait pas.
« J'ai l'impression que y'a un truc qui t'empêche de dormir, poursuivit finalement Vani. Un truc comme une histoire de parc, par exemple. »
A ces mots, Vanitas se rapprocha – mais Roxas, lui, ne bougea pas d'un poil. Il sentait, encore une fois, toujours, inlassablement, sans baisse d'intensité, de puissance, monter en lui, la colère, la vraie, du moins, celle qu'il supposait être vraie ; il avait pas envie de parler de ça, bordel, non, il voulait pas ! Il voulait prendre son casque, le foutre sur ses oreilles, se barrer de là, faire un break avec Vani et plus le revoir avant le soir, être tout seul, tout seul enfin, comme il l'avait si longtemps et si souvent été, tout seul avec ses pensées jusqu'à ce qu'il arrive à quelque chose de cohérent, mais c'était pas possible, non, c'était impossible avec ce gars-là collé à ses basques, et son sourire narquois dans sa gueule, son air d'en avoir rien à battre, ses questions dérangeantes, ses-
« Tu voudrais pas qu'on y retournes, tous les deux, histoire de mettre les choses au clair, un peu ? »
Ses idées à la con et ça y est, c'en était trop.
Ni une, ni deux, Roxas écarta violemment la paume de Vani de son épaule ; et avec un regard meurtrier, assassin, rien qu'un dernier, il s'éloigna d'un pas plus que décidé dans une direction complètement aléatoire – question de chance. Aucun hasard dans sa marche, pourtant. Aucun hasard dans son regard, pourtant. De la détermination des pieds à la tête.
Les yeux bleus fiers et coléreux, fixés avec la force de son obstination sur les pas qu'il enchaînait rapidement. Les mains petites et douces, aux doigts fins repliés sur l'iPhone, dans sa poche, juste là. L'apparence générale d'un Roxas tel qu'il l'avait toujours été, tel qu'il avait toujours voulu l'être – il croyait.
Il passa le rebord du trottoir, et s'engagea sur la route.
« Roxas ! »
Tel qu'il avait toujours voulu l'être – il croyait.
Et c'était bien là la seule et unique hésitation. La seule.
Il ne se retourna pas pour voir Vanitas, à cet instant-là ; il ne se retourna pas pour l'écouter, rien que pour savoir ce qu'il avait à lui dire, rien que pour comprendre la soudaine détresse dans sa voix. Parce que Roxas ne se retournait jamais, et surtout pas pour écouter les plaintes de ceux qui restaient en arrière.
Tel qu'il avait toujours voulu l'être - c'était ça, Roxas, c'était ça, tel qu'il avait toujours voulu l'être. Il croyait.
Il croyait.
Il y eut un choc et son monde s'écroula aussitôt.
Il croyait.
Et alors qu'il se sentait tomber, il se demanda si, pour un grand roux au lieu d'un petit brun, pour un sourire amical et idiot au lieu d'un rictus moqueur et narquois, pour un parapluie rose au lieu d'un sac d'école en cuir noir, si pour Axel au lieu de Vanitas il se serait retourné.
J'y crois pas – Comprends pas - Réalise pas – Quel problème – Problème, problème, souci, emmerde – Et Vani, et Vani, et Vani et A- – Mais je croyais que – Croyais que – Tellement de choses – Croyais
Bordel, bordel, bordel, qu'est-ce qui m'arrive, j'avais encore tellement de choses à leur dire, et tellement de trucs à dire et à faire vis-à-vis de tout le monde, Cloud Vani Mam' Papa, Vani Zack Cloud Maman, Maman Cloud Vani Ax-
Clic.
Lorsque Roxas ouvrit les yeux, le plafond au-dessus de sa tête était blanc.
*fin en queue de poisson*
Ouiii je promets vous aurez la suite rapidement T_T Vraiment désolée, j'ai dû couper là pour pas avoir un chapitre qui fait 5'000 mots alors que les autres en font qu'entre 3'000 et 4'000... T.T
(Mais Roxas est vivant ! Et je vous rassure, il est pas trop cassé... Enfin, vous verrez. Et je maintient que ça a une importance dans le scénario. xD)
Merci pour votre lecture =)
