Salut !
Chapitre posté un peu plus tôt cette fois-ci, me demandez pas pourquoi, je l'avais fini, et puis j'avais envie... xD
Skyzophrène qui passait par là : Héhé, merciii =w= Film d'action tu dis ? Hm, pourquoi pas xP C'est vrai que le chapitre précédent était relativement mais calme, mais c'est parce que dès maintenant, ça va vraiment commencer à bouger, comme tu l'as dit... J'espère en tout cas que ce chapitre-ci te plaira autant que le précédent ^^ Et merci beaucoup pour ta review. =)
Au niveau du chapitre maintenant, je vais pas dire grand-chose : il est plus "calme", plus psychologique aussi... Enfin, vous verrez bien. =) Mes petites notes sont à la fin pour rien vous spoiler du tout, cette fois-ci...
Par rapport au sondage de mon profil, j'ai vu que vous trouviez que y'avait pas assez de filles... J'vous jure, j'essaie d'en mettre ! XD Je vais faire de mon mieux pour en inclure dans mon scénario... Quant à la famille d'Axel, ça va commencer à se profiler dans ce chapitre. =) Maman Roxas viendra plus tard. xD
Merci à tous et bonne lecture ! n_n
Chapitre 16 : Il paraît que les hôpitaux sont bons à donner le vertige
Blanc – c'était pas une couleur qu'il aimait, le blanc.
Pour beaucoup de monde, c'était un truc beau, pourtant. En histoire de l'art, par exemple, ça représentait la pureté, la chasteté, la sainteté, et tout un tas de bordel du genre ; mais il était pas en cours et de toute manière, il en avait rien à foutre de l'histoire de l'art. De toute façon, dans la pensée populaire, le blanc c'était la neige. Le froid. La beauté de l'immobilité dans la clarté d'un soleil d'hiver, la délicatesse d'un matin glacé sous les tendres flocons tombés du ciel gris.
En ce moment-là, il était d'accord pour le froid, mais pour tout le reste, il avait sacrément des doutes.
Sa tête lui faisait mal.
Son bras gauche lui faisait mal.
Son bras droit aussi, d'ailleurs.
Et c'était pareil pour ses mains, ses jambes, son torse, un peu partout, le reste du corps.
Y'avait quand même un truc qui clochait – ça faisait plus mal à gauche qu'à droite, et puis, il avait étrangement froid, enfin, plus froid que d'habitude. Ils connaissaient pas le principe du chauffage, ici, ou bien ? Il savait pas trop où il était mais pour le moment, il se posait même pas la question ; une, deux, trois secondes, une impulsion, et il souleva difficilement son bras droit histoire de l'apporter un peu à portée de son regard.
C'était engourdi et un peu douloureux mais ses doigts allaient bien, sa paume et son poignet aussi, son avant-bras aussi, et tout le bras aussi, en fait. Aucun problème visible. Si ce n'est le fait qu'il se sentait mal, bizarre, légèrement fatigué, et très las – mais ça, justement, c'était pas visible. Il ne faisait que le sentir ; le ressentir. L'odeur de médicaments, omniprésente, rebutante, dégoûtante, lui donnait envie de vomir et devait bien lui faire tourner la tête autant qu'elle lui foutait mal au crâne.
Avec un long, très long soupir, genre, l'un des plus longs qu'il ait jamais lâché, il laissa retomber son bras, et rassembla les forces et surtout la motivation qu'il lui restait pour se forcer à s'asseoir.
C'est alors qu'il se souvint – oh putain de bordel de merde.
C'était une histoire de malade. Un truc de dingue. Bon pour les fous à lier. Clic bam clang boum – un truc comme ça, ouais. Et Vani, ce con, qui lui courait après, et qui lui hurlait de faire gaffe, enfin, quelque chose comme ça, il croyait – il croyait –, mais ça marchait pas, il avançait, à fond dans son truc, plongé dans sa mauvaise humeur, avec pour seule idée en tête d'arriver de l'autre côté, de passer le trottoir, d'avoir enfin traversé la route et de-
Traverser la route. Comme un putain de gros imbécile colérique et impulsif qui réfléchissait pas deux secondes à ce qu'il faisait, et qui prenait toutes les libertés qu'il voulait simplement parce qu'il réfléchissait pas au fait que ça pouvait lui retomber en plein dans la gueule moins d'un quart de seconde après.
Et pour le prendre dans la gueule, là, il le prenait dans la gueule ; et enfin, tu parles d'un crétin, ouais. Il pouvait s'estimer heureux d'être encore en vie, à ce stade-là.
Même si force était d'avouer que bordel, ça lui faisait mal, son bras, et sa tête, et bordel, il maudissait jusqu'à la trentième génération l'imbécile qui avait osé ne pas regarder plus que lui et ne pas faire attention plus que lui, parce que bordel, c'était pas non plus à lui de toujours tout faire à la place des autres.
Ça l'énervait, cette situation. Il sentait son esprit un peu embrumé, genre vachement pas véloce, pas vivace pour deux sous, et il avait juste envie de se replonger dans les draps gelés de ce qui devait bien être une putain de chambre d'hôpital pour y pioncer encore quelques heures, alors qu'en vrai il devait avoir au moins une pelée de trucs à faire, maintenant.
Il ferma les yeux et s'obligea à respirer calmement, rien qu'un instant – bordel, Roxas, bordel, t'emmerde pas avec tout ça maintenant, qu'il se dit, parce que non, il était pas crevé, et il aurait tout le temps de s'occuper de tout plus tard, une fois qu'il irait mieux, et parce que putain, sa santé passait avant tout, quoi, quand même !
Soudain, la porte s'ouvrit et c'est Vanitas qui entra, un sac en papier plein d'on-ne-savait-pas-trop-quoi ; aussitôt, le blond leva les yeux sur lui, et Vani parut tout d'abord super surpris, puis super content – Roxas, lui, il comprenait pas trop, mais okay, c'était cool. Au moins Vani, lui, il s'en était pas trop pris dans la gueule, et au moins il semblait assez content de le voir, et sûrement qu'on pouvait considérer ça comme une bonne chose.
« Roxas ! Balança-t-il joyeusement, en même temps qu'il balançait sa cargaison à côté du lit et s'asseyait sur une chaise pas loin, qu'il rapprocha même un peu. P'tain, mec, ça va de me faire des frayeurs pareilles ? J'ai cru que t'étais mort ! »
Il exagérait tellement que ça le rendait pas crédible du tout, mais il vint négligemment s'appuyer sur le lit du blond et Roxas, ça le fit marrer, sans qu'il comprenne trop pourquoi. Il savait pas exactement ce qui s'était passé, ce qui lui était arrivé – même si dans le fond il en avait quand même bien une idée – mais il s'en fichait un peu, pour le moment ; ça lui faisait plaisir de voir que Vani était content de le retrouver, et que visiblement il avait pas pensé une seconde qu'il allait le perdre, genre, pour toujours.
« T'as un bol de cocu, à part ça, tu sais ? Fit soudain Vani, l'air blasé, mais un semblant de sourire moqueur, ou bien satisfait, juste au coin des lèvres. Parce qu'au cas où tu le saurais pas, t'as juste été shooté par une bagnole, quoi. »
Le blond soupira, ne trouvant pas vraiment la force de désespérer, d'avoir peur ou quoi que ce soit d'autre. Son cœur battait, il était vivant, y'avait Vani juste à côté, et probablement que ça allait très bien comme ça – de toute façon, son meilleur pote venait de le dire, il avait eu un bol de cocu et tout ce qu'il pouvait faire pour le moment, c'était attendre que les putain de douleurs à ses membres finissent par passer. Visiblement il avait rien de pété ou même de trop fracturé, peut-être parce que la voiture roulait pas trop vite, mais en tout cas, il devait quand même avoir de sacrés bleus un peu partout.
Bizarrement, ça lui rappela soudain de vieux souvenirs – genre, de méga vieux souvenirs, enfouis tout au fond de lui, avec la vieille folle qu'était pas encore si folle et si vieille, le père qu'avait encore un visage dont il se souvenait et Cloud, gamin, et lui, encore plus gamin. Quelque chose comme une vague de nostalgie qui lui faisait penser à tous ces moments où il avait fini cloué au lit ou plein de pansements pour avoir escaladé une barrière ou s'être royalement cassé la gueule en vélo – c'était le bon temps, comme disaient les vieux, et penser ça lui donna envie de sourire, mais une vive douleur dans son poignet lui rappela que c'était peut-être pas le truc le plus adapté à sa situation.
« Roxas, t'as bouffé ta langue ? Continua Vani, et le blond réalisa alors qu'il lui avait pas causé depuis qu'il s'était ramené dans sa chambre. J'espère pas, parce que j'ai ramené à manger, et l'idée c'était que t'aies encore un peu faim, tu vois... »
Et voilà qu'il recommençait avec ses gags de merde. Ça craignait grave et sur le coup, l'adolescent eut envie de le frapper – mais quelque chose comme un gros coup qu'il devait s'être pris à l'épaule lui disait que ça serait sûrement foireux s'il essayait. Alors, il tenta de se contenir ; et ce fut pas vraiment difficile, vu comment il avait plus de forces, en fin de compte. Il avait la dalle et c'était sûrement ce qu'il y avait de plus important – alors, il accepta volontiers les trucs à Vani, sans même trop réfléchir à ce que c'était, et ce n'est qu'après ça qu'il se sentit à nouveau en état de parler à peu près correctement.
« Bordel, pourquoi faut que ça m'arrive juste avant le week-end ? Se plaignit-il sitôt qu'il eut terminé d'avaler une douce madeleine au goût bien agréable. J'suis trop maudit, putain ! »
A ces mots, son meilleur pote se marra, et fourra dans ses courses pour y piquer, lui aussi, un petit gâteau. A en juger par la couleur du ciel, dehors, derrière la fenêtre, c'était déjà le soir, quasiment ; mais après avoir un peu paniqué, Roxas préférait maintenant s'énerver, et probablement que l'heure, il en avait pas grand-chose à battre. De toute manière, tout le faisait un peu chier, maintenant, et Vanitas devait bien reconnaître que quand ce type avait décidé de s'énerver, bah, il s'énervait. Pour tout et surtout pour que dalle – enfin, ça devait faire partie de son charme, peut-être.
« Du calme, mec, dit doucement Vani, et il poussa doucement le blond en arrière pour qu'il se recouche. T'as un truc comme une cheville foulée et j'sais pas trop quoi au poignet gauche, c'est pas grave mais si tu t'agites comme ça, c'est pas prêt de guérir. »
Roxas se tut, mais sans même qu'il s'en rende trop compte, il prit une mine boudeuse. Ce que ça pouvait l'agacer, tout ça ! Le pied ça l'emmerdait bien, parce que s'il était plus capable de marcher bien pendant quelques jours, il serait obligé de rester clouer au lit comme un con ; et la main, d'accord, mais pourquoi, pourquoi ça avait pas pu arriver à la main qu'il utilisait pour écrire ? Ça lui aurait donné une bonne raison de rien foutre en classe, pour une fois !
Enfin, au moins, avec ce qu'il avait, il devrait pas rester trop longtemps dans cet hôpital, coincé dans cette chambre à la con – peut-être même qu'il pouvait partir maintenant, en fait. Il avait rien, Vani était là, et s'il restait encore, ça servirait dans le fond qu'à emmerder un peu plus l'assurance avec laquelle il allait sûrement falloir batailler pour obtenir trois sous – mais ça, il en avait rien à battre, c'était pas lui qui s'en occupait.
« Mais j'peux partir là, non ? Demanda-t-il à Vanitas en se rasseyant, parce que décidément non, son meilleur ami c'était pas sa mère et il avait pas à faire genre qu'il voulait bien s'occuper de lui. J'ai rien à foutre là...
– Heu, ouais, répondit Vani, un peu plus hésitant, un peu plus sérieux, en théorie... Mais t'sais, t'as fait une sacrée chute. Le mec qui conduisait allait super doucement mais tu t'y attendais tellement pas que t'es parti la tête la première, tu piges ? »
L'adolescent s'immobilisa. Parti la tête la première, qu'il disait ? Ça expliquerait le mal de caboche – mais il avait un mauvais pressentiment, et il pouvait pas s'empêcher de penser à ce qui allait venir après ça, dans le discours que lui tenait Vani. Sans qu'il comprenne vraiment pourquoi et comment, il sentit son cœur se serrer et ses doigts, douloureux, s'enfoncer dans la couverture blanche et chaude.
« Tu t'es un peu rattrapé, j'crois, poursuivit Vanitas, mais l'toubib craint quand même un truc, genre, une commotion cérébrale, j'sais pas comment ça s'appelle... Et sinon, l'écran de ton iPhone est niqué, et j'crois que tu vas pouvoir changer de classeur de physique. »
Il fallut facile une ou deux minutes au blond pour emmagasiner toutes les infos qu'il venait de recevoir – le classeur de physique, okay, cool, il en avait juste rien à foutre, et de toute façon, il était super vieux, et moche, enfin, moche comme un classeur de physique, quoi. La commotion cérébrale, il savait même pas exactement ce que c'était, ça avait pas l'air trop grave – quoique, vu la tête que tirait Vani, ça devait pas faire partie des trucs les plus agréables de la planète – mais bordel, bordel, l'iPhone, quoi ! Son iPhone, avec ses messages, ses photos, ses musiques – surtout ses musiques, toutes les chansons qu'il écoutait tout le temps –, le machin dont il ne pouvait pas se passer !
Il fronça les sourcils et il dut le faire tellement bien que son meilleur pote parut réaliser dans la seconde à quel point ça allait pas le faire s'il le retrouvait pas vite.
« T'inquiète, le rassura-t-il donc aussitôt, j'l'ai directement amené au magasin Apple, t'sais, celui qu'est à dix minutes du lycée, à côté de la gare ? T'auras un nouvel écran d'ici, j'sais pas, trois, quatre jours, je pense. »
Et ça, c'était la première pseudo-bonne nouvelle depuis son réveil ; alors, Roxas se calma, ferma les yeux un instant, et remercia en silence son meilleur pote pour y avoir pensé. Tant qu'il avait son bien-aimé iPhone pour le lundi, ça irait – ouais, voilà, ça irait. Ce week-end, il s'emmerderait un peu, mais ça irait. Il utiliserait sa PSP, ou il piquerait un truc à Vani, peut-être, ou bien il brancherait son casque, ou son casque de rechange si son préféré avait trop souffert, sur le PC ; mais globalement, ça irait.
Il respirait enfin normalement après quelques instants de sueurs froides et, à côté de lui, Vanitas esquissa un sourire, discret mais sincère. Ça lui faisait plaisir de voir qu'il en fallait si peu pour réconforter le blond, sûrement, et qu'il était le seul à s'inquiéter pour cette histoire d'éventuelle commotion qui, vu comme Roxas avait l'air d'aller bien, devait au fond n'être qu'une mesure de précaution envisagée par un médecin un poil consciencieux.
Alors, Vani se leva et s'étira, avant de lancer à son meilleur pote le sourire narquois, moqueur et content dont il avait l'habitude.
« Bon, c'est pas tout, mais c'est un peu dix-neuf heures, et moi, j'ai la dalle, déclara-t-il en glissant les mains dans ses poches. Alors bon, j'te laisse, t'as de quoi grignoter là, t'façon tu dois pas avoir si faim, si ? Ton frère est prévenu, et il devrait se ramener bientôt, moi j'vais vite à la caf' bouffer un truc. »
Roxas fit la moue – ça l'enchantait pas, de se retrouver tout seul, à vrai dire, mais bon, c'était clair que Vani avait bien besoin de manger aussi, et puis, si Cloud arrivait, il aurait normalement pas à attendre trop longtemps. Alors, il autorisa simplement son pote à s'en aller, et sitôt que Vanitas eut refermé derrière lui la porte de la chambre, il se laissa retomber sur le coussin, dans son dos, puis glisser entre les draps.
Déjà dix-neuf heures, hein ? Il avait dormi longtemps, quand même. Et maintenant, il avait mal au cœur. C'était trop propre, ici – trop blanc, trop désinfecté, trop hypoallergénique ou il savait pas trop quoi. Et puis, évidemment, maintenant qu'il était seul, il repensait à avant – à avant, ouais, avant l'accident, visiblement. A ce qu'il se souvenait avoir vu, à ce qu'il se rappelait avoir pensé ; le premier truc pouvait se résumer en deux lignes mais le second risquait de prendre un peu plus de place, d'ailleurs.
Il avait rien vu venir, en plus, con qu'il était ; fâché, en plein mouvement d'humeur, il avait plus rien vu d'autre que sa colère et il avait fait attention à rien – comme un putain de gamin en pleine crise pour un jouet. Cette métaphore était même tellement vraie que ça lui fit encore plus mal au cœur et qu'il ferma les yeux pour essayer de la chasser de son esprit.
Et le pire, c'était que ce qu'il avait pensé, c'était encore plus le bordel. Trois prénoms, deux surnoms, quelque chose comme ça – mais il s'en souvenait pas, non, et il voulait pas s'en souvenir, il avait peur de s'en souvenir, parce qu'on disait trop souvent que ce à quoi on pensait avant de potentiellement crever, c'était ce qui nous tenait le plus à cœur. Et non, putain, non, il refusait de croire que certaines personnes pouvaient lui tenir à cœur comme ça.
Ou alors, ce qu'on disait, c'était de la merde, et dans le fond, c'était qu'une question d'esprit ; mais non, enfin, non, il pouvait pas avoir pensé à un certain imbécile de travelo juste avant de se faire heurter, c'était pas possible, quoi !
Soudain, la porte s'ouvrit, tout doucement ; il sembla même pas à Roxas qu'on avait vraiment frappé avant, mais à vrai dire, il s'en foutait un peu, et il se redressa immédiatement, déjà un semblant de sourire aux lèvres, prêt à accueillir son frère – au lieu de quoi, il se retrouva face à une infirmière et il se renfrogna aussitôt. Il regarda même pas si elle était jolie ou pas, en fait – là où n'importe quel mec de sa classe aurait été aux anges, lui, ça le faisait juste chier.
« Bonsoir, monsieur, salua-t-elle de sa petite voix douce. Vous avez, enfin... Quelqu'un veut vous voir... Vous voulez bien... ? »
L'espoir disparu de Roxas réapparut d'un seul coup ; sans aucun doute Cloud avait-il préféré s'assurer avant d'entrer qu'il voulait bien le voir, et d'un côté, même s'il le faisait jamais avec personne, vis-à-vis de son petit frère, c'était carrément son genre. Aussi, le blond accepta rapidement, sans hésiter, et l'infirmière, avec un nouveau sourire hésitant – on savait pas trop pourquoi, d'ailleurs, peut-être que Cloud l'avait fait flipper, avec le look de mauvais garçon qu'il pouvait parfois avoir ? –, se retira rapidement pour laisser entrer le visiteur en question.
Sauf que y'avait un problème – un sacré problème, même.
De un, c'était pas Cloud. Et de deux, pas sûr que ce soit vraiment un visiteur, en fin de compte.
Roxas remonta la couverture sur ses jambes et, inconsciemment, resserra les poings sur le tissu, une nouvelle fois. Et puis, il l'observa des pieds à la tête, ce visiteur – et à chaque seconde supplémentaire qu'il passait à le regarder, il sentait doucement monter en lui une certaine colère, un peu comme toute la rage qu'il avait eu envie de balancer dans sa vie et qu'il allait probablement envoyer à la gueule de ce type.
Une paire de bottes longues et noires, un jeans gris et serré, un long pull de couleur, une veste noire pour couronner le tout, collection féminine s'il vous plaît, et bordel, ce parapluie, cet abominable parapluie rose, fermé, à la main ; la chose qui se tenait en face de lui portait de longs cheveux roux coiffés en queue de cheval et une minute après son entrée en scène, Roxas en avait déjà marre de voir sa gueule. Manquait plus que ça, franchement – qu'Axel se ramène, là, maintenant, encore une fois, on savait même pas comment ni pourquoi.
« J'te préviens tout de suite, apostropha le blond, j'ai pas envie d'te voir, genre, pas du tout. »
Le rouquin fit la moue mais ne bougea pas - il ne s'avança pas, ne partit pas non plus. Il avait l'air un peu inquiet, à vrai dire, et même un peu triste, peut-être ; Roxas détourna la tête. Ça le faisait vraiment chier qu'il soit là – c'était vrai, quoi... Ouais, c'était vrai. Pour sûr, plutôt deux fois qu'une, bien sûr que c'était vrai, et ça pouvait que l'être – ouais, ça l'était, hein, ça l'était, hein ?
« J'comprends, finit par dire Axel, tout doucement, et il avait tourné la tête, lui aussi. Je sais, enfin, on n'est pas restés en super bons termes, la dernière fois, hein ? »
Une fois de plus, l'adolescent ne daigna même pas lui répondre, même pas le regarder. Ah, parce qu'il se souvenait de leur altercation, cet imbécile de travelo à la con ? Il n'avait pas essayé de tout oublier et de simplement passer à côté, cette fois-ci ? Il était contradictoire, ce mec, y'avait pas à dire – ou alors, peut-être qu'il avait changé, simplement.
Mais quoiqu'il en soit, Roxas préférait tenter de se persuader qu'au fond, tout ça, ça le regardait pas – mais putain, ce qu'il pouvait avoir tort, en vrai. Il réalisait pas – enfin si, il réalisait ; il s'avouait pas – quoique si, en fait, tout au fond de lui, peut-être ; y'avait en lui comme deux parties de monde opposées qui se faisaient la guerre pour savoir ce qu'il pensait vraiment, ce qu'il aimait et voulait vraiment, et ça serrait son cœur plus fort que ça aurait dû, finalement.
« Enfin bon, finit par reprendre le plus âgé des deux garçons, j'sais pas trop quoi te dire... Mais tu vois, j'étais venu voir ma mère quand ils t'ont amené, pis après, j'ai vu ton pote en bas, alors j'me suis renseigné, et j'me suis dit que... Enfin voilà. »
Après cela, il se tut et ne bougea plus – Roxas, quant à lui, ne fit pas le moindre geste, ne prononça pas le moindre mot. D'un côté, ça l'énervait d'entendre ça – Axel, toujours Axel, toujours là quand il ne fallait pas, à faire irruption dans sa vie dans les pires moments, et surtout à foutre le bordel le plus impossible et le plus complet. Et puis d'un autre, ça lui faisait... C'était quelque chose de bizarre. Pas forcément nouveau, mais bizarre – un sentiment auquel le blond n'arrivait pas vraiment à donner de nom précis, à quelques pas du soulagement, peut-être, parce que ça enlevait un peu de pression sur son cœur serré.
C'était pas désagréable, en fait, mais ça devait bien faire partie des mélanges d'émotions les plus bizarres que le jeune homme n'aient jamais éprouvé de toute sa vie.
Alors, il osa enfin relever la tête, un peu – et puis il soupira, l'air entendu. Qu'Axel entre et s'approche si ça lui faisait plaisir ; il en avait rien à battre, finalement. C'était ça ; ça lui faisait ni chaud ni froid, il s'en foutait, de toute manière il se casserait bientôt de cette chambre, et puis quand Cloud arriverait, il aurait qu'à le foutre dehors, cet imbécile de travelo, et ce serait fini, voilà tout.
Axel, de son côté, parut avoir compris le message, car il repoussa doucement la porte derrière lui et avança, un peu intimidé, jusqu'au lit de Roxas, avant d'oser s'asseoir juste à côté. Il n'avait rien apporté, et sûrement rien prévu de faire ou de dire ; aussi il resta là, simplement, immobile, sans savoir que faire, tandis que le blond, force était de l'avouer, se retrouvait exactement dans le même cas – et bordel, ce que c'était chiant.
Mais que dire, enfin ? Que faire vis-à-vis de ce type, d'habitude si sûr, qui là perdait à peu de choses près tous ses moyens et ne savait pas quoi balancer pour détendre l'atmosphère ? Et puis, lui, est-ce qu'il avait vraiment envie de se taper la causette avec ce crétin ? Est-ce qu'il le considérait encore vraiment comme un crétin, d'ailleurs ? Et pourquoi il se sentait tout à coup beaucoup plus gentil, voire trop gentil avec un débile pareil ?
Toutes ces questions et pas de réponses, ça l'énervait tellement qu'il ne tourna même pas la tête vers Axel lorsque celui-ci, un peu hésitant, ouvrit la bouche pour lui parler, quelques onomatopées à l'appui.
« Heu, Roxas..., commença-t-il, embarrassé. T'sais, enfin... Tu te rappelles pourquoi on s'est engueulés, y'a pas si longtemps que ça ? »
Silence, encore – il allait comprendre, ce roux, ce que ça faisait de se poser des questions et de jamais en connaître la réponse. Roxas se vengeait sur lui d'un truc qu'était pas complètement de sa faute mais sur le coup, ça lui importait assez peu, en somme ; c'était trop contradictoire, de toute façon. Il savait même pas pourquoi il n'avait pas déjà chassé cet idiot en lui balançant d'aller se faire foutre, et le plus loin possible.
« Je suis vraiment, vraiment, vraiment désolé. »
Le blond resta interdit.
Il lui avait balancé ça comme ça, d'une traite, d'un seul coup, les yeux baissés et plus sincère que jamais.
Bordel, c'était possible ?
Roxas, sous la surprise, sursauta, et tourna aussitôt un regard effaré vers le rouquin à ses côtés ; mais Axel ne savait pas quoi dire, évidemment, il ne savait plus, maintenant, et c'était pas étonnant, après avoir dit un truc pareil. Maintenant que l'adolescent y réfléchissait, ça devait bien être la première fois qu'il entendait le roux s'excuser – genre, s'excuser vraiment, d'un truc qu'il s'en voulait d'avoir fait.
Et peut-être qu'en fin de compte, il avait vraiment réalisé qu'il aurait pas dû, qu'il avait été trop familier, qu'il avait trop pris ses aises, ou simplement qu'on touchait pas à l'apparence de Roxas parce que – mais bordel, c'était courageux, ce qu'il venait de faire, quand même. Le blond garçon lui-même devait le reconnaître.
« P-Pardonne-moi, ou le fais pas, poursuivit Axel en se levant d'un bond, enfin, tu fais comme tu veux, je... »
Il avait l'air troublé – mais est-ce qu'il avait conscience que son éventuel-ancien-hypothétique-futur-à-nouveau pote était juste au moins aussi embarrassé que lui, à cause de tout ça ?
Soudain, la porte s'ouvrit, ni fort ni doucement, et sitôt qu'il entra, Cloud braqua un regard surpris sur le travelo qui s'empressa de bouger ; ni une, ni deux, il se désintéressa de Roxas, tenta de retrouver un sourire factice et, les doigts serrés dans le plastique rose de son parapluie, se dirigea rapidement vers la sortie.
« J'm'en vais, maman m'attend ! Lança-t-il au blond hospitalisé. Mais au cas où, vérifie mon nom dans l'annuaire ! »
Et à cet instant-là précisément, Roxas sentit qu'il ne comprenait juste plus rien.
Cloud eut un regard noir pour Axel, puis entra et vint s'asseoir à la place qu'avait occupée le rouquin quelques instants auparavant.
En sortant de la pièce, Axel referma délicatement la porte, un peu gêné, et aussitôt ses yeux croisèrent ceux de Vanitas – « Tu ferais mieux de pas trop t'approcher de lui. »
Le blond prit un instant sa tête entre ses mains et essaya de faire le vide dans son esprit – il y arriva si bien qu'il ne sentit presque pas les bras de son frère aîné l'enlacer avec douceur, et il laissa pour une fois sa tête s'appuyer contre le torse de Cloud.
Axel, la mère d'Axel, Cloud ici, Vani qui allait revenir, et ce qu'il venait d'apprendre – les excuses. Faire la gueule, pardonner, accepter, s'en vouloir aussi, s'excuser à son tour, que faire ? Que dire à qui et dans quelles circonstances ? Fallait qu'il prenne les questions dans l'ordre, et une à une, ouais, il allait faire ça.
Pourquoi la mère d'Axel était-elle à l'hôpital ? Il savait pas.
Pourquoi Axel avait-il décidé de venir le voir après tout ce qu'il lui avait dit, tout ce qu'ils s'étaient dit ? Il savait pas.
Pourquoi Axel avait-il pris le temps et le courage de s'excuser, aussi ? Il savait pas.
Pourquoi cet imbécile de travelo lui avait-il demandé de regarder son nom dans l'annuaire téléphonique ? Il savait pas.
Pourquoi ce crétin donnait-il l'impression de tenir autant que ça à lui ? Il savait pas.
Et pourquoi, bordel, pourquoi toutes ces foutues questions tournaient, inlassablement, encore et toujours, autour d'Axel et de lui seul ?
Sans aucun doute, parmi toutes les réponses qu'il cherchait, c'était celle-là qu'il savait le moins.
Dehors, il avait recommencé à pleuvoir.
Mes petites notes, donc...
J'aime assez le Roxas de ce chapitre. Il est toujours aussi chiant, violent et égoïste, mais je crois qu'il commence à réaliser deux-trois trucs qui se passent dans son univers... Je le sens plus fragile, aussi. =o Enfin, c'est ma perception. xD Axel est sans commentaire, du moins je veux pas en faire à son sujet, je vous laisse penser ce que vous voulez... Et Cloud, bah, Cloud. C'est pas un méchant. Il apparaît vite fait à la fin mais il sauve Roxas d'une situation gênant et il est même là pour s'occuper de lui après, sans rien lui demander, vous avez vu ? =D
J'espère pouvoir lui donner un plus grand rôle dès la prochaine fois. xP En tout cas, merci pour votre lecture, et j'espère à mercredi (ou jeudi) prochain ! ^^
